ABEILLES ET FLEURS Archives Editoriaux 2001

Editorial n°623
En attendant les fêtes...

L'hiver s’avance et déjà les fêtes de fin d’année constituent des rendez-vous privilégiés, très favorables à la promotion et à la commercialisation des produits de la ruche.

En cette période propice aux rhumes et maux de gorge, offrir un pot de miel aux amis ou aux voisins est toujours bien accueilli et permet de faire connaître l’abeille et son rôle majeur dans l’environnement.

De même, sur les marchés, proposer au client des paniers-cadeaux, bien présentés, favorise la découverte des différents miels, de l’hydromel, du pain d’épice, du pollen ou de la propolis... Sans parler des différents objets en cire particulièrement appréciés. Une idée cadeau : offrir une adhésion à l’association « Terre d’abeilles » et tout au long de l’année, l’heureux bénéficiaire recevra : un courrier régulier qui le passionnera, le prochain hors série d’Abeilles et Fleurs sur l’abeille et l’environnement qui lui apprendra beaucoup et... un arbre à planter, tilleul ou acacia, qu’il regardera pousser en pensant à vous.

La fin de l’année nous a déjà apporté quelques satisfactions. La commission agricole du Parlement européen a voté à l’unanimité le rapport de Mme Lulling et donc les amendements que nous avions proposés. Prochaine étape : le vote du Parlement européen en session plénière à Strasbourg à la mi-décembre. La mesure agri-environnementale apicole des CTE a reçu à Bruxelles un accueil favorable du Comité Star du mois de novembre. Aux apiculteurs concernés de prendre le relais avec leurs syndicats départementaux. Sans prendre de retard. C’est une excellente nouvelle qui a été rendue possible grâce à l’unité de la filière apicole, au travail effectué en groupe et à la détermination de chacun à faire avancer le dossier. Et ce malgré la complexité de la tâche et la variabilité du cadre. Il est peut-être temps de mettre un terme aux errements et aux querelles stériles du passé...

Quels que soient les torts des uns ou des autres, je demeure persuadé que la très grande majorité des producteurs est favorable au rassemblement et l’appelle de ses vœux. Pour ma part je partage, j’ai partagé et j’ai toujours défendu ce point de vue. Travailler à la défense de l’abeille avec rigueur, efficacité dans la convivialité devrait être l’objectif de tous...

Le dossier scientifique sur l’imidaclopride s’épaissit au fil des mois et je pense que vous prendrez connaissance de la traduction de l’article de Caroline Cox avec le plus grand intérêt.

En attendant d’autres résultats favorables, notamment sur le plan juridique, je vous souhaite d’excellentes fêtes de fin d’année et un joyeux Noël à vous et à vos proches.

Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF

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Editorial n°622
Terre d'abeilles

Dans l'approche des nouveaux dossiers de plus en plus nombreux et complexes qui nous préoccupent, comme par exemple le cas du Gaucho, la filière apicole, et l'UNAF en particulier, a su s'entourer de compétences extérieures: chercheurs, avocats... qui ont permis d'étayer les argumentaires scientifiques et juridiques. Relativement récente, cette stratégie représente le seul moyen de réussir. Même si elle a un coût.

Par contre, jusqu'à aujourd'hui, un partenaire, ô combien essentiel, n'était pas associé véritablement à nos démarches et cette situation inacceptable ne pouvait perdurer: les consommateurs.

Quels que soient les milieux que vous fréquentez, dès l'instant où vous indiquez que vous vous occupez d'abeilles, les questions fusent : la reine, les miels, la gelée royale... Très rapidement vous monopolisez la parole... Cela peut prendre du temps...

Lorsque, sur notre demande, vous avez sollicité le grand public dans notre combat pour obtenir une directive européenne plus rigoureuse sur le miel, les consommateurs ont répondu présents et ont signé en masse la pétition.

Lorsque, quelques mois après, vous leur avez à nouveau demandé de signer la pétition pour le retrait du « Gaucho », la suspension du « Régent » et la révision des procédures d'homologation, une fois encore, ils ont massivement participé.

A l'UNAF, nous avons ainsi reçu plus de cent quarante mille pétitions...

Consommateur, comme nous le sommes nous-même, le grand public s'inquiète avec raison de la qualité de son alimentation - les produits de la ruche si riches pour le bien-être et la santé humaine, demeurent encore les plus sains - et du devenir de l'environnement, pour lui mais aussi pour les générations futures. Il est grand temps...

L'abeille joue un rôle de sentinelle irremplaçable, et ce n'est pas Albert Einstein qui nous contredirait !

Ainsi donc, nous avons décidé de répondre à cette attente légitime et nous avons favorisé l'émergence d'une association de consommateurs, loi 1901, qui se dénomme « Terre d'abeilles ».

Elle permettra à ses adhérents, dans un échange régulier et convivial grâce à un courrier spécial qui leur sera adressé, de mieux connaître l'abeille, ses produits, d'être informés des dossiers environnementaux et de nous aider à défendre cette abeille si âgée, plus de cent millions d'années, et si fragiliisée aujourd'hui.

