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Editorial
n°634
Agriculture, apiculture et biodiversité
L'évolution de l'agriculture a toujours conditionné le développement de l'apiculture. Notre agriculture moderne et productiviste devient, hélas, de moins en moins compatible avec une apiculture florissante.
En 50 ans, que de changements défavorables à l'abeille ! Arrachage des haies, disparition du sainfoin dans les plaines céréalières, emploi massif de désherbants sélectifs, ensilage en montagne, utilisation de plus en plus systématique des pesticides. Et que nous réservent les OGM ?
Seules demeurent épargnées quelques régions défavorisées où l'agriculture a quasiment disparu car le relief ne permet pas la mécanisation. A l'heure actuelle, personne ne sait ce que sera la France agricole dans 10 ans. Seule certitude, le paysage agricole (et donc apicole) sera de plus en plus conditionné par l'évolution des orientations prises et des aides publiques. La mondialisation et l'ouverture de l'Europe aux pays de l'Est ne feront qu'accentuer cette tendance.
A titre d'exemple, une suppression ou une forte diminution de la prime à l'hectare sur colza et tournesol entraînerait, en une saison, la disparition de ces deux miellées. Ainsi, une simple décision prise à Bruxelles engendrerait la non-rentabilité de l'apiculture sur plus de la moitié du territoire national.
Devant un avenir aussi incertain, l'apiculture doit-elle sombrer dans un pessimisme fataliste ? Certainement pas. Il est peut-être temps de faire aux Pouvoirs publics des propositions pour offrir à l'abeille un environnement plus favorable.
Quelques exemples ne semblent pas relever de l'utopie :
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Révisons de manière rigoureuse les procédures d'homologations afin d'éviter les intoxications massives d'abeilles.
-
Proposons, déjà, une meilleure utilisation apicole de la jachère (où il est même interdit de mettre des ruches !).
-
De même, des milliers d'hectares, hier à usage agricole, devenus peu à peu forêts ou landes, constituent souvent une charge pour les propriétaires fonciers non agriculteurs. Une simple mesure fiscale les inciterait à planter des arbres ou arbustes à vocation apicole ou cynégétique et éviterait peut-être les erreurs du passé, avec des régions entières plantées en conifères.
Le maintien ou le retour de la biodiversité, de plus en plus souhaité par les opinions publiques, ne pourra pas se faire sans l'aide de l'abeille et sa fonction pollinisatrice. De nombreux scientifiques commencent à le dire haut et fort. Il est temps.
Les apiculteurs ne doivent pas rester passifs. Nous venons de démontrer notre capacité de résistance face à l'utilisation de certains pesticides. Plus que jamais nous devons constituer une force de proposition.
En cette période hivernale, dans chaque syndicat, c'est le moment des assemblées générales où chacun peut et doit s'exprimer. Les idées les plus intéressantes proviennent souvent de la base.
C'est le rôle de votre fédération nationale de prendre le relais.
Je vous souhaite à toutes et tous de bonnes fêtes de fin d'année.
Jean-Marie Sirvins
Président de l’UNAF

Editorial
n°633
Un formidable succès pour l’avenir de l’apiculture
Le 9 octobre 2002 à 14 heures, les 12 magistrats du Conseil d’Etat ont
rendu leur verdict. Leurs conclusions sont excellentes pour l’avenir de
l’apiculture.En effet, le contenu même de l’arrêté ne laisse que
très peu de liberté au ministre de l’Agriculture. Nous nous orientons donc,
dans les trois mois, vers un retrait définitif de l’AMM du Gaucho au minimum
sur maïs et tournesol, et vraisemblablement sur d’autres utilisations.
Mais l’intérêt de cette victoire dépasse largement le Gaucho et les
traitements phytosanitaires.
En annulant le refus de M. Glavany, ancien ministre de l’Agriculture, de
satisfaire à la demande des apiculteurs, malgré les preuves scientifiques dont
il disposait, le Conseil d’Etat a démontré que notre cause était juste et que
« la raison du plus fort n’est pas toujours la meilleure ».
