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Editorial
n°612
En attendant l’avis de la Commission des Toxiques
23, 24 ET 25 OCTOBRE 2000. Durant trois jours, les apiculteurs de France se sont mobilisés afin de sensibiliser l’opinion publique sur les effets toxiques des produits phytosanitaires et, en particulier, du Gaucho.
De très nombreuses manifestations, au demeurant fort réussies, se sont déroulées dans toutes les régions. Des délégations ont été reçues par les services de l’Etat, et les médias régionaux ont fort bien relayé le désarroi de la filière apicole, impuissante devant ces intoxications. La population s’est montrée solidaire et soutient notre combat.
Au-delà des étiquettes syndicales, 2 500 apiculteurs se sont rassemblés le 25 octobre à Cormery, près de Tours, devant le siège de la société Bayer. Bravo à tous et notamment certains venus de très loin, du Var, du Pays basque, de Bretagne...
Je pense également à nos collègues du GDS du Pas-de-Calais. La manifestation s’est déroulée dans le calme et la dignité, et la coordination a réussi son objectif : informer, communiquer. Aujourd’hui, nous vous demandons de faire signer une pétition au grand public. En effet, au-delà de l’apiculture, c’est l’ensemble de l’environnement qui est concerné : il est indiscutable aujourd’hui que l’imidaclopride est bien à l’origine de la mortalité de certaines perdrix. Des analyses réalisées à l’école vétérinaire de Lyon l’ont confirmé. Par ailleurs, un rapport réalisé par MM. Laurent et Scalla, chercheurs à l’INRA de Toulouse, confirme avec une méthode carbone 14, point par point ce qui a déjà été décrit par l’équipe du CNRS d’Orléans : notamment la présence d’imidaclopride dans le pollen et ce, entre 1 et 15 ppb. Ces travaux doivent être mis en parallèle avec les résultats de Marc-Edouard Colin, INRA Avignon, et Minh-Ha Pham-Delègue, INRA Bures-sur-Yvette, qui indiquent un seuil de toxicité sur abeilles respectivement de 3 et 12 ppb. Le 13 décembre, les apiculteurs sont invités à la Commission des Toxiques, M. Laurent présentera également son rapport aux experts.
C.T.E. : en relation avec le ministère de l’Agriculture et l’ONIFLHOR, une nouvelle mesure agri-environnementale a été élaborée. Elle prend en compte les souhaits exprimés par la Commission de Bruxelles : ne pas inclure le varroa et la transhumance déjà soutenus par le Règlement Miel, développer le rôle majeur d’agent pollinisateur de l’abeille. Cette mesure devrait être validée durant le premier trimestre 2001... En attendant, la signature des CTE apicoles n’avance guère...
Procès SPMF contre l’UNAF et le SNA : courant décembre, nous devrions connaître la décision prise par la Cour de Cassation. Deux hypothèses : la Cour estime le jugement en cour d’appel correct sur la forme et le procès est définitivement terminé. La Cour estime le jugement incorrect et le casse. Le premier jugement redevient effectif, le SPMF est toujours débouté, soit il en reste là, soit à nouveau il fait appel... L’apiculture a besoin d’unité, les avancées obtenues notamment dans le dossier Gaucho et la Directive l’ont été grâce au rassemblement de l’ensemble des représentants de la filière. A l’heure où le contexte se révèle inquiétant pour le devenir de l’apiculture, nous avons besoin de l’ensemble des forces, y compris financières. Dans le dossier Gaucho, l’UNAF pour sa part a versé en 1999 et 2000 en frais juridiques 109 468 F. A ce jour, la part du SNA, du SPMF et de la FNOSAD s’élève toujours à 10 000 F chacun.
En attendant l’avis de la Commission des Toxiques, je vous souhaite à tous d’excellentes fêtes de fin
d’année. En espérant que les décisions prises par les Pouvoirs Publics nous permettront d’envisager un avenir plus serein pour les apiculteurs et l’abeille.
DERNIÈRE MINUTE : avant que Jean Glavany, ministre de l’Agriculture, ne prenne sa décision, la Coordination des Apiculteurs vous invite à participer en masse à une ultime manifestation le lundi 18 décembre à 14 heures, rue de Varenne, devant le ministère. Faisons en sorte que cette troisième manifestation se révèle déterminante. Sachons garder notre calme et notre sang froid. Cette attitude nous a permis de progresser, elle doit nous permettre de gagner.
Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF

COORDINATION NATIONALE
FRSEA des APICULTEURS (UNAF,SPMF,SNA)
POITOU-CHARENTES-VENDÉE Les sections apicoles des FDSEA 79 et 85
Les Ruralies,le 18 octobre 2000
MOTION
Les apiculteurs comme les agriculteurs utilisateurs de produits de traitement pour garantir la santé des végétaux ne sauraient endosser la responsabilité des effets néfastes induits par des produits légalement autorisés par les pouvoirs publics,tant sur la production que l’environnement et la santé publique. L’avenir des apiculteurs de la région productrice de tournesol (Ouest - Centre - Sud-Ouest) est en danger,la production de miel à partir de ce végétal étant leur principale activité.
Depuis 5 ans,les FDSEA,les CDJA,les syndicats et les groupements apicoles alertent les pouvoirs publics sur cette situation catastrophique pour toute une profession. Les conclusions des études scientifiques de l’INRA,du CNRS et du CETIOM confirment les évidences constatées sur le terrain par les professionnels et les scientifiques qui y ont travaillé, à savoir l’intoxication par les insecticides contenus dans l’enrobage des semences de tournesol et de maïs.Leurs effets neurotoxiques insidieux sur l’abeille détruisent le cheptel apicole français.Déjà,un tiers du cheptel a disparu.L’impact économique pour les apiculteurs devient insurmontable avec des récoltes de miellées de tournesol en chute de 50 % par rapport aux années sans emplois de ces semences.Cette situation met en péril la survie des entreprises apicoles.Aujourd’hui, c’est l’ensemble de la filière apicole qui est menacé. Soucieux d’une agriculture raisonnée et respectueuse de l’environnement,les apiculteurs et les agriculteurs s’unissent pour rechercher des solutions garantissant la production apicole tout en assurant la protection sanitaire des productions végétales. Répondant aux attentes de la société pour une alimentation saine et sécurisée, les apiculteurs et les agriculteurs demandent ensemble :
Le retrait total et définitif de l’emploi de l’imidaclopride sur toute culture à compter des semis de printemps et de l’automne 2001.
