Editorial n°667
Vigilance
En tant qu’apiculteurs et responsables syndicaux,
nous devons, sans relâcher la vigilance un seul instant, effectuer une
veille attentive quotidienne sur l’ensemble des sujets qui concernent
l’apiculture.
Dans le domaine sanitaire, en cette fin d’année, les traitements
anti-varroa ont été effectués, mais il convient de réaliser des
contrôles permettant de vérifier l’efficacité des produits mis sur le
marché. Si, après comptage sur les langes, vous dénombrez plus de 50
varroas résiduels, l’efficacité du médicament employé n’apparaît pas
satisfaisante. Il est donc souhaitable de le notifier à un centre de
pharmacovigilance vétérinaire. L’avenir de nos colonies en dépend. Nous
vous invitons à prendre connaissance des modalités inhérentes à ce type
de démarche en cahier central de ce numéro.
Dans le domaine économique, nous voyons apparaître de
plus en plus fréquemment sur les linéaires des « faux miels » portant
des étiquetages douteux. Nous avons ainsi reçu des « sirops de glucose
goût miel » où le mot miel apparaissait de manière prépondérante en gras
avec pour seule information les seules coordonnées du distributeur. Les
consommateurs comme les producteurs sont victimes de ces pratiques
douteuses irrespectueuses des directives européennes sur le miel et sur
l’étiquetage. L’UNAF a donc réagi auprès de la DGCCRF.
Dans le dossier Poncho Maïs, le ministère a confié à l’AFSSA une
expertise d’évaluation des risques toxicologiques de cette préparation.
Celle-ci devra être remise dans un délai de trois mois. Si les
conclusions sont similaires au « Gaucho » et au « Régent », le ministère
n’homologuera pas le « Poncho ».
La coordination des apiculteurs s’étonne toutefois
que l’Agence Française de Sécurité Sanitaire Environnementale, la
Commission des Toxiques et le Comité Scientifique et Technique ne soient
pas également consultés.
Plus grave, à l’initiative d’un sénateur, en catimini, un amendement
présenté dans le cadre de la Loi d’orientation agricole permettrait
d’employer les produits phytosanitaires mis sur le marché avant 1993
sans qu’une fois arrivé au terme de la durée de leur autorisation de
mise sur le marché, ils soient obligés de respecter la directive
européenne en vigueur. Une manière de balayer la jurisprudence établie
par le Conseil d’Etat obtenue par l’UNAF. La Coordination des
Apiculteurs et l’UNAF ont naturellement réagi aussitôt.
Cette veille indispensable est l’affaire de tous. N’hésitez donc pas à
nous adresser vos informations, vos observations. N’hésitez pas à nous
faire part des intoxications que vous avez à déplorer. N’hésitez pas à
nous envoyer des échantillons de produits qui vous paraissent non
conformes. Nous exploiterons vos informations au mieux. Pour la
sauvegarde des abeilles et dans l’intérêt de tous les apiculteurs.
Je vous souhaite d’excellentes fêtes de fin d’année.
Henri CLÉMENT Président de l’UNAF
Aides Oniflhor
Pour obtenir un dossier de demande d’aides à la transhumance, à la
reconstitution de cheptel et à la multiplication, il vous suffit
d’en demander un exemplaire à votre syndicat. Attention : la date
limite de dépôt est le 10 janvier 2006.
D’ores et déjà, nous avons été informés des modifications
suivantes : suppression des aides Oniflhor aux plateaux grillagés
et obligation d’indiquer le n° SIRET sur les demandes d’aide.
L’absence de ces informations implique le non-versement de l’aide |

Editorial n°666
Rassemblement
La 7e Université d’automne de l’UNAF a connu un vif
succès. Les apiculteurs, venus en grand nombre de toute la France et
parfois de plus loin, de Belgique ou de Syrie, ont apprécié la qualité
des intervenants, la diversité des sujets traités et la présence
d’exposants de plus en plus nombreux.
Chacun a pu apprécier l’organisation sans faille, le savoureux
professionnalisme d’un traiteur exceptionnel et la merveilleuse soirée
de gala qui a su redonner le sourire et la gaieté à des apiculteurs
parfois un peu découragés, ces dernières années.
Je tiens à féliciter et à remercier toute l’équipe de
l’UNAPLA, rassemblée autour de Loïc Leray, pour le travail accompli avec
efficacité et convivialité.
Je remercie aussi l’ensemble des collectivités territoriales, Mairie,
Conseil général, Conseil régional, Chambre d’agriculture et autres
partenaires, qui ont apporté leur soutien financier et ainsi permis
d’assurer la réussite de cette manifestation.
Je me réjouis aussi de voir enfin la quasi-totalité des structures
apicoles de notre pays participer à nos Universités de Nantes : l’UNAF,
la CNTESA, la Fédération Nationale des Organismes Sanitaires Apicoles
Départementaux, le Centre National de Développement Apicole,
l’Association Nationale des Eleveurs de Reines et des Centres d’Elevage
Apicole, le Groupement des Producteurs de Gelée Royale. Le SNA avait
délégué des représentants et nos amis belges du Cari avaient une
nouvelle fois fait le déplacement depuis Louvain-la-Neuve.
Pour affronter les nombreux défis qui se dessinent à l’horizon,
l’apiculture doit s’efforcer de se rassembler. Le terme « rassemblement
» ne doit pas être un vain mot. Il ne suffit pas de le prononcer pour
qu’il se réalise. Si nous avons, les uns et les autres, des histoires,
des personnalités, des sensibilités et des cultures syndicales parfois
différentes, nous devons faire en sorte de dialoguer, d’apprendre à nous
connaître pour travailler ensemble à la défense de l’abeille et de la
filière apicole. L’apiculture a besoin d’union.
Dans cet esprit, nous nous réjouissons de l’adhésion de la CNTESA au
CNDA qui semble en bonne voie de réalisation.