Ce résultat donne tort à tous ceux qui pensaient que ce combat était
perdu d’avance. En ce sens, il représente une formidable lueur d’espoir pour
l’avenir du syndicalisme apicole. Car ne nous y trompons pas : le combat pour
la survie de l’abeille, avec un revenu décent pour les apiculteurs, ne fait
que commencer. Ce succès en Conseil d’Etat n’est qu’un pas vers l’obtention
d’une révision des procédures d’homologation des produits phytosanitaires.
Cette révision nous avait été promise par les services administratifs du
ministère de l’Agriculture le 11 janvier 2002 en nous présentant un
pseudo-plan de relance de l’apiculture française...
Le ministre de l’Agriculture a changé mais nos revendications demeurent
identiques. Aussi, quand il nous recevra, à la lumière des événements récents
et face à une opinion publique de plus en plus responsable et acquise à notre
cause, M. Hervé Gaymard va-t-il enfin nous écouter ? Avant la fin de l’année
nous aurons la réponse à cette question.
Dans un esprit d’union, avec les autres syndicats apicoles, nous
réagirons avec lucidité et fermeté.
Jean-Marie Sirvins
Président de l’UNAF

Editorial
n°632
En attendant l'arrêté du Conseil d'Etat
Le 16 septembre 2002, le Conseil d'Etat a examiné la requête de
l'UNAF tendant à l'annulation de l'AMM du Gaucho. Les conclusions de M. Seners, commissaire du Gouvernement, sont claires et devraient aboutir, dans un délai de trois mois, à un retrait de l'AMM sur tournesol et sur maïs. L'arrêt sera rendu fin septembre.
De nouvelles expertises rédigées par d'éminents scientifiques, M. Arnold, du CNRS, Mme Lhostis, de l'école vétérinaire de Nantes, et M.
Narbonne, de l'université de Bordeaux, ont validé une fois encore les thèses que nous soutenions. Le dossier élaboré avec sérieux et rigueur par notre excellent avocat, maître Bernard Fau, s'est révélé particulièrement convaincant.
Dans ce combat difficile engagé depuis plus de six ans... le rapport de force paraissait à l'évidence défavorable aux apiculteurs. Nous avons su cependant démontrer notre sérieux, et nous traiter avec dérision, parfois même avec mépris comme a pu le faire la société Bayer, n'a jamais mis un frein à notre détermination.
Nous devons rendre hommage à Henri Clément, alors président, pour son courage. Porter cette affaire devant la plus haute juridiction française était délicat. Avec un résultat incertain, malgré les preuves versées au dossier - c'est le propre de toute procédure - il engageait les finances de l'UNAF. Mais l'avenir de notre filière apicole passait et passe par une solution obligée des problèmes d'intoxications liés aux produits phytosanitaires.
Il serait injuste de ne pas remercier en particulier quatre apiculteurs qui, depuis 1997, ont été également des " locomotives " dans ce dossier car sous leur impulsion est née, en 1997, une dynamique d'union : la Coordination des apiculteurs de France.
Il s'agit de Franck Aletru, Francis Chauvency, Maurice Mary et Philippe Vermandère.
Bien sûr, la suppression du Gaucho ne réglera pas tous les problèmes de l'abeille. Il faudra continuer le combat : Fipronil, fongicides sur céréales et autres poisons sont encore là. Nous devrons mettre toute notre énergie pour obtenir le plus rapidement possible une vraie révision des procédures d'homologation des produits phytosanitaires.
Attendons avec sérénité l'arrêt du Conseil d'Etat.
Nos collègues du Gard ont vécu une véritable catastrophe. Les conséquences de ces inondations monstrueuses sont dramatiques.
Sur le plan apicole, près de 2 000 ruches ont été balayées. Certaines exploitations sont en grand danger. Les cheptels devront être reconstitués. L'UNAF exprime toute son affection et sa solidarité à leur égard.