Le retrait provisoire des produits insecticides d’enrobage des semences (en particulier le fipronil) dans l’attente d’expérimentation permettant de lever les doutes actuels sur leur innocuité et leur persistance dans les sols,à compter de la même période.
L’application immédiate de la directive européenne 91-414 d’homologation des matières actives à toutes les matières actives y compris celles ayant obtenu une autorisation avant le 25 juillet 1993, tenant compte des connaissances scientifiques acquises à ce jour.
La révision totale des procédures nationales d’autorisation de mise en marché (AMM) sur le fond. L’élimination de toute situation de conflits d’intérêt dans la constitution du dossier comme dans son évaluation doit être une nouvelle priorité. Les AMM relèvent de la seule responsabilité des pouvoirs publics et pourtant les dossiers sont constitués par les firmes avec des résultats appartenant à elles seules. Aucune structure publique n’est prévue pour un contrôle indépendant de tout financement privé sur des points essentiels tels que:
- la révision et la remise en question éventuelle tous les 5 ans,plutôt que tous les 10 ans des AMM, à la lumière des nouvelles données scientifiques indépendamment acquises pendant la période ;
- la communication des pièces du dossier à un monde apicole responsable,adulte, apte à comprendre et à juger des conséquences sur la production,l’environnement et la santé publique ;
- l’ouverture aux organisations agricoles représentatives des commissions d’homologation et des toxiques au plan national.
Les agriculteurs demandent un engagement des agrofournisseurs pour laisser le libre choix par l’emploi de semences traitées ou non avec ces insecticides et informer les exploitants des incidences diverses par l’emploi de ces produits.
Dans ce contexte global, il faut faciliter l’accès des agriculteurs aux outils permettant l’emploi de procédés adaptés aux traitements localisés des végétaux.
Face aux conséquences économiques pour le revenu des apiculteurs,les pouvoirs publics doivent décider d’un plan de sauvegarde pour compenser les pertes subies (allègement des charges sociales et financières, soutien à la reconstitution des trésoreries…). Enfin,il est important que les pouvoirs publics réfléchissent avec la profession et les instituts techniques à une sensibilisation au respect de la vie de la faune auxiliaire des cultures.
Pour la profession agricole
G.PARNAUDEAU
Coordination nationale des apiculteurs (UNAF,SPMF,SNA)
Les sections apicoles des FDSEA 79 et 85

Editorial
n°611
Bilan du Congrès et actualités
Le dernier Congrès National de l'Apiculture Française de Mende achevé, essayons de dresser un
premier bilan. De très
nombreux apiculteurs - près de 5 000 visiteurs sur les quatre jours, selon certains observateurs - venus de France et
parfois de très loin : Syrie, Liban... ont apprécié, semble-t-il, la richesse de l’exposition et la qualité des différents
intervenants. Pour la première fois les conférences étaient retransmises en direct sur Internet. Jamais auparavant une
manifestation apicole n’avait bénéficié d’une couverture médiatique aussi dense. Télé, radio, journaux ont informé le grand
public à maintes reprises sur les qualités des produits de la ruche pour le bien-être et la santé humaine
et les effets
dramatiques des traitements phytosanitaires.
Je remercie chaleureusement Eric Debenne, attaché de presse du président du Conseil général de la
Lozère, M. Jean-Paul
Pottier, pour le remarquable travail de communication qu’il a accompli. Je remercie M. le maire et les employés municipaux
des services techniques et administratifs de la ville de Mende, ainsi que la région Languedoc-Roussillon et les différents
partenaires : Crédit Agricole, France Télécom, Groupama, Quezac, Perrier, Haribo, les chambres d’agriculture, des métiers et
de commerce. Je remercie l’équipe des dévoués membres du bureau de l’UNAF, du Syndicat apicole de
Lozère et du
Syndicat apicole du Gard pour leur aide déterminante. Efficacité et bonne humeur
permettent de régler bien des
problèmes !
Dossier phytosanitaire : la manifestation du 25 octobre à Cormery près de Tours au siège de la société
Bayer médiatisée elle aussi, rassemblera une nouvelle fois l’ensemble de la filière apicole et de ses
représentants : SNA, SPMF, Fédération des Coopératives, UNAF. Elle devrait mobiliser de très
nombreux apiculteurs et agriculteurs et jouer un rôle prépondérant dans notre combat. Seule l’union
nous permettra d’obtenir gain de cause.
Claudine Lebon, conseillère auprès du ministre de l’Agriculture et de la Pêche, nous a indiqué lors de
notre rencontre du lundi 23 octobre que le ministre attendait l’avis de la Commission des Toxiques
pour prendre sa décision. La Commission des Toxiques devrait se réunir encore deux fois pour étudier
le sujet imidaclopride, une mi-novembre où les scientifiques seraient conviés et l’ultime mi-décembre
où les apiculteurs seraient invités. La décision du ministre devrait donc nous être communiquée fin
d’année, tout début d’année 2001. Restons mobilisés. Aide à la transhumance (voir p. 461-462) : les
dossiers nous sont parvenus avec un retard de trois semaines. Ils devraient être retournés
impérativement avant le 30 novembre à l’Oniflhor.
Nous nous efforçons d’obtenir un délai supplémentaire. J’engage les apiculteurs concernés à faire le
nécessaire pour bénéficier de cette aide et à nous envoyer à l’UNAF au préalable leurs dossiers afin
que nous puissions vérifier s’ils sont bien complets.
Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF

Editorial
n°610
Mobilisation générale
Le XIII° Congrès
National d’Apiculture, les 5, 6, 7 et 8 octobre 2000, nous permettra d’aborder
les différents sujets qui préoccupent et passionnent le monde apicole :
adultération, directive, apithérapie, virus, varroa et produits
phytosanitaires.
Dossier Gaucho : la Commission des Toxiques s’est réunie le mercredi 13
septembre et devrait donner son avis début octobre. Parallèlement nous tous,
membres de la Coordination des Apiculteurs, nous réunissions pour mettre en
place une stratégie offensive afin d’obtenir le retrait
définitif de la molécule imidaclopride sur toutes applications et la
suspension de la molécule fipronil. Des actions très fortes sur le plan
médiatique sont prévues pour les 23, 24 et 25 octobre. Nous vous les
présenterons en détail à Mende.
Règlement Miel, aide à la transhumance : le 21 septembre lors d’une
réunion à l’ONIFLHOR nous dresserons le bilan des trois premières années
d’application du Règlement Miel et nous définirons le cadre d’aide à la
transhumance pour 2001. Les nouveaux imprimés, réactualisés, seront dès
lors disponibles au stand de l’UNAF à Mende. Une bonne nouvelle : les
apiculteurs ayant obtenu l’accord pour une aide en 2000 et n’ayant pas pu
réaliser cet investissement disposeront d’un délai
supplémentaire d’un an.
C.T.E. : début juillet, seuls 700 CTE individuels avaient signé dans l’Hexagone
pour l’ensemble du monde apicole. La mesure agri-environnementale apicole
quant à elle sera étudiée à Bruxelles courant novembre. Nous regrettons
ces retards.
D’ores et déjà, mobilisons-nous tous pour les journées des 23,24 et 25
octobre. L’avenir de l’apiculture en dépend.
Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF
O N I F L H O R
Office National Interprofessionnel des Fruits, des Légumes et de l’Horticulture
M. CLÉMENT PRÉSIDENT de l’UNAF
26,rue des Tournelles
75004 PARIS
OBJET :Rationalisation de la transhumance
Dossier suivi par :Valérie OBERTI
Monsieur le Président,
J’ai le plaisir de vous informer que le programme communautaire relatif à l’amélioration
de la production et de la commercialisation du miel est reconduit pour l’exercice
2000- 2001. Dans ce contexte, et compte tenu de la demande professionnelle,
les apiculteurs dont le dossier d’aide à la transhumance a reçu l’agrément
du comité de pilotage, qui s’est réuni le 2 mars 2000, et qui se trouvent
confrontés à des difficultés de livraison de matériel pour le 31 août
2000, pourront bénéficier d’une procédure de report de leur projet d’investissement
sur l’exercice 2000-2001 qui débute le 1er septembre 2000 et s’achève le
31 août 2001.
En conséquence, les programmes d’investissements faisant
l’objet de ce report devront être réalisés au 31 août 2001. Une lettre d’information
sera envoyée par l’ONIFLHOR à tous les apiculteurs dont le demande
de paiement n’a pas été déposée à l’office le 31 août 2000. En
espérant avoir répondu aux attentes de la filière apicole, je vous prie d’agréer,
Monsieur le Président, mes salutations distinguées.
Caroline RENOULT

COORDINATION DES APICULTEURS DE
FRANCE
M. le ministre de l’Agriculture
78,rue de Varenne
75007 PARIS
le 13 septembre 2000,
Monsieur le Ministre,
La saison apicole 2000 s’achève, et en zones de grandes cultures, les
apiculteurs peuvent d’ores et déjà en dresser le bilan. Dans les zones,
hélas restreintes, où les agriculteurs, sensibles à nos problèmes, ont
abandonné l’usage des produits Gaucho (imidaclopride) et Régent
(fipronil), pour les remplacer par des traitements traditionnels, et ce depuis
trois années, les colonies d’abeilles ont produit de bonnes récoltes de
miel de tournesol, normales, similaires à celles réalisées avant l’emploi
des pesticides systémiques.
Cela confirme définitivement la validité de nos hypothèses mettant en cause
ces produits : Gaucho (imidaclopride) et Régent (fipronil). Par contre, dans
les autres zones, majoritaires, les apiculteurs observent une fois encore des
comportements anormaux, hélas aujourd’hui bien connus, de leurs abeilles :
mortalité, disparition, paralysie, etc... et déplorent toujours des baisses
dramatiques de production de miel de tournesol.
Cette situation laisse augurer des pertes hivernales de colonies. Le cheptel
apicole, déjà largement décimé malgré les efforts répétés des
apiculteurs, est passé de 1 million 450 mille ruches en 1996 à peine 1
million aujourd’hui. La pollinisation du territoire devient ainsi
insuffisante. La filière apicole se voit refuser de manière systématique la
communication des dossiers d’homologation des produits incriminés. Le
Service de la Protection des Végétaux fait obstruction.
Il est inadmissible que la Commission des Toxiques statue en l’absence des
chercheurs concernés : INRA, AFSSA, CNRS, et sans consulter les
représentants de la profession. Fin juillet, nous avons pris connaissance du
rapport INRA, AFSSA, CNRS, relatif aux travaux et analyses réalisés sur l’imidaclopride.
La trop longue rémanence, et dans les plantes et dans les sols, est
confirmée. Et les données avancées par le fabricant infirmées. A elle
seule, cette rémanence non maîtrisée, exceptionnellement longue, bien
au-delà des normes de la Directive Européenne 91/414 annexe VI, doit
engendrer une interdiction totale et définitive de la molécule "imidaclopride"
et une suspension de la molécule ifipronili, et ce sur l’ensemble de leurs
applications.
Pour toutes ces raisons, les apiculteurs manifesteront dans toute la France
les 23, 24 et 25 octobre 2000. Leurs représentants sollicitent de votre haute
autorité une audience avec vous-même pour vous exprimer le désarroi profond
de la profession. Nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre, à notre
très haute et très profonde considération.
