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Editorial
n°601
Joyeux Noël !
Comme les éditions précédentes, notre troisième
Université d’automne de Strasbourg a connu un vif succès. Dans la
convivialité et la bonne humeur, les sujets majeurs de l’actualité apicole
ont été abordés en détail, avec clarté, sérieux et rigueur, par d’éminents
spécialistes, à la plus grande satisfaction de tous.
Je remercie notre trésorier et ami Werner Kléthi et toute son équipe pour l’excellente
organisation de cette manifestation.
Règlement Miel
Lors de la réunion du jeudi 28 octobre, la profession unie a négocié avec
le ministère de l’Agriculture et l’ONIFLHOR la reconduction de l’aide
à la rationalisation de la transhumance. Cela n’a pas été facile mais l’essentiel
semble préservé : les dossiers 1999 reportés en 2000 devraient être
soutenus au même taux de 40 %. Les nouveaux dossiers doivent être adressés
à l’ONIFLHOR avant le 31 janvier 2000. Certains investissements éligibles
sont modifiés. Les palettes et les aménagements de véhicules devraient
être réalisés par une entreprise, les débroussailleuses devraient être
autotractées. Le taux d’aide n’est pas arrêté. Nous attendons une
confirmation écrite de ces dispositions. Dès qu’elle sera en notre
possession, nous
la transmettrons aux présidents de syndicats aux membres de la Commission
technico-économique.
Directive Miel
Le mercredi 27 octobre, nous avons rencontré (M.Vedrenne, M. Bonnaffé, de la
Fédération des
Coopératives, et moi-même) M. François de la DGCCRF. Le projet de directive
dans sa mouture
actuelle lui paraît indéfendable. Il souhaite travailler en partenariat avec
la profession afin d’élaborer une version certes simplifiée mais
rigoureuse.
Cette directive ne sera pas étudiée avant l’été 2000 sous la présidence
française de la Communauté européenne. D’ici là, le Codex Alimentarius
qui réglemente le miel sur le plan mondial sera édicté : la nouvelle
directive devra donc s’y conformer... Un bravo aux collègues de France-Miel
pour leur manifestation réussie sur le TGV Lausanne-Paris. Un exemple à
suivre.
Gaucho
Comme nous le pressentions, l’ouvrage édité par Bayer sur la santé des
abeilles, très somptueux et illustré de fort belles photographies, a pour
but non avoué d’innocenter à tout prix l’imidaclopride. La description
de l’état sanitaire des colonies est donc apocalyptique : varroase, virus,
loques, nosémoses... Les apiculteurs, gens incompétents s’il en est,
doivent ignorer l’existence de ces maladies et les traitements appropriés !
On est en droit de se demander comment les abeilles peuvent encore survivre à
pareille négligence et produire encore du miel sur autres floraisons que
tournesol...
Les analyses des échantillons prélevés cette année ne devront pas tarder
à nous être communiquées.
Maître Fau s’apprête à déposer ses ultimes conclusions dans l’action
en intervention volontaire en défense aux côtés du ministre devant le
Conseil d’Etat. Le dossier s’alourdit en coût aussi : à l’heure
actuelle, il s’élève à 80 000 F, financé par l’UNAF (60 000 F), par le
SNA (10 000 F) et par le SPMF (10 000 F). La FNOSAD nous a adressé un chèque
de soutien de 10 000 F. Nous la remercions chaleureusement. Seule l’union de
tous nous permettra de faire progresser nos revendications. L’éventualité
d’une manifestation nationale sur le thème du Gaucho et de la Directive
Miel est envisagée courant janvier. A suivre.
Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF

Editorial
n°600
Inquiétude et réconfort
L’actualité du dossier Gaucho ne faiblit pas. A la
suite de nombreux échanges téléphoniques ou épistolaires, le ministère de
l’Agriculture a enfin transmis à notre avocat un « résumé » du dossier
d’homologation « Gaucho ». Nous demandions le dossier in extenso et nous
ferons en sorte de l’obtenir.
La firme Bayer s’apprête à publier un opuscule ou un ouvrage sur la santé
des abeilles afin d’éduquer ces apiculteurs bien ignorants... Ne l’ayant
pas encore reçu, il nous est impossible d’en dire plus. A suivre...
