Interview
parue dans le journal "Abeilles et Fleurs" - Juillet 2007
Paul Lombard : "Grâce à cette action de sensibilisation,
nombreux sont ceux qui auront découvert le rôle de l'abeille au
coeur du dispositif de protection de l'environnement et les
difficultés que rencontre actuellement l'apiculture française".
Abeilles
et Fleurs : Pouvez-vous nous parler de la politique environnementale
globale de la Ville de Martigues ?
Paul Lombard
: S'il est un trait de caractère reconnu à
notre ville, c'est bien cette culture de l'environnement, de
protection et de valorisation de son patrimoine naturel, et par là
même de son cadre de vie.
Cette prise de conscience ne date pas d'hier puisque dès 1961, la
Municipalité avait eu à coeur de créer un service des espaces verts
et forestiers. Et, à l'époque, il faut le rappeler, ceci ne
constituait pas une priorité. La Ville de Martigues, en recevant le
Grand Prix National de Fleurissement, distinction qui constitue la
plus haute marche du palmarès des villes fleuries, récoltait ainsi
les fruits des moyens déployés en faveur de son environnement. Mais
ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres car depuis toujours, la
protection et la valorisation de notre environnement sont au coeur
de tous projets et des aménagements que nous développons sur notre
territoire. L'aménagement du Grand Parc de Figuerolles et le franc
succès que connaît sa ferme pédagogique, les choix réalisés pour la
protection de notre littoral ou l'organisation de manifestation
telle que le Salon du Véhicule Propre en sont l'illustration.
AerF :
Pour vous, que représente l'abeille ?
Paul Lombard
:
Quand on m'a parlé pour la première
fois du projet mis en place par l'UNAF, il faut bien reconnaître que
je me suis interrogé. Des abeilles, sentinelles de l'environnement ?
Mais pour veiller et défendre quoi ? Nous sommes en temps de paix...
Sur le plan militaire, évidemment. Mais sur le plan environnemental,
rien n'est moins sûr ! Grâce à cette action de sensibilisation,
nombreux sont ceux qui auront découvert le rôle de l'abeille au
coeur du dispositif de protection de l'environnement et les
difficultés que rencontre actuellement l'apiculture française.
AetF
: L'UNAF a beaucoup oeuvré dans la lutte contre certains pesticides qui
détruisent la faune pollinisatrice. Que pensez-vous de cet
engagement ?
Paul Lombard
:
Toutes les actions destinées à défendre notre environnement doivent
être encouragées et soutenues. A Martigues, les Services Techniques
Municipaux n'utilisent que des produits respectueux pour les
abeilles. Depuis de nombreuses années, nous avons également
multiplié nos efforts afin de réduire la consommation de produits de
traitement phytosanitaire ou d'eau en utilisant des plantes mieux
adaptées à leur milieu.
AetF
: Qu'est-ce qui a motivé votre décision de participer au projet
"L'abeille, sentinelle de l'environnement" ?
Paul Lombard
:
Cette initiative est, certes,
originale. Mais elle est surtout fondamentalement nécessaire à la
survie des abeilles et à la sauvegarde de la biodiversité végétale
de notre environnement. Ce partenariat nouveau s'inscrivait donc
parfaitement dans la politique novatrice développée par notre
Municipalité depuis déjà 4 décennies. A l'échelle régionale, la
Ville de Martigues était la première à signer cette charte, comme je
le soulignais lors de la cérémonie d'installation du rucher sur le
toit de l'Hôtel de Ville, j'espère aujourd'hui que de nombreux
partenaires nous rejoindront très rapidement.
AetF
: A la découverte du projet, quel est l'argument qui vous a le plus interpellé ?
Paul Lombard
: Savoir que des
espèces animales et végétales sont menacées du fait de
l'intervention de l'Homme sur son environnement est bien évidemment
inquiétant.
Il me semble important que chacun, à son échelle, se
mobilise afin de tirer la sonnette d'alarme. La sensibilisation des
collectivités territoriales, des entreprises et là même des citoyens
est essentielle pour les générations futures!
AetF
: Comment ont réagi les différents services de la mairie à l'annonce
de l'installation des abeilles ?
Paul Lombard
: Au début,
il faut bien reconnaître que certains agents municipaux ont été un
peu surpris de devoir coexister avec des abeilles. Intégrer des
ruches en ville, qui plus est sur le toit de l'Hôtel de Ville, ce
n'est pas banal ! Aujourd'hui, ces appréhensions ont disparu et je
crois que chacun attend désormais la première collecte de miel.
AetF : La récolte sera le prochain grand rendez-vous. De
quelle façon pensez-vous l'utiliser ?
Paul Lombard
:
La première collecte de miel de la cité
martégale aura lieu dans quelques semaines. En ce qui concerne son
utilisation, nous avons quelques idées... Tout dépendra ensuite du
travail accompli par nos butineuses. Néanmoins, au regard des
massifs de fleurs et de la diversité des végétaux qui fleurissent
aux quatre coins de la ville, je suppose que la récolte sera bonne ! |