SNA
M. Yves VEDRENNE
5, rue de Copenhague
75008 PARIS
Tél. 01 45 22 48 42
Fax :01 42 93 77 85 |
UNAF
M. Henri CLÉMENT
26, rue des Tournelles
75004 PARIS
Tél. 01 48 87 47 15
Fax :01 48 87 76 44 |
SPMF
M. Philippe VERMANDERE
8, route de Fontenay
85370 LE LANGON
Tél.-fax :02 51 52 80 65 |
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Fédération des Coopératives Apicoles
M. Paul BONNAFE
294, rue de la Pyramide
84200 CARPENTRAS
Tél. 04 90 60 04 44
Fax :04 90 60 56 73 |
FDSEA 85
M. Franck ALETRU
Route de la Caillère
85410 ST-LAURENT-DE-LA-SALLE
Tél. 02 51 51 51 94
Fax :02 51 51 30 26 |
FDSEA 79
M. Francis CHAUVANCY
La Birotière
79420 SAINT-LIN
Tél. / Fax :05 49 70 60 70 |

Editorial
n°609
Au plaisir de se rencontrer
La saison apicole s’achève
et pour un certain nombre d’entre nous les récoltes ne seront pas à la
hauteur de celles que nous avions espérées. En montagne, la récolte s’avère
souvent irrégulière et la production de sapin totalement inexistante. En
Provence, le mistral violent a altéré la production de miel de lavande,
aggravée çà et là des problèmes d’intoxication.
Une fois encore, dans plusieurs régions, si durant les huit premiers jours de
floraison du tournesol les abeilles ont butiné « normalement », par la
suite très souvent, en moins de 48 heures les ruches ont perdu beaucoup d’abeilles,
laissant place à un spectacle de désolation. Adieu récolte et belle
colonie. Bonjour tristesse et problèmes sanitaires...
Le CNRS, l’INRA et l’AFSSA
viennent de transmettre un troisième rapport à la Commission des Toxiques
concernant essentiellement la rémanence de l’imidaclopride dans les sols et
sa biodisponibilité dans les végétaux : maïs, tournesol, colza, plantes
adventices ; traitées ou non. Ces dernières analyses confirment la très
forte rémanence de l’imidaclopride dans les sols et expliquent en
particulier la capacité des cultures à receler des doses inquiétantes pour
les abeilles.
Lors du congrès de Mende, l’ensemble
de ces travaux vous sera présenté. Dans le hall d’exposition, de très
nombreux stands, dont un certain nombre présents pour la première fois, vous
permettront de découvrir de nouveaux produits, matériel, etc.
A l’extérieur, du matériel de transhumance susceptible de bénéficier de
l’aide européenne vous sera présenté : Bobcat, Komatsu,
grue
Easyloader, débroussailleuse Pubert, etc.
Au stand de l’UNAF et au stand voisin d’Apiculteurs sans Frontières,
plusieurs auteurs d’ouvrages apicoles dédicaceront leurs publications. Vous
avez ainsi l’opportunité de les rencontrer et de dialoguer avec eux.
Enfin, attendu par beaucoup d’entre vous, le supplément d’Apithérapie
sera disponible. Il rassemble notamment les interventions passionnantes
prononcées par les spécialistes présents au colloque d’Apithérapie de
Lyon organisé par le Syndicat Apicole du Rhône présidé par M. Rouchon et
concernant le miel, la gelée royale, le pollen, la propolis mais également
le venin.
Au plaisir de vous rencontrer à Mende, en vous souhaitant à tous un bon
congrès.
NB : les membres de la Commission technico-économique peuvent faire parvenir
à l’UNAF leur offre et demande de miel à paraître dans la prochaine
lettre d’informations.
Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF

Editorial
n°608
En attendant le Congrès
En montagne, notamment dans le Massif
Central, les intempéries ont perduré et ainsi amoindri les réserves en miel
des colonies, rendant aléatoires les futures récoltes, un certain nombre d’apiculteurs
ont néanmoins réalisé une récolte correcte de miel d’acacia même si
çà et là, elle s’est révélée irrégulière. Directive : lors du
dernier Conseil des ministres des Affaires européennes, un accord politique a
ratifié la Directive européenne sur le miel. A présent, même s’il s’agit
d’une simple formalité, pour en assurer la conformité, le texte doit être
examiné par des juristes, des linguistes de la CEE et enfin par le Parlement
européen. Chaque Etat doit la traduire en droit national dans les dix-huit
mois courants.
CTE : le projet relatif aux Contrats Territoriaux d’Exploitation présenté
par le ministère de l’Agriculture française n’a pas été jugé
recevable en l’état par la Commission de Bruxelles. Des discussions sont en
cours de manière à régler dans les plus brefs délais ce différend
susceptible de retarder la signature des CTE à grande échelle par les
agriculteurs français. Dans le secteur apicole, les syndicats doivent
impérativement transmettre à la Chambre départementale d’agriculture et
à la Direction départementale d’agriculture leurs projets de CTE calqué
sur le schéma présenté au niveau national mais en tenant compte,
naturellement, des spécificités locales.
Phytosanitaire : nous attendons toujours avec autant d’impatience les
résultats d’analyses effectuées par le CNRS, comme les rapports d’expérimentation
réalisés à l’INRA. Réunie le 14 juin, la Commission des Toxiques a remis
l’examen du dossier imidaclopride à la fin août. Espérons que d’ici là
l’ensemble des résultats du programme 1999-2000 aura été rendu.
Enquête hivernage : l’enquête analysée par Alain David
confirme nos craintes. Des pourcentages élevés de mortalités ont été
observés à la fin de l’hiver, principalement dans les zones de grandes
cultures. Amputé de 20 à 30 % de ses effectifs, parfois plus dans certains
cas, le cheptel apicole français avoisine aujourd’hui le million de ruches.
Il en représentait 1 450 000 il y a moins de 3 ans... Espérons que l’essaimage
naturel et artificiel permettra aux uns et aux autres de remonter la pente.
