Editorial n°656
En attendant le printemps
Durant cette période d’hivernage des colonies, les
apiculteurs soufflent un peu. Ce n’est guère le cas des représentants
syndicaux de la filière apicole qui doivent suivre avec détermination
les dossiers en cours : indemnisation, miel de Chine... De nouvelles
interrogations, comme celles des risques susceptibles d’être engendrés
par Aethina tumida s’il parvenait à s’implanter en France, ne leur
laissent pas beaucoup de répit.
Réouverture des frontières de l’Europe au miel de Chine. Nous attendons
toujours une réunion sur ce sujet au ministère de l’Agriculture. Nous
avons alerté la DPEI sur le caractère d’urgence car des contrôles
stricts doivent s’effectuer sans tarder sur les lots de miels en
provenance de Chine. La Commission européenne a, elle, « laissé » cette
responsabilité aux Etats membres...
Autre inquiétude, le petit coléoptère Aethina tumida.
Il ne s’agit, en aucun cas, d’accuser ceux qui ont importé des reines du
Texas puisqu’il fallait bien répondre à la demande des apiculteurs. Cet
Etat n’était pas d’ailleurs, jusqu’à présent, reconnu comme contaminé
par Aethina tumida ; l’importation était donc légale. Nous avons
simplement interrogé la DGAL (santé animale) pour savoir quelle mesure
ils allaient prendre pour appliquer le principe de précaution. Nous
attendons une réponse claire et constructive afin que des mesures fortes
et efficaces soient prises pour que le petit coléoptère ne soit pas
encore présent en France en 2005. Mieux vaut prévenir que guérir.
Pour le dossier « pesticides », nous avons appris avec stupéfaction que
certains semenciers demandaient à M. le ministre de l’Agriculture la
ré-autorisation de l’enrobage de semences avec le « Gaucho » pour le
maïs destiné à l’exportation. Ainsi, l’Imidaclopride deviendrait non
toxique dès lors que le maïs est exporté !
Ce genre « d’inepties » montre bien que nous devons, plus que jamais,
rester vigilants. Quant à la procédure juridique de Saint-Gaudens
(Régent TS) qui a connu sept mois d’activité intense, les avocats de
Bayer et BASF ont tenté de la faire annuler. En vain, semble-t-il, car
le procureur général de la cour d’appel de Toulouse a demandé, le 18
novembre 2004, le rejet des requêtes des deux sociétés. Les apiculteurs
victimes, eux, attendent toujours les indemnisations. Une prochaine
réunion à la DPEI devrait en fixer les modalités.
M. Dominique Bussereau vient d’être nommé ministre de l’Agriculture en
remplacement de M. Hervé Gaymard. Quelles seront les nouvelles
orientations en matière de plan de relance de l’apiculture ? Nous serons
éclairés lorsque M. le ministre de l’Agriculture aura répondu
favorablement à la demande de rendez-vous que nous lui avons déjà
adressée.
Le mois de décembre est le mois des assemblées générales. C’est toujours
un lieu d’échanges et d’idées nouvelles. Je ne peux que vous inviter à y
participer.
Je vous souhaite à toutes et tous d’excellentes fêtes de fin d’année.
Jean-Marie SIRVINS Président de l’UNAF

Editorial n°655
Mende 2004 : un très grand
congrès
Le XVe Congrès National de l’Apiculture
Française s’est déroulé du 14 au 17 octobre à Mende dans une ambiance
chaleureuse, conviviale et studieuse. Bien rodée à l’organisation d’une
manifestation d’une telle ampleur, soutenue par l’ensemble des
collectivités territoriales, ville, département, région, l’équipe du
Syndicat apicole de la Lozère avait mis les bouchées doubles.
Le succès rencontré avec près de 7 000 visiteurs en quatre jours et une
progression de 30 % par rapport à l’édition 2000 font que le lieu, la
formule et le programme des conférences, plus brillantes les unes que
les autres, correspondaient à l’attente des apiculteurs français et
étrangers. En effet, les nombreuses délégations venues parfois de très
loin, de l’ensemble des continents, ont donné à ce congrès une ouverture
sur le monde sans précédent.
Avec ces apiculteurs, que d’aucun pourrait considérer comme des
concurrents, nous partageons la même planète, notre planète Terre, une
terre d’abeilles. Tous ont connu, connaissent ou connaîtront les mêmes
problèmes que nous et les échanges que nous avons tissés durant ce
Congrès ne peuvent que s’avérer bénéfiques.