L'Université d'automne du Pont du Gard n'est pas remise en question et nous vous y attendons nombreux.
Jean-Marie
Sirvins
Président de l’UNAF

Editorial
n°631
Ne pas se résigner !
Septembre : l’heure du bilan de la saison apicole. 2002, dans son ensemble, sera une petite année apicole. En effet, hormis quelques zones où la miellée de toutes fleurs a été correcte, celle d’acacia a été souvent absente, et celles de châtaignier et lavande fort décevantes.
Quant au tournesol, encore une fois, confronté aux produits phytosanitaires, tous ceux qui suivent cette miellée de près ont pu constater des dépopulations massives de leurs ruches. Souvent en début de miellée, en moins d’une semaine, les colonies ont perdu leurs butineuses.
Le plus grave, c’est que cette situation, qui perdure depuis maintenant plus de 5 ans, engendre un nouveau danger : la résignation d’un bon nombre d’apiculteurs. Nous pouvons accepter une baisse de récolte due à de mauvaises conditions climatiques, voire à certaines pathologies, mais nous devons refuser catégoriquement le massacre de nos abeilles par l’agrochimie.
Non, ce n’est pas aux apiculteurs de fuir les zones de grandes cultures. C’est une évidence, encore faudrait-il que chaque apiculteur en soit persuadé et n’hésite pas à porter plainte et à faire constater chaque intoxication, y compris les dépopulations sur miellée de tournesol. Certaines régions l’ont bien compris et ont su se mobiliser en alertant administrations et politiques en plein mois de juillet.
Les pratiques agricoles ont toujours conditionné l’évolution de l’apiculture. Que nous réserve la réforme de la PAC, de plus en plus à l’ordre du jour, et qui conditionnera l’agriculture européenne de demain ? Espérons que cette évolution soit plus favorable à l’abeille.
Pour conclure sur une note un peu plus optimiste, félicitons le Syndicat du Rhône qui vient d’inaugurer dans l’enceinte de l’Ecole vétérinaire de Lyon sa Maison des Abeilles, superbe construction comportant miellerie, exposition, matériel de formation... Emmené par le dynamique président Rouchon et toute sa solide équipe de bénévoles, une formidable réalisation, prête à former des générations d’apiculteurs a vu le jour. Malgré les difficultés mais sans se résigner. Un exemple à suivre.
Nous vous invitons à participer aux rendez-vous d’automne : Congrès national de l’apiculture française à Bourges et Université d’automne de l’UNAF au Pont du Gard. Travail et convivialité seront au rendez-vous.
Au plaisir de se rencontrer.
Jean-Marie
Sirvins
Président de l’UNAF

Editorial
n°630
Protéger l'abeille...
Ces dernières décennies, l’importance des médias est devenue considérable : tout sujet fortement médiatisé interpelle, tôt ou tard, gouvernants et législateur.
Or, en ce printemps 2002, la terrible série d’intoxications que les apiculteurs viennent de subir prouve une fois encore que l’abeille représente un sujet qui passionne. Radio, télévision et presse écrite n’ont cessé de contacter responsables apicoles et apiculteurs
sinistrés. Les pouvoirs publics ainsi interpellés vont-ils enfin réagir et prendre les décisions qui s’imposent ?
Il serait grand temps...
Dans un tel contexte, ne serait-il pas opportun de réclamer une véritable loi sur l’abeille qui assurerait enfin sa protection ? Ce serait là une sage précaution pour l’avenir tant pour les apiculteurs que pour l’ensemble des citoyens, pour notre environnement d’aujourd’hui comme pour celui des générations futures. Cette tâche peut paraître ambitieuse. Elle est cependant possible. La ténacité du syndicalisme et des politiques motivés qui a abouti à un vote du Parlement européen très favorable à l’apiculture en décembre 2001, doit nous servir d’exemple. Mais le pouvoir de nos députés européens est réduit, hélas, à un rôle consultatif, face à la toute puissante Commission. Il n’en est pas de même avec notre Parlement national qui a, encore, le pouvoir de légiférer.