Sous la pression de l’association des maïsiculteurs,
le ministre de l’Agriculture a annoncé une procédure d’urgence pour
l’homologation d’une spécialité insecticide, appelée le « Poncho-Maïs »,
dont la molécule active est la clothianidine, tout aussi toxique que
l’imidaclopride et le fipronil. La Coordination des apiculteurs de
France, redynamisée, a aussitôt réagi. Elle a rencontré M. Mathurin, du
service de la Protection des végétaux, qui a confirmé la procédure. En
réaction immédiate, à ce jour, une communication presse élaborée par la
Coordination est en cours et les parlementaires français et européens
sont alertés.
L’apiculture doit ainsi rester vigilante car pour protéger des intérêts
financiers, certes colossaux, certains sont disposés à ignorer les
effets indésirables de ces molécules sur les insectes non-cibles comme
sur l’environnement.
Nous avons reçu une fiche technique sur l’emploi de l’acide oxalique
contre varroa, élaborée par Jean-Marie Barbançon et Denis Monod,
respectivement présidents des GDS de la Drôme et des Bouches-du-Rhône.
Cette fiche avait été présentée à Nantes où elle avait recueilli un
accueil enthousiaste. L’UNAF n’est pas une structure sanitaire mais afin
d’informer l’ensemble des apiculteurs, il nous a paru important de vous
la présenter. Nous les remercions et les félicitons pour ce travail
remarquable.
Les fêtes de fin d’année approchent. De nouveaux livres sur l’apiculture
sont publiés. Après Témoin Gênant, VB Films nous propose L’Arbre aux
abeilles, un documentaire qui a obtenu un premier prix mérité au
Festival du film international de l’insecte. Le n° hors série sur le
Congrès de Mende avec son CD-ROM sur l’Apithérapie est toujours aussi
plébiscité.
Profitez-en pour faire découvrir l’apiculture en les offrant aux membres
de votre famille ou à vos amis.
Henri CLÉMENT Président de l’UNAF
Aides Oniflhor
A l’heure où nous mettons sous presse, nous n’avons pas reçu les
documents concernant les aides Oniflhor 2005-2006 et ne pouvons
les faire paraître dans la revue.
D’ores et déjà, nous avons été informés des modifications
suivantes :
• Suppression des aides Oniflhor aux plateaux grillagés.
• Obligation d’indiquer le n° SIRET sur les demandes d’aide.
L’absence de cette information implique le non-versement de
l’aide.
Pour demander un dossier, vous pouvez appeler : Mme Oberti, tél.
01 44 25 36 61 ou Mme Adane, tél. 01 44 25 36 73 ou par mail à :
valerie.oberti@oniflhor.fr |

Editorial n°665
Une bien belle victoire !
Depuis 1975 et le Congrès de Grenoble, la France n’a
plus accueilli de Congrès Apimondia. L’UNAF et la Fédération Apicole
Régionale Languedoc-Roussillon ont relevé le défi et ont présenté la
candidature de Montpellier pour l’édition 2009. Fin août, à Dublin,
cette entreprise a été couronnée de succès. Parmi les six villes
candidates, la France et Montpellier ont été élues lors du vote des
délégations. Cette réussite est le fruit d’un long travail en amont et
de plusieurs soutiens déterminants.
En 1998, l’UNAF a négocié avec les responsables d’Apimondia la dette de
la France, car durant plusieurs années les organisations apicoles
nationales ne cotisaient plus, excluant ainsi notre pays de la structure
internationale. En délégation ou par la présence d’un stand, nous avons
dès lors participé à tous les Congrès successifs.
Depuis plusieurs années, l’UNAF a noué des relations amicales et
fructueuses avec les représentants des différents pays. C’est ainsi que
lors des congrès nationaux organisés par l’UNAF, de nombreuses
délégations étrangères ont participé à nos travaux. Comme les
conférenciers venus parfois de très loin, elles ont pu apprécier la
qualité, la rigueur et la convivialité de nos manifestations. Une fois
encore, le succès de Montpellier est dû à un formidable travail
d’équipe.
Le ministère de l’Agriculture a accepté que le Congrès soit organisé
sous le haut patronage du ministre. La candidature de Montpellier a été
élaborée en partenariat étroit avec les responsables du palais des
congrès de Montpellier, en particulier Françoise Jean, qui a participé
avec intelligence et efficacité, sans ménager sa peine, à la préparation
du dossier de candidature et à l’organisation de la visite à Montpellier
du président, Asger Jorgensen, et du secrétaire général d’Apimondia,
Riccardo Jannoni, au mois de juillet.
L’ensemble des collectivités territoriales, mairie de Montpellier,
agglomération, Conseil général ont toutes apporté leur soutien à notre
entreprise. Le Conseil régional nous a accordé une aide financière
déterminante. A Dublin, enfin, toute l’équipe de bénévoles qui
représentait l’UNAF et la Fédération Régionale, s’est mobilisée dans la
bonne humeur. Chacune et chacun, selon sa personnalité, son tempérament
et ses responsabilités, durant quatre jours, a apporté sa pierre à
l’édifice et permis de séduire les congressistes et les représentants
des délégations.
Enfin, le président du comité d’organisation, notre ami Gilles Ratia,
bien connu de tous, lui qui parcourt le monde pour rencontrer les
apiculteurs, a su trouver les mots et employer toutes les ressources de
« Power Point » pour traduire l’ambition et la force de notre projet.
J’ai été pour ma part très touché par le soutien de tous les
participants français, congressistes, exposants, qui, tous, sans
exception, par un geste, une parole d’encouragement, nous ont soutenus
dans notre démarche. Après le résultat, le bonheur se lisait dans les
regards et il nous est allé droit au cœur.
L’organisation de ce congrès constituera une vitrine exceptionnelle pour
la filière apicole française. Elle permettra aux apiculteurs français de
découvrir la richesse et la diversité de l’apiculture à travers le
monde, de rencontrer des collègues du monde entier, de dialoguer avec
eux sur les techniques, la pratique, l’économie, les interrogations et
les orientations de l’apiculture aujourd’hui et d’entendre, dans tous
les domaines, des conférences exceptionnelles.
Prochaine étape : Melbourne, Apimondia 2007 où nous présenterons le
Congrès 2009 de Montpellier. Un nouveau défi à réussir en équipe !