Pour étayer mon propos, je voudrais emprunter à Manuel Izquierdo,
président du groupe miel au COPA-COGECA à Bruxelles, la phrase de la
conclusion de son brillant exposé sur le marché mondial du miel : «
Aucun apiculteur du monde ne sera jamais notre ennemi ». Sachant que les
congrès apicoles constituent une excellente couverture médiatique, les
firmes et certains responsables de l’Administration en ont profité pour
essayer de discréditer nos actions et nos résultats dans la lutte contre
les phytosanitaires neurotoxiques systémiques. Leurs méthodes n’ont
guère évolué depuis le congrès de Bourges (voir article du Figaro
d’octobre 2002) : mensonges et campagne de désinformation grossière
sont toujours au rendez-vous avec l’exploitation d’un rapport DSV-DGAL
aussi incomplet qu’incorrect. L’ensemble de la filière apicole, unie, a
réagi sur proposition de l’UNAF par un courrier adressé à M. le ministre
de l’Agriculture.
Le 18 novembre aura lieu à Toulouse le procès en appel intenté par BASF
et Bayer ayant pour objet de tenter d’annuler la procédure Fipronil
engagée au tribunal de Saint-Gaudens. Nous demeurons sereins et
confiants sur l’issue de cette nouvelle manœuvre.
Le projet d’Institut Technique ou plutôt de Comité Technique Apicole (ne
soyons surtout pas ambitieux...), élaboré par le ministère de
l’Agriculture, a reçu un accueil très défavorable de la part de
l’immense majorité des structures apicoles en raison d’un financement
dérisoire et d’une représentativité inacceptable. Et pourtant un
véritable Institut Apicole, doté de vrais moyens, est aujourd’hui
indispensable.
Le 8 novembre une nouvelle réunion de la filière
se déroulera au ministère. Elle devrait permettre d’envisager des moyens
concrets de contrôle de la qualité des miels de Chine et de leur
adéquation avec la nouvelle directive européenne dans le cadre de la
Communauté Européenne.
Une nouvelle rencontre de l’ensemble de la filière avec le ministre de
l’Agriculture serait enfin programmée avant la fin novembre. La filière
apicole attend toujours son plan de relance et ses mesures
d’indemnisation.
Jean-Marie SIRVINS Président de l’UNAF
|
Aides ONIFLHOR
Elles sont reconduites
pour l’année 2005. Elles concernent :
-
La transhumance.
-
La lutte contre la
varroase.
-
L’aide à la
reconstitution du cheptel.
-
L’« aide à la
multiplication » (aide pour achat de matériel pour l’élevage).
Il ne sera pas
possible de demander à la fois l’aide n° 3 et l’aide n° 4. Vous
pouvez appeler à l’ONIFLHOR, Mme Oberti, au 01 44 25 36 61 pour
demander les dossiers de subventions (ONIFLHOR, 164, rue de Javel,
75015 PARIS). Les dossiers seront à retourner à l’ONIFLHOR le 17
décembre 2004 dernier délai..
|

Editorial n°654
Plan de relance ?
Le 10 juin 2004, M. le ministre de l’Agriculture a
proposé à la filière apicole des réunions de travail avec les services
concernés. Ces réunions ont eu lieu en septembre. Elles se sont
déroulées dans un climat constructif avec la volonté de faire avancer
les dossiers de la part des fonctionnaires comme des apiculteurs.
Certaines convocations précisaient que ces réunions se déroulaient «
dans le cadre du plan de relance ». Si le ministère emploie le terme de
« plan de relance », c’est bien qu’il admet qu’il y a eu ralentissement
et qu’il est grand temps de redynamiser la filière. Le 18 octobre
prochain, une nouvelle réunion est programmée au ministère où sera
étudiée la question de l’indemnisation des apiculteurs victimes des
intoxications de ces dernières années. Nous saurons alors si l’enveloppe
financière allouée par le ministère permet d’envisager concrètement la
réparation du préjudice subi.
Nous restons déterminés et confiants. Cependant, suite à la proposition
faite pour l’Institut Technique le 16 septembre, les apiculteurs
s’interrogent. En effet, au-delà des problèmes graves de
représentativité de la filière au sein de l’éventuel conseil
d’administration, le grand absent de ce projet réside dans un
financement sérieux : avec seulement 50 000 ! de crédits d’Etat, son
avenir semble bien compromis.
Autre sujet d’inquiétude : le retour du miel de Chine en Europe. Il est
urgent de demander au ministre de l’Agriculture qu’il exige à Bruxelles
des contrôles plus nombreux et plus stricts sur tous les miels entrant
dans la Communauté, et en particulier les miels chinois. Au-delà de la
libéralisation du commerce mondial, il est inacceptable que la même
qualité ne soit pas imposée à tous les produits, surtout en ce qui
concerne la sécurité sanitaire. Ne pas l’admettre serait condamner à
moyen terme l’apiculture européenne avec des conséquences graves sur la
pollinisation et le maintien de la biodiversité.
