Juillet 2006 : Première récolte du rucher de la Région
"L'abeille, sentinelle de l'environnement"

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Région Languedoc-Roussillon
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6 JUILLET 2006
PREMIÈRE RÉCOLTE AU RUCHER DE LA RÉGION LANGUEDOC-ROUSSILLON
Un très bel accueil réservé aux apiculteurs de la région,
Une belle récolte,
Un miel "Sud de France" à la hauteur des espérances.
Voir les résultats de l'analyse pollinique
Interview de Georges Frêche, Président de Région
"J'ai publiquement demandé aux apiculteurs de nous faire des propositions pour que ce secteur économique devienne une véritable filière."

L'UNAF : Le 6 Juillet 2006, nous avons procédé à la récolte des ruches de l'Hôtel de Région. Comment avez-vous vécu cet événement ?

Georges Frêche : Un grand moment ! Nous avions installé ces ruches en décembre 2005. Nos 350 000 sentinelles ont très bien travaillé pendant tous ces mois puisqu'elles ont produit 80 kg d'un miel délicieux ! Cette opération "Sentinelles de l'environnement" est donc un grand succès et je me réjouis que nous l'ayons menée avec les apiculteurs de l'UNAF et sous la conduite d'Yves Pietrasanta, vice-président de la Région, chargé de l'environnement et du développement durable.

L'UNAF : Quelles ont été les réactions des personnes présentes à cet événement peu commun ?

Georges Frêche : Beaucoup d'enthousiasme et de curiosité. Les journalistes, les personnes invitées ont posé énormément de questions. Les abeilles sont à la fois très familières mais leur vie et leur mode de fonctionnement restent malgré tout mystérieux pour les néophytes que nous sommes. Une récolte en direct à l'Hôtel de Région avait donc toutes les chances de susciter un grand intérêt : une belle leçon de choses sur la nature et la protection de l'environnement.

L'UNAF : Aimez-vous le miel ? Quels miels consommez-vous de préférence ?

Georges Frêche : Le miel est un produit vrai, ancestral. Les romains l'utilisaient déjà pour se soigner et comme produit de beauté et ils se servaient de la cire comme tablette d'écriture. J'apprécie beaucoup le miel. Il ramène à des saveurs de mon enfance : le lait chaud aromatisé au miel contre le mal de gorge, le pain de seigle largement tartiné de beurre et recouvert de miel... Tous les miels cultivés dans notre région ont un goût authentique. Pourtant, j'avoue avoir une préférence pour le miel de châtaignier. Il a un arôme puissant. J'aime aussi beaucoup le miel de bruyère. C'est un miel intensément floral qui est produit de l'ouest à l'est de la région. 

L'UNAF : Le miel de l'Hôtel de Région est typiquement méditerranéen. Comment l'avez-vous apprécié ?

Georges Frêche : Le miel produit par le rucher de l'Hôtel de Région est un produit d'une finesse extrême. Son goût peut évoquer le miel des montagnes (la saveur du pin, sans doute, qui rappelle celle des résineux que l'on trouve en altitude...) et ses qualités gustatives m'ont immédiatement séduit. Il allie à la fois force et douceur. Sa couleur et sa texture sont parfaites. Un grand cru !

L'UNAF : Plusieurs espèces florales (pin, lotier, chêne, trèfle blanc, gleditschia, ailante, graminées, tilleul, vigne vierge, olivier, acacia, if, sumac) ont été découvertes lors de l'analyse pollinique effectuée sur le miel de l'Hôtel de Région. Vous attendiez-vous à une telle diversité ?

Georges Frêche : Non, bien sûr. Nous nous attendions à un miel de garrigues et nous avons découvert un miel toutes fleurs. Vous l'avez dit, c'est un miel typiquement méditerranéen. Le même que celui qu'on peut trouver en Grèce ou en Turquie. Mais le nôtre est produit par les "sentinelles" perchées sur l'Hôtel de Région de Montpellier. On ne peut qu'en être fier.

L'UNAF : Vous avez vous-même participé à l'extraction du miel. Envisagez-vous une prochaine reconversion dans le métier d'apiculteur ou tout du moins l'installation d'une ou deux ruches dans votre jardin ?

Georges Frêche : Et bien, pourquoi pas ! Quelques ruches au fond de mon jardin, cela me plairait assez... Quel plaisir de sucrer mon café avec le produit de ma récolte ! C'est une idée, je vais y réfléchir.

L'UNAF : L'extraction et la mise en pots se sont déroulées au 12ème étage de l'Hôtel de Région. Ces opérations ont-elles généré des dégâts dans la salle que vous aviez mise à notre disposition ?