Quelques bonnes nouvelles :
Selon le ministère de l’Agriculture, au terme des visites sur le terrain
durant l’année 2005, il convient d’affirmer que la France est, à ce
jour, exempte d’Æthina tumida.
Le décret relatif au règlement technique national pour le miel de
montagne devrait être publié au Journal officiel dans les tout prochains
jours. Les apiculteurs concernés apprécieront.
Des sujets qui ne manqueront pas d’être traités lors de notre Université
d’automne de Nantes.
Henri CLÉMENT Président de l’UNAF

Editorial n°664
Premier bilan
Depuis plusieurs années, scientifiques et médias
alertent le grand public sur le réchauffement de la planète. La saison
apicole 2005 confirme cette tendance inquiétante. Bien souvent les
floraisons ont été précoces et trop rapides. En cette fin d’été,
essayons de dresser un premier bilan de la saison apicole même si les
dernières miellées, bruyère ou arbousier, ne sont pas encore achevées et
si la situation, une fois encore, diffère parfois nettement d’une région
à l’autre. Les récoltes de miels de printemps ou de tout début d’été
comme le romarin, l’acacia ont en règle générale été correctes et même
parfois belles. Mais très rapidement, de l’Ouest au Sud-est, la
sécheresse a frappé une grande partie du territoire. D’interminables
périodes de chaleur souvent intense, aggravées par un vent du nord
persistant et une absence de pluie prolongée, ont largement anéanti tout
espoir de belles récoltes. Cette année encore, et parfois pour la
troisième année consécutive, les récoltes de miel de châtaignier au sud
du Massif central et du miel de lavande en Provence se révèlent fort
réduites. Dans les garrigues du Midi, la saison a été brève puisqu’elle
s’est achevée dès la fin de l’excellente miellée de romarin... La
récolte de miel de sapin, hormis quelques rares secteurs, est
inexistante. Toutefois, les zones de montagne qui ont bénéficié de
quelques orages ont favorisé quelques récoltes correctes.
Et le tournesol ? En règle générale, les décisions de suspension du «
Régent » sur toutes cultures et du « Gaucho » sur tournesol et maïs
prises par le ministère de l’Agriculture au printemps 2004 enfin
appliquées ont permis une très nette amélioration de la situation. Dans
les zones où la pression phytosanitaire était relativement faible durant
les années précédentes, comme dans le Sud-Ouest ou le Bassin parisien,
les apiculteurs ont retrouvé des colonies populeuses, « faisant la barbe
» et produisant « comme par le passé ». Dans le Centre ou dans l’Ouest,
zones où la pression phytosanitaire fut très forte les années passées et
où est encore largement employé le « Gaucho », notamment sur céréales à
paille, la situation est plus disparate et varie selon les secteurs en
fonction des cultures précédentes, traitées ou non, en raison de la
longue rémanence de ces produits et parfois de l’impact d’une sécheresse
sans précédent... Certains ruchers sont magnifiques et, à quelques
kilomètres de là, les colonies sont restées improductives. Aucun
apiculteur n’a constaté les phénomènes de dépopulations subies durant
les années « Gaucho » et « Régent ». C’est réconfortant et nous
récompense de ces longues années de lutte. Mais le combat est loin
d’être terminé. Il se poursuit à Saint-Gaudens, à Bruxelles... En outre,
les apiculteurs ne pouvant supporter les effets de la rémanence du «
Gaucho » sur céréales à pailles, l’UNAF va adresser une demande au
ministère de l’Agriculture pour obtenir le retrait de cette autorisation
de mise sur le marché.
Dans les départements touchés par la sécheresse, nous engageons les
responsables syndicaux à adresser sans tarder aux directions
départementales de l’Agriculture et aux chambres d’agriculture une
requête afin que l’apiculture soit intégrée dans la procédure
d’indemnisations des calamités agricoles comme cela avait été le cas en
2003.
En cette année de faible récolte, les cours devraient logiquement se
maintenir, et pourtant l’inquiétude règne. Sur le plan mondial, les
cours sont toujours inquiétants et les négociants hexagonaux attendent
toujours avant de se porter acquéreur. Il est pourtant vital pour de
nombreuses exploitations apicoles que les cours soient non seulement
supérieurs aux cours mondiaux mais surtout supérieurs au coût de revient
aujourd’hui en forte hausse.
Le prix du gasoil ne cesse de grimper. L’UNAF à interpellé le ministère
de l’Agriculture afin qu’en relation avec le ministère de l’Economie des
solutions rapides et concrètes soient trouvées pour que les apiculteurs
puissent bénéficier des mêmes droits que les autres acteurs de
l’agriculture et puissent donc disposer de fuel détaxé pour leurs
véhicules professionnels. Cette revendication de simple justice devient
aujourd’hui une priorité absolue.
Une délégation de l’UNAF participe à Dublin au congrès Apimondia. Ces
congrès, qui se déroulent tous les deux ans, constituent toujours un
rendez-vous passionnant car ils permettent de découvrir de nouvelles
techniques, de nouvelles découvertes scientifiques et de dialoguer des
préoccupations de la filière avec les apiculteurs du monde entier.
L’UNAF présente avec la Fédération apicole du Languedoc-Roussillon,
présidée par Stéphane Libéri, la candidature de la France et de
Montpellier pour l’organisation du Congrès 2009. La concurrence est rude
: Mendoza en Argentine, Vienne en Autriche, Sofia en Bulgarie et Grenade
et Madrid en Espagne... Mais avec une équipe dynamique, soudée et
motivée, aidée par les responsables du palais des congrès de
Montpellier, tout est envisageable. L’UNAF remercie le Conseil régional
du Languedoc-Roussillon-Septimanie qui soutient financièrement cette
belle entreprise. A suivre.
Je suis persuadé que vous serez nombreux à participer à notre Université
d’automne qui se déroulera les 7, 8 et 9 octobre à Nantes. Cours du
miel, rentabilité économique, valorisations des produits, communication,
sanitaire, apithérapie... seront au cœur des débats qui s’annoncent
d’ores et déjà passionnants. De nombreux stands vous accueilleront au
sein de l’exposition. N’hésitez pas à passer commande à vos fournisseurs
pour qu’ils vous livrent directement lors de cette université !