Au terme de la saison apicole, le congrès de Mende
sera l’occasion de débattre de tous ces problèmes comme des sujets
porteurs d’espoir comme l’apithérapie.
Jean-Marie SIRVINS Président de l’UNAF

Editorial n°653
Bilan et perspectives
La plupart des miellées terminées, c’est l’heure du bilan
de la saison apicole. Il est toujours difficile de dresser un constat
général pour l’ensemble du territoire, l’environnement botanique et agricole
et les conditions climatiques étant très différents d’une région à l’autre.
Si dans quelques zones les récoltes de printemps ont été correctes, selon
nos dernières informations, dans son ensemble, la production nationale va
encore diminuer. En montagne, la longue période de vent du nord a amoindri
les miellées. Le miel de sapin comme le miel de châtaignier sont forts
irréguliers. La récolte de bruyère callune paraît d’ores et déjà compromise. Le rôle du syndicalisme consiste à défendre, en priorité, les apiculteurs
les plus touchés.
Avec deux années consécutives désastreuses, les producteurs de miel de
lavande doivent être sérieusement aidés. Cette région du Sud-Est, un des
fleurons de notre apiculture, doit bénéficier de la solidarité nationale
pour passer ce cap difficile. Quant au tournesol, une fois de plus, en raison de l’emploi cette année
encore des graines traitées « Régent » et maïs « Gaucho », les pertes de
butineuses, lors de la miellée, ont anéanti tout espoir de récolte correcte.
Seules, quelques rares zones semées avec des semences non enrobées ont
permis des récoltes, presque comme... avant. Pour tous ceux dont ce miel
constitue l’essentiel de leur revenu, la situation économique est devenu
littéralement insupportable. Nous devons exiger une indemnisation pour
l’ensemble des pertes subies depuis 1996. L’UNAF, a engagé des démarches en
ce sens auprès de M. le ministre de l’Agriculture. Nous vous tiendrons
informés de l’évolution de ce dossier prépondérant. Seule une mobilisation
forte de la filière et des apiculteurs concernés nous permettra de les
obtenir. Il faut que chacun d’entre nous continue à solliciter l’appui des
élus pour espérer être entendu.
N’attendez pas que d’autres le fassent pour vous !
L’unaf tient à votre disposition les lettres types.
Cours du miel. Comparée à l’offre, la demande semble forte. Actuellement on
note peu de transaction car, visiblement, le marché est en attente. Nous
venons d’apprendre la réouverture, le 30 août, des frontières européennes au
miel chinois et à la gelée royale. Nous ignorons les possibles conséquences
qu’elle pourrait engendrer sur les cours du miel.
A la suite de la rencontre avec le ministre de l’Agriculture, le 10 juin
dernier, des commissions de travail ont été constituées. Plusieurs réunions
vont se dérouler au cours du mois de septembre autour des thèmes suivants :
sanitaire et phytosanitaire, économie, institut technique. L’UNAF et la
CNTESA ont été intégrées dans ces commissions . Elles y participeront et y
présenteront des propositions concrètes afin que la filière apicole puisse
envisager l’avenir avec plus de sérénité.
Le Congrès National de Mende approche. C’est l’occasion unique pour tous les
acteurs de la filière apicole de se rencontrer, d’échanger et de débattre
afin de préparer l’avenir de notre activité avec ses difficultés mais aussi
ses espoirs.
Je serai particulièrement heureux de vous y accueillir.
Jean-Marie SIRVINS Président de l’UNAF

Editorial n°652
Rencontre avec M. Hervé Gaymard
Le 10 juin 2004, M. Hervé Gaymard, ministre de
l’Agriculture, recevait les représentants des organisations apicoles,
suite aux récentes décisions de suspension du Régent et du Gaucho. Le
ministre nous a paru être enfin attentif au devenir de la filière
apicole, et disposé à élaborer, en concertation avec les représentants
nationaux, des mesures susceptibles d’améliorer la situation
particulièrement préoccupante que nous vivons.
Concrètement, il fut décidé de mettre en place des commissions de
travail avec les administrations concernées (DPEI, DGAL), afin de
réaliser un véritable travail de fond sur les sujets suivants :
phytosanitaires et sanitaire, économie, signes de qualité et appellation
« Montagne », Institut technique, biodiversité.
Au niveau départemental, M. Hervé Gaymard a souhaité réunir apiculteurs
et agriculteurs, par l’intermédiaire des préfets. Ces rencontres se
déroulent en ce moment même, et devraient permettre, selon lui, de
recueillir « les attentes des divers partenaires locaux afin d’alimenter
la réflexion nationale sur les questions à caractère environnemental,
agronomique et sanitaire ».