Varroa : la pression du varroa s’avère de plus en plus pressante. Pensez à
agir dès la fin de la récolte de manière à alléger l’infestation et à
soulager les colonies. Congrès : jour après jour, la manifestation se met en
place. Les stands sont réservés, les inscriptions affluent. Pensez à vous
inscrire avant le 31 août. Au-delà, les pénalités initialement prévues
seront intégralement appliquées car les inscriptions tardives compliquent
sérieusement la tâche des organisateurs et altèrent la qualité d’accueil
du congrès.
En attendant de vous rencontrer à Mende les 5, 6, 7 et 8 octobre, lors de ce
13° Congrès national d’apiculture, je vous souhaite à tous une excellente
récolte.
Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF

Editorial
n°607
Directive et Congrès
Enfin ! Après des années et des
années de tergiversations infructueuses, la nouvelle Directive Miel devrait
être ratifiée, sans discussion, lors de la réunion du Conseil des ministres
européens le 25 mai courant.
Dans le prolongement de la réunion de Londres qui avait permis en mars l’adoption
de la norme Miel par l’ensemble des délégations du Codex Alimentarius,
la présidence portugaise de la CE a précipité le calendrier.
En quelques jours, malgré des divergences en apparence irréductibles entre
les positions ultra libérales des pays du Nord et l’approche rigoureuse -
que nous partageons - des pays du Sud, au prix de multiples discussions, dures
le plus souvent, à la limite du blocage, les représentants nationaux des
quinze pays sont tout de même parvenus à un accord. Certes, le texte
définitif ne correspond pas intégralement à ce que nous revendiquions : il
est le fruit du compromis.
Néanmoins, l’étiquetage paraît plus rigoureux. Si la filtration « fine
» qui élimine les pollens est reconnue, elle ne pourra s’appliquer que
pour des miels de « base ». Son usage est incompatible avec les mentions d’origine
florale ou géographique et ce même partiellement. En revanche les Quinze n’ont
pas réussi à s’accorder pour adopter un terme commun permettant de
désigner les miels industriels. Perdurent donc « miel de cuisine », « miel
de pâtisserie » pour les Anglais et les Allemands...
Le texte final paraîtra dans le numéro de juillet-août.
Je remercie l’ensemble des apiculteurs qui ont signé et fait signer la
pétition. Ils nous ont aidés. De même Alexis Duclos, de France-Miel, et
Raymond Borneck qui ont joué sans conteste un rôle prépondérant.
En Lozère les apiculteurs du syndicat apicole travaillent aux ultimes
préparatifs du XIIIe Congrès de l’apiculture française qui se déroulera
à Mende les 5, 6, 7 et 8 octobre.
Bien sûr, à côté de Vichy, Tours, Montpellier ou Clermont-Ferrand,
pressentis également, Mende ne revendique en aucune façon le titre de ville
de congrès. Néanmoins, son implantation au cœur d’un pays préservé, la
modernisation des moyens de communication, ses structures, son parc hôtelier,
le soutien spontané et efficace de la Mairie, du Conseil général et du
Conseil régional nous permettront de vous proposer une manifestation d’une
rare qualité de par la compétence des conférenciers, chaleureuse et
authentique par son accueil et sa convivialité.
Durant quatre jours, les thèmes déterminants pour l’avenir de l’apiculture
seront abordés par d’éminents spécialistes venus du monde entier :
réglementation (Codex, Directive), qualité des miels (adultération), virus
et abeilles, produits phytosanitaires, apithérapie, lutte contre varroa... La
Lozère innove. Les conférences devraient être retransmises en simultané
sur Internet. De nombreuses délégations étrangères, notamment en
partenariat avec "Apiculteurs sans Frontières" pour le
Moyen-Orient, témoigneront de la situation apicole de leur pays. Sous un
chapiteau géant, 1 400 m2, des dizaines de stands vous proposeront
de découvrir les dernières nouveautés en dialoguant de vive voix avec les
exposants.
Film, concert, banquet dansant, exposition d’art animeront la manifestation.
Assurée par le Lion d’Or***, la restauration vous permettra de découvrir
les richesses gastronomiques du terroir. Enfin des excursions organisées avec
le Comité départemental du tourisme permettront de découvrir les beautés
préservées et réputées du département des sources, Gorges du Tarn,
Causses, Cévennes, Margeride, Aubrac.
L’organisation d’un congrès nécessite du temps, du
dévouement et beaucoup d’énergie. Sachez nous aider en nous renvoyant vos
bulletins d’inscription dans les délais impartis.Le plus tôt sera le
mieux.
Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF

Editorial
n°606
A se demander si on ne marche pas sur la
tête...
Dans de nombreuses régions les
colzas sont en pleine floraison, les journées froides et pluvieuses ne
permettent pas aux abeilles de travailler correctement et de rapporter à la
ruche le nectar qu’elles seraient susceptibles de récolter. C’est fort
dommage...
C.T.E. : la Commission de Bruxelles a bien validé les mesures types
concernant le volet agri-environnemental, des contrats territoriaux d’exploitation
à caractère apicole. Il semblerait néanmoins que les indemnités perçues
pour ces mesures par les apiculteurs pourraient être inférieures à celles
que nous avions escomptées. Attendons. Seule la circulaire définitive nous
apportera les précisions espérées.
Directive miel : les rencontres s’accélèrent au plus haut niveau. Le texte
définitif devrait être ratifié par le Conseil des ministres en charge des
Affaires européennes - et non les ministres de l’Agriculture ! - sous la
présidence portugaise, au cours du mois de mai. Très inquiets en ce qui
concerne l’étiquetage, les miels « ultrafiltrés » et la destination des
miels à usage industriel que certains pays du Nord (Angleterre, Allemagne)
voudraient voir proposer au consommateur, nous nous efforçons d’obtenir, au
cours des ultimes négociations, un texte clair et rigoureux.
A l’opposé de la directive chocolat qui trompe le consommateur, pénalise
les pays producteurs de cacao et les vrais chocolatiers dignes de ce nom.
