Point sur la Chrysomèle
septembre 2009
Pour lutter contre le
coléoptère, l'épandage aérien de deltaméthrine, un puissant
insecticide, prévu par l'Etat, reste le moyen le plus utilisé
par les préfectures, alors que l'article 31 de la loi Grenelle 1
du 3 août 2009 prévoit de généraliser des pratiques agricoles
durables avec pour objectif la réduction de moitié de l'usage
des pesticides d'ici 2018.
Des épandages aériens de deltaméthrine ont notamment eu lieu le
21 août sur les champs de maïs de Leyment dans l'Ain, malgré
l'opposition du maire de la commune Marilyn Bottex. Jean-Jack
Queyranne, Président de la Région Rhône-Alpes, avait également
saisi le Ministre du développement durable Jean-Louis Borloo et
le Ministre de l'agriculture sur les dangers de cette
méthode. Des épandages aériens ont par ailleurs eu lieu le 27
août à Saint-Didier-en-Bresse en Saône-et-Loire.
Egalement opposées à ce type de traitement, plusieurs
associations environnementales (France Nature Environnement,
Alsace Nature, la Fédération Rhône-Alpes, WWF-France ou le MDRGF)
dénoncent l'emploi de la deltaméthrine qui s'avère toxique pour
les coccinelles et les abeilles mais aussi pour les riverains
des champs traités. Multiplication des invasions
parasitaires, sur-consommation et pollution des eaux, menace
pour les pollinisateurs, il est grand temps de remettre en cause
une bonne fois pour toutes la monoculture de maïs, a
souligné France Nature Environnement (FNE).
Rotation des cultures ou maïs
transgénique, nouvelles méthodes de lutte ?
Les associations proposent des
mesures alternatives pour lutter contre la chrysomèle. La
lutte chimique n'a rien prouvé sur les campagnes puisque la
chrysomèle gagne toujours du terrain. L'agriculture se borne à
une dépendance chimique alors que des solutions agronomiques
alternatives existent, ont indiqué le WWF-France et le MDRGF.
A l'instar de Jean-Jack Queyranne, les associations demandent de
mettre en œuvre la rotation des cultures plus efficace-
consistant à ne pas planter d'une année sur l'autre du maïs -
pour éviter la prolifération des insectes ravageurs.
Du côté des producteurs, si la
rotation des cultures est un bon moyen de lutte pour
Christian Schneider, vice-président du syndicat agricole FDSEA
du Bas-Rhin, ce dernier estime que les produits phytosanitaires,
appliqués avec raison, sont incontournables.
Et selon Agrapresse, les maïsiculteurs et semenciers proposent
une autre solution et souhaitent pouvoir utiliser les Organismes
génétiquement Modifiés (OGM) et les traitements de semences
(Cruiser). Si la rotation culturale est un moyen de réduire
l'impact de l'insecte, en ''cassant'' son cycle, il existe aussi
d'autres moyens efficaces de lutte utilisés dans de nombreux
pays d'outre-Atlantique et d'Europe centrale, les OGM, les
traitements de semences…, mais dont la France a la singularité
de se priver, a déploré le 20 août l'Association générale
des producteurs de maïs (AGPM), alors que le maïs transgénique
MON 863 de Monsanto est cultivé depuis 2003 par les agriculteurs
américains pour combattre le coléoptère.
Le GNIS (Groupement national interprofessionnel des semences et
des plants) a pour sa part estimé le 21 août que l'Europe se
devait d'accélérer les procédures d'homologation des plantes
résistantes à la chrysomèle (…) face à la menace qui pèse
sur le maïs en France et aux conséquences économiques.
Le contenu du plan de lutte 2010 contre la chrysomèle sera
déterminé cet automne, à l'issue d'un nouveau bilan de la
situation en France attendu en octobre. Les associations
demandent au Ministère de l'Agriculture d'imposer la rotation de
la culture de maïs sur l'ensemble du territoire national pour la
campagne 2010. La Directrice générale de l'alimentation du
Ministère de l'agriculture a déclaré le 19 août qu'elle
souhaitait encourager cette méthode plutôt que celle de l'usage
de pesticides. Le recours aux OGM n'a pas été évoqué.
le 18 Août 2009 -
Chrysomèle du maïs:
l'insecticide qui sème la terreur
Hélicoptère contre
coléoptère, le combat commence en principe demain dans l'Ain.
Dans des zones limitées et selon un protocole rigoureux affirme
la préfecture. Mais l'extrême dangerosité de la deltaméthrine
fait polémique...
(lire la suite)
Visionner un reportage fait auprès des apiculteurs du Rhône.