Nous ne pouvons que nous réjouir de ces initiatives susceptibles de
favoriser le dialogue entre agriculteurs et apiculteurs, aux activités
complémentaires et indissociables.
Ainsi, comme nous l’avons suggéré à M. le ministre, le respect de
l’abeille ne devrait-il pas devenir une mesure prioritaire
d’éco-conditionnalité des aides PAC ?
Pour préparer ce rendez-vous avec M. Hervé Gaymard, la CNTESA avait
rédigé un document de travail recensant les divers problèmes de
l’apiculture, les objectifs à atteindre et les mesures envisageables.
UNAF et CNTESA conjuguées, nous sommes déterminés à être, au cours de
ces différentes réunions, une vraie force de propositions, constructive
et énergique. Nous ne perdons pas de vue l’urgence de l’indemnisation.
C’est grâce à notre action syndicale forte, permanente et tenace en
particulier depuis quelques années, tant sur le plan juridique que
médiatique, que la filière apicole française est aujourd’hui enfin
reconnue par les pouvoirs publics. Ne nous démobilisons pas !
Le XVe Congrès National de l’Apiculture Française à
Mende les 14, 15, 16 et 17 octobre prochain sera le grand rendez-vous de
l’année. Conférenciers éminents, nombreux exposants, délégations
étrangères, animations... Le Syndicat apicole de Lozère nous prépare une
manifestation aussi attractive qu’ambitieuse. Je l’en remercie très
vivement.
Bon courage et bonne récolte à ceux qui travaillent ! Bonnes vacances à
tous ceux qui en prennent !
Jean-Marie Sirvins Président de l’UNAF
|
Dernière minute
L’organisation du
Congrès National représente un travail considérable. Je vous
engage à vous inscrire dans les délais prévus pour que nous
puissions répondre à toutes les demandes. Passés ces délais, nous
serions dans l’obligation de vous infliger des pénalités
regrettables. Merci de votre compréhension.
|

Editorial n°651
Enfin… mais continuons le
combat !
Le 25 mai 2004, M. Hervé Gaymard, ministre de
l’Agriculture, rendait publique sa décision de suspendre l’autorisation
de mise sur le marché du "Gaucho" pour son usage maïs. Cette décision
survient après plus de huit ans d’un combat syndical déterminé, six
années de procédures juridiques, deux arrêts du Conseil d’Etat, le
rapport du Comité Scientifique et Technique et un ultime avis de la
Commission des Toxiques. Sans oublier les nombreuses études
scientifiques réalisées par l’INRA, le CNRS ou l’AFSSA, financées sur le
règlement européen destiné... à soutenir l’apiculture, pour un montant
de plus de... 25 millions de francs !
Même si elle intervient tardivement – les semis 2004 sont effectués –
cette interdiction répond favorablement aux revendications des
apiculteurs. Nous en prenons acte.
M. Gaymard n’a pas cédé aux pressions de tous ceux
qui, de manière vile et irresponsable, voulaient faire maintenir ce
produit au nom de leurs seuls intérêts économiques, sans prendre en
considération les incidences graves qu’il engendre sur les abeilles et
dans l’environnement. Il est inadmissible que les victimes soient
obligées de faire la preuve de la toxicité d’une molécule après son
homologation. Seule, notre tenace mobilisation syndicale, épaulée par
l’action de notre avocat, maître Bernard Fau, nous ont permis de gagner.
Mais le combat ne fait que commencer... Il ne peut se
gagner qu’à Bruxelles. Une coordination efficace des représentants
apicoles européens, concernés par cette problématique, s’avère
aujourd’hui plus que jamais essentielle.
Les pouvoirs publics doivent mettre en place des nouvelles procédures
d’homologation qui respectent la méthode légale reconnue par le Conseil
d’Etat en élaborant puis en rendant obligatoires des tests d’évaluation
de l’innocuité ou de la toxicité des futures molécules sur les abeilles
à des doses sub-létales. L’UNAF soutiendra et participera aux travaux
qui iront dans ce sens. Elle veillera avec une attention sans faille au
respect scrupuleux de la législation en vigueur. C’est une priorité
syndicale.
A l’heure où la communauté européenne favorise l’implantation des
cultures OGM, comment ne pas s’inquiéter de constater qu’aucune étude
scientifique digne de ce nom ne vérifie l’impact des plantes modifiées
génétiquement sur l’abeille ? Témoin gênant d’une pollution
environnementale, l’abeille devient indésirable pour les apôtres des
OGM, car c’est un vecteur particulièrement efficace de la dissémination
des pollens.
La Coordination des apiculteurs de France et l’UNAF, en particulier, ont
montré une telle détermination dans la défense de l’abeille, qu’elles
ont étonné et convaincu que l’apiculture constituait une filière
agricole à part entière, particulièrement soutenue par la très grande
majorité de nos concitoyens, inquiets du devenir de notre environnement.
