Récolte 2009

"L'abeille, sentinelle de l'environnement"

Le projet            Les partenaires            L'espace presse

VILLE DE BESANÇON
Visiter le site de la ville de Besançon
Lire l'interview de Jean-Louis Fousseret, Maire de Besançon et Président du Grand Besançon
 

Le 6 Avril 2007, les "Sentinelles de l'environnement" ont été accueillies par la ville de Besançon.
Nous remercions Monsieur Fousseret, Maire de Besançon et Michèle Mouneyrac de la Direction des Espaces Verts pour leur soutien actif, les services de la ville pour leur efficacité et leur réactivité, les apiculteurs du Syndicat Apicole du Doubs qui ont été le relais indispensable entre la Ville et l'UNAF et qui ont très largement contribué à la réussite de l'événement.

Merci également aux bisontins pour l'intérêt qu'ils portent à l'abeille et à son rôle dans l'environnement.

 
     
     
Interview parue dans le journal "Abeilles et Fleurs" - Juin 2007

Jean-Louis Fousseret : "Tous ces apiculteurs soucieux de leurs ruchers sont les garants d'une nature saine et généreuse".

Abeilles et Fleurs
: Pouvez-vous nous parler de la politique environnementale globale de la Ville de Besançon ?

 
Jean-Louis Fousseret : La Ville de Besançon est résolument engagée dans le développement durable ; cette volonté a été affirmée en 2006 par l'adoption d'un Agenda 21 dont les trois priorités sont la lutte contre le réchauffement climatique, la préservation de la biodiversité et l'équité sociale.
En matière de biodiversité et à titre d'exemple, Besançon a engagé un programme de valorisation de ses espaces naturels, en favorisant la pérennité des zones ouvertes telles les pelouses sèches des collines ou les prairies (le PLU prévoit le maintien de surfaces agricoles importantes) qui favorisent la présence d'une entomofaune variée. Celle-ci contribue d'ailleurs directement à un meilleur équilibre des écosystèmes de nos espaces verts urbains. C'est ainsi que, tout naturellement, le "zéro insecticide" a été adopté.
 
AerF : Pour vous, que représente l'abeille ?

Jean-Louis Fousseret : L'abeille représente le symbole de la biodiversité. Depuis plus de 60 millions d'années, son rôle est primordial au niveau écologique et agronomique du fait de la pollinisation de nombreuses plantes cultivées et sauvages. c'est un maillon fondamental de l'équilibre de la nature qui permet aux plantes de se reproduire, de former leurs fruits, et à l'humanité de s'alimenter.
Elle est aussi le symbole d'une organisation sociale très structurée où chacun a sa place.
C'est la sentinelle de notre patrimoine floristique et faunistique. Pouvons-nous trouver dans la nature un autre être vivant qui démontre aussi bien les relations et l'interdépendance qui régissent le monde du vivant ?

AetF : En tant qu'institution, comment percevez-vous l'apiculture ?

Jean-Louis Fousseret : L'apiculture est une activité caractérisée par l'existence de nombreux apiculteurs amateurs ; ce sont des passionnés qui vivent à travers ces animaux une relation particulière avec la nature.
Les apiculteurs professionnels jouent un rôle important pour satisfaire une partie de la gourmandise des humains et constituent un secteur économique à part entière.
Fondamentalement, dans notre civilisation, entre l'homme "cueilleur de miel" et l'apiculteur d'aujourd'hui, le miel et la cire représentent des signes forts d'une relation qui perdure depuis plusieurs millénaires. Ce rapport est fragilisé aujourd'hui par une agriculture intensive et par certaines pollutions.
Aussi, tous ces apiculteurs soucieux de leurs ruchers sont les garants d'une nature saine et généreuse.

AetF
: L'UNAF a beaucoup oeuvré dans la lutte contre certains pesticides qui détruisent la faune pollinisatrice. Que pensez-vous de cet engagement ?


Jean-Louis Fousseret : Cet engagement pour préserver la faune pollinisatrice est fondamental et essentiel. La victoire obtenue pour interdire certains pesticides de grandes cultures est un grand pas vers une meilleure prise en compte de notre environnement qui, ne l'oublions pas, est notre milieu de vie. A ce jour, les risques pour la santé humaine et l'environnement sont avérés.
Ce résultat obtenu par l'UNAF mérite d'être prolongé pour parvenir à des contraintes plus strictes dans les homologations et usages des produits phytosanitaires, sur les cultures ou sur d'autres zones qui posent la question de la pertinence de leur emploi.
Trop de pesticides ont des effets secondaires, immédiats ainsi que, plus sournoisement, sur le long terme et, cela, pas seulement sur les insectes ou en contribuant à l'érosion de notre biodiversité. La contamination des sols due à leur rémanence peut affecter les cultures ultérieures et nos ressources. Nous connaissons tous cet aspect du problème avec, par exemple, la protection des captages pour l'eau potable.