Dans la revue de décembre, vous disposerez de tous les éléments pour faire "adhérer vos proches et vos plus fidèles clients. Je suis persuadé qu'ils seront ravis de découvrir cette « Terre d'abeilles » qui nous est chère.

Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF

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Editorial n°621
Tous à Puiseaux !

Eh oui ! Vous l’avez remarqué dès la page de couverture, "Abeilles et Fleurs", votre revue préférée , change. Le comité de rédaction désire vous proposer un mensuel encore plus dynamique, plus attractif, en un mot, plus passionnant.

Dès les prochains numéros, de nouvelles rubriques, régulières, vont voir le jour. Botanique, biologie, environnement, informatique ou internet... devraient répondre aux aspirations et aux interrogations du petit producteur comme du professionnel.

N’hésitez pas à nous écrire pour nous faire part de vos remarques.

Les apiculteurs qui souhaitent bénéficier d’une information complète et détaillée sur les aspects spécifiques de la filière comme la réglementation, les dossiers syndicaux, les cours du miel... adhéreront en priorité à la commission technico-économique.

Outre divers services, ils recevront la lettre d’information.

Nous avons créé une nouvelle rubrique consacrée à l’actualité syndicale.

Les informations de l’éditorial y seront développées.

Dossier phytosanitaire. Lors de l’Université d’été du Parti Socialiste, le Ministre de l’Agriculture, Jean Glavany, a reçu les apiculteurs: des avancées syndicales s’avèrent possibles...

CTE : la mesure environnementale sera étudiée par Bruxelles cet automne. Espérons qu’elle sera enfin validée et que nous pourrons en bénéficier rapidement.

L’UNAF vous accueille les 19 et 20 octobre à Puiseaux pour sa quatrième Université d’Automne. Vous serez nombreux au rendez-vous et nous nous en félicitons. Le programme, il est vrai, est particulièrement intéressant. Au 19 octobre à Puiseaux !

Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF

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Editorial n°620
Bayer réagit...

Les dernières belles journées d'été sonnent l’heure des premiers bilans de la saison apicole 2001. Au printemps, les miellées se sont révélées inexistantes : bruyère blanche, romarin, thym... ou faibles et irrégulières comme le colza ou l’acacia.

Les floraisons de juin et juillet ont toutefois permis quelques récoltes honorables sans être exceptionnelles : châtaignier, montagne, lavande, toutes fleurs, parfois très disparates : excellentes semble-t-il en Bretagne et particulièrement faibles dans les Pyrénées-Atlantiques par exemple. Certains apiculteurs d’Alsace, des Vosges, du Jura et du Massif Central ont eu le plaisir d’extraire du miel de sapin, mais en ce qui concerne le miel de bruyère, il est encore trop tôt pour estimer la récolte.

Et le tournesol ?

Hormis les rares zones exemptes de traitement « Régent » et « Gaucho » employés sur blé, orge ou maïs dans lesquelles les apiculteurs effectuent des récoltes comparables à celles des années 90 ; en règle générale, le résultat sera hélas encore très réduit avec des pertes conséquentes de butineuses observées dans plusieurs régions.

Il est intolérable que les pouvoirs publics ne prennent pas conscience de la gravité de la situation et ne prennent pas « enfin le problème à bras-le-corps » comme prétendait le faire en début d’année le ministre de l’Agriculture. Cinq ans après, il serait temps...

La Commission de Bruxelles vient de publier un rapport alarmant sur l’emploi des pesticides dans la Communauté européenne. Une nouvelle fois la France est désignée comme le plus mauvais élève des Quinze. C’est le pays où l’on utilise le plus de produits phytosanitaires, plus de 100 000 tonnes par an, et les résidus retrouvés dans les fruits et légumes excèdent trop fréquemment les normes européennes. Avec des risques pour la santé humaine et pour l’environnement...

Et Bayer ?

Alors qu’ils sont en grande manœuvre boursière et au centre d’un nouveau scandale pharmaceutique, les responsables de la société Bayer, ulcérés par les actions des apiculteurs, ont décidé de réagir.

Non, ils ne retirent pas le « Gaucho », mais ils entreprennent des démarches d’intimidation. Ils viennent d’assigner Yves Vedrenne, Maurice Mary et moi-même devant les tribunaux de grande instance de leurs domiciles respectifs, c’est-à-dire Troyes, Châteauroux et Mende.

En ce qui me concerne, me sont reprochés mes propos tenus lors du Congrès de Mende estimés « fautifs à l’encontre du produit Gaucho de la S.A. Bayer ». Bayer demande au tribunal de juger que Henri Clément s’est rendu coupable de dénigrement fautif et de le condamner à des dommages et intérêts. Idem pour nos deux collègues. Une nouvelle fois, hypocrite et fuyant ses responsabilités, l’attitude de la firme se confirme. Au lieu d’affronter les syndicats en tant que tels, elle choisit de nous attaquer non pas comme responsables syndicaux mais à titre privé, en l’annonçant au préalable dans un communiqué de presse largement divulgué par l’AFP. Pourtant, c’est bien en tant que responsables syndicaux que les uns et les autres nous nous sommes exprimés...