Nous venons d’adresser à M. Moscovici, ministre des Affaires européennes,
près de 20 000 pétitions que vous aviez collectées.
Gaucho : au Portugal, l’imidaclopride est interdite sur tournesol en raison
de lourdes mortalités déplorées sur abeilles lors des premières années d’utilisation.
OGM : alors que le consommateur, ne sachant plus à quel saint se vouer, entre
listéria, vache folle, toujours aussi folle, ou poulet à la dioxine, s’inquiète
de ce qu’on lui propose dans son assiette, alors que les supermarchés
rejettent les OGM, que les Américains réduisent les surfaces cultivées en
OGM et que les actions des industries de biotechnologie s’effondrent, nos
élus du Parlement européen, nos députés, viennent de voter le 12 avril une
directive autorisant la culture des OGM mettant ainsi fin au moratoire
décidé en juin dernier. Entre prostitution et inconscience...
Selon les dires de certains membres de la Commission du génie
bio-moléculaire, « un des problèmes essentiels des OGM est que rien n’a
été correctement évalué, ni les avantages ni les inconvénients ». Par
ailleurs, plantez de nouveaux OGM relève de l’irréversible car,
ajoutent-ils : « Un des mécanismes de l’irréversibilité est la
dispersion des gènes parmi les espèces sauvages, qui peuvent en faire des
réservoirs de résistance diffuse qu’on ne pourra plus éradiquer, ne
sachant même pas les localiser »...
Le programme du XIIIe Congrès de l’apiculture française qui se déroulera
à Mende en Lozère les 5, 6, 7 et 8 octobre vous sera présenté ainsi que
les modalités d’inscription, d’hébergement, de restauration dans le
numéro du mois de juin.
Conférences d’éminents spécialistes internationaux, expositions,
animations et convivialité devraient séduire le plus grand nombre.
INTERNET - Voici nos nouvelles adresses e-mail : unaf@wanadoo.fr
etu abeilles-et-fleurs@wanadoo.fr
.
Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF

Editorial
n°605
Finance et réglementation...
Nos collègues européens s’inquiètent
de la position française concernant l’emploi des fonds européens.
Deuxième pays producteur de la Communauté derrière l’Espagne, la France,
mauvais élève avec la Grèce et le Luxembourg, n’a utilisé que la moitié
du montant disponible qui lui était attribué dans le cadre du règlement CE
1221/97. L’autre moitié, soit plus de 15 millions de francs, est perdue,
définitivement perdue pour l’apiculture européenne... En revanche, quel
argument pour nos technocrates ! « Nous accordons de l’argent aux
apiculteurs, ils ne l’emploient pas ; c’est donc qu’ils n’en ont pas
besoin. Réduisons en conséquence le budget alloué... » Ainsi l’attitude
de nos pouvoirs publics pénalise non seulement l’apiculture française mais
également nos partenaires de la Communauté.
Lors de la réunion du Comité de Pilotage sur l’aide
à la transhumance, même si le ministère et surtout l’ONIFLHOR ont fait un
léger effort, nous avons dû batailler et compter « sou à sou » pour
parvenir à maintenir le taux de subvention à 40 %.Tous les dossiers ont
été étudiés et en très grande majorité validés. Seuls ont été
refusés les projets incohérents ou farfelus.
C.T.E. : le ministère de l’Agriculture a transmis
notre proposition de mesure-type agri-environnementale à Bruxelles qui n’a
émis, semble-t-il, aucune objection. Validée par le ministère, elle devrait
être intégrée dans une circulaire complémentaire qui devrait parvenir dans
les départements courant mai.
Gaucho/systémiques : les résultats du CETIOM et du
CNRS confirmeraient une rémanence exceptionnelle.Visiblement, la société
Bayer n’apprécie guère que la presse interroge librement les scientifiques
responsables de ces recherches. Cela ne nous étonne point. Des pertes très
importantes, de l’ordre de 30 %, sont à nouveau observées dans les zones
de grande culture. Il est indispensable que les apiculteurs sinistrés s’adressent
par écrit à leur DSV pour les alerter sur ces mortalités anormales.
Directive Miel : nous apprenons avec surprise et grand
plaisir que dorénavant à la Commission de Bruxelles, c’est la direction
générale de l’Agriculture et non plus celle de l’industrie qui gérera
ce dossier déterminant pour notre avenir.
Registre d’élevage : afin de se conformer à une
directive européenne de 1996, le ministère de l’Agriculture s’apprête
à publier un arrêté relatif au registre d’élevage. Sont concernés tous
les animaux de boucherie, les volailles, le gibier d’élevage, les poissons
et les abeilles. Dans ces registres d’élevage, afin d’assurer une
parfaite traçabilité, l’éleveur devra noter de manière systématique les
données relatives aux mouvements des animaux, les données relatives à leur
entretien et les interventions sanitaires et vétérinaires. Nous avons été
surpris par le contenu surréaliste de la première mouture de l’annexe
concernant les abeilles. Lors d’une réunion avec Mme Herbinet, de la DGAL,
nous avons pu exprimer nos inquiétudes. Un projet plus réaliste devrait nous
être à nouveau proposé : la déclaration annuelle DSV servirait de base au
registre.
Eco-Emballages : en lieu et place des 56 contrats
départementaux ou régionaux, un seul contrat UNAF permettra en 2001 aux
apiculteurs de se conformer à la loi en toute simplicité et au meilleur prix
et facilitera le travail des secrétaires. Calculés au poids, variables selon
la matière des emballages, verre ou plastique, en fonction de leur coût de
retraitement et non plus à l’unité, les tarifs viennent de changer. En
2001, chaque apiculteur paiera moins de 10 centimes par ruche. A l’heure où
les contrôles se révèlent de plus en plus fréquents, seule l’UNAF
propose ce contrat.
Lors de notre assemblée générale, information,
discussions et convivialité ont passionné les nombreux responsables
présents. La Commission technico-économique compte de plus en plus d’adhérents.