Juillet-août, période de vacances pour beaucoup et d’intense activité pour les apiculteurs.
C’est un moment privilégié pour alerter clients et amis des dangers qui pèsent sur l’abeille mais aussi communiquer sur les bienfaits des produits de la ruche et de la pollinisation. Et proposer une adhésion à « Terre d’Abeilles ».
Pour aboutir, l’apiculture devra être unie et déterminée : c’est la tâche et la responsabilité de vos représentants syndicaux.
Nous avons besoin des médias mais aussi des consommateurs...
Bonnes récoltes à tous !
En attendant les rendez-vous de l’automne : le Congrès de Bourges et l’Université d’Automne organisée cette année dans le cadre somptueux du Pont du Gard.
Jean-Marie
Sirvins
Président de l’UNAF

Editorial
n°629
Entre colère et espoir
COURANT MAI, début juin : période d’activité intense pour les abeilles comme pour les apiculteurs.
Premières récoltes en plaine, premiers essaims. Les maturateurs qui se remplissent, c’est toujours une grande joie pour l’amateur comme pour le professionnel.
Mais hélas, trois fois hélas, pour certains l’espoir a vite tourné au cauchemar.
Dans la vallée du Rhône, en Provence, Charentes, Dordogne, Bretagne, dans presque toutes les régions de grandes cultures, des colonies ont été encore victimes d’intoxications.
Dans la Haute-Garonne et le Gers, ce fut un vrai désastre. Environ 3 000 ruches ont été détruites.
Pour certains, comme Jean-Claude Cauquil qui vient de perdre 400 ruches totalement anéanties, c’est toute une vie de travail qui s’en va...
Devant l’extrême gravité de cette intoxication, nous avons alerté immédiatement le ministre de l’Agriculture et les services de la Protection des végétaux. Un accident d’une telle violence et d’une telle ampleur appelle deux priorités :
-
De toute urgence, une aide immédiate à la hauteur de la catastrophe doit être débloquée par les Pouvoirs publics afin que les victimes puissent poursuivre leur activité.
-
Ensuite, tout doit être mis en oeuvre pour trouver les responsables et faire en sorte que ces vagues d’intoxications régressent car elles mettent en péril l’avenir même de l’apiculture.
Dans tous les cas, qu’il s’agisse d’une nouvelle molécule homologuée sans études suffisantes sur l’abeille ou de produits mal utilisés, les coupables doivent être sévèrement
punis. Pour cela, il devient urgent de faire évoluer la législation. C’est bien le rôle des syndicats.
Face à l’agriculture industrielle et à la puissance des firmes de l’agrochimie, le rapport de force ne semble pas, à priori, en faveur des apiculteurs. Cependant, dans ce combat, l’opinion publique sensibilisée et révoltée par les scandales à répétitions nous est favorable. A nous de savoir l’utiliser avec l’aide des médias.
Nous avons saisi l’opportunité de la période électorale pour solliciter une audience au nouveau ministre de l’Agriculture et à la ministre de l’Environnement. Vos présidents départementaux vont interroger tous nos futurs députés sur leurs engagements en matière apicole.
Ne l’oublions pas, les 80 000 apiculteurs de France sont aussi des électeurs. Tous ensemble, pour nos abeilles et l’avenir de nos enfants, nous pouvons et devons nous faire entendre.
Jean-Marie
Sirvins
Président de l’UNAF

Editorial
n°628
Fleurs - Des chiffres qui parlent
ALORS que nos collègues du Sud s’apprêtent à extraire leur première récolte de
l’année (la miellée de romarin serait, semble-t-il, correcte), des chiffres toujours
aussi inquiétants nous parviennent des zones de grandes cultures. Certains secteurs
du Centre et de l’Ouest annoncent même plus de 40 % de pertes en cette fin d’hiver.