Cette attitude est scandaleuse. Elle porte atteinte à la liberté syndicale. Elle occulte l’ensemble des résultats, de plus en plus nombreux, de la communauté scientifique qui sont défavorables à la molécule. Elle procède à une lecture partiale des différents avis de la Commission des Toxiques. Les trois responsables syndicaux sont défendus par maître Bernard Fau. La Coordination des apiculteurs se déclare solidaire et les soutiens de la FNSEA et de la Confédération Paysanne devraient nous être acquis. Les instructions pénales relatives à la commercialisation du Gaucho sont par ailleurs en cours au pôle financier du Tribunal de Paris.

L’ensemble de ces dossiers sera développé entre syndicalistes lors de la 4e Université d’automne de l’UNAF qui se déroulera à Puiseaux les 19 et 20 octobre. Un rendez-vous à ne pas manquer.

N.B. : Les réglementations sur le miel ont été définitivement adoptées lors de la session du Codex Alimentarius qui s’est tenu courant juillet en Suisse. Nous nous en félicitons. Dés réception des documents officiels, nous vous les communiquerons.

« Ce n’est pas à nous à prendre des décisions par rapport à ceux qui vont .naître ; les générations futures se démerderont comme tout le monde. »

André RICO
Président de la Commission des Toxiques

NDLR : sans commentaires...

Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF

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Editorial n°619
En attendant les récoltes

Le printemps 2001 s’est révélé désastreux pour l’apiculture : météorologie très défavorable, nombreuses intoxications...

Dans toutes les régions, outre un hivernage souvent difficile, la production de miels précoces paraît inexistante : 15 à 20 % de la récolte habituelle de colza, pas de romarin, pas de thym, pas de garrigue, peu d’acacia.

Les beaux jours enfin revenus, souhaitons que sapin, châtaignier, lavande, bruyère, montagne toutes fleurs d’été sauront compenser ces débuts de saison catastrophiques. Quant au tournesol... attendons d’en voir les résultats : la plupart des graines semées étaient enrobées avec du Régent.

Le ministère de l’Agriculture a invité l’ensemble des organisations apicoles à une réunion qui devait se dérouler le lundi 18 juin. Cette rencontre avait pour but de faire le point sur le projet d’enquête épidémiologique à ce jour non modifié et sur l’avis de la Commission des Toxiques qui n’a engendré aucune nouvelle décision des pouvoirs publics. En raison notamment de l’attitude irrespectueuse et inadmissible de la DGAL après le comité de pilotage du 27 mars ayant pour objet la validation des projets 2002 financés dans le cadre du règlement européen 1221/97, l’ensemble des responsables de la Coordination des apiculteurs qui ont participé au dossier Gaucho ont refusé de cautionner une nouvelle réunion de dupes (voir lettre p. 297).

Seule une délégation du SPMF, composée du président Béraud et de M. Joël Schiro, a jugé bon, semble-t-il, de collaborer et s’est donc rendu le 18 juin au ministère. Lors de la dernière réunion du groupe miel du COPA-COGECA - seul organisme représentant l’ensemble des apiculteurs d’Europe habilité à dialoguer avec la Commission de Bruxelles pour tenter d’améliorer la réglementation (Directive miel, Directive sanitaire, règlement, problèmes de résidus...) en faveur des producteurs et des consommateurs - M. Izquierdo, apiculteur espagnol, et M. Etienne Bruneau, ingénieur apicole belge (CARI), ont respectivement succédé à M. Cavazonni et Marschall, que nous remercions pour leur travail tenace et efficace en particulier sur la Directive miel.

Nous félicitons les nouveaux élus et nous leur souhaitons la plus grande réussite dans leurs échanges avec la Commission de Bruxelles. Les apiculteurs en ont besoin. L’UNAF vient d’éditer un registre d’élevage conforme à la réglementation. Simple, utilisable pendant 4 ans, il permet à l’apiculteur qui possède 3 ruches comme à celui qui en possède 3 000 d’assurer le suivi sanitaire de son cheptel. En vente à l’UNAF. Pour nous, apiculteurs, l’été représente souvent une période de dur labeur : récolte, transhumance, commercialisation... Pour vous détendre et vous donner envie de voyager, nous vous invitons à mieux connaître l’apiculture de l’île de Beauté, la Corse. Nous avons donné la parole aux différents acteurs de la filière qui ont effectué tous ensemble un remarquable travail et nous les remercions pour leur chaleureuse collaboration.

Dès à présent, une date très importante à retenir. Les 19 et 20 octobre se déroulera à Puiseaux, dans le Loiret, la quatrième Université d’automne de l’UNAF. Comme à Chambéry, Brive, Strasbourg,  je suis persuadé que vous serez nombreux à y participer. Le programme et les modalités d’organisation (repas, hôtels) paraîtront dans la revue de septembre.

Bon été à tous et... bonnes récoltes!

Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF

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Editorial n°618
Plutôt que de sauver l’abeille, il faut « noyer le poisson » !

