"L'abeille, sentinelle de l'environnement"

Le projet            Les partenaires            L'espace presse

Département des Pyrénées-Orientales
Visiter le site du Conseil Général des Pyrénées-Orientales
Lire l'interview de Christian Bourquin, Président du Conseil Général
 

Le Conseil Général des Pyrénées-Orientales est devenu cette année partenaire de l'action "L'Abeille, sentinelle de l'environnement".

Une première ruche a été installée au début de l'année dans le jardin de l'Hôtel du Département.
Cinq autres prendront place au printemps 2007 sur la tour principale du Palais des Rois de Majorque.
Un lieu remarquable pour les sentinelles, qui d'ores et déjà, ont mérité cette prestigieuse résidence, en livrant pour la première année une récolte très honorable.

En effet, le 5 Octobre dernier,  Christian Bourquin, Président du Conseil Général, a procédé à l'extraction des cadres de la première ruche.
C'est en compagnie d'Henri Clément, des apiculteurs de l'USAR, et d'André Laffitte, leur dynamique président, que notre partenaire catalan a récolté 25 kg d'un excellent miel toutes fleurs.

Nous remercions vivement l'équipe du Conseil Général des Pyrénées-Orientales pour son accueil chaleureux et son soutien permanent à l'apiculture locale et au projet "Sentinelle".

 
     
Interview parue dans le journal "Abeilles et Fleurs" - Novembre 2006

Je crois qu'il faut absolument prendre conscience de l'importance de l'abeille dans nos vies, en ce sens que, sans elles, il n'y aurait plus de pollinisation, fondement même de la production agricole.



L'UNAF : Pouvez-vous nous parler de la politique environnementale globale du Conseil Général des Pyrénées-Orientales ?

Christian Bourquin : Mes ancêtres étaient des bâtisseurs, mes parents, des agriculteurs, et j'ai hérité de cet amour pour la terre, indéfectible, de ce sens de la protection de ce qui nous fait vivre. Depuis 1998, lorsque je suis arrivé aux responsabilités, à la tête de l'Assemblée Départementale, je fais en sorte de mener, avec mes collègues conseillers généraux de la Majorité, des actions pour préserver le formidable Patrimoine du Pays Catalan. Et lorsque je dis Patrimoine, j'entends aussi bien le naturel, que le bâtit ou encore le culinaire.
Mais je ne fais pas partie de ceux que j'appelle "les ayatollah de la chlorophylle" parce que je crois que protéger en mettant sous cloche n'est absolument pas bénéfique, ni pour le Patrimoine en question, ni pour les citoyens. Ce que j'aime à développer, c'est le concept "d'Ecologie Républicaine" : une façon de sauvegarder tout en permettant à toute la population de jouir de ce que nous avons tout autour de nous !
Que ce soit l'action menée sur le territoire des lacs du Carlit, les Bouillouses, celle dans les quatorze réserves naturelles du département, dans le massif du Canigou - avec la réintroduction de l'âne catalan depuis l'été 2005 - ou encore l'action menée depuis 2000 sur la Réserve Marine Naturelle de Banyuls-Cerbère en Méditerranée, la réhabilitation du site de Paulilles, tout le travail effectué pour redonner aux sentiers de randonnées du département une allure de jeunesse, le lac de Villeneuve-de-la-Raho, toutes ces façons de valoriser les richesses extraordinaires concentrées, là, sous nos yeux, sont pensées pour les citoyens, pour leur bien-être, tout comme celui de la nature.
Nous sommes également en train de réfléchir à une nouvelle façon de gérer l'eau, de façon publique ou privée, que ce soit d'un point de vue de potabilité, mais aussi en matière d'assainissement puisque, vous le savez sûrement, l'eau est le fondement même de la vie, végétale, animale et humaine.

L'UNAF : Le Conseil Général est devenu cette année partenaire de l'action "L'abeille, sentinelle de l'environnement". Pouvez-vous nous expliquer ce qui a motivé votre décision ?

Christian Bourquin : C'est très simple et je crois que je viens de répondre en partie à votre question. Parce qu'il me semble évident que l'environnement est une des préoccupations essentielles pour les années à venir, si nous ne voulons pas laisser notre planète en ruines à ceux qui nous suivent dans le temps. Comme je vous le disais tout à l'heure, je suis fils d'agriculteurs et j'ai toujours su quel rôle jouaient les abeilles dans la pollinisation. Cette démarche est, de plus, résolument positive et il me semblait nécessaire d'être en adéquation avec tout ce que nous  faisons depuis presaue huit ans maintenant.

L'UNAF : En tant qu'institution, comment percevez-vous l'apiculture ?

Christian Bourquin : L'apiculture est un art... Enfin, je trouve ! Choisir le bon emplacement, la bonne façon d'installer les abeilles, les aider à produire un miel d'une absolue qualité, c'est vraiment artistique, non ?
Et puis, j'aime infiniment le côté "travail" des abeilles, cette façon acharnée, indéfectible de produire, toujours et encore... Ca me fascine, je pourrais les observer pendant des heures, si seulement je prenais le temps !!!

L'UNAF : L'UNAF a beaucoup oeuvré dans la lutte contre certains pesticides qui détruisent la faune pollinisatrice. Que pensez-vous de cet engagement ?

Christian Bourquin : Comment voulez-vous que je ne sois pas, moi aussi, à vos côtés dans cette lutte contre ce qui dénature la nature, si je puis m'exprimer ainsi ?
Le Conseil Général a sorti, en 2004, une plaquette intitulée "Air / Soleil en Pays Catalan" dans laquelle tout un chapitre est consacré aux abeilles. En introduction à ces pages, est inscrite cette phrase d'Albert Einstein : "Si l'abeille disparaissait de la surface du globe, l'homme n'aurait plus que quatre années à vivre. Plus de pollinisation, plus d'herbe, plus d'animaux, plus d'hommes."
Que dire de plus ?

L'UNAF : Une première ruche a été installée symboliquement dans le jardin de l'Hôtel du Département. Où pensez-vous installer les cinq autres ruches ?

Christian Bourquin : Sur la tour principale du Palais des Rois de Majorque, au début du pirntemps 2007.

L'UNAF : Nous venons de procéder à la récolte de la première ruche. Quelles ont été les réactions des personnes présentes à cet événement peu commun ?

Christian Bourquin : Tout le monde présent a été conquis. Le parfum qui se dégageait a enivré les personnes présentes et la presse venue assister à cet événement. Nous avons goûté le miel brut et quelle sensation extraordinaire que de sentir le miel jaillir d'entre la cire dans la bouche !
La ruche a été installée sur la terrasse du Conseil Général qui donne sur les quais de la Basse (d'où le nom du miel : Miel de Perpignan, des quais de la Basse) et les personnes attablées aux terrasses des cafés du quai d'en face regardaient tout cela d'un oeil intrigué. Il faut dire que nous étions tous autour de la ruche, en tenue d'apiculteur !! Cela devait être un fort joli ballet à observer !!

L'UNAF : Aimez-vous le miel ? Quels miels consommez-vous de préférence ?

Christian Bourquin : Si j'aime le miel ? Mais plus que de raison ! Je suis un grand amateur de thé, vous le savez peut-être si vous lisez mon blog (http://christianbourquin.com) !! J'en consomme plusieurs tasses par jour et je ne le sucre qu'avec du miel. Le goût du sucre dénature la saveur des thés alors que le miel, au contraire, la ravive, la rehausse... J'en consomme, en gros, 12 kg par an !! Ma préférence va aux miels d'acacia, liquide, qui fondent parfaitement dans le thé chaud. L'hiver, c'est un pur délice pour se réchauffer lorsque j'ai passé toute la journée sur le terrain.

L'UNAF : Lors de l'extraction, 20 kg de miel ont été récoltés. Comment l'avez-vous apprécié ?

Christian Bourquin : Dé-li-cieux ! J'ai été étonné du fait que, selon les cadres extraits, le miel était plus ou moins foncé et on m'a même dit que plus le miel  était de couleur sombre, plus il était riche en oligo-éléments... Nous avons même goûté du pollen frais : le goût est surprenant, un peu comme si l'on mâchait une fleur, enfin, c'est ainsi que je l'ai ressenti !!

L'UNAF : Etes-vous prêt à recommencer l'année prochaine ?

Christian Bourquin : Et comment !

L'UNAF : Plusieurs espèces florales ont été découvertes lors de l'analyse pollinique du miel de l'Hôtel du Département. Vous attendiez-vous à une telle diversité ?

Christian Bourquin : Je m'en doutais un peu à dire vrai puisque les bords de la Basse, juste sous les fenêtres du bureau que j'occupe, sont régulièrement fleuris par les équipes municipales de Perpignan... D'ailleurs, c'est assez drôle puisque ce miel est le fruit, si j'ose dire, du mariage entre "mes" abeilles et "les fleurs" du Maire de Perpignan ! Une belle preuve de la magie de la nature !

L'UNAF : Comment pensez-vous utiliser la récolte de cette année et quels en seront les heureux destinataires ?

Christian Bourquin : La récolte de cette année a été répartie dans des pots de 125 g chacun afin que le plus grand nombre de personnes puisse en profiter. J'en offrirai évidemment à mes amis et collègues élus... Je crois que je vais en offrir deci-delà, sans vraiment réfléchir parce que le miel doit être un cadeau emprunt de spontanéité, n'est-ce pas ?

L'UNAF : Quels sont les thèmes que cet événement va vous permettre d'aborder dans l'avenir ?

Christian Bourquin : Le thème du travail qui compte énormément pour moi et qui est, je trouve, merveilleusement bien incarné par les abeilles. Vous savez, lorsque je travaille à mon bureau, j'ai la ruche exactement en face de moi, de l'autre côté de la fenêtre (à 50 cm de mon bureau), et j'observe ces formidables ouvrières, leur inlassable va-et-vient, presque une danse...
Et puis, bien sûr, le thème de l'environnement, quels autres thèmes que ces deux-là, déjà si incontournables pour construire un avenir solide.
Ce qui m'a frappé aussi, c'est ce que m'a dit M. Clément, le Président de l'UNAF, le fait que paradoxalement, il a pu constater, au travers de cette opération, que les abeilles semblent plus productives en ville qu'à la campagne... C'est inquiétant si l'on y réfléchit deux minutes... Je crois qu'il faut absolument prendre conscience de l'importance de l'abeille dans nos vies, en ce sens que, sans elles, il n'y aurait plus de pollinisation, fondement même de la production agricole.