C’est peut-être cela aussi qui a aidé M. le ministre à prendre sa
décision, sachant également que les alternatives existent.
Enfin, nous ne saurions assez remercier tous ceux qui nous ont
accompagnés dans ce combat : les scientifiques, honnêtes, indépendants
et courageux, pour la rigueur de leur travail, les médias, qui ont suivi
ce dossier avec une grande objectivité, et notre avocat, maître Fau :
son talent et son intime conviction que la cause des apiculteurs était
juste, ont été essentiels.
Vous découvrirez en avant-première dans ce numéro le
pré-programme du prochain Congrès de Mende. Traitant des thèmes qui
préoccupent l’ensemble des apiculteurs, je suis persuadé qu’il
intéressera la plupart d’entre vous.
Je vous souhaite de belles miellées. Et je vous redis à quel point notre
filière doit rester plus que jamais mobilisée...
Jean-Marie Sirvins Président de l’UNAF

Editorial n°650
Pouvoirs et contre-pouvoirs : en leur âme et conscience
Le 21 avril 2004, une nouvelle fois, la liberté
d’expression syndicale a gagné : la puissante multinationale Bayer vient
de subir un échec cuisant : le tribunal de Mende a estimé non seulement
que sa plainte déposée à l’encontre d’Henri Clément était infondée mais
en outre l’a condamnée à verser 20.002 Euros pour avoir eu l’arrogance
de traduire en justice en tant qu’apiculteur un responsable syndical
s’exprimant dans l’exercice de ses fonctions. Dans un monde où l’argent
est de plus en plus roi, il faut se féliciter qu’il existe encore, fort
heureusement, au pays des Droits de l’homme, des magistrats qui fassent
respecter, en leur âme et conscience, un véritable Etat de droit. La
justice, quand elle fait son travail en toute indépendance, représente
un réel contre-pouvoir. Comme les médias, qui cherchent à connaître le
dessous des cartes et enquêtent avec un souci constant d’objectivité.
Comme les associations de citoyens ou de consommateurs... Autant de
contre-pouvoirs plus que jamais indispensables au bon fonctionnement
d’une démocratie. Nos dirigeants politiques le savent. Mais en ont-ils
mesuré toute la dimension ?
Avant le 30 mai, M. Hervé Gaymard doit prendre une nouvelle décision
quant à l’interdiction du Gaucho® maïs. Respectera-t-il l’arrêt rendu
par le Conseil d’Etat qui l’engage à prendre en compte le rapport final
des scientifiques du CST, à qui il avait confié la mission d’évaluer le
risque engendré par l’imidaclopride sur l’abeille ? Ces experts
scientifiques ont le mérite d’avoir examiné, validé ou invalidé 245
rapports et publications fournis par la DGAL et 93 documents issus de la
littérature scientifique. Et leur rapport est accablant... Nous
formulons le vœu que le ministre de l’Agriculture, M. Gaymard, ait la
sagesse de ne pas céder aux pressions de l’agrochimie.
Dans le cas contraire, faudra-t-il encore envisager des procédures
juridiques plus lourdes et plus médiatiques ?
Depuis le mois de mars, les informations concernant les pertes de
colonies sont très variables suivant les régions mais s’avèrent le plus
souvent inquiétantes.
Tous ceux qui déplorent des pertes supérieures à 20 % sont priés de
renvoyer le questionnaire paru dans le numéro d’avril d’Abeilles et
Fleurs à l’UNAF dans les plus brefs délais.
Pour l’aide à la reconstitution du cheptel, les dossiers doivent
parvenir à l’Oniflhor avant le 31 mai.
Le 11 mai, toute la filière apicole se retrouvera au ministère (DPEI)
pour essayer de trouver des solutions efficaces d’aide à l’élevage. La
question est importante car la France est très déficitaire aussi bien en
reines qu’en essaims.
A l’heure où vous lirez ces lignes, les semis de tournesol et maïs
enrobés seront semés. Les poussières de Fipronil feront-elles les mêmes
ravages qu’aux printemps 2002 et 2003 ? Seules les conditions météo en
décideront...
En ce mois de mai, les réunions de vos responsables ou autres assemblées
générales vont se faire plus rares. Le travail au rucher a repris
intensément. Restons confiants quant aux miellées à venir.
Enfin, retenez déjà votre grand rendez-vous de l’automne les 14, 15, 16
et 17 octobre 2004 pour le XVe Congrès National de l’Apiculture à Mende.
Jean-Marie Sirvins Président de l’UNAF
|
Dernière minute
Dans un communiqué
de presse du 15 avril, la société BASF accuse Bayer de tromperie
lors de la cession du Fipronil. Si, au terme de négociations qui
s’annoncent douloureuses, elles ne parvenaient pas à signer un
accord à l’amiable, BASF envisagerait une action en justice...