La commission des Toxiques vient de publier un nouvel avis sur les effets de l’insecticide Gaucho. La rémanence de la molécule dans les sols est certes confirmée, mais les risques qu’elle entraîne pour l’abeille butinant des fleurs ainsi contaminées seraient négligeables !

Le maïs, comme le tournesol, est bien contaminé après traitement mais « la mise en évidence de résidus d’imdaclopride dans le pollen de maïs ne représente un risque pour les abeilles que dans la mesure où celles-ci consomment le pollen ». Chacun sait que les abeilles rentrent du pollen de maïs par plaisir, pour jouer, pour faire des boulettes... !

Une contamination par voie cutanée et un affaiblissement de la vitalité des larves et donc du couvain, liés à l’imidaclopride constituent des hypothèses de travaux à réaliser mais les protocoles d’évaluation n’existant pas, il faudrait d’abord les mettre au point...

Enfin, avant de mettre sur pied une étude multifactorielle, il importe de conclure les études réalisées par l’AFSSA depuis 1998, notamment en Charente, afin d’en « tirer des enseignements de fond et de méthode ».

En fait tous les éléments à charge, de plus en plus nombreux, sont écartés : courage fuyons, il est urgent d’attendre. Plutôt que de sauver les abeilles, le ministère préfère « noyer le poisson ».

Les sénateurs viennent de remettre un rapport sur l’attitude des gouvernements successifs, droite et gauche confondues, face à la gestion de la maladie de la vache folle. Selon ce rapport, tous ont privilégié les intérêts économiques au détriment des risques pour la santé humaine. Alors, nos pauvres abeilles...

Bayer avait publié une plaquette luxueuse sur les maladies des abeilles afin de dédouaner son « Gaucho ». Aventis, de Rhône-Poulenc, suit son exemple.

Dans cette nouvelle stupéfiante étude, sont cités parmi les prédateurs de l’abeille : les écrevisses, les fourmis, les escargots, les éponges, les méduses... S’agit-il d’un poisson d’avril ? Nous sommes en juin !

S’agit-il d’un nouveau jeu : cherchez l’erreur ? L’introduction de l’opuscule est éloquente : « Nous n’aborderons pas les prédateurs cités dans le tableau (heureusement !) ni les intoxications des abeilles par voie chimique ». Signé Aventis. Sans commentaire... Le Régent ne doit pas être si innocent que le prétend le fabricant...

Entre des sociétés toujours plus avides de bénéfices et des pouvoirs publics inexistants et incapables de faire face, l’avenir de l’abeille, de l’environnement et de l’être humain s’assombrit jour après jour.

Le rapport de la Commission de Bruxelles que je vous engage à lire dans les pages 252 à 254 témoigne de l’ampleur du désastre. Pour inverser cette logique suicidaire nous avons besoin de toutes les énergies, apiculteurs, agriculteurs, consommateurs, citoyens... Des actions comme Apilivradois Défi sont porteuses d’avenir.

Le mauvais temps a perduré. Excepté dans quelques rares zones privilégiées, la récolte de colza se révèle nulle ou quasiment nulle. La logique du marché devrait entraîner une remontée des cours.

Plusieurs apiculteurs de différentes régions et tout récemment du Cantal et de la Corrèze nous ont indiqué de fortes pertes de colonies au cours du printemps. Nous leur demandons de signaler par écrit à la DSV, à la Mutualité sociale agricole, s’ils sont cotisants, et de nous tenir informés afin que nous puissions intervenir en leur faveur.

La DGCCRF envisage d’abroger l’arrêté du 30 octobre 1987 relatif aux masses nettes du miel préemballé en vue de la vente au détail. L’apiculteur serait donc libre de conditionner son miel comme il l’entend en 480 ou en 650 grammes. Le consommateur ayant perdu ses références de 250 g, 500 g ou kg, peut être désorienté mais également être séduit par de nouveaux emballages.

Enfin, je souhaite la bienvenue aux apiculteurs des Landes dont le syndicat vient de
rejoindre l ’UNAF. Cette décision nous va droit au coeur.

Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF

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Editorial n°617
Bonjour tristesse !

Fin avril 2001 : bonjour tristesse. Les jours se suivent et se ressemblent, les semaines se succèdent, le printemps avance mais le beau temps, lui, n’est toujours pas au rendez-vous. On se croirait souvent revenus en plein hiver et dans les ruchers la situation devient préoccupante.

Sur les colzas en fleurs depuis plus de quinze jours maintenant, les abeilles n’arrivent pas à bénéficier de belles journées pour prélever le moindre nectar et la récolte sera nulle si le soleil ne reparaît pas bientôt.

Dans de nombreuses régions, les acacias ont fleuri très tôt. Les fleurs risquent de geler ou de couler. Dans tous les cas, les abeilles ne peuvent les visiter. De même en montagne, le développement des colonies subit un retard considérable. Pensez à vérifier l’état des réserves de votre cheptel et n’hésitez pas à nourrir... Vous ne le regretterez pas.

Bonjour tristesse. Si la météo se montre plus généreuse, l’espace d’une journée, un second risque menace dès lors encore nos abeilles : les intoxications. Plusieurs apiculteurs nous ont fait part de mortalités sur pommiers dans le Maine-et-Loire, sur colzas dans le Sud-Ouest, sur pruniers en Corse.