Georges Frêche : Quelques tours de manivelle et les 80 kg de miel ont été mis en pot ! En effet, l'opération s'est déroulée très facilement et proprement, il n'y a pas eu de dégâts. Nous recommencerons à chaque récolte. 

L'UNAF: Comment pensez-vous utiliser la récolte de cette année et quels seront les heureux destinataires de ce miel au charme méditerranéen ?

Georges Frêche : La "cuvée" de cette première récolte n'a pas pour but d'être largement diffusée. Nous avons néanmoins offert des pots de miel à toutes les personnes présentes lors de la récolte. Nous les offrirons à nos invités afin qu'ils deviennent à leur tour des ambassadeurs de nos produits et les messagers de l'opération "Sentinelle de l'environnement" contre les agressions que subit le milieu naturel, notamment à cause de l'abus de pesticides.

L'UNAF : Le 9 Décembre 2005, nous installions les 6 premières ruches de l'opération "L'abeille, sentinelle de l'environnement" sur le toit de l'Hôtel de Région. Cette récolte est donc la première effectuée dans le cadre du projet. Que pouvez-vous nous dire sur la gestion du rucher par les apiculteurs de l'UNAF pendant cette période ?

Georges Frêche : Il est vrai que Montpellier fait partie des quelques villes et collectivités qui ont accepté d'accueillir ces ouvrières urbaines. Ce partenariat original a été proposé par l'UNAF sous le slogan "Abeille, sentinelle de l'Environnement". L'entretien des ruches de l'Hôtel de Région est confié à un apiculteur proche de  Montpellier qui effectue des visites régulières. Au cours de ces visites sont assurés le renouvellement du matériel, le suivi et le traitement des ruches. Et une fois par an, l'UNAF procède à l'extraction et à la récolte du miel.

L'UNAF : Vous avez évoqué, lors de votre discours, l'ouverture de "maisons du Languedoc-Roussillon" dans plusieurs pays dans le monde. Installerons-nous des ruches à Bruxelles, Shangai ou Barcelone ?

Georges Frêche
: Etant donné que la Chine est l'un des pays qui commercialise le plus de miel, les ruches pourraient facilement s'intégrer dans le décor chinois. La consommation de miel à Barcelone et à Bruxelles laisse présager que, là-bas aussi, l'installation de ruches pourrait se faire de manière assez naturelle. Outre l'aspect gustatif, il ne faut pas oublier que les abeilles sont des sentinelles de l'environnement, or, dans des grandes villes comme Shangai, Barcelone et Bruxelles, il est utile d'utiliser le symbole que véhicule l'abeille pour rappeler l'importance de la qualité de l'air. Mais, les Maisons de la Région constitueront surtout des postes avancés décisifs pour la promotion de nos produits, dont le miel, évidemment.


L'UNAF : Le vignoble du Languedoc-Roussillon traverse un moment particulièrement difficile. Comment voyez-vous l'avenir de l'apiculture dans le cadre du développement économique agricole de la région ?

Georges Frêche : Le jour de la récolte, j'ai publiquement demandé aux apiculteurs de nous faire des propositions pour que ce secteur économique devienne une véritable filière. La Région s'engage à aider les producteurs à faire de notre région une région pilote dans ce domaine. La filière apicole est prometteuse en Languedoc-Roussillon, qui est la deuxième région en nombre d'apiculteurs. On en comte 3500 dont 60% sont professionnels. Ils récoltent de 1000 à 1500 tonnes par an, ce qui représente un chiffre d'affaire de 6 à 7 millions d'euros. La Région est fortement engagée dans l'apiculture. En 2005, 15 dossiers PSME (Plan de Soutien à la Modernisation des Exploitations) ont été votés en faveur des exploitations apicoles. Elle a ainsi mobilisé 180 000 euros au profit des apiculteurs, dont 63 000 euros de FEOGA dans le cadre de l'Objectif 2. Ces subventions ont permis de réaliser des investissements dans les mielleries : aménagement des bâtiments, équipement et matériels spécifiques, aménagement de  points de vente. La Région a aussi mis en place des formations agricoles spécifiques. Une au CFA (Centre de Formation par l'Apprentissage) de Marvejols en Lozère et une autre au CFPPA de Nîmes dans le Gard. Ces deux centres proposent une préparation au Brevet Professionnel Agricole, diplôme national de niveau 4. Je tiens à rappeler aussi que la Région distribue des aides aux apiculteurs lors de leur installation et propose des prêts bonifiés.
Et puis, n'oublions pas qu'en 2009, l'UNAF et la Région organisent en partenariat le Congrès Mondial de l'Apiculture, Apimondia, au Corum à Montpellier. Cet événement devrait rassembler près de 10 000 visiteurs venus du monde entier et qui vont goûter le miel de notre région. De quoi largement faire découvrir et apprécier notre miel.