"L'abeille, sentinelle de l'environnement"

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VILLE D'ANGOULEME
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Sollicitée par l'UNAF pour participer au programme national "L'abeille, sentinelle de l'environnement", la Ville d'Angoulême a tout de suite répondu favorablement pour sensibiliser le public aux dangers qui menacent cet insecte. Six ruches ont donc été installées le 23 Septembre 2007, sur les toits de la mairie et dans deux espaces verts de la ville. L'UNAF remercie la Société Charentaise d'Apiculture et ses adhérents, présents ce jour-là, Josiane Vinuesa et Dominique Montez qui ont porté le projet au niveau local et assurent le suivi des ruches, et toutes les équipes de la Mairie dont l'accueil et l'investissement ont permis aux "Sentinelles" d'être immédiatement adoptées par les angoumoisins.

 
     
     
Interview du 3 Décembre 2007, parue dans le journal "Abeilles et Fleurs" d'Avril 2008

Philippe Mottet, maire d'Angoulême : "Tout d'abord, l'apiculture nous permet de nous offrir le miel, produit naturel par excellence, par l'élevage des abeilles et la préservation de leur environnement. C'est ainsi que l'apiculteur est le premier à constater les dysfonctionnements de ses colonies et qu'il intervient pour alerter l'opinion et les pouvoirs publics".

Abeilles et Fleurs
: Monsieur le Maire, pouvez-vous nous parler de la politique environnementale globale de la Ville d'Angoulême ?

Philippe Mottet : L'environnement est une question qui touche à la vie quotidienne de chacun, il est donc tout à fait légitime que les élus locaux s'engagent dans une démarche de développement durable  sur le terrain. A l'échelle de l'agglomération, Angoulême participe  au  Plan Climat et au bilan carbone. Sur le territoire communal, depuis plusieurs années, la Municipalité a mis en place plusieurs actions. Pour en citer quelques-unes : la gestion centralisée des chaufferies municipales, le fuel est remplacé par le gaz naturel, la gestion de la ressource en eau au niveau des espaces verts  par la modification du système d'arrosage, la récupération des eaux de pluie, l'utilisation de plantes moins consommatrices en eau, la réduction des gaz à effets de serre par l'acquisition de véhicules à motorisation électrique et GPL, la création d'un parking relais.  
Les services sont également fortement mobilisés  par la reconquête du paysage végétal comme  sur  Bourgines, sur l'espace nature de l'Ile Marquet d'une superficie de 7 hectares et sur toute la vallée de la Charente qui traverse notre commune. Il y est adopté une gestion plus écologique avec diminution drastique des intrans phytosanitaires, une gestion différenciée adaptée aux besoins des utilisateurs tout en privilégiant la faune, la flore, cette biodiversité à laquelle nous tenons tant. 
Je peux ainsi dire qu'Angoulême est une agglomération pilote en matière de développement durable.

Abeilles et Fleurs : Angoulême est la première institution du Département de la Charente et de la Région Poitou-Charentes à accueillir le programme national « l'Abeille, sentinelle de l'environnement ». Pouvez-vous nous expliquer ce qui a motivé cette décision ?

Philippe Mottet : Sensible aux questions de l'environnement, je souhaitais que la Ville, à son niveau, s'engage dans le combat pour la survie des abeilles indispensables au maintien de la biodiversité.
Sur le plan local, la participation à ce programme permettra :
– de mesurer le niveau de pollution
– de sensibiliser nos concitoyens sur le rôle de l'abeille, de l'expliquer aux enfants en invitant les écoles

Abeilles et Fleurs : En tant qu'institution, comment percevez-vous l'apiculture ?

Philippe Mottet : Je la considère comme un art ancien de plus de 12 000 ans. Bien sûr, tout d'abord, l'apiculture nous permet de nous offrir le miel, produit naturel par excellence par l'élevage des abeilles et la préservation de leur environnement. C'est ainsi que l'apiculteur est le premier à constater les dysfonctionnements de ses colonies et qu'il intervient pour alerter l'opinion et les pouvoirs publics. C'est un élevage mais aussi une culture en danger avec les agressions du monde moderne.