Les Pouvoirs publics veulent des chiffres précis. C’est normal et nous allons nous efforcer,
grâce à vous, de les leur communiquer. Mais les apiculteurs et leur famille qui souffrent
depuis 5-6 ans, s’impatientent, et ils ont raison.
En 1995, la production de miel en France était de 32 000 tonnes et de 24 000 tonnes en
2000. Dans le même temps, les importations sont passées de 7 000 tonnes à 15 612 tonnes.
Ces chiffres, c’est évident, correspondent à l’arrivée des problèmes sur les miellées de
tournesol. Ce sont des chiffres qui parlent mais qui n’inquiètent pas beaucoup nos
décideurs.
Autre chiffre : près de quinze millions de francs ont été dépensés de 1998 à 2001 en
recherche publique pour démontrer la responsabilité de l’imidaclopride. Cet argent, issu du
Règlement Miel, était destiné aux apiculteurs. Aurait-il été, comme le prétendent certains,
utilisé par des chercheurs « peu rigoureux » ? C’est ce que vérifient les experts du comité
scientifique et technique de « l’enquête multifactorielle »…
Mais qui veut noyer son âne…
Tout cela, nous dit-on, va prendre du temps. Un, deux, voire trois ans. En attendant,
les apiculteurs concernés continuent de repeupler leurs ruches. Combien de temps
tiendront-ils ?
Il devient urgent que les Pouvoirs publics apportent la totalité du cofinancement du
Règlement Miel afin que cet argent aille en priorité à ceux qui en ont le plus besoin.
Des propositions de mesures d’aide à l’achat de reines et d’essaims que nous demandions
ont été étudiées le 9 avril avec le ministère. Il semblerait qu’elles ne puissent concerner
que les apiculteurs qui ont subi plus de 20 % de perte… Si elles sont appliquées, ces
mesures seront bien sûr une bouffée d’oxygène. Espérons qu’elles seront validées à
Bruxelles.
Mais la solution, à long terme, reste la suspension des molécules toxiques pour l’abeille et
la révision des procédures d’homologation des produits phytosanitaires… Si cette décision
tarde trop, nous allons vers une apiculture à deux vitesses. Ce serait tout simplement
inacceptable.
Notre rôle est de le dire haut et fort au nouveau ministre de l’Agriculture, dès que les
élections seront passées et qu’il aura pris ses fonctions.
Jean-Marie
Sirvins
Président de l’UNAF

Abeilles
& Fleurs - Revue Française
d'Apiculture
Editorial
n°627
Un nouveau président
DEPUIS SA CRÉATION en 1946, neuf hommes ont eu l’honneur et le devoir de présider notre Union nationale. Tous ont activement participé à la construction de ce qu’elle est aujourd’hui : une grande fédération au service de l’apiculture française – au service de l’abeille et des apiculteurs, de tous les apiculteurs.
Le 23 février, j’ai donc accepté de prendre la suite de Henri Clément. Le travail qu’il a accompli durant six années de présidence est tout simplement colossal. Nous le remercions encore pour son dévouement et son intense activité. Assurer la présidence de l’UNAF est une lourde tâche. Entouré par une équipe solide et dynamique, je ferai tout pour poursuivre les actions de notre syndicat.
Dans cette équipe, Henri Clément a accepté la responsabilité de la rédaction d’Abeilles et Fleurs. Nous sommes certains qu’il y mettra tout le talent et l’ardeur qui le caractérisent.
Dans les mois et les années qui viennent, l’actualité syndicale sera intense. Nous devrons obtenir une vraie révision des procédures d’homologation des produits phytosanitaires, susciter des travaux de recherche sur l’impact des OGM sur l’abeille, et ce, si possible, à l’échelon européen. Il faudrait aussi trouver une solution plus satisfaisante de lutte anti-varroa…
Pour réaliser ce vaste programme, le Règlement Miel devra être au service des apiculteurs, et non un moyen de pallier le financement des organismes publics de recherche, comme c’est trop le cas actuellement. L’Institut technique, annoncé par le ministère le 11 janvier, sera concrètement utile aux apiculteurs. Les organisations syndicales représentatives devront définir ses orientations et participer à sa gestion.