Agriculteurs et apiculteurs devraient être complémentaires : les abeilles ont besoin des fleurs et les fleurs ont besoin des abeilles. Si le monde agricole ne prend pas conscience de la gravité de la situation actuelle, les uns et les autres en souffriront gravement et durablement.

Les problèmes du Gaucho ne se résument pas à la France. Des apiculteurs canadiens et américains nous ont informés de la situation catastrophique de leurs colonies à la suite de traitements à l’Imidaclopride.

A la suite de la réunion du Comité de Pilotage du règlement européen 1221/97, le ministère de l’Agriculture a décidé de manière unilatérale et autoritaire, de maintenir les projets de recherches pourtant écartés à l’unanimité par les représentants de la filière apicole car jugés trop peu rigoureux, et le projet d’enquête épidémiologique, lui aussi refusé à l’unanimité.

Les aides pour l’achat de fûts, de matériel de mielleries collectives ou d’essaims et de reines ne sont pas, elles, « éligibles ». Seules les ruches à plateau grillagé pourraient être subventionnables... si les fonds de l’Oniflhor le permettent. Décider ainsi, après une fausse concertation, sans tenir compte de l’avis et des souhaits des apiculteurs, constitue une attitude inqualifiable de la part des Pouvoirs publics. S’agit-il de privilégier des économies financières réalisées par les organismes de recherche ou les services du ministère au détriment des intérêts véritables de l’apiculture ? S’agit-il de désinvolture ou de mépris volontairement affiché à l’égard des apiculteurs ? Ulcérés par cette position, les syndicats apicoles réagiront à Paris et à Bruxelles.

Demeurons néanmoins optimistes et espérons que lorsque vous lirez ces lignes, le mois de mai se sera révélé plus favorable. Du moins sur le plan météo... il serait temps.

ENQUÊTE HIVERNAGE
Les présidents de syndicats et les membres de la Commission Technico-Economique sont invités à retourner l’enquête hivernage dûment complétée à Alain David.

Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF

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Editorial n°616
Serrons-nous les coudes

Le monde apicole n’a pas accepté et ne peut accepter l’immobilisme du Gouvernement et la seule suspension du Gaucho sur tournesol.

Dans toute la France, des manifestations se sont déroulées, relayées dans les médias locaux et nationaux : Montpellier, Tarbes, Agen, Tours, Nantes, La Roche-sur-Yon, Morlaix, Quimper, etc.

Dans le Lot-et-Garonne, le Bureau national interprofessionnel du pruneau a décidé, par mesure de précaution, de retirer « dès à présent le Confidor de l’ensemble de nos préconisations ». Exemple à suivre...

La DGAL nous a communiqué son projet d’enquête multifactorielle : totalement inacceptable.

La DGAL estime que « les études conduites jusqu’ici n’ont en effet pas permis de constituer de base de connaissance sur le sujet » même si quelques lignes plus tard « les études constituent une source de renseignements précieuse »...

« Le comité s’attachera par ailleurs à obtenir des réponses à certaines questions de base, telles que :

  • Quelle quantité d’imidaclopride contient un enrobage de graine de tournesol ?

  • De manière générale, quel est le comportement d’une abeille sur un tournesol (qu’est-ce qu’elle fait ?) ».

Comme si les 14 millions de francs utilisés par les organismes publics, INRA, CNRS, AFSSA n’avaient servi à rien... On croit rêver ; on ne rêve pas.

Par ailleurs, les apiculteurs seraient exclus du Comité de Pilotage dirigé par des représentants des divers ministères et cantonnés dans un rôle subalterne. La liste des experts, quant à elle, n’est toujours pas consultable.

Lors du dernier Comité de Pilotage Règlement Miel réuni mardi 27 mars, l’ensemble de la filière a refusé d’intégrer ce projet dans ce règlement. A suivre.

Sur le fond, l’ensemble des représentants du monde apicole a exprimé son opposition claire à ce projet : SNA, Confédération paysanne, UNAF , FNOSAD, Fédération des Coopératives, etc. Seul le SPMF, à ce jour, n’a pas arrêté, semble-t-il, sa position...

Le ministère, lors de cette réunion, a estimé que des aides pour l’achat de fûts alimentaires n’étaient pas intégrables dans le règlement. L’aide aux achats de reines et d’essaims que nous avions proposée est discutable et l’aide à l’achat de ruches à fond grillagé pour lutter contre varroa leur paraît plus facile à mettre en place. A redéfinir. Une fois encore c’est une infime partie des 33 millions de francs alloués à la France qui bénéficiera aux apiculteurs par les seules aides à la transhumance et aux analyses.

Le SPMF a décidé de faire appel dans le procès qu’il a intenté depuis plus de 5 ans à l’UNAF et au SNA. Ne serait-il pas plus judicieux, en ces temps difficiles, de se serrer les coudes et d’allouer nos faibles moyens à la seule et vraie défense des apiculteurs ?

Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF

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Editorial n°615
Plus que jamais déterminés

Ainsi donc la décision du ministre de l’Agriculture nous a-t-elle été enfin communiquée. La suspension de l’utilisation du Gaucho sur tournesol est reconduite pour deux années supplémentaires. Bayer n’a pas pu faire la démonstration de la non-toxicité de son produit.

La Coordination est particulièrement déçue de cette décision timorée, ultra prudente, qui ne prend pas en considération tant les éléments scientifiques à charge que les conséquences économiques, dramatiques, dont sont victimes, année après année, les abeilles et les apiculteurs.

Dans son communiqué, le Gouvernement indique que d’autres mesures pourront être décidées ultérieurement après communication de l’avis de la Commission des Toxiques sur maïs et autres usages et sur les effets de la rémanence de l’Imidaclopride.

Jean Glavany souhaite prendre dorénavant le problème « à bras-le-corps » : ce n’était donc pas le cas jusqu’à présent... Après une manifestation des jurés du Concours général, lors du Salon de l’agriculture, le ministre de l’Agriculture m’a assuré de sa détermination à faire avancer rapidement le dossier. Nous voulons bien le croire, encore nous faudrait-il prendre connaissance de décisions significatives...

L’enquête épidémiologique constitue une nouvelle fois une solution privilégiée. S’agit-il de gagner ou de perdre du temps ? Existe-t-il une véritable volonté politique d’aboutir rapidement ? Dans ce dernier cas, il est absolument évident que l’enquête épidémiologique ne pourra être effectuée qu’après un retrait global de l’Imidaclopride et du Fipronil Régent TS. C’est le sentiment partagé par l’ensemble des membres de la Coordination des Apiculteurs. Si, d’aventure, certains groupuscules souhaitaient participer à une telle enquête dans des conditions aussi douteuses : leur seule motivation consisterait dans un intérêt financier au détriment des intérêts des apiculteurs et de la vérité.

Fipronil Régent TS : après de nouvelles interventions auprès de M. Evain, conseiller de M. Glavany, celui-ci a obtenu de la DGAL qu’elle nous communique le résumé éco-toxicologique du Fipronil. Trois lignes sont consacrées à l’abeille :

« Le Fipronil est très toxique pour les abeilles dans les études en laboratoire.
D.L. 50 (contact) : 0,00593 mg/abeille (5,93 ng/abeille)
D.L. 50 (orale) : 0,00417 mg/abeille (4,17 ng/abeille) »

Ces données concernent des doses létales et non des doses sublétales. Comment la Commission des Toxiques n’a-t-elle demandé au fabricant des analyses complémentaires sur la présence éventuelle du Fipronil dans le pollen et le nectar, vecteur d’intoxication pour l’abeille, et ce, à des niveaux inférieurs au PBB ?

M. le ministre, le temps presse. Les maïs seront bientôt semés. Pour nous, apiculteurs, le 15 mars constitue une date butoir. La Coordination l’a confirmé à M. Evain jeudi 22 février. De quelques bords que ce soient, conseillers généraux, députés, sénateurs, nous soutiennent. Les consommateurs, les chasseurs et les défenseurs de la nature, également. Gardons notre sang-froid, demeurons déterminés et nous arriverons à sauvegarder l’abeille et notre avenir.

Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF

Gaucho : communiqué de presse

Jean Glavany, ministre de l’Agriculture et de la Pêche, a décidé de prolonger pour deux années supplémentaires la suspension de l’autorisation du Gaucho dans le traitement des semences de tournesol, et de confier à un comité d’experts indépendants une étude épidémiologique de grande envergure qui analysera l’ensemble des facteurs qui peuvent affecter la santé des abeilles.

Cette décision, conforme au principe de précaution, a été prise sur la base de l’avis du comité d’homologation des produits antiparasitaires du 11 janvier et après une large consultation des parties concernées (coordination des apiculteurs, syndicats agricoles, semenciers ainsi que la firme productrice Bayer). Jean Glavany a néanmoins décidé de saisir immédiatement la commission d’étude de la toxicité des produits antiparasitaires usage agricole, pour qu’elle se prononce aussi vite que possible (sa prochaine réunion se tient le 14 février) sur la question des effets éventuels de la persistance dans le sol du Gaucho, compte tenu de la rotation des cultures (le Gaucho est en effet utilisé pour le traitement des semences de maïs et de céréales à paille notamment).

Il entend se tenir régulièrement informé de l’avancement des travaux. La présente décision sera révisée au fur et à mesure de l’évolution des connaissances scientifiques. Tout élément nouveau qui serait suffisamment probant sera immédiatement pris en compte.

Le ministre a rappelé que le Gouvernement avait été mandaté par la loi du 4 janvier de présenter un rapport sur les connaissances acquises en matière d’incidence des insecticides systémiques sur les populations d’abeilles.