Il est vrai que la journée de travail du 25 février fut particulièrement
dense. Mois après mois, la revue Abeilles & Fleurs-Revue
française d’apiculture séduit de plus en plus de lecteurs.
Je m’en réjouis. Sachons persévérer ! En favorisant le rassemblement le
plus large.
Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF

Editorial
n°604
La norme Miel du Codex
Cent quarante pays, de par le monde, reconnaissent et
appliquent, lors des échanges commerciaux, les normes fixées par le Codex
Alimentarius, après accord de l’ensemble de ses membres. Ces normes
définissent toutes sortes de produits : lait, fromages, vins, légumes,
poissons, mais fixent aussi les limites maximales de résidus de certains
pesticides ou herbicides dans les aliments.
Les 9, 10 et 11 février se déroulait à Londres l’ultime négociation de
la nouvelle norme « Miel ». Plus de 30 pays, du monde entier, représentés
par des délégués issus pour la plupart des administrations, ont donc
échangé leurs opinions puis validé le texte. M. François, de la DGCCRF, et
M. Roche, de la DGAL, se sont tour à tour exprimés au nom de la France. L’apiculture,
unanime, doit leur rendre hommage.
Lors de la réunion de concertation, début janvier, ils nous avaient proposé
de participer à titre consultatif à la rencontre de Londres. La filière
apicole était donc représentée par M. Besacier (Chambre des négociants),
M. Blein (SNA), M. Schiro (SPMF) et moi-même pour l’UNAF. Nous avons pu
ainsi suivre l’évolution des débats, communiquer à nos délégués nos
réflexions sur les points les plus litigieux et apporter des arguments
supplémentaires lorsque cela paru nécessaire.
Franche, conviviale, rigoureuse et efficace, cette collaboration exemplaire a
permis à la France de jouer un rôle déterminant. A l’exception de M.
Cavazonni, président du Groupe Miel du COPA-COGECA, nous étions, il est
vrai, les seuls apiculteurs de l’assistance... C’est dommage et
regrettable. Plusieurs points ont suscité de vifs débats.
La France souhaitait que la norme s’applique aussi aux miels dits
industriels. N’ayant obtenu que le soutien de l’Italie, cette demande a
été rejetée. Dans la culture américaine, très hygiéniste, le miel doit
être ultra-filtré, pasteurisé... Rendu ainsi liquide et limpide, il ne
ressemble plus à nos miels européens. L’ultra-filtration élimine les
pollens et favorise de multiples falsifications. En définitive, loin de
devenir la règle, elle est seulement tolérée. En outre, lorsqu’elle
élimine les pollens, la mention « miel filtré » devra apparaître sur l’étiquetage.
La France soutenait avec acharnement le point suivant : « Lorsque le miel
aura été désigné en fonction de la source florale ou végétale ou par le
nom d’une région géographique ou topologique, le nom du pays où le miel a
été produit sera indiqué ». Il est accepté et constitue à nos yeux un
net progrès. Les Américains souhaitaient que la mention « Miel de miellat
» soit obligatoire. Levée de boucliers des Européens. Refus. Imaginez un
instant la réaction du consommateur « Miel de miellat de sapin des Vosges »
!
La France estimait que les facteurs de composition et de qualité du miel
devaient être intégrés dans la norme pour devenir obligatoire. Cette
proposition a été partiellement acceptée. Les Américains désiraient que
la teneur en HMF ne dépasse pas 80 mg/kg. Elle est maintenue à 40 mg avec
une tolérance de 80 mg/kg pour les seuls pays tropicaux.
En conclusion cette norme dans sa version définitive paraît moins laxiste
que nous ne pouvions le craindre. Dès que le texte officiel nous sera
communiqué, nous vous le diffuserons. Demeure encore et toujours le problème
de la nouvelle Directive européenne en cours d’élaboration.
Unité de la profession et concertation accrue avec nos délégués officiels
s’avèrent une nouvelle fois indispensables.
Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF

Editorial
n°603
Un beau succès !
Même si nous l’attendions avec une certaine
sérénité, nous avons pris connaissance avec un très grand plaisir, le 14
janvier 2000, de la décision prise par le Conseil d’Etat.
Les requêtes déposées par Bayer et les semenciers visaient à obtenir l’annulation
de la décision prise le 22 janvier 1999 par M. Glavany, ministre de l’Agriculture,
consistant à retirer provisoirement l’autorisation de mise sur le marché
du produit Gaucho sur tournesol. Ces requêtes sont aujourd’hui rejetées.
La suspension du produit Gaucho sur tournesol demeure donc toujours en
vigueur.
La détermination des apiculteurs, leur unité, la qualité du dossier
élaboré par notre avocat maître Bernard Fau, grâce aux efforts des uns et
des autres, ont permis d’obtenir ce magnifique succès. Tous les apiculteurs
de France peuvent apprécier à sa juste mesure cette victoire car elle ouvre
des perspectives nouvelles sur la notion d’homologation de l’ensemble des
produits phytosanitaires, tout particulièrement sur le volet toxicité sur
abeilles.
Essentielle par son résultat mais aussi par son contenu (voir article de
maître Fau p. 66-67), cette décision ne clôt en aucune façon le dossier
Gaucho.
A propos de la décision du Conseil d’Etat
Article 1er : les interventions de l’Union Nationale de l’Apiculture
Française, du Syndicat National d’Apiculture et du Syndicat
des Froducteurs de Miel de France sont admises.
Article 2 : il est donné acte du désistement de la requête
de la société Novartis.