Henri CLÉMENT Président de l’UNAF

Editorial n°663
Valoriser nos miels
Alors qu’un grand nombre de nos concitoyens profitent
du soleil pour bronzer sur les plages ou arpenter les montagnes, l’été
représente pour les apiculteurs, le plaisir de la récolte, mais pour
ceux qui possèdent un cheptel conséquent l’été est synonyme de dur
labeur. Nos miels sont à l’image de nos terroirs de France, si variés :
doux, corsés, floraux, boisés, clairs, sombres... Chacun exprime une
saveur et des arômes particuliers qui font notre joie mais aussi et
surtout celle des consommateurs.
Aujourd’hui, dans notre France qui produit de moins en moins de miel,
soit environ 25 000 tonnes alors que nous en consommons 40 000 tonnes,
notre production est plus que jamais confrontée au marché mondial. En
fonction des stocks, des récoltes, des fluctuations du dollar, des
rumeurs et de la spéculation, les prix du miel en vrac varient
considérablement. En raison des charges liées aux coûts de production,
main-d’œuvre, prix du gasoil, amortissement du matériel, le prix de
revient d’un miel français avoisine voire dépasse les deux euros, ce qui
excède déjà et de loin le prix mondial... Comment peut-on continuer à
vivre ou plutôt à survivre dans de telles conditions ?
Certes, nos concitoyens peuvent consommer du miel d’importation, mais
qui assurera la fonction de pollinisation ? La présence de colonies
d’abeilles en nombre suffisant pour assurer ce rôle essentiel pour les
cultures et la sauvegarde de la biodiversité est indispensable. Déjà,
dans certaines régions des Etats-Unis, la baisse du nombre d’insectes
pollinisateurs, en particulier des abeilles, a entraîné une chute
estimée à 16 % de rendement par les amandiculteurs.
Nos miels méritent d’être valorisés. Aussi convient-il de les
différencier en mettant l’accent sur les productions de nos régions et
sur le travail accompli par nos abeilles pour la biodiversité et les
écosystèmes. En un mot pour la nature.
C’est ce défi que la filière est en train d’essayer de relever en
élaborant ensemble un projet de communication financé dans le cadre du
règlement européen de promotion des produits agricoles dans lequel le
miel et les produits de la ruche ont été intégrés durant le mois de
décembre. Deux réunions se sont déjà déroulées entre représentants de la
filière, et le 13 juillet une agence de communication devrait être
choisie pour réaliser ce projet.
Nos collègues belges et luxembourgeois pourraient être associés à la
démarche. Le plus sûr moyen de faire valider notre dossier par
Bruxelles.
Dans les zones de grandes cultures, les tournesols sont déjà en fleurs.
A priori, aucune semence ne serait traitée avec du « Régent » ou du «
Gaucho ». Demeure l’inquiétante question de la rémanence des cultures
précédentes.
Si vous observez des phénomènes anormaux, contactez sans tarder les
services de la Protection des Végétaux et les Services Vétérinaires et
faites effectuer des prélèvements de végétaux et d’abeilles et alertez
l’UNAF. Nos bureaux demeurent ouverts durant tout l’été.
Je vous souhaite de belles récoltes et je vous invite d’ores et déjà à
réserver votre week-end des 7, 8 et 9 octobre pour vous rendre à la 7e
Université d’automne de l’UNAF qui se déroulera à Nantes.
Situation phytosanitaire, pollinisation, économie apicole, lutte contre
les maladies et le varroa, apithérapie... les sujets qui vous
interpellent seront traités par des conférenciers de talent. Durant ces
trois jours, une brocante, une foire aux miels et un important salon de
matériels et de produits apicoles participeront à l’animation de ces
trois journées.
Ne tardez pas à réserver vos hôtels et à envoyer vos fiches
d’inscriptions à l’UNAF.
Henri CLÉMENT Président de l’UNAF

Editorial n°662
Quel avenir pour l’apiculture ?
Au fil des ans, la population d’apiculteurs ne cesse
de décroître d’une manière inquiétante. Le dernier rapport du ministère
de l’Agriculture en date du 4 avril 2005 souligne une nouvelle fois
cette tendance. Alors qu’en 1994 les services vétérinaires recensaient
84 480 apiculteurs, ce nombre, aujourd’hui, a considérablement baissé.
Chers collègues, vous n’êtes plus que 68 617 à posséder des ruches.
Pire, entre 2003 et 2004, environ 2 300 apiculteurs ont encore disparu.
Les apiculteurs professionnels ne représentent pour leur part que 1 %
des effectifs et possèdent 28 % du cheptel. Le nombre de ruchers a chuté
de 30 % depuis 1994, passant de 145 739 à 102 808 en légère remontée,
certes, depuis 2002, où ce chiffre était tombé à 92 496. Ce dernier
paramètre est particulièrement alarmant car il indique nettement un
affaiblissement certain du maillage d’abeilles sur le territoire et donc
une perte d’agents pollinisateurs susceptibles de favoriser la
production agricole et de maintenir la biodiversité.
Le nombre de ruches déclarées se maintient à 1 360 973, mais il
correspond aux seules déclarations DSV annuelles. Il ne tient en aucun
compte des mortalités observées au cours de l’année ni des non-valeurs.
Le nombre de ruches par apiculteur, notamment professionnel, s’accroît
comme l’effectif de colonies par rucher. En revanche, la production
nationale diminue toujours. Cela en fait n’a rien de bien surprenant.
Confrontés aux intoxications, les producteurs sont obligés de
reconstituer leurs pertes – parfois entre 30 et 40 %... – soit par
l’achat d’essaims ou par la fabrication de nouvelles colonies à partir
des ruches existantes. Parallèlement, le rendement baisse et, pour
parvenir au même volume de production, il devient indispensable de
posséder plus de ruches. L’audit réalisé actuellement par la société Gem
permettra à l’automne de peaufiner ces statistiques et de donner une
image plus précise et plus détaillée de la filière apicole. Les raisons
de cette baisse du nombre d’apiculteurs sont multiples. Les pertes
massives et répétées subies dans les zones de grandes cultures à la
suite de l’emploi de produits phytosanitaires systémiques ont dégoûté de
nombreux petits producteurs qui, après avoir tenté, parfois à plusieurs
reprises, de reconstituer leur cheptel, ayant déploré la perte de ces
nouvelles colonies, ont abandonné notre activité. Les professionnels qui
subissent également ces effets dans leur vie économique sont gagnés par
le découragement. Ils ne parviennent plus à rendre bénéficiaire leur
exploitation et ont tendance à prendre une autre direction
professionnelle. Toutefois, l’incidence de cet élément sur les
statistiques est faible.