Abeilles et Fleurs : L'UNAF a beaucoup oeuvre dans la lutte contre certains pesticides qui détruisent la faune pollinisatrice. Que pensez vous de cet engagement.

Philippe Mottet : Il est très louable et je suis conscient que c'est un combat de tous les instants à livrer contre les modes actuels de culture privilégiant la rentabilité au naturel. L'UNAF peut se réjouir d'avoir déjà pu interdire la commercialisation du régent et du gaucho, deux pesticides nocifs pour les abeilles.
Je soutiens, bien entendu cet engagement. Les services municipaux se doivent de montrer l'exemple, d'expliquer et de communiquer. Nous nous sommes engagés vers une gestion plus écologique de nos 320 hectares de jardins et espaces verts en mettant en oeuvre des techniques plus respectueuses et en limitant l'emploi des produits chimiques.

Abeilles et Fleurs : A la découverte du projet, quel est l'argument qui vous a le plus interpellé ?

Philippe Mottet : En tant que maire d'une cité de 40 000 habitants, entendre dire que la biodiversité est souvent plus riche en Ville qu'à la campagne m'a surpris. Les villes se doivent d'entretenir et de favoriser cette biodiversité.

Abeilles et Fleurs : Comment s'est déroulée l'installation des ruchers à Angoulême ?

Philippe Mottet : Elle s'est déroulée dans le cadre des journées « Portes Ouvertes » des Espaces Verts. Depuis 15 ans, le 4ème week-end de Septembre, la Ville permet la visite des serres municipales au public qui vient toujours aussi nombreux.
La Ville a profité de ces jours particuliers pour implanter les 6 ruches sur trois sites qui ont leurs propres caractéristiques : le Jardin Vert qui est un espace d'hyper-centre, le service des Espaces Verts pour sa situation charnière entre une zone industrielle et une zone naturelle, et la tour du château pour la symbolique. Pour faire un peu d'histoire, l'abeille a remplacé la fleur de lys comme emblème de la souveraineté sous Napoléon. Une salle de réunion porte d'ailleurs le nom du « salon des Abeilles » ; des abeilles sont également représentées sur le manteau de la cheminée du salon d’honneur.
Cette manifestation s'est très bien déroulée et je dois un grand merci aux nombreux apiculteurs qui ont répondu présent, ont su faire part de leur passion et de leur expérience tout en proposant des dégustations de miel, le tout par une belle journée ensoleillée.

Abeilles et Fleurs : Comment ont réagi les différents services de la Ville à l'annonce de l'installation des abeilles ?

Philippe Mottet : Ils ont réagi très positivement. Ils ont tout de suite perçu l'intérêt d'une telle démarche pour sensibiliser le public, les écoles, à la gestion écologique des espaces verts. Ils portent véritablement ce projet.

Abeilles et Fleurs : Quels sont les thèmes et les actions que cet événement va vous permettre d'aborder dans l'avenir ?

Philippe Mottet : Des actions seront régulièrement organisées avec les écoles, avec le grand public lors de la récolte, de la dégustation afin que les Angoumoisins adhèrent à cette démarche.
Grâce aux analyses polliniques des miels, on pourra mesurer la qualité de l'environnement urbain.

Abeilles et Fleurs : Comment a réagi le grand public à cette installation ?

Philippe Mottet : Il y a eu un retour positif du public qui s'est tout de suite intéressé à ces installations. Sur le site du Jardin Vert, seul lieu ouvert toute l'année, les promeneurs questionnent régulièrement les jardiniers sur la présence des abeilles.

Abeilles et Fleurs : La récolte sera le prochain grand rendez-vous. De quelle façon pensez-vous l'utiliser ?

Philippe Mottet : Je souhaite faire de la première récolte un moment fort en associant les Angoumoisins et un public privilégié : les enfants des écoles et de montrer, grâce aux analyses faites sur le miel produit, que l’air d’Angoulême est sain et que la biodiversité végétale n’est pas un mythe.