Plus inquiétant, sous la pression du Collectif national de défense des
semences de ferme (CNDSF) et de la Direction générale de la concurrence et
de la répression des fraudes (DGCCRF), la firme Bayer commercialisera dès l’an
2000 le produit Gaucho sous l’appellation Ferial directement auprès des
agriculteurs afin qu’ils puissent procéder eux-mêmes à l’enrobage de
leurs semences, blé et orge. Comment, dès lors, certifier que les doses
prescrites seront bien respectées. Comment contrôler que les graines de
tournesol ne seront pas traitées aussi, malgré la suspension d’autorisation
sur l’ensemble du territoire toujours en vigueur ?
Nous avons aussitôt réagi. (Cf
lettre adressée au ministère de l’Agriculture et au ministère de l’Environnement).
Plus réconfortant. Les Pays-Bas s’apprêtent à interdire après examen,
une trentaine de molécules jugées dangereuses et parmi elles, l’imidaclopride,
matière active du « Gaucho «. De même au Danemark, l’avenir de la
deltamethrine, matière active du Décis, semble compromis.
Pour l’heure, malgré des retards dus aux lenteurs répétées de l’Administration,
les analyses et les expérimentations se poursuivent. Le dossier
juridico-administratif progresse. Ne désespérons pas. Demeurons objectifs,
déterminés et rigoureux.
Règlement Miel - Aide à la transhumance Selon nos informations, l’intégralité
des dossiers déposés en 1999 et reportés sur le programme 2000 serait
réalisable. Cependant, les finances disponibles pour de nouveaux
investissements seraient des plus réduites. Une réunion à l’Oniflhor le
27 octobre devrait nous permettre d’y voir plus clair.
Directive Miel. Le projet de directive présenté par la Commission ne reprend
en aucune façon les propositions élaborées par les apiculteurs. Les
amendements votés par le Parlement européen n’ont pas tous été retenus.
Nous avons donc sollicité une audience auprès du ministère de l’Agriculture
afin que celui-ci s’oppose à ce projet désastreux et adopte une position
claire et constructive de manière à satisfaire les producteurs et les
consommateurs.
En attendant,continuez à faire signer les pétitions et à nous les renvoyer.
Bravo à l’Union des apiculteurs de la Loire-Atlantique pour le nombre de
signatures recueillies.
Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF

Editorial
n°599
Rencontre avec Jean Glavany, ministre de l’Agriculture
Le Dimanche 5 septembre ayant l’opportunité de rencontrer,
avec une délégation de la Chambre d’agriculture, Jean Glavany,
ministre de l’Agriculture, lors d’une visite privée à Mende, je
lui ai fait part de nos revendications relatives aux trois sujets
majeurs du syndicalisme apicole : abeilles et produits phytosanitaires
systémiques type « Gaucho », Directive miel et Règlement miel.Sensible à la situation difficile vécue depuis
plusieurs années maintenant par les apiculteurs, le ministre s’est engagé
à examiner le dossier systémique avec la plus grande rigueur. La rémanence
et la toxicité sur abeilles notamment aux seuils des doses sublétales et des
métabolites doivent être effectivement maîtrisées par les fabricants. La
décision prise le 15 janvier de suspendre l’autorisation du Gaucho
tournesol sur l’ensemble du territoire témoigne de cette volonté. A cet
effet, l’idée d’un Service de la protection des insectes pollinisateurs
et de la faune auxiliaire, idée que nous avons émise l’hiver dernier, lui
paraît fort pertinente... Il serait urgent que ce service se concrétise.
Le 21 mai, notre avocat maître Bernard Fau a demandé
au ministère de lui transmettre les dossiers d’homologation « Gaucho ».
Alors qu’il aurait dû les recevoir avant le 21 juillet, début septembre il
n’avait toujours rien. J’ai donc fait part à M. le ministre de notre
inquiétude et de notre incompréhension et il m’a assuré que ces dossiers
seraient comme de droit transmis à maître Fau avant le 21 septembre, le
ministère ne souhaitant pas faire de rétention d’information. Il a bien
noté également que les trois syndicats nationaux soutenus par l’ensemble
de la filière avaient engagé une action en intervention volontaire en
défense au côté du ministère face aux plaintes dégagées en Conseil d’Etat
par Bayer et les semenciers.
