Editorial n°700
Notre environnement se dégrade
de plus en plus vite, des mesures d’urgence s’imposent !
Les eaux sont polluées, les sols contaminés, la fertilité
humaine a baissé de 50 % en un demi-siècle, les productions agricoles
contiennent trop souvent des pesticides dont le lien avec l’augmentation des
cancers est aujourd’hui reconnu par les plus grands spécialistes comme les
chercheurs de l’INSERM.
La situation est devenue préoccupante et la tenue du
Grenelle de l’environnement l’an dernier a confirmé l’ensemble de ces
inquiétudes. Il est urgent de prendre des décisions courageuses pour essayer
d’endiguer cette dramatique évolution.
L’interdiction des insecticides neurotoxiques systémiques en est une. Impossible
direz-vous ! L’Italie vient de le décider. Comme l’Allemagne, la Slovénie ou la
Suisse.
Il est pourtant incontestable que ces molécules hyperpuissantes – quelques
dizaines de grammes suffisent à traiter un hectare... – demeurant très longtemps
dans le sol – plus de trois ans – n’ont absolument rien de raisonné ou de
développement durable. Elles agissent en préventif et de manière systématique,
sur des centaines de milliers d’hectares...
Imaginez que pour prévenir d’hypothétiques problèmes de santé en hiver, le
ministère de la Santé prescrive des antibiotiques à tous les Français...
D’autant plus que des solutions alternatives existent.
En premier lieu la rotation des cultures qui est reconnue pour son efficacité
contre les taupins et la chrysomèle par les agronomes comme par M. Mathurin, de
la DGAL. Sans oublier les trichogrammes, ces insectes qui détruisent la pyrale.
Et certains microgranulés, eux aussi efficaces contre les taupins…
En son temps, la France avait su montrer la voie en retirant le « Gaucho » sur
tournesol puis sur maïs et le « Regent » sur toutes cultures. La France doit
redevenir pionnière en matière de gestion des pesticides. Michel Barnier a
inventé le principe de précaution. En ré-autorisant le Cruiser il bafouerait ce
principe et enterrerait les espoirs suscités par le Grenelle de l’environnement.
Un peu de courage, Monsieur le ministre.
La qualité de l’environnement que nous léguerons à nos enfants en dépend.
Le syndicalisme devient de plus en plus lourd et complexe. L’UNAF au fil des ans
s’est professionnalisée pour affronter les nouveaux défis qui conditionnent la
survie des abeilles et de l’apiculture. Nous disposons aujourd’hui d’un conseil
juridique efficace en la personne de maître Fau.
Deux récompenses pour « l’Abeille, sentinelle de l’environnement »
Notre programme de communication « Abeille sentinelle de l’environnement »
répond aux préoccupations de notre société et connaît un succès considérable. Il
vient de recevoir deux prix lors de la remise des Oxygen et H2O Awards en tant
que Premier Prix de politique environnementale et Prix « spécial du public ».
Je remercie tous les membres de l’équipe qui travaillent avec efficacité pour
relayer auprès du grand public le rôle indispensable de l’abeille et les menaces
qui la fragilisent.
Il nous fallait aller plus loin et structurer encore l’équipe en se dotant d’un
secrétaire général. Nous avons recruté Johan Peron qui assistera le président et
le bureau, coordonnera les projets de l’UNAF et apportera un conseil aux
responsables départementaux qui le solliciteront pour la réalisation de
différents projets.
Seul un syndicat solide, doté de moyens humains et financiers véritables,
sachant associer l’ensemble des apiculteurs, petits producteurs comme
apiculteurs professionnels, permettra de défendre l’abeille et l’apiculture.
Je vous souhaite à vous et à vos proches de bonnes fêtes de fin d’année !
Henri CLÉMENT Président de l’UNAF

Editorial n°699
Congrès de Villefranche : merci
à tous !
Par la qualité de l’accueil des élus de Rhône-Alpes, par
le talent, le dévouement et la passion de nos collègues du Syndicat du Rhône et
de tous ceux qui contribuent à l’organisation de ce Congrès sous l’égide de
l’UNAF, le Congrès de Villefranche imprimera, j’en suis persuadé, un très beau
souvenir, dans l’esprit de celles et de ceux qui ont eu le plaisir d’y
participer.
Ayons conscience que rien de tout cela n’aurait été possible, sans le
dévouement, le dynamisme et le travail de toute l’équipe du Syndicat du Rhône,
acharnée, énergique.
Au président Rouchon, à ses adjoints Fernand Durand, Jacques Fresney et à tous
les bénévoles qui l’entourent, je dis en votre nom à tous, en notre nom à tous,
un grand merci pour leur dévouement et pour leur engagement.