Il nous faudra convaincre les Pouvoirs publics du rôle prépondérant de l’abeille comme agent pollinisateur. En effet, le maintien de la biodiversité ne saurait se passer de l’abeille, et donc des apiculteurs. C’est notre seul atout mais cette idée fait peu à peu son chemin. Pour réussir, il faudra, chaque fois que cela sera possible, favoriser le rassemblement de toutes les composantes de l’apiculture française. Nous nous y engageons fermement.
Jean-Marie
Sirvins
Président de l’UNAF

Editorial
n°626
Un défi à relever
Comme nous l’avions souhaité, les apiculteurs d’Europe se sont mobilisés pour que
la manifestation de Bruxelles connaisse le succès attendu. Continuons d’agir pour
que ce rassemblement aboutisse dans les plus brefs délais à la mise en place de
mesures urgentes en faveur de l’apiculture par la Commission.
Les pays du Sud de l’Europe, producteurs de miel, sont favorables à cette orientation
comme les pays du Nord pour lesquels l’apiculture professionnelle est quasi inexistante
mais qui ont pris conscience de la fonction éminente de l’abeille dans le maintien de la
biodiversité grâce à son rôle prépondérant d’agent pollinisateur.
En France, ce rôle est assuré par les 80 000 apiculteurs disséminés sur l’ensemble du
territoire. Quel que soit son cheptel, qu’il possède 2 ruches ou 3 000 ruches, chacun y
participe.
Aujourd’hui, cette richesse irremplaçable est menacée par les produits phytosanitaires
détenteurs d’autorisations de mise sur le marché accordées à la légère, par les
bouleversements des pratiques agricoles... Elle est aussi aggravée par le vieillissement des
apiculteurs qui devient au fil des ans de plus en plus préoccupant.
Située au confluent de différents domaines que sont la biologie, la botanique, la météorologie, la communication ou l’économique, l’apiculture constitue cependant une
activité passionnante au sens littéral du terme. Intimement liée à la nature, l’abeille
attire et suscite de nombreux intérêts.
Dans les départements, les animateurs des ruchers-écoles réalisent un travail considérable
qui permet au néophyte de se familiariser au travail des ruches et de produire son propre
miel. Chaque apiculteur qui fait partager à son entourage les différents aspects de son
travail suscite des vocations nouvelles qui permettront aux uns de se faire plaisir et aux
autres d’en faire une activité rémunératrice. Transmettre son expérience, favoriser l’émergence de nouvelles générations doit constituer un souci permanent et un véritable défi à relever. Construisons ensemble l’avenir de
l’apiculture.
Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF

Abeilles
& Fleurs - Revue Française
d'Apiculture
Editorial
n°625
Tous à Bruxelles !
APRÈS ces quelques semaines de froid persistant que nous n’avions pas
connu depuis 10 ans, la végétation ne devrait pas tarder à reprendre vie et les abeilles, leur activité incessante sur les saules marsault, les châtons de noisetiers...
Comme prévu, les Pouvoirs publics nous ont annoncé le 11 janvier, le « plan de relance
de l’apiculture française ». Il nous a paru, hélas, bien décevant. La relance se traduit généralement par un volet
économique conséquent, et sur ce point essentiel, à part les CTE qui doivent encore évoluer, rien, absolument rien.
De bonnes idées certes, de bons projets, comme le réseau de surveillance ou l’institut
technique, mais rien de concret ou quasiment rien et comme une longue période électorale... s’annonce, on peut être inquiet quant à leur réalisation effective.
Le 15 janvier : réunion du groupe Miel du COPA-COGECA. Si le Parlement européen soutient les apiculteurs français avec le vote du rapport de Mme Lulling, nous devons cependant faire pression sur les ministres et la Commission pour obtenir son application.