Le ministère souhaite défendre devant ses partenaires européens les
positions émises par les apiculteurs sur le projet de Directive miel,
positions jugées positives notamment sur le point crucial de l’étiquetage.
Début octobre, nous solliciterons auprès du ministère un rendez-vous afin
de faire le point sur le dossier et lui remettre les milliers de pétitions
que vous avez fait signer dans toute la France, tant par les apiculteurs que
les consommateurs. Un bravo au Syndicat interdépartemental des apiculteurs de
la Région parisienne qui, à lui seul, a rassemblé 2 956 signatures.
En ce qui concerne la baisse du budget alloué au Règlement miel sur le plan
européen, Jean Glavany m’a assuré de son soutien pour tenter de
récupérer le niveau initial, mais il est de tradition de réduire un budget
dont une partie non négligeable n’a pas été utilisée... Comme si cet
état de fait était imputable aux apiculteurs...
Les propos du ministre de l’Agriculture ont donc été, à priori,
rassurants, mais faudra-t-il encore qu’ils se traduisent dans la réalité
des faits pour que nous soyons tout à fait rassurés. Les 29 et 30 octobre,
ces thèmes seront étudiés lors de notre 3° Université d’automne. Après
Chambéry et Brive, Strasbourg s’affiche comme le grand événement apicole
de cet automne. Je vous invite donc à y participer.
Pensez à réserver,car nous le savons déjà vous serez très nombreux.
Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF

Editorial
n°598
Avec Jean Glavany
L'été s'achève et une fois de plus la récolte de
miel 1999 ne demeurera pas dans nos mémoires comme l’année du siècle.
A l’exception du châtaignier et de certaines rares zones de montagne, la
production ne se révèle pas brillante : romarin, thym, garrigue quasi
inexistants, colza et lavande tout juste moyens, sapin anecdotique et acacia
très irrégulier. Et la miellée de tournesol ? Très faible, anormalement
faible. Cela ne nous surprend pas, le phénomène était attendu : maïs
traité Gaucho, rémanence persistante de l’imidaclopride dans les sols - en
1998 des échantillons prélevés dans les zones témoins non traitées s’étaient
révélés positifs. Des observations similaires ont également été
constatées dans les zones de tournesol traitées avec le Régent de
Rhône-Poulenc.
Le problème de fond concerne en réalité les produits systémiques dans leur
ensemble, notamment quant à leur toxicité et surtout à la maîtrise de la
rémanence de la matière active.
Les expérimentations se poursuivent et les analyses sont en cours de
réalisation. Maître Fau a déposé ses conclusions. Le dossier suit son
cours. Je remercie les syndicats qui nous ont apporté leur aide financière.
Vous êtes de plus en plus nombreux à nous soutenir. Ceci nous est bien utile
et nous va droit au cœur. Merci encore.
Directive Miel
La pétition que vous trouverez dans la revue (p. 345) a été à ce jour
co-signée par près de 10 000 consommateurs et producteurs, continuez à la
diffuser !
Règlement Miel
Nous remercions M. Jean Glavany, ministre de l’Agriculture, pour ses
instructions formulées à l’ONIFLHOR afin qu’une rallonge budgétaire
nous soit accordée dans le budget supplémentaire 1999. Cependant, nous
demeurons inquiets. Lors de la dernière réunion du Groupe Miel du
COPA-COGECA le 20 juillet, il nous a été annoncé que, dans le budget
européen, la somme allouée à ce règlement passerait de 15 millions d’écus
à 10 millions d’euros...
Ayant l’opportunité de rencontrer personnellement M. Jean Glavany, ministre
de l’Agriculture, à Mende, le dimanche 5 septembre, soyez assurés que je
défendrai avec la plus grande vigueur nos revendications sur les trois
thèmes majeurs que sont : abeilles et produits phytosanitaires, Directive et
Règlement Miel.
Ces trois sujets seront abordés en profondeur lors de notre Université d’automne
qui se déroulera les 29 et 30 octobre à Strasbourg. Je vous engage
vigoureusement à y participer.
Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF

Editorial
n°597
Pendant la saison... le syndicalisme continue
Directive miel
Le Parlement européen a voté, courant mai, la dernière mouture de la
directive miel qui doit remplacer celle de 1974. Le texte, contrairement à
ses considérants, ne protège ni les producteurs ni les consommateurs et met
en péril l’avenir de notre profession. Si nous avons écrit à tous les
députés européens pour les sensibiliser, seuls trois d’entre eux ont
répondu... Cependant, nous avons été reçus en délégation au ministère
de l’Agriculture pour exprimer notre inquiétude et défendre nos
revendications légitimes. La délégation apicole était composée des
présidents du SNA, du SPMF, de l’UNAF et des dirigeants de la coopérative
France Miel. Un dossier remarquablement réalisé par ces derniers a été
remis à nos responsables politiques. Il est éloquent, nous vous demandons de
le lire avec la plus grande attention.
Aide à la rationalisation de la transhumance
Lors du comité de pilotage du 3 juin, près de 350 dossiers ayant été
déposés, pour un investissement de 18 millions de francs environ, ont été
examinés. Si la quasi-totalité des dossiers a été acceptée, nous avons
dû procéder à la mise en place d’un calendrier tenant compte de certaines
priorités. Les dossiers entièrement financés par les apiculteurs ont été
retenus pour une somme d’environ 4,4 millions de francs, ainsi que les
dossiers déjà en partie financés (1,5 million de francs environ). Sur l’exercice
1999, il nous restait donc une somme disponible d’environ 600 000 francs. Un
certain nombre de petits dossiers de l’ordre de 10 000 à 20 000 francs ont
donc été retenus. Compte tenu de la réussite de cette mesure, le ministère
nous a promis une enveloppe d’environ 1 500 000 francs pour début juillet.
Si cette somme nous est allouée, certains dossiers pourraient en bénéficier
lors du prochain comité de pilotage qui aura lieu début juillet. Les autres
ont été reportés à l’exercice 2000 qui débutera début octobre 1999.
Dossier Gaucho
Approche scientifique : les programmes de recherche INRA, CNEVA, CNRS ont
été validés par les experts de la commission des toxiques. Les conventions
sont signées avec le ministère ; les scientifiques peuvent donc enfin
travailler. Approche judiciaire et administrative : la firme Bayer et les
semenciers ont déposé deux requêtes en Conseil d’Etat pour essayer de
faire annuler la décision du ministère de l’Agriculture. La coordination
des apiculteurs a donc décidé d’employer les services de maître Fau pour
:
-
demander officiellement les dossiers d’homologation
du Gaucho et Confidor ;
-
faire une intervention volontaire en défense pour
connaître le fond des requêtes déposées et soutenir la décision du
ministre ;
-
demander, dans les règles et officiellement, le
retrait définitif du Gaucho et Confidor sur toute application et sur l’ensemble
du territoire.
Cette démarche sera réalisée conjointement par l’UNAF,
le SNA et le SPMF. Nous nous en réjouissons. Elle bénéficie également du
soutien financier de la FNOSAD (de 10 000 à 15 000 F), de la Chambre
syndicale du miel (5 000 F), du Syndicat national des fabricants et grossistes
de matériel apicole (5 000 F). D’autres organismes nous rejoindront. Coût
de l’opération, dans sa globalité, pour l’ensemble du dossier en 1999 :
110 000 F. Un certain nombre de syndicats départementaux ont d’ores et
déjà répondu présent et nous les en remercions ; mais nous espérons que
vous serez encore plus nombreux à soutenir cette action déterminante pour
notre avenir.
Je vous souhaite à tous une excellente récolte.
Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF

Editorial
n°596
Inquiétude
Malgré les interventions successives du groupe miel
du COPA-COGECA et de son président Luccio Cavazonni auprès de la Commission
et du Parlement européen, malgré les courriers que nous avions adressé à
chaque député représentant durant quelques jours encore la France à
Bruxelles, la nouvelle réglementation a été votée le 5 mai au Parlement
sans que soient prises en compte les remarques que nous avions formulées.
Cette nouvelle directive prend le relais de celle de 1974 mais apparaît
encore trop laxiste, peu rigoureuse quant à la définition du produit, encore
trop imprécise sur l’étiquetage... Le miel continuera à être régi par
la Direction générale de l’Industrie (DG 3) et non par la Direction
générale de l’Agriculture (DG 6) comme nous le demandions. Cette directive
sera, semble-t-il, présentée au Conseil dans les mois à venir et dès lors
elle sera définitivement entérinée.
Dans le même temps, la définition du miel susceptible d’être édictée
par le Codex Alimentarius pour faire office de loi dans le monde
entier pourrait être étudiée dès la fin juin. Une nouvelle fois, nous
sommes très inquiets car il serait inadmissible que des textes officiels
favorisent toutes sortes de fraudes et pire encore les légalisent...
Fin mars, nous avions été conviés à participer en Italie, à Perouse, à
une manifestation de promotion du petit déjeuner organisée par la province d’Ombrie
avec de nombreux partenaires : chocolatiers, fabricants de biscotte et...
apiculteurs.
Des stages de dégustation permettaient aux consommateurs de découvrir les
richesses et les mystères du thé, des brioches, des yogourts, de la
confiture ou du miel. Au sein d’un vaste salon consacré au petit déjeuner,
une exposition très complète recensait l’ensemble des miels produits en
Europe. Ce fut un grand plaisir pour moi de présenter dans ce cadre l’apiculture
française et la qualité et la diversité de notre production nationale.
Au cours de ces journées, lors d’une réunion informelle du COPA-COGECA,
outre le problème de directive européenne, fut élaboré un manifeste du
miel. Destinée aux consommateurs, relayée par les apiculteurs, cette
heureuse initiative devrait être reprise dans l’ensemble des pays de la
Communauté.
Le CNEVA de Nice n’existe plus. Il vient d’être
intégré dans la toute nouvelle Agence Française de Sécurité Sanitaire des
Aliments. Vendredi 7 mai, M. Chevassus Au Louis, président de ladite AFSSA,
nous avait invité à Sophia-Antipolis pour nous informer sur cette agence et
entendre nos souhaits ou nos préoccupations. A priori, aucun bouleversement
majeur ne devrait intervenir. Comme par le passé, le laboratoire de
pathologie devrait continuer à diagnostiquer les maladies des abeilles, à
réaliser des analyses et à poursuivre ses recherches sur varroa, les
problèmes liés aux produits phytosanitaires et les miels adultérés.
Ces activités sont essentielles au devenir de l’apiculture
française. Nous l’avons confirmé à M.Chevassus Au Louis.
Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF

Editorial
n°595
Morosité
La saison apicole prend son essor avec une certaine
morosité. L’hiver s’attarde. En plaine, les colzas en fleurs restent
ignorés des abeilles calfeutrées à l’intérieur des corps de ruches. En
montagne, la neige tombe à basse altitude...
Dans plusieurs régions de France, notamment en zones de grandes cultures, de
nombreux échos témoignent de mortalités importantes, fort inquiétantes
pour les producteurs. L’avenir économique de certaines exploitations
paraît compromis.
Comme l’an dernier, nous avons adressé un questionnaire aux responsables
syndicaux afin de connaître de la manière la plus objective possible, l’état
du cheptel en ce début de printemps.
De très nombreux apiculteurs soupçonnent à nouveau les effets des
tournesols et maïs traités Gaucho. Les abeilles récoltent le pollen,
notamment de maïs, en quantité importante, elles l’emmagasinent dans les
rayons et le consomment lors du redémarrage des colonies. Si ce pollen est
contaminé, les effets peuvent s’avérer des plus désastreux.
Nous souhaitons vivement que le projet élaboré conjointement par l’INRA,
le CNEVA, le CNRS, validé par le Comité de Pilotage du Règlement Miel
1221/97 du 1er avril, apporte dès la fin de l’été, des réponses
précises et incontestables afin que les Pouvoirs publics puissent prendre les
décisions judicieuses qui s’imposent.
Les trois syndicats, représentant la Coordination des Apiculteurs de France,
semblent déterminés à agir ensemble pour demander le retrait définitif du
« Confidor » et du « Gaucho » sur l’ensemble de ces applications. Ces
deux produits ont la même molécule de base : l’imidaclopride. Leur dossier
d’homologation a été demandé par maître Fau.
Dans certains endroits, des intoxications dues à l’emploi d’autres
insecticides ou pesticides ont été constatées, comme en Corse où un
traitement d’« OLEO PARATION » sur pruniers a entraîné des
dépopulations dramatiques sur plus de 250 ruches.
Face à ce danger de plus en plus préoccupant, quitte à se répéter, l’unité
syndicale doit être exemplaire. Il est regrettable que le procès en
déqualification intenté par le SPMF contre le SNA et l’UNAF, se poursuive
en Cour de cassation. Nous le déplorons.