Le vieillissement des populations constitue également un facteur
déterminant. Année après année, des propriétaires de ruches
disparaissent et leurs ruchers ne sont pas repris par des membres de la
famille. Au mieux, les colonies sont prises en charges par un autre
apiculteur et, dans le pire des cas, abandonnées.
Enfin, l’apiculture faisait partie intégrante de la culture rurale où de
très nombreuses familles possédaient encore traditionnellement un rucher
familial. Or, nos campagnes se désertifient et 80 %de la population
vivent aujourd’hui en ville. Pourtant, il convient de demeurer
optimiste... si nous parvenons à mettre un terme à cette longue période
de surmortalités.
Les nouvelles générations sensibilisées à l’environnement sont très
attirées par l’abeille. Les ruchers-écoles, dont les animateurs font un
travail exemplaire, sont parfois obligés de refuser des inscriptions
tant la demande est forte. Notre action syndicale doit soutenir et
amplifier cette tendance. L’UNAF s’y emploie avec le dynamisme et
l’énergie qui la caractérisent.
Lors d’une réunion sur la communication des miels dans le cadre
européen, nous avons dialogué avec les représentants de la chambre des
négociants afin d’aborder avec eux la situation des cours des miels
français, aujourd’hui particulièrement préoccupante. Nous leur avons
indiqué que, si ces cours ne parvenaient pas à se différencier de ceux
du marché mondial, notre apiculture serait rapidement en péril, ce que
nous ne pourrions accepter. Afin de trouver une issue favorable, de
nouvelles réunions sont envisagées.
Je vous souhaite de belles colonies et de belles récoltes.
NB : plusieurs syndicats nous ont alertés
sur la recrudescence des vols de ruches. N’hésitez pas à nous en faire
part et à contacter l’ensemble des collègues de la région.
Henri CLÉMENT Président de l’UNAF
|
L’Université
d’automne de Nantes se prépare
activement. Le programme en cours d’élaboration devrait passionner
le plus grand nombre. Une importante exposition de matériels vous
permettra de découvrir les dernières nouveautés et de rencontrer
vos fournisseurs. Retenez d’ores et déjà les dates : 7, 8 et 9
octobre 2005. Toutes les informations et le dossier d’inscription
paraîtront dans le prochain numéro. |

Editorial n°661
« Fipronil » suite…
Comme nous l’avions pressenti, le Conseil d’Etat a
annulé, pour des raisons de pure forme, la décision du ministre de
l’Agriculture, Hervé Gaymard, de retirer ou de suspendre les
autorisations des préparations phytosanitaires à base de « fipronil ».
En effet, le ministère n’avait pas attendu la fin du délai imparti à la
firme BASF, soit dix jours, pour communiquer des éléments sur les
produits mis en cause. Le ministre avait pris sa décision 36 heures trop
tôt... ! On ne peut que s’interroger sur l’origine d’une erreur
administrative aussi grossière dans une affaire aussi sensible. Le
nouveau ministre, M. Bussereau, ainsi que les membres de son cabinet
avaient indiqué que, sitôt l’arrêt du Conseil d’Etat connu, une nouvelle
décision confirmerait la précédente. Nous avons dû attendre le 14 avril
pour prendre connaissance d’un premier arrêté publié au Journal officiel
du 13. Or, à notre grande surprise, celui-ci ne concernait que la
commercialisation de semences enrobées... Ce qui permettrait
l’utilisation des produits de traitement du sol à base de fipronil,
l’usage des semences traitées encore stockées et la mise en œuvre des
produits d’enrobage des semences à la ferme.
L’UNAF a aussitôt réagi avec une extrême vigueur et j’ai été reçu au
cabinet du ministre dès le 15 avril à 15 heures accompagné de maître
Bernard Fau en appui technique pour les aspects juridiques. Mme Rogy,
conseillère auprès du ministre, et M. Mathurin, sous-directeur du
service de la Protection des végétaux à la direction générale de
l’Alimentation, successeur d’Hervé Durand, nous ont formellement indiqué
que deux nouveaux arrêtés compléteraient le premier afin que la parole
du ministre soit respectée, l’un consacré à l’interdiction de la
commercialisation des produits de traitement des sols, et l’autre
consacré à l’interdiction d’utilisation sur le terrain de toute semence
enrobée et de tout produit de traitement de sol à base de fipronil. Nous
avons souligné l’extrême urgence de la publication de tels arrêtés en
raison des échos répétés d’emploi des produits concernés dans plusieurs
régions de France.
Nous avons également mis l’accent sur les
conséquences économiques des intoxications et la situation dramatique
dans laquelle se trouve un grand nombre d’apiculteurs compte tenu des
pertes subies auxquelles s’ajoute désormais la chute des cours du miel.
J’ai expliqué que des mesures rapides d’indemnisation effective des
victimes doivent être prises si l’on ne veut pas voir disparaître un
grand nombre d’exploitations. Nous avons abordé sur les plans apicole et
juridique la réglementation envisagée par le ministère pour l’évaluation
et la gestion des risques liés aux mélanges de produits phytosanitaires.
Enfin, un rendez-vous, sollicité depuis plusieurs semaines, a été fixé
avec Mme Villers, nouvelle directrice générale de l’Alimentation,
successeur de M. Klinger, pour le 29 avril.
Le second arrêté qui interdit la commercialisation des produits à base
de fipronil en traitement de sol a été publié le 21 avril. L’arrêté
concernant l’interdiction des semences traitées et des produits de
traitement des sols était publié peu après. Une fois encore, si l’UNAF
ne s’était pas mobilisée avec énergie, les délais de publication des
arrêtés auraient été bien plus longs, si toutefois ils avaient été
pris...