Article 3 : les requêtes de la société BAYER et des
sociétés RUSTICA PROGRAIN GÉNÉTIQUE SA et autres sont
rejetées. |
|
Nous attendons maintenant les résultats d’analyses
effectuées par le CNRS sur les échantillons prélevés en 1999 sur
maïs, orge, blé, etc., et les comptes rendus des expérimentations
INRA de M. Colin et Mme Pham-Delègue. Après les avoir examinés, la
Commission des Toxiques donnera un avis et le ministre de l’Agriculture
pourra dès lors, en connaissance de cause, prendre les dispositions
qui s’imposent. Si ces travaux confirment une non-maîtrise de la
rémanence et donc une persistance de la molécule ou de ses
métabolites à des seuils toxiques pour l’abeille, nous
solliciterons par l’intermédiaire de notre avocat, l’interdiction
définitive de la molécule pour tout usage agricole. |
Je remercie une fois encore l’ensemble des syndicats
qui ont su nous apporter un soutien financier essentiel mais ne nous leurrons
pas, le dossier des produits phytosanitaires sera long et coûteux.
Codex Alimentarius : lors de la réunion du 8 janvier à laquelle assistaient
MM. Villeneuve, Besacier, Perronneau (négociants), M. Duclos (Fédération
des coopératives), M. Anchling (SNA) et moi-même, le texte du projet a été
étudié point par point. M. Roche, de la DGAI, et M. François, de la DGCCRF,
ont bien saisi les exigences de transparence et de respect du produit émises
par les apiculteurs. La représentation française retient donc nos
observations et nous nous en réjouissons. Néanmoins, nous ne sommes pas
assurés qu’elles soient validées par l’ensemble des signataires lors de
l’ultime négociation qui se déroulera à Londres les 9, 10 et 11 février.
Participant à la délégation française, nous nous efforcerons d’obtenir
naturellement le meilleur résultat.
CTE : le 18 janvier, lors de la réunion à ONIFLHOR, la délégation apicole,
unie, a défendu la nécessité de mise en place d’un cadre spécifique
national pour l’apiculture. L’objectif consisterait à maintenir le
cheptel apicole par la renaissance de l’action pollinisatrice de l’abeille,
la reconnaissance des handicaps naturels des zones de montagne et la prise en
compte des surcoûts induits par le varroa et les effets des produits
phytosanitaires. Avant la fin du mois de janvier, un dossier doit être
transmis au ministère.
Seule l’union de tous les apiculteurs nous a permis et nous permettra de
remporter de belles victoires ! Nous en avons plus que jamais besoin à l’heure
où de très nombreux collègues sont toujours sinistrés par les tempêtes.
Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF

Editorial
n°602
Bonne Année 2000 !
En quelques jours, plusieurs éléments majeurs ont
enrichi de manière déterminante le dossier «Gaucho, produits systémiques»
:
Le 8 décembre, le Conseil d’Etat a examiné les requêtes formulées par
Bayer et les semenciers à l’encontre du ministre de l’Agriculture quant
à sa décision de suspendre le «Gaucho» sur tournesol. Après une étude
approfondie des différentes pièces déposées par les diverses parties dont
celles rassemblées par notre avocat Bernard Fau, au nom des trois syndicats
apicoles, dans le cadre de notre intervention volontaire en défense aux
côtés du ministère ; le maître des requêtes a conclu au rejet des
requêtes de Bayer et des semenciers. Nous nous en réjouissons et nous
attendons avec sérénité la décision prochaine du Conseil d’Etat.
Le 13 décembre, la Commission d’Accès aux Documents Administratifs a
estimé que la demande de communication des dossiers d’homologation, en l’occurrence
Gaucho et Confidor, relevait bien, comme le soutenait notre avocat, de la
réglementation européenne. Ainsi, les services administratifs du ministère
de l’Agriculture ne pourront plus à l’avenir se réfugier derrière la
loi française de 1978 pour ne pas nous transmettre les dossiers demandés ou
comme cela a été le cas jusqu’à présent, pour ne nous les transmettre
que de manière partielle et encore sur ordre de l’autorité politique qui
semble attentive à nos soucis. Cet avis de la CADA se révèle donc
déterminant.
Au nom des apiculteurs et des syndicats départementaux qui nous ont aidés,
je remercie notre excellent avocat Bernard Fau pour la qualité de ses
prestations. Sa connaissance du dossier, sa détermination, son calme et son
intelligence nous ont permis d’ores et déjà d’obtenir ces résultats, ô
combien positifs.
Le 15 décembre, selon nos informations, la Commission des toxiques a examiné
le dossier déposé par Bayer à la demande du ministère, mais a estimé qu’il
lui était indispensable de connaître les résultats de l’ensemble des
travaux effectués sur le sujet avant de formuler son avis.
L’examen du dossier Gaucho serait donc reporté à la mi-mars.
Entre-temps, laissons travailler les scientifiques ! Espérons que leurs
conclusions éclairciront de manière incontestable le débat sur la toxicité
de l’imidaclopride au travers notamment des analyses de sols, de végétaux
ou de pollen.
Enfin, les chasseurs de nombreuses régions de France se préoccupent d’une
mortalité anormale du gibier à plume et incriminent à leur tour le Gaucho.
La Fédération de l’Aisne envisage d’engager une action juridique contre
Bayer (cf. article pages 16-17).
La Ligue de protection des oiseaux s’apprête, elle aussi, à réagir.
Chasseurs et écologistes se retrouvent donc ensemble aux côtés des
apiculteurs !
Lorsque le syndicalisme apicole se rassemble, lorsqu’il engage des avocats
compétents pour assurer des demandes juridiques aujourd’hui indispensables,
lorsque des scientifiques indépendants travaillent avec objectivité et
rigueur dans les différents domaines de l’abeille, l’apiculture
progresse.
Sachons en ce début de siècle et pour de longues années la maintenir sur
cette bonne voie. Ne perdons pas espoir.
Je vous souhaite à vous et à vos proches une bonne et heureuse année 2000
et je vous donne rendez-vous au prochain congrès de l’apiculture à Mende
les 5, 6, 7 et 8 octobre 2000.
Nota bene : CTE, la profession s’inquiète des modalités à
définir pour les apiculteurs leur permettant de signer des Contrats
Territoriaux d’Exploitations. Une première réunion nous a permis de mieux
cerner les points d’achoppement, comme la référence à la surface. Une
réunion prévue le 18 janvier devrait nous permettre d’élaborer des
contrats types.
Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF
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