Les formulaires de demandes d’aides à la rationalisation de la transhumance
sont disponibles, vous pouvez nous les demander et les renvoyer dûment
complétés à l’UNAF : 26, rue des Tournelles, 75004 PARIS, où une fois
vérifiés ils seront renvoyés à l’ONIFLHOR avant le 15 mai (voir page
207).
Ces aides européennes, bien qu’insuffisantes, sont cependant intéressantes
pour les apiculteurs, et je vous engage à en bénéficier, mais faudrait-il
encore qu’il reste des colonies à transhumer...
Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF

Editorial
n°594
Tous ensemble...
Certains d'entre vous, lecteurs de la Revue française d’apiculture,
depuis parfois de très nombreuses années, ont été désorientés ou
étonnés par la présentation du nouveau titre. Afin de satisfaire le plus
grand nombre lors de l’assemblée générale du samedi 27 février,
nous avons donc décidé de rééquilibrer les deux termes « Abeilles et
fleurs » et « Revue française d’apiculture ».
Dans le souci d’assurer une transition harmonieuse des
générations, transition indispensable pour la défense et le développement
de l’apiculture, le bureau de l’UNAF a été réaménagé de manière à
intégrer de jeunes responsables syndicaux dynamiques et imaginatifs en
continuant à bénéficier de l’expérience des aînés.
Président : H. Clément
Président d’honneur : L. Séard
Vice-président : M. Mary
Trésorier : W. Klethi
Secrétaire/rédacteur : M. Roland
Membres : J. Piquée (Vosges)
J. Peyre-Lavigne (Pyrénées-Atlantiques)
A. David (Maine-et-Loire)
J. Mercier (Côtes-d’Armor)
J.-M. Sirvins (Puy-de-Dôme)
Membres honoraires :
R. Gauffre
J.-F. Gaultier
J. Rouquette
M. Russilly
Consultant informatique : J. Lacube
Cette nouvelle équipe a été élue à l’unanimité pour trois
ans. Je remercie l’ensemble des participants à l’assemblée générale
pour leur soutien. Ils nous donnent du baume au cœur pour continuer à
défendre l’apiculture. Tous ensemble.
Règlement miel : Le programme 1999 se met en place. Comme en 1998,
les analyses de miel continueront de bénéficier de l’aide européenne. Le
soutien à la « rationalisation de la transhumance » va se concrétiser.
Commission technico-économique : Plus de soixante participants ont
assisté à la première réunion de la commission technico-économique. Cette
formule semble répondre aux aspirations d’un nombre croissant d’apiculteurs
pluriactifs ou professionnels. Plusieurs cellules de travail se sont
constituées. SOS transhumance devrait être effectif avant fin mai.
Gaucho : Deux types d’actions doivent se conjuguer. Un projet de
recherche, élaboré par l’INRA, le CNEVA et le CNRS, doit répondre aux
interrogations recensées par la commission des toxiques : rémanence dans les
sols, les végétaux et tout particulièrement le maïs, effet sur les
abeilles. D’autre part une action juridique à caractère administratif à l’échelon
national et européen est envisagée. Présentée à l’assemblée
générale, cette démarche a été validée à l’unanimité.
Dans l’esprit de la coordination des apiculteurs, les trois
syndicats nationaux : UNAF - SNA -SPMF - pourraient être unis sur ce dossier.
Nous ne pourrions que nous en réjouir. Cette action juridique nécessite des
fonds importants, près de 300 000 francs sur deux ans. Je lance un appel
solennel aux présidents de syndicats départementaux et aux apiculteurs afin
qu’ils nous apportent un soutien financier exceptionnel nous permettant de
défendre l’apiculture exposée aux dérives des produits phytosanitaires de
la manière la plus efficace qui soit.
Il est également souhaitable que l'ensemble de l'ensemble des
représentants de la filière miel : FNOSAD, Chambre des négociants,
fabricants de matériel, coopératives... nous témoigne un soutien
moral et financier. Notre avenir en dépend. Unis, nous gagnerons. Tous
ensemble.
Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF

Editorial
n°593
Bilans et perspectives
Règlement miel, dossier Bayer-Gaucho au ministère de l’Agriculture,
groupe miel du COPA-COGECA à Bruxelles, bureau, Commission
technico-économique et assemblée générale à l’UNAF, congrès de la
FNOSAD à Coulommiers, concours des miels lors du Salon de l’agriculture,
etc., en cette dernière semaine de février, les réunions se succèdent à
un rythme effréné.
