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| ABEILLES ET FLEURS | Archives Editoriaux 1998 | ||||
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Editorial
n°590 Toutes les études réalisées en laboratoire concluent sans exception à la toxicité de l’imidaclopride sur abeilles et ce à des doses infinitésimales. En ce qui concerne les études de terrain dans les sites de Vendée, Indre et Deux-Sèvres, si en apparence aucune différence sensible n’est observée, les analyses réalisées par le laboratoire Biotech, sous la direction du CNRS d’Orléans, indiquent la présence d’imidaclopride à tous les stades végétatifs, y compris dans 50 % des analyses des prélèvements effectués dans les sites témoins. Cette anomalie pose le problème essentiel de la rémanence du produit, rémanence certes inquiétante pour les apiculteurs mais aussi pour tout l’environnement. A ce jour les analyses de sol n’ont toujours pas été réalisées. La Commission des toxiques se réunit le 18 novembre et le ministre de l’Agriculture devrait prendre sa décision le 20. Lors de notre Université d’automne à Brive, le lendemain, nous devrions en connaître la teneur. Au terme de cette année d’expérimentation, de très nombreuses questions se posent : Quels dangers représentent pour nos abeilles les maïs, orge, blé traités à l’imidaclopride ? Quelle incidence sur l’hivernage, le démarrage des colonies et la ponte des reines ? Comment obtenir une homologation qui intègre la protection de l’abeille ? etc. A l’heure où arrivent sur le marché des produits à forte rémanence et se profilent les plantes transgéniques, il est indispensable que soit institué au plus vite un service de la protection des insectes pollinisateurs et de la faune auxiliaire. Félicitations au Syndicat du Rhône, présidé par M. Rouchon, pour la réussite exemplaire de son colloque d’Apithérapie. Remerciements à la Fédération apicole du Languedoc-Roussillon pour son don de 5 000 F en faveur de l’UNAF, de manière à soutenir ainsi les nombreuses actions que nous menons. Je vous souhaite à toutes et à tous un bon et joyeux Noël
Editorial
n°589 Ce fut un plaisir de pouvoir dialoguer au gré des allées avec l’intégralité des organisations apicoles, telles que l’ensemble des syndicats et des associations, comme la FNOSAD, l’OPIDA, ou la Société Centrale. Plus que jamais , et à l’UNAF nous en sommes convaincus, l’apiculture française doit s’efforcer de se rassembler pour affronter, avec les plus grandes chances de succès , les difficultés à venir. Certes, ce n’est pas toujours aisé mais seule la volonté des uns et des autres nous permettra de réussir. C’est une nécessité absolue. Le 6 novembre, le Comité de pilotage Gaucho rendra ses conclusions publiques. Expérimentations de terrain, études en laboratoire, analyses multiples, cofinancées à hauteur de 6 millions de francs par la France et l’Europe dans le cadre du Règlement Miel, destiné à soutenir l’apiculture… devraient permettre, comme nous l’espérons, d’apporter des réponses claires sur le sujet. Le samedi 21 novembre, lors de notre Université d’automne à Brive, ce rapport sera présenté par Mme Pham Delègue et certains membres dudit Comité. Un débat devenu incontournable sur l’indispensable prise en compte de l’abeille par les firmes phytosanitaires sera alors ouvert. Il s’annonce passionnant et déterminant pour notre avenir. Nous vous attendons nombreux. Les problèmes liés aux conventions signées entre laboratoires et Pouvoirs publics dans le cadre du Règlement Miel sont enfin résolus et nous vous engageons dès lors à faire analyser un très grand nombre de vos miels et de bénéficier ainsi de cette aide. Six laboratoires sont accrédités. Au plaisir de vous retrouver à Brive.
Les conclusions du comité de pilotage concernant les
expérimentations « Gaucho » ne seront pas rendues publiques avant la
mi-novembre. Actuellement, les laboratoires agréés procèdent aux analyses
initialement prévues. A cet effet,nous demandons aux Pouvoirs publics, ministère de l’Agriculture et ministère de l’Environnement, de mettre en place au sein du Service de la protection des végétaux, un Service de la protection de la faune auxiliaire et pollinisatrice. Tant qu'il est temps....