Affaire à suivre.
|

Editorial n°649
De nouvelles victoires !
En ce mercredi 30 mars 2004, le Gouvernement vient
tout juste d’être constitué que les apiculteurs se rappellent aux bons
souvenirs de M. Gaymard, toujours ministre de l’Agriculture. Le Conseil
d’Etat, une nouvelle fois, vient de donner raison aux apiculteurs. Dans
son arrêt, le Conseil d’Etat annule la décision illégale du ministre
refusant d’interdire le « Gaucho » sur maïs et donne injonction à
celui-ci de prendre une nouvelle décision dans les deux mois en prenant
en considération les conclusions du rapport final « imidaclopride
/abeilles » établi par le Comité Scientifique et Technique, nettement
défavorable au maintien du « Gaucho ».
Au-delà du problème « Gaucho », cette décision définit clairement la
seule méthode légale en matière d’homologation. Son application devrait
nous permettre à l’avenir d’éviter de nouvelles catastrophes avec les
molécules futures. C’est une nouvelle victoire de l’apiculture
française, unie, qui a su se rassembler pour obtenir justice. C’est une
nouvelle bataille gagnée dans cet interminable conflit. Nous adressons
nos félicitations à notre avocat maître Bernard Fau et son collaborateur
Jean-François Funke pour le remarquable suivi du dossier, leur
efficacité et leur ténacité.
Nous attendons la nouvelle décision ministérielle. Une victoire ne vient
jamais seule.
Après les trois syndicalistes apicoles, la société Bayer s’était
attaquée au juge Guary, de Saint-Gaudens, qu’elle cherchait à faire
dessaisir de l’affaire « Régent » en l’accusant de partialité. La
société Bayer vient d’être déboutée de l’action qu’elle avait engagée.
Le juge sort ainsi renforcé de cette lamentable manœuvre.
Nous attendons le jugement de Mende concernant Henri Clément. Il sera
rendu le 21 avril. Plusieurs apiculteurs de différentes régions,
notamment en zone de grandes cultures, nous ont alerté après avoir
constaté des mortalités anormales. Nous vous engageons à répondre
massivement à l’enquête que nous vous proposons. Elle nous permettra de
mieux cerner la situation apicole nationale et de prendre dès lors les
décisions qui s’imposent.
Le Syndicat apicole de Martinique vient de s’affilier à l’UNAF. Nous
souhaitons à tous ses membres la bienvenue au sein de notre fédération
dynamique et conviviale.
Nous tenons à apporter notre soutien et nos encouragements à la famille
Freslon de la société « Route d’Or » de Clefs, victime d’un terrible
incendie accidentel qui a détruit une grande partie de ses locaux en
phase d’extension. L’activité toutefois continue. Leurs portes ouvertes
sont annoncées dans ce même numéro.
Même si les beaux jours tardent à arriver, nos colonies vont se
développer.
Espérons que le printemps nous soit favorable.
Jean-Marie Sirvins Président de l’UNAF
|
Infos dernières
Bayer à nouveau
condamné - Les langoustes comme les abeilles
Le chimiste allemand Bayer va verser 45 millions de dollars après
un accord à l’amiable avec des pêcheurs de langoustes américains
qui accusent un pesticide du groupe, dont la molécule active est
le Fipronil, comme le Régent, de décimer les crustacés. Comme pour
les abeilles, le Fipronil serait à l’origine de la perte de la
moitié de la population de langoustes de Louisiane.
Votre rendez-vous 2004 !
Le XVe Congrès National de l’Apiculture Française, organisé par
l’UNAF, se tiendra les 14, 15, 16 et 17 octobre 2004 à Mende
(Lozère).
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Editorial n°648
Les premiers fruits d’un long combat
Le combat contre les insecticides systémiques
neurotoxiques « Gaucho » puis « Régent » a commencé en 1995. Depuis dix ans,
l’UNAF se bat avec la plus vive énergie pour que ces produits soient
interdits et que les procédures d’homologations soient enfin révisées pour
évaluer véritablement le risque pour l’abeille. Cette lutte syndicale
exemplaire, confortée par des études scientifiques probantes, a utilisé
l’ensemble des moyens susceptibles de nous aider : manifestations,
pétitions, interventions des représentants politiques et des représentants
agricoles, communication vers le grand public. En vain.
Seules, les procédures judiciaires initiées par l’UNAF et
conduites par notre avocat, maître Bernard Fau, depuis sept ans, ont permis
de faire évoluer le dossier dans un sens enfin positif. En quelques jours,
la procédure ouverte à Saint-Gaudens a placé ces pesticides, toxiques non
seulement pour les abeilles mais vraisemblablement aussi pour la santé, au
centre du débat public, lui insufflant sa vraie grandeur, celle d’un
véritable sujet de société.
La mise en examen, les 17 et 23 février, des deux
puissantes multinationales de l’agrochimie BASF et Bayer et de leurs P-DG
respectifs, représente un pas important vers la victoire de l’apiculture
contre ces types d’insecticides. La gravité des chefs d’inculpation retenus,
une caution de 2 millions d’euros mise à la charge de Bayer Cropscience en
vue d’indemniser les apiculteurs qui se seront constitués partie civile et
une interdiction immédiate de vente du Régent (fipronil), sont nos premiers
résultats tangibles. Ils ont provoqué une véritable déferlante médiatique.
Même si ce n’est qu’une étape, ce succès marque un tournant dans notre
combat. Désormais, ceux qui hier nous méprisaient et nous traitaient comme
partie négligeable commencent aujourd’hui à nous prendre au sérieux et à
nous craindre. Dans quelle démocratie vivons-nous, où un juge consciencieux
et déterminé a dû prendre une décision de retirer du marché un produit
dangereux alors que c’est normalement le rôle du ministre de l’Agriculture !
Quand le juridique doit compenser les carences et la lâcheté des pouvoirs
publics...
Ces résultats, comme ceux obtenus en Conseil d’Etat en 1999 et en 2002, ont
ému l’opinion publique. C’est la victoire « du pot de miel contre le pot de
fer ». Ils n’ont été acquis que grâce à la ténacité de nos avocats maître
Bernard Fau et son collaborateur maître Jean-François Funke. Nous devons
saluer leur très grande compétence professionnelle mais aussi leur
détermination.
Le 23 février, le jour même de la mise en examen de Bayer, le ministre a
annoncé sa décision : la suspension du fipronil sur tous usages agricoles
(pas seulement le Régent). Cette annonce est hélas arrivée bien
tardivement... Malheureusement, le ministre a autorisé l’emploi des graines
déjà enrobées, en contradiction avec la décision du juge d’instruction de
Saint-Gaudens. Cette position indéfendable d’écouler des stocks d’un produit
toxique illégal a été très mal perçue par le grand public.
Les apiculteurs ne doivent pas subir une nouvelle fois des pertes
conséquentes. Dans les plus brefs délais, une solution doit être trouvée.
Ces graines doivent être détruites car les agriculteurs qui nous soutiennent
ne doivent pas porter le chapeau.
Nous espérons faire en sorte que dorénavant, grâce à ces actions, les
abeilles soient effectivement et durablement protégées.
Jean-Marie Sirvins Président de l’UNAF
|
Info dernière
Venus souvent de
très loin, de la Vendée, de la Loire, du Centre, de la Région
parisienne, du Var..., vous avez été très nombreux à venir à
Mende, en Lozère, me témoigner votre soutien lors de mon procès
intenté par Bayer. J’y ai été très sensible et je vous en remercie
beaucoup. J’attends avec la plus grande sérénité la décision du 21
avril.
Henri
Clément |

Editorial n°647
Fipronil : le bout du tunnel ?
Pauvre molécule ! Tout le monde lui voudrait du
mal...
Même la Commission des Toxiques ! La nouvelle, révélée mercredi 21
janvier 2004 par « France Soir » et reprise le vendredi 23 janvier 2004
par « Libération », a retenti comme un coup de tonnerre dans le « petit
monde » de l’agro-chimie. Et quelle nouvelle ! La Commission d’étude de
la Toxicité recommande (pour une surprise, c’est une surprise !) de ne
pas inscrire la molécule de Fipronil sur la nouvelle liste des
pesticides autorisés au niveau européen « compte tenu des préoccupations
majeures pour l’environnement et les espèces sauvages (organismes
aquatiques, abeilles, oiseaux et mammifères sauvages) ».
Ne soyons cependant pas trop optimistes. Nous savons
ce qu’il est advenu de l’avis de la Commission des Toxiques en juin
1993, quand elle avait recommandé de ne pas autoriser le Régent pour les
semis de maïs ensilage compte tenu de l’affinité du Fipronil pour les
matières grasses et donc de son risque de transfert dans le lait.
A la veille de décisions judiciaires que nous espérons déterminantes, il
n’est pas inutile de prendre un peu de recul. Nous savons tous qu’après
le Gaucho et le Régent, il y aura d’autres produits néfastes. Quant aux
OGM, les scientifiques sont de plus en plus nombreux à pressentir des
risques sur l’abeille.
Nous devons, dès à présent, réfléchir à la forme de lutte que nous
devrons prendre.
Nous pouvons craindre que l’apiculture, seule, ne puisse faire face aux
défis qui nous attendent. Mais la défense de l’abeille, sentinelle de
l’environnement, ne concerne pas que les apiculteurs.
L’association « Terre d’abeilles » est un lien direct avec la société
civile.
Nous avons le plaisir de vous faire découvrir le numéro de décembre 2003
du courrier qu’elle adresse régulièrement à ses adhérents : c’est un
excellent moyen de communication vers vos clients. Je vous engage
personnellement à le diffuser le plus largement possible.
Nous débattrons de tous ces dossiers à l’assemblée générale de l’UNAF,
le samedi 28 février, où nous vous attendons très nombreux.
Au plaisir de se rencontrer.
Jean-Marie Sirvins Président de l’UNAF
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Info dernière
Liberté d’expression
Lors d’une réunion publique, organisée par une
association dans un village du Maine-et-Loire, a été projeté le
film « Témoin Gênant ». A l’issue de la réunion, un huissier de
justice a pris la parole, indiqué qu’il était diligenté par le
président du tribunal à la demande de BASF, qu’il avait relevé les
propos des uns et des autres, qu’il était venu voir si MM. Arnold,
Bonmatin et Narbonne étaient présents. Enfin, il a exigé que soit
remis au tribunal la cassette.
Sans commentaire…
« France Soir » du 21
janvier 2004
Un excellent article à propos du scandale Régent TS a
été rédigé par Cécile Maillard, dans le quotidien « France Soir »
du 21 janvier 2004. Copie est adressée à votre président
départemental, nous vous incitons à en prendre connaissance. |

Editorial n°646
Se donner les moyens d’agir
Le début du siècle dernier vit naître les premiers
syndicats d’apiculture. Les apiculteurs, déjà, avaient saisi la
nécessité de se regrouper pour se défendre et se développer. Isolés,
sans structure, ils n’étaient rien ; ensemble, ils étaient plus forts.
Ces syndicats regroupés en fédérations nationales ont effectivement joué
leur rôle dans l’évolution de l’apiculture. Toujours avec peu de moyens.
Mais les difficultés se présentaient de manière plus simple
qu’aujourd’hui.
Il y a seulement quelques décennies, un président de l’UNAF se rendait à
Paris une fois par an ! Qu’en est-il de nos jours ? Les dossiers à
défendre sont de plus en plus lourds et complexes. Nous devons faire
appel à des compétences spécifiques. Le dossier des insecticides
systémiques et abeilles en est la preuve concrète.
Scientifiques, juristes et autres experts sont devenus incontournables.
Ce n’est pas un choix, c’est une obligation, une nécessité. Les actions
juridiques actuelles ne doivent pas être considérées que pour leur but
immédiat : faire retirer du marché ces produits qui déciment nos
abeilles.
C’est aussi la façon de montrer que les apiculteurs ne se résignent pas,
et qu’à l’avenir ils lutteront chaque fois que nécessaire, avec la même
détermination. Or, lutter efficacement ne serait qu’un vœu pieux si nous
ne nous en donnons pas les moyens, en particulier financiers.
Chaque responsable départemental, mais aussi chaque apiculteur doit se
sentir concerné. Aussi, je demande à tous les responsables des syndicats
départementaux, qui constituent notre puissante fédération, de faire un
effort supplémentaire.
Le rôle premier qui incombe à un syndicat national est de favoriser les
synergies pour avancer avec efficacité. Si l’effort financier est
réparti entre nous tous, nous y parviendrons et nous gagnerons.
Certains syndicats, précurseurs, ont déjà répondu présents en anticipant
ce mouvement de solidarité. Plusieurs sociétés et des apiculteurs à
titre individuel, ont adressé des dons pour soutenir l’action juridique.
(Nous en présentons la liste dans les pages suivantes). Au nom de tous,
nous les remercions.
Puisse cette nouvelle année 2004 apporter la vie pour nos abeilles et le
bonheur à ceux qui les aiment.
N.B : Nous venons de prendre connaissance des derniers rapports demandés
par le juge Guary à Saint-Gaudens. Selon le professeur Gérard Arnold, le
fipronil est bien responsable des intoxications d’abeilles observées
lors des semis dans le Sud-Ouest. Selon le professeur Narbonne, l’usage
de la molécule fipronil présente des risques très graves, non seulement
pour les abeilles, mais également pour la santé humaine.
Jean-Marie Sirvins
Président de l’UNAF
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Info dernière
L’Assemblée Générale de
l’UNAF aura lieu le samedi 28 février 2004 au siège de l’UNAF. La
réunion de la Commission Nationale Technico-Economique et
Scientifique Apicole se déroulera la veille, vendredi 27 février,
au même endroit.
Siège de l’UNAF : 26, rue des Tournelles - 75004 Paris. |
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