Aux grands responsables des collectivités territoriales qui nous ont reçu, qui
ont compris nos appels et les enjeux fondamentaux que notre profession révèle et
porte, qui ont compris l’importance du discours que la raison commande, à eux
qui ont su nous apporter leur aide financière déterminante, à eux tous, je dis
ma très sincère gratitude.
Tous nos sujets d’intérêt ont été abordés au cours de ce Congrès et ces sujets
ont aujourd’hui un retentissement considérable qui dépasse largement le cercle
de notre activité.
C’est une fierté pour nous, apiculteurs, d’avoir initié dans l’opinion publique
certains des plus grands débats environnementaux qui bousculent aujourd’hui les
consciences !
Les conférenciers abordent ici l’ensemble des thèmes qui aujourd’hui préoccupent
le monde apicole, qui conditionnent la pratique quotidienne de notre activité,
qui concernent la survie des colonies d’abeilles et qui déterminent la
valorisation de nos produits.
Ces échanges sont devenus fondamentaux aujourd’hui et un Congrès National ne
peut se limiter à une vision restreinte aux frontières du pays. Nos difficultés
sont trans-nationales, alors notre Congrès devait être Européen ! Il fut
international !
Ce fut une chance et un honneur pour nous tous d’accueillir les délégations de
nos amis des Etats Membres de la Communauté Européenne bien sûr, mais aussi nos
amis apiculteurs du Maghreb, de Syrie, de Suisse, nos collègues américains et
même australiens, ce qui est une première dans un Congrès apicole Français.
Ce fut un vrai bonheur de retrouver ensemble, à la tribune officielle les
grandes structures nationales, le SNA, la FNOSAD et l’UNAF pour accueillir
Monsieur le député Saddier venu présenter son rapport.
L’apiculture française doit se rassembler pour affronter les défis qui se
dessinent. C’est une nécessité.
Ce fut un vrai plaisir d’organiser la session sanitaire avec la FNOSAD.
Et un vrai bonheur de fêter un joyeux anniversaire au Cari et à nos amis belges
venus nombreux.
Au revoir Villefranche. Encore merci au syndicat du Rhône.
Prochain rendez-vous : Montpellier pour APIMONDIA du 15 au 20 septembre 2009.
Henri CLÉMENT Président de l’UNAF

Editorial n°698
Du nouveau chez nos collègues
italiens
Le 26 septembre, la Direction générale de l’alimentation
du ministère de l’Agriculture réunissait les représentants de la filière apicole
et des associations environnementales au sujet du suivi Cruiser®.
En raison de nombreux dysfonctionnements, d’un protocole dénué de rigueur,
d’absence de prise en compte des considérations des apiculteurs et de propos
mensongers du ministre de l’Agriculture lui-même, l’UNAF, la Confédération
Paysanne, la FNOSAD se sont retirées de la séance pour ne pas cautionner une
telle parodie de suivi destinée en réalité à associer les apiculteurs dans une
opération de communication pour mieux homologuer le produit et ce, malgré les
incidences sur les abeilles et l’environnement... Lamentable...
Le 17 septembre, le gouvernement italien suspendait pour
tous les enrobages de semences, les produits phytosanitaires contenant les
substances actives clothianidine, thiaméthoxam, imidaclopride et fipronil.
Nous saluons cette décision responsable et félicitons nos collègues italiens.
Si la France, par la voie des ministres de l’Agriculture successifs, de Jean
Glavany à Hervé Gaymard, a su jouer un rôle précurseur au plan européen, en
matière d’autorisation de produits phytosanitaires en retirant le « Gaucho » sur
tournesol puis sur le maïs et le fipronil sur toutes cultures, cette volonté
semble aujourd’hui faire cruellement défaut. Malgré les promesses du Grenelle de
l’environnement...
Le 10 octobre, le député Martial Saddier présentera officiellement le rapport
sur l’apiculture que lui a confié le Gouvernement. Nous l’étudierons avec la
plus grande attention.
Si les mesures envisagées nous paraissent pertinentes, nous mettrons tout en
œuvre pour qu’elles se traduisent dans la réalité.
Afin que ce rapport ne connaisse pas le sort des multiples plans de relance qui
nous avaient été annoncés par le passé...
Nous aurons l’honneur d’accueillir M. Saddier au Congrès de
Villefranche-sur-Saône le samedi 25 octobre à 14 h 00.
Le programme « Abeille Sentinelle de l’Environnement » continue à prendre de
l’ampleur. En partenariat avec la société Botanic, deux ruches ont été
implantées sur le site de Villeneuve-les-Avignon et deux autres à Clapiers, à
côté de Montpellier.
Le 3 octobre, nous avons eu le grand plaisir d’installer six ruches dans
l’enceinte du hameau de la Reine au Château de Versailles en partenariat avec
l’Etablissement public du Musée et du Domaine National de Versailles et l’Oréal
Paris.
Jean-Jacques Aillagon, ancien ministre et président de l’Etablissement Public,
Alain Ducasse, directeur général de l’Oréal et Alain Baraton jardinier en chef,
bien connu pour ses nombreux ouvrages et ses émissions radios participaient à
l’implantation des colonies.
Nous félicitons également la municipalité de Lille, une des premiers partenaires
« abeille sentinelle de l’environnement » qui a nommé un conseiller municipal en
charge de l’apiculture urbaine, M. Pradal. Une première en France.
Votre revue évolue. Nous souhaitons la rendre encore plus attractive et
dynamique. N’hésitez pas à nous faire part de vos remarques.
Au plaisir de vous rencontrer à Villefranche.
N.B certains apiculteurs bretons nous ont indiqué que les récoltes de miel dans
la plupart des zones de cette région n’étaient pas aussi bonnes que nous
l’avions souligné dans le numéro de septembre. Nous les remercions de leur
réactivité et nous en prenons acte.
Henri CLÉMENT Président de l’UNAF

Editorial n°697
Récolte d’été : plutôt
satisfaisante dans la plupart des régions
En cette fin d’été, nous pouvons essayer de dresser un
premier bilan des récoltes 2008.
En règle générale, la saison ne sera pas aussi catastrophique que les mois de
mai et de début juin le laissaient présager.
Sur le Massif Central ou dans les Pyrénées, la production de miel de montagne
est relativement bonne comme en Bretagne où, après une belle récolte de colza,
les miellées d’été se sont révélées plutôt satisfaisantes.
En Provence, sans être exceptionnelle, la récolte de lavande est bonne et bien
supérieure aux années précédentes. Le châtaignier a produit correctement, voire généreusement, dans la plupart des
régions, à l’exception de certains terroirs cévenols où la climatologie s’est
révélée défavorable.
Dans les zones de tournesol, hormis sur certains secteurs bien localisés, où il
conviendra d’en rechercher la cause, la production est encourageante et
plusieurs apiculteurs affirment retrouver des résultats avec des ruches
populeuses « comme avant ».
L’incidence du « Cruiser » fort peu employé, peut-être en raison des précautions
d’emploi dissuasives, est difficilement mesurable.
Seule ombre au tableau, l’absence de miel de sapin et la faiblesse des
productions de l’est de la France confronté à une absence de miellé et de
surcroit à des mortalités printanières élevées. Une fois encore, cela démontre
que la situation n’est pas irréversible, que les apiculteurs ne sont pas
soudainement devenus « mauvais » et que le retrait des « gaucho » et « Régent »
a un impact positif sur les abeilles.
Une anecdote éloquente : à l’école vétérinaire de Maison-Alfort à Paris, toutes
les ruches ont entre 5 et 6 hausses operculées et quelques unes 7...
Impressionnant ! Même si l’avenir de l’apiculture n’est pas en ville mais dans
nos campagnes...
Du 23 au 26 octobre 2008 : venez nombreux au prochain Congrès national.
Confronté sans cesse à de nouveaux défis au quotidien (impacts phytosanitaires,
climatologie, questions sanitaires, frelon…), les apiculteurs doivent
constamment échanger leurs expériences, s’informer et connaître les dernières
recherches scientifiques.
Aussi, un congrès national est-il devenu incontournable pour celui qui pratique
l’apiculture, qu’il possède trois ou plus de quatre mille ruches...
Je vous engage donc à participer au prochain Congrès de Villefranche-sur-Saône
où l’ensemble des sujets qui nous préoccupent seront abordés.
Inscrivez-vous sans tarder pour en faciliter l’organisation et d’être sûr
d’avoir votre place.
Le temps où nous pouvions nous satisfaire d’échanges nationaux est aujourd’hui
achevé.
Le combat que nous avons courageusement mené grâce à votre soutien actif contre
les produits phytosanitaires neurotoxiques systémiques en France ne peut évoluer
favorablement et de manière efficace que s’il se poursuit à l’échelle
européenne.
Nos collègues, italiens, allemands, espagnols, slovènes, grecs... déplorent des
mortalités considérables et s’engagent à leur tour dans le combat.