AetF
: Qu'est-ce qui a motivé votre décision de participer au projet "L'abeille, sentinelle de l'environnement" ?

Jean-Louis Fousseret : Particulièrement conscients que notre civilisation se situe à un moment crucial de son histoire où la nature pourrait se retourner contre elle, notamment par le risque d'un effondrement de la biodiversité, j'ai trouvé naturel et indispensable, avec l'ensemble des élus de la Ville, de participer à l'action "Abeille, sentinelle".
Chacun a saisi là l'occasion qui lui est donnée de contribuer à une meilleure connaissance des menaces environnementales, en mobilisant nos citoyens à cette prise de conscience et aux indispensables actions qui en résulteront.
Pour Besançon, ce projet se situe dans la continuité de nombreuses actions menées et de pratiques appliquées dans nos espaces verts. Ainsi, depuis plusieurs années maintenant, l'utilisation des pesticides est proscrit et une de nos préoccupations vise à maintenir ou attirer toute une faune auxiliaire "utile", souvent des insectes. Rien n'est négligé, tant dans le choix des plantations pour leur nourriture que pour leur ménager des abris.
C'est également l'occasion, grâce à la collaboration des apiculteurs locaux particulièrement dynamiques, de faire redécouvrir à nos concitoyens que l'abeille n'est pas seulement une productrice de miel mais que nous dépendons d'elle pour féconder toutes ces plantes contribuant à notre alimentation et à notre survie.
 
AetF : A la découverte du projet, quel est l'argument qui vous a le plus interpellé ?

Jean-Louis Fousseret : C'est déjà le fait de découvrir que, contrairement aux idées reçues, la Ville ne serait pas un milieu hostile aux abeilles, bien au contraire.
Au-delà, l'argument qui a le plus retenu notre attention est la sauvegarde de la biodiversité, cette priorité imprégnant fortement les actions de notre Agenda 21 pour la ville de Besançon et la Charte de l'Environnement pour le Grand Besançon.
Il nous a semblé aussi intéressant de pouvoir mesurer et donc vérifier la qualité de notre environnement par l'analyse des différentes substances  présentes dans le miel. Nous disposerons ainsi d'un bio-indicateur supplémentaire.

AetF
: Comment s'est déroulée l'installation du "Rucher de Besançon ?

Jean-Louis Fousseret : Nous pouvons parler de succès et les conditions météorologiques ont permis d'installer le rucher de Besançon dans un contexte des plus favorables. Cet événement a également été l'occasion d'accueillir plusieurs classes de primaires qui travaillent tout au long de l'année à la culture d'un jardin pédagogique. Ils ont été très sensibles à cette découverte et se proposent de choisir parmi leurs plantes cultivées des espèces mellifères et attractives pour les pollinisateurs.

AetF : Comment ont réagi les différents services de la mairie à l'annonce de l'installation des abeilles ?

Jean-Louis Fousseret : Certains ont dans un premier temps été surpris de voir s'installer un rucher en pleine vielle en craignant pour la santé des abeilles. Quelques-uns ont, comme chacun pouvait s'y attendre, évoqué le risque de piqûre mais la grande majorité des agents communaux est particulièrement fière de savoir que Besançon, ville verte par excellence, accueille ce rucher : c'est un nouveau témoin de nature dans la ville !

AetF
: Quels sont les thèmes que cet événement va vous permettre d'aborder dans l'avenir ?

Jean-Louis Fousseret : Il s'agira de poursuivre et d'amplifier les nombreuses actions déjà engagées notamment en ce qui concerne la sensibilisation du public et des scolaires sur le thème du milieu qui les environne. Au sein de la Direction des Espaces Verts, notre structure municipale d'éducation à environnement, la Petite École dans la Forêt, oeuvre de longue date avec le Syndicat des Apiculteurs du Doubs pour faire découvrir cette amie commune.
 
AetF : Comment a réagi le grand public à cette installation ?
 
Jean-Louis Fousseret : Outre l'aspect bucolique de la présence d'un rucher en ville, le public a particulièrement été intéressé par l'aspect scientifique de la démarche.

AetF
: La récolte sera le prochain grand rendez-vous. De quelle façon pensez-vous l'utiliser ?

Jean-Louis Fousseret : La récolte sera l'occasion d'organiser une séance d'extraction publique de miel le 16 Juin prochain. Plusieurs clases participeront à un jeu de découverte pédagogique sur le thème de l'abeille. Des dégustations de miel et la découverte de la vie de la ruche sont au programme. Quant à notre production, il est trop tôt pour en préciser son utilisation. Quoi qu'il en soit, nous n'envisageons pas de le vendre mais plutôt d'associer sa distribution à de prochains événements confirmant l'engagement de Besançon pour la nature dans un développement durable.