« Je souhaite que nous prenions maintenant le problème à bras-le-corps, et qu’une expertise approfondie soit conduite en toute indépendance et en toute transparence sur l’ensemble des causes possibles de dépopulation des abeilles et de baisses de miellées. J’ai besoin d’une analyse objective et exhaustive de la situation avant de prendre une décision définitive sur le Gaucho-tournesol et, le cas échéant, de nouvelles mesures conservatoires sur cet insecticide ou sur d’autres qui pourraient avoir des effets délétères sur les colonies d’abeilles », a déclaré Jean Glavany, avant de poursuivre, à l’adresse des apiculteurs : « Je suis évidemment préoccupé par les problèmes rencontrés par les apiculteurs, et je suis déterminé à tout mettre en oeuvre, avec la participation active du secteur apicole, pour que nous puissions aussi vite que possible y apporter les remèdes appropriés. Je n’hésiterai pas à prendre sans délai les mesures qui s’imposent, au fur et à mesure de l’évolution des connaissances ».

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Editorial n°614
Les premiers fruits des manifs

Mardi 9 janvier, une délégation représentative de l’intégralité de la filière apicole à laquelle s’étaient joints maître Bernard Fau, avocat de la Coordination des apiculteurs, et des représentants de la FNSEA et de la Confédération paysanne, était reçue par Jean Glavany, ministre de l’Agriculture. Après un exposé argumenté sur la situation dramatique de l’apiculture française face aux insecticides systémiques, les aspects scientifiques et juridiques tout comme les difficultés rencontrées pour obtenir les dossiers d’homologation et les rapports divers, ont été abordés.

Dans sa réponse, le ministre de l’Agriculture nous a indiqué sa détermination à faire progresser ce dossier, tout en respectant les lois en vigueur, de manière à éviter d’être désavoué, à posteriori, devant les tribunaux. Si, à ses yeux, une réhomologation du Gaucho pour usage sur tournesol est exclue, les résultats des études réalisées depuis deux ans ne lui ont pas encore permis de prendre une décision quant à un éventuel élargissement de la suspension à d’autres applications. Il a souhaité que des éléments complémentaires puissent lui être apportés par les apiculteurs.

Jean Glavany souhaite également que soit mise en place, en y associant les différents partenaires, une véritable enquête épidémiologique. Une nouvelle fois il nous a assuré de sa volonté de transparence et s’est engagé à ce que les rapports demandés, parfois depuis plus d’un an, par la Coordination, soient transmis dans les plus brefs délais. Ce qui fut fait en partie en moins de 24 heures à propos des dossiers Bayer, CETIOM, ACTA... il est tout de même déplorable d’être obligé de rencontrer, comme pour le dossier d’homologation du Gaucho en 1999, le ministre en personne, pour obtenir satisfaction dans le strict respect de la loi.

M. le ministre est enfin disposé à étudier des propositions concernant une révision des procédures d’homologation et demande qu’une réunion de travail, au cours de laquelle seront étudiées toutes les facettes du dossier, soit rapidement organisée avec la toute nouvelle directrice de la DGAL, Mme Geslain-Lanéelle.

Le vendredi 12, Mme Geslain-Lanéelle nous recevait à son tour dans son bureau. Nous lui recensions les omissions et les erreurs relevées au sein des études Bayer composées d’un rapport de 800 pages en langue anglaise et résumées à 12 pages en langue française que nous avions obtenu enfin l’avant-veille... Interpellée par ce constat, Mme Geslain-Lanéelle se propose d’interroger tous ceux qui doivent se prononcer sur ce dossier afin de connaître leurs sentiments sur ces distorsions. Après la présentation de l’argumentaire élaboré par la Coordination et étayé de références scientifiques, Mme la directrice s’engage à solliciter un avis de la Commission des Toxiques sur les autres usages du Gaucho, compte tenu des éléments disponibles dans le dossier. Notre avocat, Bernard Fau, a démontré, texte juridique à l’appui, que la molécule Imidaclopride, en raison des risques pour l’environnement et de sa très longue rémanence, devrait être interdite conformément à la directive européenne 91/414. Les apiculteurs ont ensuite pu communiquer différentes pièces concernant le Fipronil (Régent TS).

La Coordination des apiculteurs n’acceptera la mise en place d’une enquête épidémiologique que si au préalable l’homologation des produits Gaucho et Régent TS est interdite ou suspendue. Une enquête, aussi complexe, pour être lisible, ne saurait débuter dans un environnement pollué. Nous nous félicitons de l’esprit d’ouverture et de dialogue qu’a su instaurer Mme Geslain-Lanéelle. Aussi nous attendons avec impatience la décision du ministre. En raison des nombreux éléments à charge, les apiculteurs ne comprendraient pas qu’elle puisse nous être défavorable...

Règlement Miel : le 16 janvier, le Comité de Pilotage a étudié et validé les dossiers transhumance. Peu de projets ont été rejetés. De nouveaux laboratoires se sont porté candidats pour être conventionnés et réaliser des analyses en bénéficiant des aides de Bruxelles. Des précisions leur sont demandées et les décisions seront prises ultérieurement.

En ce qui concerne le programme 2002, l’UNAF souhaite, pour sa part, qu’une aide soit octroyée aux apiculteurs afin de réduire sensiblement les coûts d’achat de reines et d’essaims. Les conditions de financement doivent être discutées et précisées avec nos collègues des autres syndicats : seuil, taux de financement... Les pertes de cheptels observées sur l’ensemble du territoire ces dernières années exigent la mise en place rapide de cette mesure.