Nos députés européens, il est vrai, ont surtout un rôle consultatif. Une manifestation européenne sera donc organisée le 18 février à Bruxelles. J’invite le plus grand nombre d’entre vous à y participer, comme vous l’aviez déjà fait il y a dix ans.
Dès la sortie de l’ouvrage « Créer son rucher », les éditions Rustica m’avaient demandé de constituer une équipe afin de faire paraître un ouvrage ambitieux sur l’apiculture. Jean-Marie Barbançon, Paul Bonnafé, Etienne Bruneau, Roch Domerego, Gilles Fert, Yves Leconte,
Gilles Ratia, Catherine Reeb, Bernard Vaissières ont donc travaillé chacun dans leur domaine de compétence, pour vous proposer, me semble-t-il, un ouvrage de qualité fort bien illustré : « Le traité d’apiculture ».
Les 22 et 23 février, à la veille du Salon de l’agriculture, se dérouleront la réunion de la Commission Technico-Economique et l’assemblée générale de l’UNAF. Nous vous y attendons nombreux. Au plaisir de se rencontrer.
Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF

Editorial
n°624
Serons-nous enfin entendus ?
En ce début d'année 2002, alors que nous sommes tous en train de nous accoutumer au passage à l’euro, le Parlement européen a voté le 13 décembre à la quasi-unanimité le rapport de Mme Lulling sur le règlement miel.
Conscients de la situation dramatique que traverse l’apiculture européenne et des carences en terme de pollinisation qu’elle peut engendrer, les parlementaires demandent à la Commission et aux ministres de l’Agriculture de prendre des mesures rapides, concrètes et efficaces afin de soutenir ce secteur essentiel au maintien de la biodiversité et donc à la protection de l’environnement.
Le mardi 11, dans l’enceinte du Parlement de Strasbourg, une vitrine des produits de l’apiculture européenne, présentée par des apiculteurs grecs, italiens, espagnols, portugais, allemands, belges et français, avait permis aux députés européens de découvrir l’ampleur et la richesse des produits de la ruche.
Peut-être serons-nous enfin entendus ?
Lors des deux dernières réunions au ministère de l’Agriculture, les responsables des services concernés nous ont indiqué que le 11 janvier prochain nous serait présenté un plan de relance de l’apiculture française. Plusieurs éléments seraient évoqués : un CTE national, un institut technique, un réseau de surveillance pour les intoxications... Espérons surtout que des mesures claires et concrètes, avec un véritable budget, soient élaborées en partenariat véritable avec la profession. C’est urgent et indispensable. Toutes les structures apicoles françaises ont refusé de cautionner la pseudo-enquête multifactorielle proposée par le ministère à l’exception de la FNOSAD qui a décidé début décembre d’y participer. Nous respectons ce choix même si nous le regrettons. Il est surprenant de vouloir favoriser le rassemblement de l’apiculture et de se singulariser de la sorte. Surprenant aussi l’absence de cet organisme lors des deux réunions du comité de pilotage miel les 13 et 14 décembre alors que précisément nous les avions soutenus lorsqu’ils avaient posé leur candidature pour y participer...
Nous avons également assisté au colloque « médias et environnement » à Metz le 7 décembre organisé par l’Institut Européen d’Ecologie et son président Jean-Marie Pelt, qui a notamment parlé du dossier «Gaucho».
Lors de cette rencontre, le professeur Rémy Chauvin a accepté d’être le président d’honneur de l’association «Terre d’Abeilles» et Jean-Marie Pelt, parrain d’honneur. Nous les en remercions chaleureusement. Si chaque apiculteur faisait seulement adhérer un client ou un ami, nous aurions rapidement un bel outil pour défendre l’abeille et mieux faire connaître le rôle et les produits de la ruche auprès des consommateurs. Que l’année 2002 vous apporte bonheur et santé à vous et à vos proches.
Que l’année 2002 permette à l’apiculture française de se rassembler pour ainsi mieux protéger l’abeille et mieux développer notre belle activité.!
Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF
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