Editorial
n°587 Et le tournesol ? Une nouvelle fois, semble-t-il, la récolte s’avère fort inégale : convenable dans certaines régions, anormalement faible dans d’autres. La situation de l’apiculture en zone de grande culture demeure très préoccupante. En ce qui concerne Gaucho, les expérimentations de terrain ont été réalisées mais le travail d’analyse des prélèvements ne fait que débuter. Le Comité de pilotage se réunira le 17 septembre, afin de faire un premier point. Les conclusions définitives seront rédigées courant octobre, voire début novembre. Patientons et ne nous livrons pas, comme la firme Bayer vient de le faire, à des conférences de presse prématurées et donc déplacées. Le Comité de pilotage doit maîtriser la communication relative aux résultats obtenus. Dans le cadre du règlement miel, les analyses effectuées dans les laboratoires pour les producteurs seront subventionnées à 60 %. Si les conventions entre les laboratoires et les pouvoirs publics ont bel et bien été rédigées, la Commission de Bruxelles ayant refusé les modalités de remboursement telles qu’elles étaient présentées, elles n’ont pu être validées par le contrôleur d’État. Cette péripétie administrative retarde une nouvelle fois l’application effective du règlement mais devrait être réglée dans les tout prochains jours. Le SPMF a donc perdu en appel le procès qu’il avait intenté à l’UNAF et au SNA. Certes nous nous réjouissons de ce succès, mais nous persistons à croire qu’il eut été préférable, dans l’intérêt de l’apiculture, de ne pas avoir à régler nos différends devant les tribunaux. Souhaitons que dorénavant, face aux nombreuses menaces qui pèsent sur notre activité, nous sachions nous montrer plus unis comme nous avons su l’être dans le problème Gaucho. Nous vous invitons à participer au congrès de Dijon et nous serons heureux de vous accueillir à notre stand où vous ferez connaissance avec votre nouvelle collaboratrice Mme Marie-Cécile Yvon, remplaçante de Annette Pailhole. Enfin,dès maintenant réservez votre week-end du 21 novembre. L’UNAF organise sa deuxième Université d’automne à Brive. Travail et convivialité seront au rendez-vous.
Editorial
n°586 Règlement Miel : la mise en place des modalités d’application du programme européen s’avère, réunions après réunions, toujours plus longue et plus complexe. A l’heure actuelle, si les aides aux laboratoires d’analyses ont été validées, nous ignorons encore le schéma définitif du subventionnement des analyses de miel pour les apiculteurs. C’est, paraît-il, imminent. De même, la circulaire émanant du ministère de l’Agriculture adressée aux Conseils Régionaux et aux Conseils Généraux, leur indiquant les possibilités et les moyens de soutenir l’apiculture dans le cadre de ce règlement, ne nous est toujours pas parvenue, tous les ministères concernés n’ayant pas encore donné leur aval. Dès que nous posséderons ces documents, nous en informerons immédiatement les présidents de syndicats. Consciente du retard et des pénalités ainsi engendrées tant pour les apiculteurs que pour les scientifiques, la Commission de Bruxelles a décidé de reporter le délai de présentation des factures émargeant à l’exercice 1998 du 15 octobre initialement prévu, au 31 janvier 1999. Nous nous en réjouissons. Le programme 1999 a été arrêté. La plupart des actions et des projets sont reconduits. Néanmoins une enveloppe conséquente a été sollicitée auprès du ministère de l’Agriculture afin de subventionner au titre de la « rationalisation de la transhumance » divers matériels : remorques, matériel de palettisation, débroussaillage. Les modalités financières ont été étudiées entre syndicats afin que le plus grand nombre d’apiculteurs puisse en bénéficier et non plus seulement quelques rares individus. Espérons que la mise en place de cette mesure sera plus simple et plus rapide... Dossier Gaucho : les différentes réunions successives du Comité de Pilotage auxquelles participe Maurice Mary ont affiné les pratiques de terrain. Les essais effectués par M.Tisseur, avec le compteur d’abeilles, ont permis d’éviter certaines erreurs : dérives, perturbations des colonies, qui risquaient d’altérer la qualité des expérimentations et la valeur des résultats obtenus. Durant l’été, chercheurs et apiculteurs doivent oeuvrer avec rigueur et professionnalisme, avec le souci de la plus grande objectivité. Le 22 mai, a été plaidé le procès en cours d’appel intenté par le SPMF. Attendons avec sérénité le verdict prévu pour la fin juin. Dans le droit fil de notre philosophie qui consiste à s’efforcer de rassembler le monde apicole, nous avons signé une convention avec l’OPIDA : Office pour l’information et la documentation en apiculture. Cette synergie nouvelle se révélera extrêmement enrichissante pour les apiculteurs abonnés à Abeille et Fleurs-Revue Française d’Apiculture. Nous nous en félicitons. Le 12e Congrès National de l’Apiculture Française,organisé par le SNA,se déroulera à Dijon les 2,3 et 4 octobre prochain. Je vous engage fermement à y participer et je vous souhaiteà tous une excellente saison apicole.
Editorial n°585 Lettre ouverte à M. le ministre de l’Agriculture Monsieur le Ministre, Depuis des millénaires, l’apiculture participe à l’activité agricole de nos campagnes. Aujourd’hui, deuxième pays producteur de la CEE, la France propose aux consommateurs une palette de miels d’une qualité exceptionnelle due à la richesse de ses paysages, engendrée par une diversité géologique, climatique et donc botanique des plus rares. Cependant, depuis déjà plusieurs années, les apiculteurs doivent affronter les effets désastreux d’une mondialisation exacerbée et endiguer une virulente parasitose : la varroase. Sous la pression des syndicats, grâce à la ténacité du COPA-COGECA et au soutien unanime et répété du Parlement européen, l’ampleur de cette situation dramatique commence à être enfin perçue par la Commission de Bruxelles. Le règlement (CE) n° 1221/97 visant à l’amélioration de la production et de la commercialisation du miel a été promulgué le 1 er juillet 1997. Nous nous en réjouissons. Conscients de la complexité de mise en place de ce règlement, des innovations administratives qu’il engendre et ce, dans les délais d’un calendrier des plus resserrés, nous remercions M. Gomez, Mme Dupuy et Mme Merillon pour la qualité du travail effectué, en parfaite collaboration avec nous-mêmes. Sans ignorer les résultats escomptés des programmes scientifiques, nous déplorons cependant que sur une enveloppe de 32 263 000 F octroyée à la France, la somme effective mise directement à la disposition des apiculteurs se réduise en 1998 à une avance de 2,7 millions de francs correspondant à un financement de 1,35 million de francs. Dans plusieurs régions, notamment en zone de tournesol, la récolte 1997 s’est révélée des plus mauvaises, l’hivernage 1997-1998 s’avère pour sa part des plus difficiles. La situation financière des exploitations déjà très fragile, comme l’a fort bien démontré l’audit réalisé par la société GEM, devient de plus en plus préoccupante. Il est urgent de réagir, Monsieur le Ministre, avec la plus grande rigueur. A cet effet, la profession doit pouvoir bénéficier pour le programme 1999, d’une avance substantielle de 20 millions de francs, correspondant à un financement extraordinaire de 10 millions de francs, si elle veut aborder le XXI e siècle dans des conditions plus rassurantes et ne pas disparaître. L’impact financier de l’apiculture peut paraître secondaire mais n’oublions jamais que grâce à leur activité pollinisatrice, nos abeilles sont indispensables à la rentabilité d’autres secteurs agricoles comme l’arboriculture, les oléagineux, les légumineuses grainières… et participent également à la sauvegarde de l’environnement. Espérant que vous saurez redonner espoir et confiance aux apiculteurs, demeurant à votre entière disposition, veuillez croire, Monsieur le Ministre, à l’assurance de mes sentiments les plus distingués.
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