Au plaisir de se retrouver le vendredi 16 février pour la réunion de la Commission technico-économique et le samedi 17 pour l’assemblée générale. Venez nombreux : les sujets à traiter sont de plus en plus conséquents : produits phytosanitaires, règlement miel, CTE , directives, syndicalisme... 

Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF

Aventis : le groupe agrochimique franco-allemand a conclu mardi un accord, avec dix-sept Etats américains, qui vise à indemniser les agriculteurs qui ont été financièrement affectés par les déboires de son maïs génétiquement modifié Starlink. Bayer : le laboratoire pharmaceutique allemand, poursuivi aux Etats-Unis pour des fraudes sur le prix de ses médicaments facturés au système de santé fédéral, a accepté mardi de payer 14 millions de dollars (14,97 millions d’euros) quarante cinq Etats.

Source : journal « Le Monde » du jeudi 25 janvier 2001

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Editorial n°613
Une nouvelle fois

Deux mois seulement après Cormery, une nouvelle fois les apiculteurs venus de toute la France se sont rassemblés à Paris pour exprimer leurs revendications légitimes et réaffirmer leur volonté de voir enfin prises par les pouvoirs publics des décisions rapides et efficaces. Près de 1 500 apiculteurs se sont retrouvés à proximité du ministère de l’Agriculture puis ont défilé jusqu’à la rue de Vaugirard, à la direction générale de l’Alimentation pour demander le retrait du Gaucho, la suspension du Régent TS et la révision des procédures d’homologation des produits phytosanitaires. Une nouvelle fois, le sang-froid et la détermination de la Coordination et des manifestants se sont révélés fructueux. Au ministère, une rencontre avec Jean Glavany, ministre de l’Agriculture, a été validée pour les tous premiers jours de janvier. Cette audience peut se révéler très importante.

Lors de la rencontre avec Mme Jeslain-Lanéelle, la toute nouvelle directrice de la DGAL et M. Hervé Durand, tout nouveau responsable de la Protection des Végétaux, nous avons eu l’assurance que les fameux dossiers d’homologation qui ne nous étaient toujours pas transmis nous seraient adressés dans les tous prochains jours. Il était temps... Il nous a été également confirmé que nous serions plus longuement reçus début janvier afin d’engager un dialogue « franc et transparent » sur le fond et l’intégralité du dossier phytosanitaire Gaucho étendu à la suspension du Régent TS. Lors de cette entrevue, un rendez-vous a été également arrêté pour étudier les projets de réécriture de la directive sanitaire européenne 92/118 relative au miel au niveau de la récolte, de l’extraction et du conditionnement.

La Commission des Toxiques a rendu son avis : « L’ensemble des données analysées par la Commission ne permet pas d’incriminer formellement et exclusivement les traitements de semences de tournesol par la préparation Gaucho, ni de conclure à leur absence de risque pour l’abeille ».

Si cet avis nous paraît ultra-prudent, il établit néanmoins formellement que la société Bayer n’a pu prouver la non-toxicité de sa molécule et n’a donc pas pu répondre à la demande formulée par le ministre lors de la suspension du Gaucho sur tournesol en janvier 1999. Souhaitons que le ministre de l’Agriculture ait le courage de prendre les décisions, toutes les décisions qui s’imposent.

Le combat que nous menons sur le Gaucho est exemplaire sur le plan syndical. En permettant à des scientifiques de qualité de travailler de manière indépendante sur le sujet - et indépendants, ils le sont hélas de moins en moins souvent - en sachant s’entourer d’un avocat de talent Bernard Fau, la Coordination a su rassembler l’ensemble des apiculteurs de France au-delà des étiquettes. Là réside sa force. Sachons conserver et développer cet état d’esprit, la défense de l’apiculture de demain est à ce prix.

Infos dernières

Procès SPMF contre l’UNAF et le SNA : la Cour de cassation a cassé le jugement de la cour d’appel pour vice de forme. Le premier jugement redevient effectif. Le SPMF est toujours débouté, soit il en reste là, soit à nouveau il fait appel et nous voilà repartis pour deux ans. L’argent dépensé nous paraîtrait mieux employé par les temps qui courent à défendre les apiculteurs... et dans les manifestations successives on n’a pas demandé qui était amateur, pluriactif ou professionnel.

CTE : l’ensemble de la représentation apicole a élaboré une nouvelle mesure agri-environnementale en partenariat avec les services concernés du ministère (DEPSE). Elle pourrait être validée en 2001, peut-être en septembre. En attendant, il faut attendre...

Le décret Montagne vient d’être publié au Journal Officiel daté du 17 décembre. Depuis le temps qu’on nous le promettait ! A lire dans la revue de février.

L’actualité syndicale devient de plus en plus dense.

Je vous souhaite à tous mes meilleurs vœux pour l’année nouvelle. Que 2001 vous apporte à vous et à vos proches, santé, bonheur et prospérité. Sans Gaucho !

Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF