ABEILLES ET FLEURS Archives Editoriaux 2007

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Editorial n°690
L’année 2008 a commencé très fort... !

Très fort et fort mal. L’esprit du Grenelle de l’environnement est bien fini.

Nous avons été invités par M. Cadot, directeur de cabinet de M. Barnier, ministre de l’Agriculture, à une réunion organisée en urgence, entre les fêtes et sans véritable ordre du jour.

L’UNAF est intervenue avec succès afin que l’ensemble de la filière, dont avaient été « oubliés » : FNOSAD, CNDA, Fédération des Coopératives, marchands de matériel et négociants – alors que des associations non représentatives étaient, elles, invitées – soit représenté.
L’autorisation de mise sur le marché de nouveaux produits phytosanitaires neurotoxiques systémiques en enrobage de semences représentait le point majeur de cette rencontre.

Si, en raison de risques concernant les eaux souterraines, le « poncho », produit par Bayer, à base de chlothianidine, a subi une évaluation défavorable de la part de l’AFSSA et ne sera pas, du moins pour l’instant, autorisé ; le «Cruiser® », à base de thiamétoxam produit par Syngenta, devrait, lui, être autorisé sur maïs.

Lors d’un premier avis, très défavorable formulé par l’AFSSA, notamment en raison des risques préoccupants pour les abeilles, l’AFSSA demandait que les ruches soient éloignées de 3 kilomètres lors de la floraison.

Après examen d’éléments complémentaires fournis par la firme, l’AFSSA estimait, dans un deuxième avis, que ce risque devait être minoré.

Le « Cruiser® » serait donc autorisé sur maïs à l’exception des maïs doux et des maïs mâles pour les productions de semences. Il ne pourrait être autorisé, compte tenu de sa rémanence, qu’une fois tous les trois ans sur la même parcelle et les cultures suivant une culture traitée ne devraient pas avoir une vocation apicole. Après une culture maïs traitée « Cruiser® » exit les cultures de tournesol, de colzas, de trèfle, de luzerne ou de maïs…

Un comité de pilotage auquel participeraient les syndicats apicoles devrait, à partir de protocoles à valider, effectuer un suivi de cette autorisation sur le terrain.

Un protocole «poussière» devrait s’assurer que lors des semis, la molécule ne soit pas dispersée dans l’atmosphère.

Rappelons qu’en Italie, en 2006, comme nous le rappelait le président Panella, de l’UNAAPI, des milliers de colonies d’abeilles ont été complètement dépeuplées au moment des semis et les analyses ont démontré la présence de… tiamétoxam. Le Comité Scientifique et Technique serait réactivé.

Lors de l’arrivée de «Gaucho » et du « Régent » les phytosanitaires neurotoxiques systémiques en enrobages de semences étaient présentés comme écologiques, sans danger et quasiment biologiques…

Aujourd’hui, cette approche est finie. Nos combats ont fait prendre conscience de la dangerosité de ces produits mais ignorant les risques pour les abeilles et l’environnement, on les autorise. Avec des précautions inimaginables il y a 3 ans, mais on les autorise…

Consciente du danger que représente cette décision pour l’avenir des abeilles et de l’apiculture, l’UNAF prend acte de cette annonce et ne tardera pas à réagir.

Le rapport final du CST sur fipronil/abeille devrait être validé lors d’une réunion du comité de pilotage le
30 janvier. Il était temps… car il est achevé depuis le printemps 2007 et la France était en outre le pays rapporteur pour l’évaluation de cette molécule au plan européen.

Un Monsieur Abeille a été nommé. Il s’agit de M. Dattier, député de Haute-Savoie.

Nous lui souhaitons la bienvenue et lui apporterons notre contribution afin que les mesures de relance de la filière qu’il doit présenter au terme de sa mission de six mois soient pertinentes et surtout suivies d’actes… car des plans de relances sans lendemain, l’UNAF a en connu plusieurs en moins de dix ans…

Le gouvernement semble avoir enfin pris conscience du problème Frelon et va désigner le ministère en charge du dossier dans les prochains jours. Il pourrait s’agir du ministère de l’Intérieur.

Un groupe de travail va être constitué pour travailler sur le retour des déclarations annuelles de ruches, sur la création de l’Institut Technique, sur l’élaboration d’un réseau d’épidémiosurveillance, sur la coordination de la lutte contre les pathologies apicoles…

Je vous souhaite à vous et à vos proches une excellente année 2008.

Santé, bonheur, réussite…

Belles colonies et beaux rayons gorgés de miel.

Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF

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Editorial n°689
Alerte rouge sur frelon d’Asie !

A la suite de la conférence de presse que nous avions organisée au siège de l’UNAF en février dernier, la presse et les télévisions avaient largement sensibilisé nos compatriotes sur les menaces que représentait notamment pour les abeilles, le « Vespa Velutina », ce nouveau frelon venu d’Asie il y a trois ou quatre ans, dans des poteries chinoises, près de Bordeaux.

Lors de l’Assemblée Générale début mars, le ministère de l’Agriculture avait participé à nos travaux et semblait vouloir prendre en main ce nouveau dossier.

Aujourd’hui on se rend bien compte que si la prolifération du frelon s’est littéralement emballée puisqu’il est répertorié en Charente, en Creuse, en Corrèze, dans le Tarn…et semble-t-il jusqu’à Montpellier, en revanche aucune stratégie de lutte n’a été décidée par les pouvoirs publics.

Laissons faire et nous verrons bien…

Pire, les Ministères se renvoient toujours la balle pour savoir qui du Ministère de l’Agriculture ou du Ministère de l’Ecologie doit gérer ce dossier.

Si certains apiculteurs estimaient que ce frelon ne constituait pas à proprement parler une véritable menace, la situation a nettement évolué depuis.

Si deux ou trois frelons stationnent à l’entrée des ruches, l’impact est limité.

Mais au-delà, et certains ont pu dénombrer plus de 30 frelons devant chaque colonie, l’impact est redoutable, les abeilles sont dévorées, la colonie s’affaiblit jusqu’à être parfois littéralement pillée ou, devenue réduite, est condamnée à périr au cours de l’hiver. Pour tenter de sauvegarder leur cheptel, certains apiculteurs sont obligés de les transhumer dans des zones où la pression est moins forte. Nous remercions Jacques Blot pour le travail qu’il a réalisé au nom de l’Association de Développement de l’Apiculture en Aquitaine mais devant l’ampleur de l’infestation qui couvre déjà plus d’un quart du territoire national, seule une mobilisation de tous les apiculteurs, des collectivités territoriales, et au-delà de tous nos concitoyens, chasseurs, arboriculteurs - car il s’attaque aussi aux fruits et constitue une vrai menace pour la population- nous permettra de faire pression sur les pouvoirs publics afin que des mesures fortes et efficaces soient prises et que des budgets soient attribués. D’ores et déjà, pour réduire la pression et freiner sa prolifération, nous invitons le plus grand nombre d’entre vous à piéger les femelles fondatrices dès la fin janvier. Chaque femelle détruite, c’est un nid en moins et des centaines de frelons éradiqués…

Autre sujet d’actualité, la future loi de transposition en droit national, de la directive CE 2001/18 sur les cultures OGM. Cette loi serait proposée au parlement dés janvier. Nous savons que nos abeilles rendent impossible la coexistence entre OGM en plein champs et « sans OGM ». Pour que l’apiculture ne fasse pas les frais d’une loi qui l’ignorerait, nous devons nous mobiliser. Vos présidents de syndicats départementaux vont rencontrer les députés et les sénateurs. Nous sollicitons aussi les présidents de groupe à l’assemblée nationale ainsi que le Ministère de l’Environnement. L’information doit aussi passer auprès de nos concitoyens, c’est l’objet de la pétition que l’UNAF a lancée le mois dernier. Continuez de la faire signer à vos proches, vos amis, vos clients, et faites connaître sa version Internet: (http://www.ogmabeille.net/).

Vous avez sans aucun doute traité vos colonies contre varroa mais, compte tenu de l’hiver doux 2006/2007, la pression est nettement plus forte que les années précédentes. Aussi, nous vous recommandons de procéder à des contrôles d’efficacité et à retraiter une nouvelle fois si nécessaire. Sinon de très mauvaises surprises pourraient advenir au printemps.

Lors de la dernière réunion du groupe miel du COPA, notre ami Etienne Bruneau, directeur du Cari, l’institut belge, a été élu à l’unanimité Président du groupe. Il succède à Manuel Izquierdo qui avait réalisé un excellent travail.

Etienne Bruneau sera secondé par un vice président autrichien Josef Stich, Président des apiculteurs professionnels autrichiens et par Francesco Panella, Président de l’Union des associations des apiculteurs italiens .

Bravo Etienne ! C’est là une fort bonne équipe mais la tâche est rude et le travail ne manque pas…

Ne nous laissons pas gagner par le pessimisme. Les cours du miel sont sensiblement à la hausse.

Mais faut-il encore que l’environnement et les conditions climatiques favorisent la production…

Je vous souhaite de bonnes fêtes de fin d’année

Pensez à offrir des ouvrages ou des DVD apicoles à vos amis ou à votre famille.

Comme un délicieux pot de miel, ils font toujours plaisir. Joyeux Noël.

Info dernière minute : en raison des mouvements de grève danns les tribunaux, le procès de Saint-Gaudens a été ajourné à l’automne 2008.

Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF

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Editorial n°688
Que les paroles
deviennent des actes !

OGM, Fipronil, Grenelle de l’Environnement... L’UNAF est sur tous les fronts tant auprès du ministère de l’Agriculture que de la Communauté Européenne.

L’UNAF s’entretient avec Mme Soubeyran conseillère du Ministre de l’Agriculture
Le lundi 15 octobre nous avons longuement rencontré Mme Soubeyran, conseillère au cabinet du Ministre de l’agriculture, Michel Barnier. L’ensemble des dossiers concernant l’apiculture a été abordé: pesticides, OGM, sanitaire, problème de l’absence des déclarations annuelles de ruches, réseau de surveillance, frelon vélutina, problème MAE en Auvergne, calamités agricoles notamment dans l’Ouest, problème d’intoxications en particulier sur lavande… Mme Soubeyran nous a paru à l’écoute et vouloir travailler en partenariat avec la filière pour faire progresser les dossiers apicoles. Nous nous en réjouissons et restons en relation avec Mme Soubeyran pour présenter des propositions et travailler avec les services sur les différents sujets.

Un Grenelle de « promesses »… nous devons rester vigilants !
Le Grenelle de l’environnement vient de s’achever. Un certain nombre d’orientations validées dans différents domaines semblent aller dans le bon sens. Toutefois seules les décisions se traduisant rapidement par des évolutions concrètes sur le terrain permettront d’affirmer que ce Grenelle n’aura pas été qu’une simple opération de communication. En ce qui concerne directement l’apiculture, il est projeté de créer soit une nouvelle commission d’enquête parlementaire avant… 2009, soit une nouvelle structure après celle du Comité Scientifique et Technique et la commission mise en place cette année par l’AFSSA… Le réseau d’épidémio-surveillance «abeilles » devrait être réorganisé et développé. C’est là une excellente initiative à condition que ce réseau dispose de moyens financiers et humains suffisants pour travailler avec rigueur et efficacité. Nous travaillerons avec les services du cabinet du ministre pour que cette idée devienne réalité.

L’UNAF lance la signature nationale d’une pétition contre les OGM
Sur les OGM, certains avancent l’obtention d’un moratoire. On peut à juste titre s’interroger sur la valeur du dit moratoire s’il ne perdure que deux ou trois mois durant l’hiver quand les mises en culture sont impossibles… En revanche, il est très clair qu’une nouvelle loi va voir le jour d’ici le printemps et nous devons donc mobiliser toute notre énergie afin que dans cette nouvelle réglementation l’abeille soit effectivement prise en compte. Nous allons rencontrer les présidents des différents groupes parlementaires et leur présenter un dossier concernant les problèmes de coexistence entre culture OGM et abeilles. Aussi nous parait-il déterminant d’associer le grand public dans notre démarche et nous vous proposons de signer et de faire signer à votre entourage à vos clients notre pétition concernant les OGM et les abeilles que vous adresserez ensuite à l’UNAF.
Le Fipronil en France : un Non ferme et définitif !!!

L’UNAF a déposé devant le Tribunal de Première Instance des Communautés Européennes (TPICE) à Luxembourg, une requête en annulation de la directive du 16 aout 2007 inscrivant le fipronil et modifiant la directive 91/414/CEE sur les produits phytopharmaceutiques. Cette requête a été formée conjointement avec nos amis et partenaires européens Allemands, Italiens et Espagnols, DEUTSCHER BERUFS UND ERWERBS IMKER BUND, UNIONE NAZIONALE ASSOCIAZIONI APICOLTORI ITALIANI et ASOCIACION GALEGA DE APICULTURA. Les actions devant le TPICE généralement réservées aux Etats Membres, ne sont admises qu’exceptionnellement lorsqu’elles sont engagées par d’autres personnes, mais nous avons estimé malgré celà, il fallait manifester notre opposition au plan européen à l’inscription du fipronil. C’est Maitre Bernard Fau que nos quatre organisations syndicales de France, d’Allemagne, d’Italie et d’Espagne ont toutes mandaté pour les représenter à au Tribunal Européen de Luxembourg.

Castres, un succès
L’Université de Castres a connu un vrai succès. On doit féliciter l’équipe de notre ami Daniel Bonnafous pour l’excellente organisation de cette manifestation, la qualité de l’accueil, et le dévouement de tous les bénévoles. Nous remercions les collectivités territoriales qui ont apporté un soutien financier à cette manifestation : la Mairie de Castres, le Conseil Général du Tarn et le Conseil Régional de Midi-Pyrénées ( ?). Monsieur …, Maire de Castres et les représentants des autres collectivités étaient présents sur le site de l’Université d’Automne. Les stands ont attiré de nombreux apiculteurs et les exposants ont été pour la plupart très satisfaits. Les conférences de très bon niveau ont passionné les congressistes. Le film exceptionnel « l’abeille sentinelle de l’environnement » a évidemment séduit l’ensemble de l’assistance qui a eu la chance de le découvrir en avant-première. Réalisé par Jean pierre Fleury, dans le cadre de l’émission « histoire naturelle » ce documentaire grand public illustré de superbes prises de vue sera diffusé le 28 novembre sur TF1 certes fort tard, mais chacun pourra l’enregistrer. A vos magnétoscopes !

A ce jour, 5000 signatures
La signature de la charte « abeille sentinelle de l’environnement » s’amplifie elle aussi. Près de 5000 signatures ont
été déjà collectées. Continuez à la faire signer autour de vous. Plus nous serons nombreux, plus nous serons forts et
plus nous ferons en sorte que les paroles deviennent des actes.

Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF

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Editorial n°687
Abeille, sentinelle de l'environnement

La participation de l'UNAF représentant de la France au Congrès Apimondia s'est révélée très fructueuse à Melbourne. Nos collègues apiculteurs du monde entier sont très préoccupés par les surmortalités d'abeilles qui se multiplient dans la plupart des pays développés. Naturellement, certains « spécialistes » incriminent encore le varroa, la nosémose, les virus et l'inexpérience des apiculteurs... sans oublier la responsabilité des apiculteurs australiens qui, en exportant des paquets d'abeilles vers la Californie, auraient contaminé les abeilles américaines...

C'est donc avec le plus grand intérêt que le combat mené par les apiculteurs français contre les produits phytosanitaires neurotoxiques systémiques est suivi par la plupart des pays touchés par les hécatombes d'abeilles. D'autant plus que depuis le retrait du « Gaucho » et du « Régent » la situation du cheptel français s'est nettement améliorée.

Le site de l'UNAF www.unaf-apiculture.info, très dynamique, est visité de manière prépondérante par nos amis américains... Tous les mois, plus de 20 000 pages sont ainsi visitées.

La directive d'inscription du fipronil 2007/52/CE qui modifie la directive 91/414/CE est inacceptable pour les apiculteurs. Elle ouvre à nouveau la porte à tous les abus et nous n'admettrons pas que ce que nous avons obtenu en France puisse être remis en cause à Bruxelles. D'ores et déjà, nous envisageons de saisir la Juridiction européenne pour demander l'annulation de l'inscription du fipronil et nous allons être reçus dans les jours prochains au cabinet du ministre de l'Agriculture pour lui réaffirmer notre détermination à ne jamais voir réapparaître sur le marché français les produits de traitement à base de fipronil que son prédécesseur avait interdit.

D'ores et déjà de nombreuses collectivités territoriales participent au programme national « l'abeille sentinelle de l'environnement » et ont signé la charte. Au cours des années de lutte contre le « Gaucho » et le « Régent », les consommateurs, sensibilisés à l'environnement et à la problématique apicole, avaient signé en très grand nombre les pétitions demandant le retrait de ces produits. Plus de 150 000 signatures avaient été ainsi recueillies. Et cette implication du grand public avait été efficace.

A l'heure où se déroule le Grenelle de l'Environnement il nous a paru pertinent de proposer à tous les citoyens de soutenir à leur tour l'action de « l'abeille sentinelle de l'environnement » en signant la charte. Il suffit d'aller sur le site à la page d'accueil, de cliquer sur le lien « signature » et de se conformer aux modalités de signatures. Par ailleurs, un superbe dépliant, tiré à 30 000 exemplaires, sera gratuitement distribué par l'intermédiaire des syndicats et des apiculteurs aux consommateurs.

Nous avions proposé à TF1 de réaliser un documentaire de 52 minutes sur l'abeille sentinelle de l'environnement. Tourné au printemps et en été, ce film sera présenté en avant-première le vendredi 19 octobre lors de nos Universités d'automne à Castres en présence du réalisateur Jean-Pierre Fleury. Il devrait passer sur le petit écran durant l'automne.

Castres sera un grand rendez-vous pour l'apiculture française. Plus de 40 stands seront présents et l'ensemble des problématiques de l'apiculture sera abordé.

Nous vous attendons nombreux.

Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF

N.B. Nous reviendrons plus longuement dans la revue de novembre sur le Congrès Apimondia de Melbourne

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Editorial n°686
A bientôt à Castres...

A la fin de l’hiver, en règle générale sur l’ensemble du territoire, l’hivernage des colonies s’était fort bien déroulé et les récoltes de printemps, de colza et d’acacia s’étaient souvent révélées satisfaisantes. Nous étions alors plein d’espoir pour la saison 2007. Mais c’était sans compter sur les conditions climatiques qui se sont montrées désastreuses… Pluie, froid, vent se sont succédé, privant nos abeilles de journées favorables. Les miellées de châtaignier, de tournesol, de lavande, de montagne ou de toutes fleurs ont été médiocres.

En outre, dans plusieurs zones de l’Ouest notamment, un grand nombre de butineuses ont été décimées, victimes de mauvaises pratiques agricoles. Parallèlement, de très nombreux articles de presse ont relaté la situation catastrophique des abeilles dans le monde. Compte tenu de la faiblesse des récoltes dans les différents pays producteurs, les cours du miel devraient au minimum se maintenir.

Dans les prochains jours, va se dérouler le Grenelle de l’Environnement. En raison du nombre de sièges réduit, les structures sectorielles ne peuvent pas y participer. Nous le regrettons car l’expérience de l’UNAF et le rôle majeur de l’abeille dans l’environnement auraient dû être pris en considération. Toutefois, les revendications de l’UNAF seront bien transmises à l’ensemble des groupes de travail et nous espérons que la montagne n’accouchera pas d’une souris…

Le 16 août, l’inscription de la molécule fipronil a été inscrite sur la liste positive européenne comme nous en avions la crainte. Il est inadmissible que malgré son profil toxicologique incompatible avec la directive 91/414, cette molécule soit ainsi autorisée. Cependant la mise sur le marché des spécialités phytosanitaires telles que Regent TS, Shuss, etc., n’est pas pour autant autorisée sur les territoires des Etats et demeure soumise aux exigences des procédures nationales d’AMM. La France qui s’est prononcée contre cette inscription cependant que l’AFSSA a mis en lumière les graves carences du dossier d’homologation, il paraît très improbable que le Régent actuellement interdit, soit à nouveau autorisé en France. Nous serons extrêmement vigilant sur ce point.

La question fondamentale des OGM est désormais au cœur des préoccupations de l’UNAF et les apiculteurs ont largement montré leur mobilisation et leur mécontentement à propos de ce dossier très délicat qui nécessite de notre part une stratégie efficace répondant aux multiples complexités du problème. Je souléverai ces questions avec nos partenaires Européens lors de la prochaine réunion du COPA-COGECA qui se tiendra à Madrid et ensemble nous jetterons les bases de cette véritable stratégie juridique scientifique et de communication lors de l’Université de Castres.

Au cours de ce mois, l’UNAF sera activement présente au Congrès Apimondia de Melbourne. Nous aurons ainsi l’opportunité de dialoguer avec de très nombreuses délégations confrontées aux surmortalités d’abeilles. Grâce au soutien de la Région Languedoc Roussillon, de l’Agglomération de Montpellier, du Conseil Général du Gard et de la Lozère, un vaste espace de 50 m2 nous accueillera en même temps qu’il présentera Montpellier et sa région, où se déroulera APIMONDIA 2009.

Nous avons appris récemment que le SPMF qui poursuit sa vaine guérilla judiciaire pour faire juger que l’UNAF n’est pas un vrai syndicat (!) en essuyant échec sur échec, avait décidé de se pourvoir une nouvelle fois en cassation… Il s’agit d’une péripétie de plus de ce pitoyable comportement qui dure depuis plus de douze ans. Son attitude conduit ce syndicat vers sa disparition, faute d’adhérents. On doit aujourd’hui légitimement s’interroger sur sa représentativité.
La ville d’Angoulême est le tout dernier partenaire du projet « Abeille, sentinelle de l’environnement ». Six ruches seront installées au cœur de la cité le 23 septembre prochain.

L’Université d’Automne de l’UNAF se déroulera à Castres du 19 au 21 octobre, accueillie par le Syndicat du Tarn, son Président et toute son équipe. Nous vous y convions très nombreux. Il s’agit pour notre activité, de moments de rencontres exceptionnels humains, professionnels et techniques. Les grandes problématiques de l’apiculture d’aujourd’hui seront abordées par des conférenciers passionnants. Plusieurs délégations étrangères seront présentes et en avant-première nous vous projetterons un documentaire de 52 minutes sur l’apiculture française particulièrement éblouissant.

Je me réjouis de vous retrouver tous à Castres.

Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF

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Editorial n°685
En attendant les beaux jours...

LORS que la saison s’annonçait particulièrement favorable, les conditions météorologiques exécrables durant de longues semaines sur une grande partie du territoire ont fortement perturbé l’activité des colonies. Non seulement certaines ruches n’ont pas produit de miel mais ont dû être nourries pour parvenir à passer le cap. De nombreuses colonies ont essaimé. Les récoltes de châtaignier s’avèrent souvent médiocres et la miellée de lavande incertaine. Seules les productions de montagne paraissent satisfaisantes. Qu’en sera-t-il du tournesol ? Seul désormais un temps chaud et humide pourrait nous laisser espérer une production correcte.

Les abeilles sentinelles ont, elles aussi, fort bien travaillé en ce début de printemps et que ce soit en Alsace, dans les magasins Botanic, en Rhône-Alpes, à Besançon, à Lille ou à Montpellier, ce fut un grand moment de convivialité, de découverte et de communication de voir s’écouler le beau miel blond des rayons, puis de le déguster pour le plus grand plaisir des plus petits comme des plus grands. Sortons de notre petit monde entre apiculteurs et faisons connaître les abeilles et l’apiculture au grand public. Elles le méritent.

Le 14 juin, le conseil d’administration de l’UNAF réunissant les présidents départementaux ou leur délégué a abordé les questions d’actualité, les pertes hivernales, le bilan des récoltes de printemps, le bilan du concours général et des grands dossiers: phytosanitaire, OGM, règlement européen, procès SPMF…

L’UNAF a écrit au ministre de l’Ecologie afin de pouvoir participer au prochain Grenelle de l’Environnement qui devrait se dérouler cet automne. Nous espérons que cette grande rencontre se traduira par des décisions concrètes pour l’avenir de l’environnement tant sur le plan des pesticides que sur les OGM ou sur les orientations nécessaires d’une agriculture moderne, responsable et consciente de son rôle majeur dans l’aménagement du territoire.

C’est avec satisfaction que nous avons pris connaissance du communiqué de l’AFSSA en date du 6 juin relatif au fipronil et à l’attitude de BASF. Comment a-t-on pu accorder une autorisation provisoire de vente en 1999 à une préparation phytopharmaceutique présentant déjà à l’époque de si grandes lacunes sur des points écotoxicologiques aussi essentiels… comment pourrait-on aujourd’hui, alors que le fabricant n’a toujours pas apporté de réponses aux interrogations de l’AFSSA, imaginer un seul instant une éventuelle ré-autorisation de mise sur le marché du « Régent » ?
Début septembre, l’UNAF, en partenariat avec la région Languedoc-Roussillon, participera au Congrès Apimondia de Melbourne en Australie. Un superbe stand France réunissant différentes entreprises apicoles et présentant les trésors gastronomiques « Sud de France » permettra d’accueillir les participants venus du monde entier, de promouvoir la France et de leur souhaiter la bienvenue au prochain Apimondia qui se déroulera à la mi-septembre 2009 à Montpellier.

Un beau défi en perspective pour l’UNAF et plus largement au-delà pour toute l’apiculture française.
D’ores et déjà, je vous invite à participer à la Huitième Université d’Automne de Castres qui se déroulera les
19, 20 et 21 octobre. Les différents thèmes qui préoccupent l’ensemble des apiculteurs seront abordés : les aspects sanitaires, le marché du miel, la toxicité des nouvelles molécules phytosanitaires, l’apithérapie, le rôle de l’abeille dans l’environnement. Plusieurs délégations étrangères participeront à cette manifestation et nous feront part de la situation de l’apiculture dans leur pays. De très nombreux exposants seront présents. Si vous souhaitez saisir l’opportunité pour vous faire livrer à Castres, n’hésitez pas à contacter vos fournisseurs habituels.

En espérant le retour des belles journées d’été, je vous souhaite de généreuses miellées.

Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF

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Editorial n°684
La situation n’est pas irréversible !

Durant ces dernières années, un certain nombre d’observateurs de l’apiculture française, qualifiés ou non, ont exprimé de sérieuses réserves quant au savoir-faire, à la rigueur et au professionnalisme des producteurs de miel de France. Les problèmes de surmortalité des colonies d’abeilles, n’étaient, selon eux, observés de façon étonnante que dans l’hexagone. On parlait même du « mal Français des abeilles »…
Pour ces gens là, les causes de tous ces maux résidaient principalement dans les mauvais traitements effectués contre le Varroa, la présence de virus, les carences alimentaires, le développement des loques et récemment de la nosémose.

Ancien leader européen de la communauté européenne dans les années 80, l’apiculture française était devenue « mauvaise ».

Aujourd’hui, et c’est rassurant ! La situation de l’apiculture française est particulièrement bonne et la preuve est faite que nos problèmes ne sont pas irréversibles. L’hivernage 2006/2007 s’est fort bien déroulé. Les mortalités sont redevenues comparables à celles observées au début des années 1990. Les récoltes de colza et d’acacia ont été, dans la plupart des régions, excellentes. Sur une grande majorité du territoire, de bonnes conditions météorologiques, des pluies susceptibles d’éviter des sècheresses comparables à celles de ces quatre dernières années, nous rendent optimistes pour la suite de la saison.

Naturellement nous ne sommes pas à l’abri d’une canicule ou de périodes de vents défavorables qui seraient susceptibles d’amoindrir nos espérances… Et nous demeurons attentifs sur les traitements sanitaires (Varroas et autres pathologies…).

En revanche, nos collègues allemands, espagnols, belges…. subissent de manière dramatique des hécatombes d’abeilles régulières. Nos amis italiens ont déploré de graves pertes ce printemps en zone de maïs et accusent le thiamétoxam. Les apiculteurs des Etats-Unis et du Japon traversent quant à eux une crise sans précédent. Des pertes de l’ordre de 80 % mettent aujourd’hui en danger non seulement la filière apicole mais également la production agricole.

La location des ruches pour la pollinisation sur les amandiers est passée de 60 ou 80 euros à près de 200 euros… Le sénat américain prend ce problème très au sérieux. Et apiculteurs et scientifiques pointent du doigt insecticides systémiques et OGM… Nous évoquerons ces dossiers lors du Congrès Apimondia de Melbourne en septembre et lors des Universités d’automne de l’UNAF qui se dérouleront à Castres du 19 au 21 octobre.

Nous nous félicitons des décisions de suspensions du « Gaucho » et du « Régent » prises par le ministère de l’Agriculture sous l’impulsion des apiculteurs, sur la base des résultats scientifiques des chercheurs de l’INRA ou du CNRS, des travaux du Comité Scientifique et Technique et du combat juridique que l’UNAF a initié. Ces suspensions, devenues effectives sur le terrain en 2005, se sont traduites par une amélioration remarquable de la vitalité du cheptel français.

Nous veillerons avec la plus grande vigilance sur les éventuelles autorisations de mise sur le marché de préparations phytosanitaires accordées sur le territoire français et sur l’évaluation européenne des molécules actuellement en cours.

L’UNAF a d’ores et déjà pris contact avec Mme Lagarde, ministre de l’Agriculture et M. Juppé, ministre de l’Environnement, des Transports et du Développement durable.

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Editorial n°682
Scandaleux

Comme nous le pressentions, le Comité permanent pour la chaîne alimentaire et la santé animale de la Commission Européenne (comité consultatif) a émis le 16 mars 2007 un avis positif sur le Fipronil. L’expertise réalisée par l’Agence Européenne sur cette molécule dont le profil toxicologique s’avère si préoccupant nous paraît prématurée, incohérente et inquiétante pour l’avenir.

En effet des études sur abeilles sont prévues jusqu’en 2008 et le rapport final sur Fipronil/abeille réalisé par le comité scientifique et technique achevé en mai 2006 mais non encore validé – car l’Administration n’a pas eu le temps de réunir le comité de pilotage depuis… –, n’a pas été transmis à la Commission Européenne.

Un éminent toxicologue, connaissant parfaitement le dossier, nous affirmait il y a moins d’un mois que compte tenu de sa dangerosité, le Fipronil ne serait jamais sur la liste positive ou alors avec une seule autorisation sous serre... Compte tenu des bénéfices escomptés, le lobbying des firmes sait être efficace… La Coordination nationale des apiculteurs a aussitôt réagi et je vous engage à diffuser autour de vous le communiqué de presse.

Nous devons nous remobiliser et prévoir de nombreuses actions car si d’aventure le Fipronil parvenait à être sur la liste positive, la délivrance des autorisations des mises sur le marché dépend toujours des Etats nationaux.

Parallèlement, alors qu’un débat devait se dérouler depuis des mois à l’Assemblée nationale, le gouvernement français a transposé la directive européenne sur la culture des organismes génétiquement modifiés (OGM) par trois décrets et quatre arrêtés publiés mardi 20 mars au Journal Officiel. Le débat est ainsi escamoté et les citoyens qui s’opposent à plus de 80 % à la culture des plantes OGM n’ont plus qu’à se taire.

Dans ces documents officiels, il n’est jamais fait référence à l’abeille et aux apiculteurs qui ne seront pas directement informés de la mise en culture de plantes génétiquement modifiées par leurs voisins.

Enfin afin d’éviter les disséminations par le pollen dans les cultures traditionnelles ou biologique voisines, les agriculteurs s’engageront à respecter une distance d’isolement entre cultures OGM et non OGM de 50 mètres, soit le double de la pratique actuelle, précise le ministère... On croit rêver…

La Lituanie propose, elle, si l’apiculteur démontre le risque d’un préjudice économique, de ne pas cultiver des parcelles OGM à moins de 5 000 mètres des ruchers existants antérieurement. 50 mètres en France, 5 000 mètres en Lituanie, la France sait réduire d’un trait de plume, au mépris des connaissances scientifiques, le champ du principe de précaution.

Nous avons adressé un questionnaire à tous les candidats à la présidence de la République ; à l’heure où nous mettons sous presse, seuls José Bové, Dominique Voynet et Frédéric Nihous nous ont adressé leurs réponses. Nous les en remercions. Si d’autres candidats se manifestent, nous publierons l’ensemble des réponses sur notre site internet.

L’opération sentinelle se poursuit. Besançon, conseil régional de Rhône-Alpes, ville de Martigues, conseil général du Finistère, la collaboration avec les collectivités territoriales et les syndicats locaux s’amplifie, permettant de parler de l’abeille et des dossiers d’actualité qui nous préoccupent au plus haut point.

Nous nous félicitons du partenariat que nous venons de conclure avec la société Botanic qui va se traduire par l’implantation de deux ruches dans sept magasins de l’Est de la France. Botanic nous a sollicités car elle jugeait que son combat pour une véritable défense de l’environnement rejoignait le nôtre. Botanic a en effet retiré les produits phytosanitaires de ses rayons en libre accès et a engagé des techniciens pour conseiller d’autres pratiques plus respectueuses de l’environnement. Botanic s’était largement investie dans le surréaliste dossier du purin d’ortie.
Ne perdons pas espoir, restons mobilisés.

Pour sauvegarder les abeilles.

Pour protéger l’environnement et la biodiversité.

Tout simplement dans l’intérêt des générations futures…

Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF

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Editorial n°681
Frelon : la contre-attaque se met en place !

Le 13 février, 29 journalistes des plus grands médias nationaux ont participé à la conférence de presse organisée par l’UNAF. La problématique phytosanitaire/abeille a largement été traitée et la présence de nos amis belges, espagnols et allemands a permis de confirmer que le problème n’était pas franco-français, comme certains le prétendent encore, mais bien européen et mondial.

Les dérives de la campagne sur les jachères apicoles initiées par les firmes ont été dénoncées. L’évolution dynamique de la campagne « abeille sentinelle de l’environnement » a été présentée et les partenaires présents ont signé la charte. Au cours de la conférence, une question a été posée sur le frelon Velutina. Dès le lendemain, de très nombreux reportages paraissaient dans l’ensemble des médias.

Lors de l’assemblée générale de l’UNAF qui s’est déroulée samedi 4 mars, nous avons eu le plaisir et l’honneur d’accueillir Claire Villemant, du Muséum d’Histoire Naturelle, Jean Haxaire, spécialiste du papillon qui réside dans le Sud-Ouest et a, le premier, découvert l’insecte, Gérard Arnold et Agnès Rortais, du CNRS de Gif-sur-Yvette ainsi que Solange Hayat, de la DPEI et Patrick Tallon, de la DGAL, qui représentaient tous deux le ministère de l’Agriculture. Claudia de la Torre, du CNDA et coordinatrice nationale de l’apiculture, participait également à cet échange particulièrement fructueux. Nous les remercions tous chaleureusement.

Après une présentation de la biologie de l’insecte, les observations des apiculteurs concernés et un exposé sur les moyens de lutte par les colonies chypriotes face à un autre frelon, le débat s’est engagé sur la stratégie à élaborer pour tenter d’enrayer l’invasion. Les ministères de l’Agriculture et de l’Ecologie doivent cesser de se renvoyer la balle, chacun considérant que le dossier dépend des prérogatives de l’autre ministère… Dans les tout prochains jours, le ministère de l’Agriculture réunira les chercheurs, les apiculteurs et les différents services des ministères concernés.

Dès ce printemps, des travaux devraient se mettre en place afin de pouvoir mieux connaître cet insecte, son comportement, l’ampleur et la vitesse de sa dissémination sur le territoire et les moyens de lutte possibles. Naturellement, l’Association de développement de l’apiculture en Aquitaine et les syndicats locaux seront associés à cette concertation et aux études de terrain.

La cour d’appel de Toulouse vient de rejeter par arrêt du 19-02-07 la requête de BASF Agro visant à obtenir l’annulation de la procédure d’instruction sur le « Régent TS » en cours à Saint-Gaudens. La cour d’appel a renvoyé le dossier au juge d’instruction afin qu’elle poursuive la procédure.

Par un autre arrêt du même jour, la cour d’appel de Toulouse a annulé une expertise sans conséquence dans un volet périphérique d’importations illicites de produits étrangers et elle a renvoyé à une autre audience du 29 mars 2007 pour statuer sur d’autres points du dossier. L’UNAF se félicite de cette décision de justice qui va permettre la poursuite de l’instruction.

En marge des procédures judiciaires, une trentaine de députés solliciteraient, à l’initiative de M. Rémiller, député de l’Isère, la mise en place d’une commission d’enquête sur les causes des surmortalités d’abeilles en France. Cette initiative ne manque pas d’étonner quinze ans après le début des problèmes, alors que plusieurs instructions pénales sont en cours sur ce problème.

L’UNAF considère qu’il s’agit d’une démarche de pure propagande à quelques jours de la fin de la session parlementaire. Aussi l’UNAF s’interroge sur les véritables motivations de ces députés, d’autant plus que M. Jacques Rémiller, député de l’Isère, est président du groupe d’étude « industries chimiques » à l’Assemblée nationale. A ce titre, il s’est inquiété de l’avenir de l’industrie chimique en France à plusieurs reprises et a interpellé le ministre de l’Economie, le 28 novembre 2006 à l’Assemblée, afin de « connaître les mesures que le Gouvernement envisage d’appliquer afin d’endiguer le démantèlement de l’activité chimique dans le Bassin lyonnais, et plus généralement en France ».

Cet angle de vue d’un parlementaire soudainement intéressé par les abeilles pour lesquelles le Régent et le Gaucho ont été interdits, augure mal d’une véritable préoccupation de la biodiversité et de l’apiculture en France. L’UNAF constate et déplore que ces députés soudainement intéressés par les abeilles n’aient jamais pris contact avec la représentation syndicale professionnelle de l’apiculture.

L’UNAF s’insurge contre le constat erroné de ces députés affirmé d’emblée sur les effets de l’interdiction du Gaucho et du Régent. Contrairement à ce qu’ils prétendent, depuis 2005, première année du retrait des produits phytosanitaires, les surmortalités ont très nettement régressé dans les zones de grandes cultures en France.

L’UNAF va interroger dans les tout prochains jours les candidats à l’élection présidentielle afin de connaître leurs positions respectives sur les procédures d’homologations des phytosanitaires en France et en Europe ; sur les autorisations de mises sur le marché des produits phytosanitaires neurotoxiques systémiques ; sur les cultures OGM en plein champ ; sur la déclaration annuelle de ruches aujourd’hui abrogée ; sur la stratégie et les moyens matériels, humains et financiers à mettre en place pour endiguer la prolifération du frelon Velutina ; et enfin sur l’opportunité d’élaborer un plan de relance afin de permettre à la France de retrouver sa place de leader européen de la production de miel.

Le 15 février, je me rendais sur l’île de la Réunion pour cinq jours afin de répondre aux sollicitations de nos collègues apiculteurs qui viennent d’adhérer à l’UNAF. Je les remercie chaleureusement de l’accueil qu’ils m’ont réservé. Une île dotée d’une végétation mellifère riche et variée, un climat favorable aux abeilles quasiment tout au long de l’année, pas de varroas… une situation de rêve.

Mais les abeilles se remettaient à peine des intoxications induites par le traitement du moustique responsable du chikungunya et voilà qu’un cyclone s’est déchaîné durant plusieurs jours et a détruit de nombreuses ruches… Eric Métas devait participer à l’AG de l’UNAF mais devant faire face à l’ampleur du désastre, il a dû rester sur l’île.

Nous témoignons toute notre amitié et notre affection à nos amis réunionnais.

L’avenir apicole de la Réunion demeure prometteur.

Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF

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Editorial n°679
Evolution du climat et jachères apicoles

L’année 2006 ne restera pas dans les mémoires comme une année exceptionnelle pour l’apiculture. Si les colonies ont vu leur situation s’améliorer très sensiblement dans les zones de grandes cultures depuis le retrait du « Gaucho » et du « Régent », les récoltes, elles, n’ont pas répondu aux attentes des apiculteurs. Les conséquences d’une sécheresse persistante, parfois pour la quatrième année consécutive dans certains départements, se sont révélées dramatiques dans la plupart des régions de France.

Une nouvelle fois, la Provence et le Sud ont été touchés de plein fouet et les miels de lavande ou de garrigues deviennent année après année, des denrées de plus en plus rares.

Les récoltes de miels de châtaignier, de sapin, de bruyère ou de montagne ont été fort irrégulières, parfois généreuses dans les massifs arrosés mais souvent inexistantes dans les zones privées de pluies. La Bretagne, elle-même, a été victime de la chaleur et des rayons du soleil. Les landes de bruyère ont grillé, privant les abeilles du précieux nectar. L’année 2006 demeurera toutefois hélas dans les annales car c’est la première année qu’en France les importations de miels seront supérieures à la production nationale, inférieure à 20 000 tonnes.

Cette évolution climatique qui non seulement semble s’installer mais paraît s’aggraver au fil des saisons, nous inquiète et nous interpelle. Certes plusieurs départements ont été déclarés en calamités agricoles et dans ce cas les apiculteurs pourront bénéficier des aides prévues à cet effet. Mais ces mesures ne peuvent nous satisfaire.

Les apiculteurs sans aucun doute seront obligés d’adapter les méthodes de productions à cette nouvelle situation. Ce ne sera pas facile. D’aucuns auraient trouvé la solution miracle: la constitution de jachères apicoles… Si nous ne pouvons qu’être favorables à toutes mesures bénéfiques pour nos abeilles, ne soyons pas dupes.

Ce ne sont pas les quelques hectares de jachères disséminées par département qui permettront de résoudre les problèmes des apiculteurs. Pour que cette stratégie puisse être sérieuse et efficace, elle devrait concerner l’ensemble des terres exploitées par l’agriculture. Elle devrait favoriser la polyculture, la mise en culture de plantes aujourd’hui méprisées comme le sainfoin, les rotations, des prairies fleuries dignes de ce nom, et réduire l’emploi des pesticides afin de promouvoir une véritable agriculture respectueuse de l’environnement.

Dans cet esprit, l’UNAF participe, aux côtés de nombreux partenaires, à la campagne « Biodiversité, l’état d’urgence ! ».

Et nous ne pouvons que demeurer inquiets sur l’évolution des paysages qui entourent nos colonies…

En revanche, les jachères fleuries permettent aux sociétés de produits phytosanitaires de communiquer sur l’attention et la grande et subite affection qu’elles portent aux abeilles… Ces firmes tentent ainsi de se refaire une virginité ou du moins de se refaire une meilleure image plus respectable après les dramatiques intoxications qu’elles ont engendrées sur des centaines de milliers de colonies durant ces dernières années… A qui appartient le site www.jacheres-apicoles.fr ? À BASF agro !...

A la lecture de certains articles parus en France sur les jachères apicoles, notre ami Luc Noël, président du Cari, l’institut apicole belge, a vivement réagi. Nous vous engageons à le lire avec attention. Les relations entre structures apicoles et firmes privées fabricantes de produits phytosanitaires ont été au coeur du débat de l’assemblée générale du CNDA.

Une motion visant à clarifier la situation compte tenu des dérives observées ces derniers mois, a été discutée et ensuite votée à l’unanimité des présents. Elle stipule notamment que « Dans le contexte actuel et jusqu’à nouvel ordre, le CNDA et les ADA, afin de préserver leur indépendance et leur autonomie, s’interdisent toute collaboration financière et/ou technique avec les firmes privées fabricantes de produits phytosanitaires. ». L’UNAF se réjouit de cette prise de position et souhaite que l’ensemble des syndicats apicoles tant au plan départemental que national agissent dans le même esprit.

Au 1er janvier, la Communauté Européenne a intégré deux nouveaux pays : la Roumanie et la Bulgarie. Ces deux pays possèdent l’un et l’autre une grande tradition apicole. Nous partirons à leur découverte dans les prochains numéros de votre revue « Abeilles et Fleurs ».

Je vous souhaite à vous et à vos proches une bonne et heureuse année
Que 2007 vous apporte bonheur, santé et réussite
Que 2007 soit enfin plus favorable à nos abeilles que 2006
Que dans une nature généreuse, nos abeilles puissent butiner sans être inquiétées

Et que le miel regorge des rayons !

Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF

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Editorial n°680
Inquiétudes...

L’ensemble des experts internationaux en climatologie, réunis à Paris, confirme non seulement un réchauffement de notre planète mais prévoit des hausses de températures conséquentes et rapides sur une période d’un demi-siècle. Ces bouleversements engendreront d’importantes évolutions de notre environnement : flore, faune.

L’apiculture, plus particulièrement dans nos régions du Sud de la France, sera obligée de modifier ses pratiques si elle souhaite encore produire du miel en quantité non négligeable.

D’ores et déjà, du moins de manière temporaire, les pays du Nord de l’Europe apprécient des conditions météorologiques plus favorables pour les abeilles. La Finlande n’a jamais autant produit de miel par ruche qu’en 2006 !

En janvier, nous avions attiré votre attention sur le frelon velutina qui s’est implanté en moins de deux ans dans six départements du Sud-Ouest. Depuis, notre secrétaire, Raymond Saunier, président du Syndicat apicole de la Gironde, nous a fait découvrir les photos réalisées lors de la destruction d’un nid près de Bordeaux. Nous avons été effarés par la taille du nid et la force de la colonie qui l’avait bâti et effrayés par le nombre de nids observés par certains apiculteurs sur une zone de moins de trois kilomètres de diamètre… D’autant plus inquiets lorsque nous avons vu sur internet une vidéo montrant son agressivité et sa voracité à l’égard des abeilles…

L’UNAF s’est adressée à Mme Claire Villemant, spécialiste du Muséum d’histoire naturelle, afin de mieux connaître le comportement de cet insecte invasif. Il semblerait qu’un temps précieux ait été perdu depuis le printemps 2006 car il eut été peut-être alors possible de l’éradiquer. Aujourd’hui, si l’on souhaite réduire son implantation et juguler son développement dans d’autres départements, des mesures énergiques doivent être prises sans tarder. L’UNAF a pris contact avec les responsables du ministère de l’Ecologie en charge du dossier.

L’UNAF a participé aux côtés de nos collègues belges et allemands à deux rencontres à la Commission Européenne à Bruxelles afin de faire prendre conscience aux instances européennes de la dangerosité des molécules fipronil, imidaclopride, clothianidine et thiamétoxam, pour l’environnement et en particulier pour les abeilles. Le responsable de la direction Générale Environnement a été sensible à nos propos et à mots diplomatiques nous a indiqué ne pas comprendre la position frileuse de la France en tant que pays rapporteur pour le fipronil…

La directrice de la direction générale Santé, Consommateurs (DG Sanco) nous a longuement reçus et a rappelé les procédures d’évaluation effectuées sous la responsabilité de l’EFSA (Europeen Food Safety Authority) et la gestion du risque assurée par la DG Sanco elle-même en relation avec la DG Environnement. Elle a pris note des nombreuses remarques et des dysfonctionnements que nous avions relevés et nous a engagés à préciser les défaillances de l’évaluation afin de les améliorer.

Enfin, accompagnés de Philippe Vermandère pour le Syndicat des apiculteurs du Centre et de l’Ouest (SAPCO) et de Jean Sabench pour la Confédération Paysanne, nous avons rencontré au nom de la Coordination des apiculteurs de France M. Paul Mennecier, conseiller de M. Bussereau, ministre de l’Agriculture.

M. Mennecier et la représentante de la DGAL ont tenté de nous rassurer sur le fipronil : « Le ministère de l’Agriculture prend le temps de consulter toutes les études disponibles. L’Agence française de sécurité sanitaire (AFSSA), saisie par le ministère, rendra son avis en mars 2007. De plus, des échanges interministériels sont nécessaires pour finaliser un avis national. C’est pourquoi, la France demande un nouveau report du vote à l’UE ». Le ministère a bien transmis les documents du CST mais après vérification nous nous apercevons qu’il s’agit du rapport intermédiaire de 2005…

En ce qui concerne le recours déposé en Conseil d’Etat par BASF au printemps 2005, Paul Mennecier nous assure que le mémoire en réponse sera produit par le ministère d’ici la fin du mois de février et nous invite à contacter le service juridique pour des demandes d’informations. Depuis le printemps 2005, rien n’avait été déposé…

Enfin, quant à la déclaration de ruches obligatoire uniquement en cas d’ « évolution notable », la décision a été prise au nom de la simplification et le ministère ne souhaite pas revenir sur sa décision…

L’apiculture française est inquiète mais saura réagir.

Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF