Juillet 2006 : Première récolte du rucher de la Région
Juillet 2007 : Deuxième récolte du rucher de la Région
"L'abeille, sentinelle de l'environnement"

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Région Languedoc-Roussillon
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Lire l'interview de Georges Frêche, Président de Région
 

Le 9 décembre 2005, la Région Languedoc-Roussillon est devenue notre premier partenaire sur le projet "L'abeille, sentinelle de l'environnement".

Six ruches ont été installées sur le toit de l'hôtel de région qui domine la ville de Montpellier.
350 000 abeilles vont ainsi butiner dans un rayon de 3 kilomètres et ramener à la ruche les pollens et nectars présents dans ce périmètre.
La manifestation a débuté à 11 h 30.
Après les prises de parole des élus, du président de l'UNAF et du responsable de la fédération apicole régionale, les six ruches exposées aux invités ont pris le chemin de leur nouvel emplacement.
Transportées par 12 apiculteurs en tenue, elles ont franchi ascenseurs et escaliers jusqu'au dernier étage du bâtiment.

Les apiculteurs de l'UNAF ont procédé, au préalable, à la mise en place d'un socle amovible, fixé à la façade intérieure et assurant la stabilité des ruches. Un grillage empêche les abeilles d'accéder aux parties du toit fréquentées par les employés du Conseil Régional.
La presse et les invités ont suivi le cortège, étonnés de constater que l'installation d'un rucher en plein centre ville puisse se dérouler dans le calme et dans une ambiance festive et détendue.

 
Interview parue dans le journal "Abeilles et Fleurs" - Février 2006


Georges Frêche : "L'abeille et l'apiculture sont d'utilité publique !"
 

Abeilles et Fleurs : Que représente l'abeille pour vous ?

Georges Frêche : L'abeille renvoie à l'identité de cette région : la diversité de ses paysages, de ses écosystèmes, de sa végétation, de ses productions agricoles... et avant tout des femmes et des hommes investis dans des activités agricoles ou rurales, et qui prennent soin de leur environnement. Ils sont, selon l'expression consacrée, des "jardiniers du paysage". L'abeille, elle-même, sans laquelle des milliers d'espèces végétales ne pourraient se reproduire et exister, est elle aussi, au sens propre, une véritable fertilisatrice... Et puis, la simple évocation des différents miels que l'on produit en Languedoc-Roussillon est déjà haute en couleur : miel de romarin, de châtaignier, de bruyère cendrée, de thym, miel des Cévennes, miel de tournesol, de lavande, de bruyère blanche... Enfin, l'abeille-sentinelle de l'environnement renvoie les élus que nous sommes à nos responsabilités en matière de développement durable. Elle nous parle aménagement du territoire, équilibre ville-campagne, lutte contre les pollutions...

AetF : En tant qu'institution, comment percevez-vous l'apiculture ?

GF : Il s'agit bien sûr pour nous d'une activité agricole qui doit durer et se développer comme tous les secteurs d'une économie régionale au secteur primaire particulièrement développé. L'apiculture, comme l'abeille, est indispensable à notre équilibre. Je crois que nos actions communes avec l'UNAF montrent assez l'importance que nous accordons à ce secteur, comme à tous les produits du terroir dont l'impact sur l'emploi, l'environnement, la culture, le tourisme n'est plus a démontrer. Le Languedoc-Roussillon fait partie des grandes régions apicoles françaises aux côtés de Provence-Alpes-Côte d'Azur, Rhône-Alpes, Midi-Pyrénées, Aquitaine et Centre, avec une production moyenne de 1000 à 1500 tonnes, pour une valeur approximative de 6 à 8 millions d'euros par an. Ces chiffres parlent d'eux-mêmes. Nous avons encore considérablement augmenté notre budget agricole en 2006. Les aides aux exploitants, au travers des dispositifs type "PACTE agriculture", l'aide aux projets de développement ruraux et touristiques... Tout cela s'organise désormais de manière cohérente avec le souci de l'équilibre entre les territoires et les activités.

AetF : Qu'est-ce qui a motivé votre décision d'installer un rucher sur le toit de l'hôtel de région ?

GF : Il faut resituer cet acte dans la démarche d'ensemble que je viens d'évoquer et dans le cadre du partenariat global que nous voulons développer, au travers de l'UNAF, avec les apiculteurs de cette région. Isolée, cette initiative ne prendrait pas tout son sens. Inscrite dans une démarche de développement agricole, touristique, elle est en revanche tout à fait crédible. Les abeilles et l'apiculture sont d'utilité publique, il faut que cela se sache. Les journalistes ne s'y sont d'ailleurs pas trompés et sont venus nombreux lors de l'installation des ruches sur le toit de l'Hôtel de Région. A mes yeux, il s'agit d'une opération de communication au sens le plus noble et utile du terme, destinée à sensibiliser, informer... Qu'aujourd'hui la survie des abeilles soit paradoxalement plus facile en ville, en raison de l'utilisation en agriculture de certains pesticides, notamment systémiques, doit nous alerter ! Et les sentinelles, c'est fait pour ça, pour alerter justement. Nous sommes solidaires de ce combat que mène l'UNAF. Cela va dans le sens de l'intérêt général. Les mondes urbains et agricoles doivent s'y retrouver. Dans un an, nous récolterons ensemble le miel de l'Hôtel de Région.
Tout un symbole... En tant que collectivité territoriale, nous sommes les premiers en France à faire ce geste, à la fois simple et plein de sens. Je le répète, cela va de pair avec d'autres actions, en particulier le soutien que nous avons apporté à l'UNAF lorsqu'elle est allée présenter la candidature française, celle de Montpellier, au dernier "APIMONDIA" de Dublin. Nous avons gagné : l'édition 2009 de votre congrès mondial se déroulera bien dans notre région en 2009. Tout cela est positif et cohérent.

AetF : Comment ont réagi le service de sécurité et les employés de la région à l'annonce de l'installation des 350 000 sentinelles ?

GF : Ce qui me frappe, c'est le grand naturel avec lequel tout cela se passe.
Tout le monde ici a accueilli les ruches avec sympathie. Un membre du personnel a même eu ce mot : "C'est comme si on avait trouvé un toit à des amies...". Et si certaines personnes ont pu ressentir de l'appréhension, elle a été passagère. Il est vrai que des "sentinelles", c'est plus rassurant qu'inquiétant, n'est-ce pas... Bref, nous vérifions tous les jours que l'image positive et pacifique des abeilles prend le pas sur tout le reste. Les gens savent qu'elles ne piquent que pour se défendre et que, ce faisant, elles se sacrifient pour la collectivité. Plus concrètement, l'installation s'est donc passée du mieux possible, dans un espace à la fois urbain et vert, où l'Hôtel de Région domine le Lez et permet un extraordinaire point de vue à la fois sur la ville de Montpellier et les environs, avec le Pic Saint-Loup pas très loin. Je crois que les abeilles se trouvent bien ici. A elles de nous le faire savoir, à leur manière, au moment de la récolte... Je crois d'ailleurs qu'il faut que nous réfléchissions ensemble, avec les apiculteurs, à la façon dont la dégustation et la consommation de ce premier miel soit, elle aussi, porteuse de messages et de sens...