Lors de la réunion de bureau, plusieurs collègues nous ont indiqué des
taux de mortalités très conséquents pour 2004-2005. Aussi, nous vous
demandons de bien vouloir nous faire part, en quelques lignes, de vos
constatations et observations avant le 18 mai. Nous pourrons ainsi
dresser un état du cheptel français en ce printemps 2005 et réagir
vis-à-vis des pouvoirs publics.
Nous vous invitons à prendre connaissance des imprimés concernant l’aide
à la reconstitution du cheptel (voir p. 25). Cette mesure, revendiquée
notamment par les représentants de l’UNAF et de la CNTESA au cours des
différentes réunions, peut aider ceux qui disposent de financements
encore suffisants à refaire leur cheptel, à condition qu’ils trouvent
encore des essaims à acquérir. Nous regrettons que l’auto-renouvellement
ne soit pas pris en considération. L’UNAF négocie avec le ministère des
mesures complémentaires de manière à compenser au mieux les pertes
subies par les apiculteurs.
Bénéficiez enfin du n° hors série spécial Congrès aujourd’hui
disponible. L’ensemble des sujets concernant l’actualité apicole
(sanitaire, biologie, phytosanitaire, apithérapie...) y sont traités de
manière remarquable par des conférenciers brillants et clairs. Le
Cédérom « Apithérapie » réalisé par Apimondia, offert à prix réduit,
vous permettra de mieux connaître et faire connaître le miel et les
produits de la ruche pour le bien-être et la santé humaine.
N.B dans la nuit du 15 au 16 avril, l’UNAF a été cambriolée : vitrine
et porte brisées, un ordinateur a disparu...Il s’agit apparemment d’un
acte crapuleux qui nous handicape sérieusement. Nous avons porté
plainte.
Henri CLÉMENT Président de l’UNAF
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Université d’automne
La 7e Université d’automne de l’UNAF se tiendra à
Nantes les 7, 8 et 9 octobre 2005. Des informations à ce propos
vous seront communiquées dans le prochain numéro.. |

Editorial n°660
L’heure du bilan
Fin février, plus de quatre-vingt présidents de
syndicats départementaux ont participé à l’assemblée générale annuelle
de l’UNAF. Ce rendez-vous privilégié a permis de dresser le bilan de
l’année écoulée et d’évoquer l’évolution des dossiers en cours. Grâce en
particulier à l’efficacité de notre avocat, maître Fau, le dossier
phytosanitaire/abeille a favorablement évolué en 2004 : décision
ministérielle de suspension du « Régent » et du « Gaucho » sur maïs,
mise en examen des PDG respectifs des sociétés BASF et Bayer à
Saint-Gaudens, condamnation des PDG de Maïsadour et de RAGT,
participation au groupe de travail de la Commission des Toxiques chargé
d’élaborer de nouveaux tests sur les effets sublétaux à intégrer dans
les nouvelles procédures d’homologations, conformément aux directives
européennes...
Ces avancées ont été rendues possibles par la mobilisation de l’ensemble
des syndicats et des adhérents qui ont su apporter un soutien
déterminant notamment en matière de financement. Aujourd’hui, cette
mobilisation ne doit pas faiblir car la partie adverse, avec des moyens
colossaux et des campagnes médiatiques soutenues, ne baisse pas les
bras. Chacun, selon ses moyens, doit continuer à nous aider. Je remercie
d’ores et déjà les responsables du Syndicat du Rhône qui, au terme d’une
tombola organisée à cet effet, ont récolté plus de 4 500 e qu’ils nous
ont aussitôt remis. Un exemple à suivre...
Pour des questions de pure forme, sur une requête de BASF, le Conseil
d’Etat pourrait annuler la décision ministérielle de suspension du «
Régent ». Toutefois, M. Cadot, le directeur de cabinet du ministre de
l’Agriculture, comme la conseillère technique, Mme Rogy, que nous avons
récemment rencontrés, nous ont assuré que dans cette situation le
ministère reprendrait aussitôt une nouvelle décision identique à la
première. Il ne devrait donc pas y avoir de semences traitées « Régent »
en 2005.
Le dossier « appellation montagne » a été largement abordé et nous
attendons de manière maintenant imminente les décisions prises pour son
application en apiculture.
Le marché du miel en vrac demeure toujours instable sur le marché
national, avec des transactions à la baisse portant encore sur de
faibles volumes. Cette chute des cours s’explique en grande partie par
la simple rumeur du retour des miels de Chine, les fortes importations
en provenance de l’Amérique du Sud et des pays de l’Est, et la baisse du
dollar face à l’euro.
En revanche, comme vous pourrez le constater à la lecture de l’étude
concernant les prix au détail relevés durant le mois de février, ces
derniers n’ont pas évolué de manière sensible.
Nous avons aussi abordé le projet d’Institut Technique ou de Centre
Technique qui revient à l’ordre du jour, ce serpent de mer que nous
voyons réapparaître de manière épisodique associé à un plan de relance
de l’apiculture que les apiculteurs attendent toujours de voir se
concrétiser depuis maintenant… quatre ans et… trois ministres
successifs…
Si l’UNAF est favorable à l’émergence de cette structure, essentielle au
développement de l’apiculture, seul un signe fort émanant du ministère,
notamment en matière de financement, peut témoigner de la volonté
politique effective de le voir naître.
La présidence de l’UNAF constitue une lourde tâche passionnante mais ô
combien prenante qui laisse peu de temps disponible pour la vie de
famille. Pour ces raisons, lors de cette assemblée générale, au terme
d’un mandat actif et efficace de trois ans, notre président, Jean-Marie
Sirvins, n’a pas souhaité renouveler son mandat. Nous le félicitons et
le remercions chaleureusement pour la tâche accomplie durant ces années
difficiles.
J’ai accepté de le remplacer et Jean-Marie devient vice-président comme
Alain David. L’équipe a été élue à l’unanimité. Cette assemblée générale
marquait le retrait de nos amis Werner Klhéti, Florent Vacher et Maurice
Mary. Maurice, depuis près de 50 ans, a participé de manière active au
bureau de l’UNAF. Nous le félicitons et saluons cet investissement
exemplaire qui à bien des égards mérite que nous nous y attardions avec
lui plus longuement dans nos prochains numéros.
Je souhaite la bienvenue à nos nouveaux membres du bureau, Jean Lacube,
bien connu de tous qui travaillait déjà de manière efficace depuis de
nombreuses années à nos côtés, Francis Kieffer, d’Alsace, et Daniel
Bonnafous, du Tarn.
Henri CLÉMENT Président de l’UNAF

Editorial n°659
Rassembler et agir
Ces dernières années, l’apiculture française a
connu un étrange paradoxe : la production a chuté régulièrement, surtout
pour le miel de tournesol qui, jusqu’ici, a constitué l’essentiel du
miel récolté dans l’Hexagone. Donc, de petites récoltes, avec en plus un
maintien difficile du cheptel productif. Les charges financières sur les
exploitations n’ont donc cessé de grimper avec un coût de production du
kilo de miel sensiblement augmenté. Malgré cela, paradoxalement, les
derniers congrès apicoles montraient une intense activité économique,
notamment auprès des fabricants de matériel apicole.
Au-delà du coup de pouce octroyé dans le cadre de l’application du
règlement miel notamment avec de l’aide à la transhumance, ce sont bien
les cours du miel qui ont permis à l’apiculture française de garder la
tête haute. Une conjoncture mondiale exceptionnelle avec de faibles
productions de certains pays (comme ceux de l’Amérique du Sud) et les
problèmes du miel chinois (chloramphénicol) interdit d’importation dans
la Communauté européenne nous avaient fait oublier un peu vite
l’importance de nos coûts de production élevés.
Notre propos n’est pas de jeter la pierre au négoce. Un marchand a
toujours essayé d’acheter bon marché et de vendre cher, c’est la loi du
marché. Mais si la chute du miel devait se prolonger, que va-t-il se
passer ?
Nos charges sociales, notre climat et parfois nos miellées ne seront pas
de sitôt comparables à celles d’un apiculteur chinois, argentin ou même
polonais.
Pour ne pas se marginaliser ou devenir, en grande partie,
fonctionnaires, perfusés par des subventions de survie, les apiculteurs
doivent réagir et s’organiser.
Peut-être faudra-t-il faire savoir au consommateur français que les
abeilles de Chine ne viendront jamais polliniser nos fleurs sauvages ou
cultivées. Alors que faire ?
La démarche qui a été mise en place par les producteurs de gelée royale
française peut nous montrer le chemin. Car, comme pour le miel, qui peut
aujourd’hui produire en France de la gelée royale au prix du marché
mondial ? Personne.
La directive « Miel » avec l’indication « origine France » doit pouvoir
nous aider. De plus, l’Europe vient d’ajouter le produit miel à la liste
des produits pouvant bénéficier d’aides à la promotion. A nous de saisir
cette opportunité et de savoir nous rassembler. Il est urgent que tous
ceux qui produisent du miel en France se mettent autour d’une table pour
trouver la meilleure façon d’utiliser cette aide. Syndicats nationaux et
coopératives devront renvoyer aux oubliettes leurs divisions et
querelles du passé.
C’est dans cet état d’esprit que l’UNAF a participé le 27 février à la
réunion de la Coordination nationale des apiculteurs qui a su démontrer
son efficacité dans le problème des pesticides. Plus que jamais, cette
unité dans l’action est nécessaire. Le 26 février a eu lieu l’assemblée
générale de l’UNAF.
Cette année les douze membres du bureau arrivent à la fin de leur mandat
de 3 ans et à l’heure où vous lirez ces lignes, les présidents
départementaux auront élu le nouveau bureau. Ils auront élu aussi le
président de l’UNAF comme le prévoient nos statuts.
Je n’ai pas souhaité solliciter le renouvellement de mon mandat pour des
raisons familiales. Diriger l’UNAF est une lourde tâche (surtout quand
on a trois enfants), mais ô combien passionnante. Comme je l’ai précisé
aux membres du bureau le 4 décembre dernier, le nouveau président aura
tout mon soutien.
Qu’il nous soit permis de remercier les membres du bureau, les
présidents départementaux et aussi tous nos amis apiculteurs pour leur
dynamisme et leur aide déterminante. Grâce à vous tous, depuis bientôt
dix ans, l’UNAF a démontré sa détermination et sa ténacité à défendre
l’abeille. Cela doit continuer dans le rassemblement et l’action, tant
la tâche à accomplir est immense.
Jean-Marie SIRVINS Président de l’UNAF

Editorial n°658
Gérer le risque
Le 4 janvier 2005, enfin, le service concerné du
ministère de l’Agriculture, la Direction générale de l’alimentation, a
adressé une note de service aux DSV pour donner les directives
concernant la façon de gérer le risque de présence d’Æthina tumida
sur le sol français. Certains passages de cette note ont le mérite de la
clarté : « Je vous demande de bien vouloir procéder à des visites des
ruchers concernés par ces importations effectuées au cours de l’année
2004 dans les meilleurs délais possibles...
En cas de confirmation de présence du parasite :
-
Détruire toutes les colonies du rucher infesté.
-
Désinfecter le sol.
-
Etablir un périmètre de sécurité de 5 km autour
du rucher. »
Bien que très tardives et étant bien en deçà de
l’application d’un réel principe de précaution (comme a su le faire le
Portugal en intervenant immédiatement par la destruction des colonies
suspectes, l’indemnisation des apiculteurs et la mise en place de film
plastique sur le sol des ruchers), cette note de service a au moins le
mérite de reconnaître que le risque est bien réel.
Les experts considèrent de toute façon que le coléoptère sera en France
dans un avenir proche, mais demeure la question que l’on peut se poser :
est-ce vraiment une fatalité imposée par la nature ? La réponse est non.
La nature a mis des milliers d’années pour permettre à l’abeille
africaine de vivre en présence de ce parasite. Mais c’est bien l’homme «
marchand » qui, en quelques années, a créé le déséquilibre hôte-parasite
avec notre abeille européenne. Le phénomène est très comparable à la
propagation du varroa dans le monde.
Quand, les humains que nous sommes, auront-ils la sagesse de respecter
la nature plutôt que de vouloir la dominer en ne raisonnant « qu’à court
terme » ?
C’est bien ce même raisonnement sans lendemain qui a rendu notre
agriculture intensive destructrice des écosystèmes et de la
biodiversité. Faut-il pour autant être fatalistes et ne rien faire ?
Certainement pas. Je voudrais vous citer un exemple porteur d’espoir :
le Danemark vient de réduire de 30 % en quelques années le tonnage de
pesticides répandu sur son territoire, sans pour autant retourner à
l’âge de Pierre, ni même sortir de l’économie de marché. Ce résultat
nous paraît très encourageant. Ce qui a été possible dans un pays
européen, doit l’être aussi en France.
Nous savons tous que l’apiculture est intimement liée à l’agriculture.
Une des actions syndicales apicoles fortes des prochaines années sera
d’inciter les Pouvoirs publics à aider les agriculteurs effectivement
respectueux de l’environnement et de la santé des consommateurs.
Alors, et seulement alors, la notion d’éco-conditionnalité des aides à
l’agriculture aura un sens. Les apiculteurs ne sont pas seuls. Pour
cela, ils devront convaincre une majorité de Français que c’est à eux
d’imposer à nos dirigeants un réel changement de politique agricole et
environnementale.
Le samedi 26 février aura lieu l’assemblée générale de l’UNAF. C’est
avec un grand plaisir que nous nous y retrouverons.
Jean-Marie SIRVINS Président de l’UNAF

Editorial n°657
2005, de nombreuses
interrogations…
Les apiculteurs français abordent l’année 2005
avec de nombreux points d’interrogation. Dans ces conditions, difficile
de conseiller un jeune qui voudrait s’orienter vers cette activité en
particulier dans les zones de grandes cultures.
Première interrogation : allons-nous connaître, en 2005, pour la
première fois sur notre territoire, ce nouveau fléau que parait
constituer Aethina tumida ? Le 17 décembre, à la suite de notre
courrier du 9 novembre, nous avons été invités à participer à une
réunion au ministère sur le sujet. Et qu’avons-nous découvert ? Le
mensonge de l’oncle Sam et le non-respect d’un texte européen par les
autorités françaises, texte pourtant très laxiste. Comment un Etat, le
Texas, a-t-il pu exporter, avec des faux certificats sanitaires, des
reines vers l’Union européenne en 2004, alors que ce même Etat était
contaminé depuis au moins juillet 2002 ? De même, les éleveurs de reines
texans savaient, eux aussi, que ces exportations de reines étaient
illégales. Ont-ils bien conscience qu’ils ont perdu, et pour longtemps,
la confiance des apiculteurs européens ? De même, il est très inquiétant
de constater que l’Administration française n’a pas respecté le
règlement européen du 11 décembre 2003 qui stipule : « Les cages, les
abeilles accompagnatrices... accompagnant les reines.... sont envoyées
dans un laboratoire en vue de la détection de la présence du petit
coléoptère, de ses œufs ou de ses larves... » (article 1er, § 3). « Les
cages » veut bien dire toutes les cages ; or l’AFSSA n’aurait reçu
qu’une partie (10 % ou 30 % selon les sources) de ces cages pour les
examiner. Si, au printemps, le petit coléoptère était là, l’Europe
aura-t-elle le courage de demander réparation aux Etats-Unis ? Pays qui,
par ailleurs, n’hésite pas à taxer fortement les miels qui rentrent chez
lui pour protéger son marché intérieur, au grand mépris des règles de
l’OMC qu’ils sont censés défendre !
Autre interrogation : les cours du miel.
Si chute il y a, il semble bien que le miel de Chine n’en soit pas le
seul responsable. En effet, en décembre, il ne « serait » rentré que
très peu de miel chinois en Europe. Mais la rumeur a produit son effet.
Qui a intérêt à prétexter de ces entrées de miel de Chine pour proposer
des prix à la baisse ? Sûrement pas les apiculteurs-producteurs ! Devant
ce danger de chute des cours, l’Europe semble être disposée à aider
chaque Etat membre à faire la promotion de leurs miels. C’est la bonne
nouvelle que nous avons apprise à la dernière réunion du groupe « Miel »
du COPA-COGECA à Bruxelles. Nous ne pouvons que nous en féliciter. La
directive Miel qui nous impose de mieux renseigner les consommateurs («
récolté en France ») nous sera très utile à cet effet.
Dernière préoccupation, et non des moindres : l’arrivée toujours
annoncée des OGM. La situation créée par les cultures OGM s’oppose avec
les demandes d’une agriculture utilisatrice de la fonction
pollinisatrice de l’abeille. Pour diverses raisons, la dissémination des
transgènes devra être évitée. Certains souhaiteraient éloigner les
abeilles des zones agricoles, voire de manipuler les plantes pour les
rendre autofertiles ou rendre les fleurs moins attractives et même de
créer des plantes sans fleur chaque fois que l’on pourra se passer de la
graine. Chers amis apiculteurs, il ne s’agit pas de baisser les bras,
mais de lutter. Lutter pour la survie de notre abeille mais surtout pour
que demain le mot « biodiversité » ait encore un sens. Par leur
résistance aux multinationales et à certaines administrations, dans le
combat contre les systémiques, les apiculteurs français ont surpris.
Ceux qui veulent, contre vents et marées et contre toute application du
principe de précaution, nous imposer les OGM, savent désormais que nous
utiliserons les mêmes armes : scientifiques, juridiques et médiatiques,
seuls moyens d’assurer notre défense, mais ô combien efficaces !
Je vous souhaite à tous mes meilleurs vœux pour l’année 2005.
Jean-Marie SIRVINS Président de l’UNAF
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L’assemblée générale de
la CNTESA aura lieu le vendredi 25 février
et celle de l’UNAF le samedi 26 février au siège : 26, rue des
Tournelles, 75004 Paris. |
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