Règlement miel : comme nous le pressentions et malgré nos
avertissements, le bilan de l’année 1998 s’annonce fort décevant. Sur un
budget initial attribué à la France de plus de 32 millions de francs, moins
du tiers, soit 10 millions, aura été employé. C’est peu, très peu, trop
peu, surtout si l’on retire de cette somme les dépenses réalisées au
titre des effets des produits phytosanitaires (comité de pilotage Gaucho),
soit plus de 5,5 millions de francs, il est urgent de pointer les
dysfonctionnements et de tout mettre en œuvre pour les corriger afin que, dès
1999, les apiculteurs bénéficient effectivement, concrètement de ce
règlement.
Dossier Bayer : les apiculteurs, soutenus notamment par la
FNSEA, doivent rencontrer les collaborateurs de M. le ministre de l’Agriculture
afin de faire le bilan du comité de pilotage pour l’exercice 1998 sur le
plan financier et scientifique, et d’envisager le suivi du dossier en 1999.
La suspension de l’utilisation du Gaucho sur tournesol sur l’ensemble du
territoire doit être scrupuleusement respectée. La firme Bayer doit cesser
sa campagne de communication lamentable, mensongère et donc inacceptable. Des
études complémentaires indépendantes doivent être réalisées tant sur la
rémanence du produit dans le sol et dans les végétaux que sur les effets
sur le comportement des colonies et des reines en particulier. Et ce, sur
maïs, orge, blé et tournesol.
Toutes ces questions seront naturellement abordées lors de la
réunion du COPA à Bruxelles. Nous serons également informés sur l’état
et le suivi de la discussion sur la proposition de directive COM (95) 722
relative au miel.A l’heure où certains groupes agro-alimentaires exercent
des pressions pour favoriser l’émergence d’une réglementation laxiste
permettant la production et la commercialisation de miels artificiels, les
apiculteurs doivent réagir avec la plus grande vigueur. Hélas, comme trop
souvent au COPA, trop de sujets doivent être traités en très peu de temps.
Nous le déplorons.
Lors de sa première réunion, la Commission technico-économique
recensera les divers problèmes d’ordre technique ou économique observés
par les apiculteurs et s’engagera à y remédier par la mise en place d’une
organisation rigoureuse et efficace. Je suis persuadé que très rapidement
elle deviendra un outil indispensable du producteur de miel. De même, en
assemblée générale de l’UNAF, je dresserai un bilan de l’action
syndicale que nous avons menée depuis plus de deux ans maintenant.
C’est avec la plus grande énergie que nous avons défendu les
dossiers concernant l’apiculture française : miel dit « biologique »,
problèmes phytosanitaires, miels frauduleux. Nous avons innové en organisant
les universités d’automne ou la Commission technico-économique. Nous avons
connu des satisfactions, des déceptions... C'est là le propre de l'homme.
Nous devons continuer ensemble, plus déterminés que jamais. Le combat en
vaut la peine.
Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF

Editorial
n°592
Gaucho, un résultat encourageant
Conscients des pressions exercées par la firme Bayer, via
notamment son agence de communication, bien déterminée envers et contre tout
à pouvoir continuer à commercialiser le Gaucho tournesol ; conscients de l’extrême
prudence avec laquelle la commission des toxiques avait rendu son avis, nous
avons ressenti une certaine joie à la lecture du communiqué de presse
émanant du ministère de l’Agriculture le vendredi 15 janvier 1999.
Constituant une véritable décision politique, cette suspension,
bien légitime au demeurant au nom du seul principe de précaution,
représente en effet un succès indéniable du syndicalisme apicole.
Mais ne nous leurrons pas. Ce rendez-vous réussi marque en
réalité une étape, une étape seulement dans le vaste chantier que nous
avons dû engager afin d’exiger des fabricants de produits phytosanitaires
le respect, le simple respect des abeilles et donc des apiculteurs.
La molécule d’imidaclopride, loin d’apparaître aussi
idyllique qu’à ses premiers jours, pose problème sur la plupart de ses
utilisations, et ce sous ses diverses formes.
Il s’avère indispensable aujourd’hui d’approfondir avec la
plus grande rigueur les nombreuses questions suscitées par les travaux du
Comité de Pilotage. Un énorme ouvrage en perspective où volonté, patience
et ténacité seront essentielles.
Souhaitons que ce résultat encourageant obtenu grâce à l’union
et à la détermination de tous serve d’exemple et puisse être suivi de
nombreux autres succès. L’avenir de l’apiculture dépend de cette
indispensable union.
La première réunion de la Commission technico-économique se
déroulera le vendredi 26 février 1999 au siège de l’UNAF à partir de 9 h
30. Le lendemain aura lieu notre assemblée générale. Parallèlement se
tiendra à Coulommiers le congrès de nos amis de la FNOSAD. Je vous invite
fermement à y participer. Nous vous accueillerons avec le plus grand plaisir
à notre stand.
Le programme est fort intéressant, on y parlera naturellement de
sanitaire, mais aussi et encore… de Gaucho.
Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF

Editorial
n°591
Préparons l'apiculture de l'an 2 000
En quelques années, l’action syndicale apicole a été
profondément bouleversée. Aujourd’hui, l’apiculture doit relever des
défis de plus en plus nombreux et la gestion des dossiers auxquels nous
sommes confrontés s’avère de plus en plus complexe : varroa, règlement
miel, problèmes phytosanitaires comme le Gaucho Bayer, mondialisation, miels
adultérés, mise en place d’une nouvelle politique agricole… Aujourd’hui,
les législations et les réglementations, d’origine française ou
européenne , se multiplient dans un esprit, hélas, le plus souvent
défavorable à nos intérêts et à ceux des consommateurs. La vigilance doit
donc être omniprésente. Aujourd’hui, pour exercer sa profession ou sa
pluriactivité, l’apiculteur a sans cesse besoin d’information, de
formation, de communication, d’échange. Ces besoins, je les ai constamment
ressentis au cours des nombreuses réunions auxquelles j’ai participé ces
deux dernières années. Afin de pouvoir répondre de manière satisfaisante
à cette demande légitime, l’apiculture française doit se donner les
moyens appropriés, tant sur le plan humain que financier. Son avenir en
dépend.
Lors de l’assemblée générale de l’UNAF à Brive, conscients
de cette nécessité absolue, les participants , près de deux cents, ont
soutenu massivement et voté à l’unanimité le projet de mise en place d’une
Commission technico-économique. Si les professionnels, ou ceux qui souhaitent
le devenir, et les pluriactifs adhèrent et participent en nombre à cette
structure, je reste persuadé que l’apiculture sera en mesure d’aborder le
XXI e siècle dans des conditions plus favorables. Nous en avons tous besoin.
L’assemblée générale et la 2 e université d’automne qui se sont
déroulées les 20 et 21 novembre à Brive ont connu un très grand succès.
Félicitations à Yves Laplanche, à ses collaborateurs et aux partenaires de
l’Abeille corrézienne ! Les sujets d’actualité ont été abordés dans
un esprit de dialogue et d’ouverture apprécié de tous : règlement miel,
associations de développement, assurances, revue, Eco-Emballages…
Le principal dossier concernait naturellement le « Gaucho ». Le
rapport de synthèse était présenté et analysé par les membres de la «
Coordination des apiculteurs » rassemblant toute la famille apicole. Le
docteur Bonmatin communiquait les analyses réalisées par le CNRS d’Orléans
et Mme Pham Delègue, de l’INRA, évoquait les travaux qu’elle avait
effectués et nous informait que la commission des toxiques avait décidé de
reporter sa réunion d’un mois, le dossier n’étant pas suffisamment
étayé.
Malgré des délais d’organisation extrêmement courts et dont
nous nous excusons, la manifestation décidée par «la Coordination» afin d’informer
les médias et de peser sur les pouvoirs publics, a rassemblé sous la tour
Eiffel, près de 1 500 apiculteurs venus de toute la France. Unis et
déterminés, soutenus par la FNSEA et la Confédération paysanne, d’une
seule voix nous avons exprimé avec force notre revendication : retrait de l’homologation
de la molécule d’imidaclopride.
NB : Une réunion s’est déroulée le mercredi 23 décembre au
ministère de l’Agriculture sur le Gaucho et le règlement Miel. Résumé
dans notre prochain numéro.
Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF
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