Ne restons pas isolés ! Il est temps de fédérer nos efforts, de partager nos
connaissances et nos expériences et d’engager des actions communes.
Le combat des uns est le combat des autres et, en réalité, le combat de tous.
Bien que les règlementations d’homologations soient différentes dans les pays
hors communauté européenne, élargissons aussi nos échanges !
Nous sommes ainsi très heureux que des collègues américains, exploitant pour
l’un plus de 7 000 ruches, confrontés au médiatique Colony Collapse Disorder ou
CCD, aient accepté de participer à nos journées.
Nous sommes aussi très heureux d’accueillir Lucas Martinez, apiculteur argentin,
vice-président d’Apimondia et organisateur du Congrès de 2011 comme les
collègues turcs ou syriens.
L’abeille ne connaît pas de frontières...
Près de quatre-vingt exposants participeront à cette manifestation et vous
présenteront leurs dernières innovations. Faites leur confiance et n’hésitez pas
à les solliciter avant le Congrès afin de profiter de votre venue pour prendre
possession de votre commande.
Je tiens à remercier toute l’équipe du syndicat du Rhône qui a travaillé sans
relâche et avec professionnalisme sous la présidence d’Alain Rouchon afin que
vous gardiez un souvenir impérissable du Congrès de Villefranche-sur-Saône. Sans
ce dévouement irremplaçable, rien ne serait possible.
Je remercie également les collectivités territoriales, Conseil Régional
Rhône-Alpes, Conseil Général, Ville de Villefranche-sur-Saône, Communauté
d’Agglomération de Villefranche (CAVIL)... Pour leur soutien déterminant.
Je remercie également la FNOSAD comme le CARI de Belgique d’être associés à cet
évènement.
St Gaudens, un procès qui n’en finit pas !
Durant la dernière semaine de septembre, le premier procès de Saint-Gaudens,
consacré aux mauvaises pratiques agricoles (importations de produits illicites
d’Espagne), interrompu en novembre pour cause de grève des avocats, reprend.
Maitre Fau défendra une nouvelle fois les intérêts des apiculteurs et de l’UNAF.
C’est avec la plus grande attention que nous prendrons connaissance du rapport
que le député de Haute-Savoie Martial Saddier doit remettre en septembre au
gouvernement au terme de sa mission sur l’apiculture qui lui a été confié par le
gouvernement.
Nous vivons dans l’espoir que les mesures préconisées soient pertinentes pour le
monde apicole et puissent enfin se concretiser. Martial Saddier nous présentera
lui-même son rapport lors du Congrès. Nous l’en remercions.
Au plaisir de vous rencontrer à Villefranche-sur-Saône.
Henri CLÉMENT Président de l’UNAF

Editorial n°696
En moins de trois pages…
Alors que les conditions météorologiques se sont
améliorées et laissent présager dans la plupart des régions de belles récoltes
de miel qui dans certains secteurs sont également favorisées par les
interdictions ministérielles de pesticides prononcées par nos ministres de
l’Agriculture Hervé Gaymard et Dominique Bussereau, l’instruction pénale
concernant le Regent TS à Saint-Gaudens a connu un dérapage inimaginable : des
réquisitions de non lieu du procureur !
Comment se peut-il qu’en moins de trois pages de discussion (30 pages de liste
des apiculteurs parties civiles), le procureur de Saint-Gaudens prétende tirer
un trait sur cinq ans d’une instruction pénale engagée par ses prédécesseurs et
enterrer ce dossier environnemental majeur autour duquel un consensus paraissait
établi entre la position des ministres de l’Agriculture successifs et l’action
publique au plan judiciaire ?
Comment se peut-il qu’en moins de trois pages les réquisitions de ce procureur
prétendent balayer toutes les décisions précédentes des juges d’instruction et
de la Cour d’appel de Toulouse qui étaient allés jusqu’à ordonner la
consignation de deux millions d’euros par les firmes agrochimiques pour garantir
après leur mise en examen, l’indemnisation des victimes et le paiement des frais
de justice ?
Comment se peut-il qu’en moins de trois pages les réquisitions de ce procureur
puissent nier le sérieux des charges lourdes et concordantes que la Cour d’appel
de Toulouse n’avait cessé de confirmer sur les réquisitions du Procureur
Général.
Comment se peut-il que ces réquisitions abondent dans le sens de ceux qui
avaient été jusqu’à demander à la Cour de cassation le dessaisissement du juge
d’instruction pour suspicion légitime ?
Se pourrait-il qu’un tel dossier, qui a imposé aux ministres successifs la
remise mise à plat des procédures d’homologation pour éviter de nouvelles
déviances, ne termine en fumée.
Se pourrait-il, au moment où nos collègues apiculteurs allemands qui ont subi
durant ce printemps de graves dommages par les pesticides vont être indemnisés
par Bayer, que les victimes françaises soient privées d’un procès ?
Nous ne pouvons le croire ni moins encore l’accepter.
Se pourrait-il qu’il existe un tel gouffre entre les préoccupations de la
société civile et celles de la justice de notre pays ?
La preuve est encore faite que la lutte doit être incessante !
En 2007, la Commission Européenne a inscrit le fipronil mais renvoie aux Etats
membres la charge de contrôler l’innocuité du fipronil sur les abeilles parce
qu’elle n’est toujours pas établie…
En 2008, elle étudie l’inscription de l’imidaclopride sur la liste positive
malgré les travaux du CST qui avaient conclu à un risque préoccupant sur les
abeilles… Il a fallu la vigoureuse réaction des apiculteurs pour que la décision
sur ce dossier peu clair soit remise à la réunion des 25 et 26 septembre et nous
serons très vigilants !
La mobilisation continue. Tous ensemble nous y arriverons !
Le député Martial Saddier présentera à l’automne le rapport de mission sur
l’apiculture que lui avait confié le gouvernement. Nous espérons que les
conclusions seront constructives et réalistes pour la défense de l’abeille et
des apiculteurs et que les pouvoirs publics les prendront réellement en
considération.
Sur le terrain, avec l’évolution du climat et les interrogations liées à
l’efficacité des produits autorisés contre le varroa, je vous engage à procéder
au traitement contre cet acarien dès le mois d’août, et à effectuer au terme des
dix semaines un test de contrôle, soit avec la même molécule mais sous une forme
d’application différente, soit avec une autre molécule.
N’oubliez pas également de procéder à un nourrissement stimulatif permettant à
la reine de pondre des abeilles d’hiver en quantité suffisante afin d’optimiser
l’hivernage de vos colonies.
Ce numéro nous donne le plaisir de vous présenter le pré-programme du Congrès de
Villefranche sur Saône. Tous les grands sujets d’actualité concernant
l’apiculture seront abordés par des spécialistes éminents.
Aussi, je vous engage d’ores et déjà à effectuer vos inscriptions afin de
participer à ce Congrès qui devrait être une réussite exceptionnelle. Tous mes vœux vous accompagnent pour une bonne saison apicole !
Je vous souhaite à tous de belles récoltes et des colonies populeuses pour
affronter l’hivernage dans les meilleures conditions.
Henri CLÉMENT Président de l’UNAF

Editorial n°695
Produits
phytosanitaires / intoxications d’abeilles. Tout comme l’UNAF, les syndicats allemands ont su réagir avec vigueur.
Dans de nombreuses régions de France, le mois de mai,
maussade et pluvieux, n’a pas favorisé l’essor de nos colonies. Hormis dans
quelques zones privilégiées, les récoltes d’acacia ne seront pas à la hauteur de
nos espérances et les récoltes de printemps bien faibles…
Le 20 mai, l’Assemblée nationale a adopté, par 289 voix contre 221, le projet de
loi transcrivant la directive européenne sur les Organismes Génétiquement
Modifiés. Au sein de l’UMP, 11 députés ont eu le courage de voter contre et 19
se sont abstenus.
Quelques jours auparavant, de manière inattendue, le projet de loi avait été
rejeté en raison de l’absence de nombreux députés de la majorité. Ce manque
d’engouement pour un texte flou et peu protecteur traduit le malaise des élus
qui devront rendre des comptes à leurs électeurs. Cette loi renvoie tout pouvoir
décisionnel au seul ministre de l’Agriculture qui autorisera et fixera, par
décret, les conditions de cultures de telle plante OGM. Après avoir largement
informé nos représentants des risques engendrés par la mise en culture de telles
plantes, notamment pourvues de gènes insecticides, l’’UNAF sera très vigilante
sur les conséquences de la mise en culture de toute nouvelle plante
génétiquement modifiée butinée par les abeilles et n’hésitera pas à saisir la
justice chaque fois qu’elles seront en danger.
Le gouvernement allemand suspend l’autorisation de huit pesticides dont le
Cruiser® et le Poncho. En raison de la forte pluviométrie, nous n’avons pas connu d’intoxications
d’abeilles à large échelle lors des semis de maïs enrobés Cruiser®. Pourtant
après l’Italie, c’est au tour de l’Allemagne et de la vallée du Rhin d’être
touchées… Des dizaines de milliers de colonies d’abeilles ont été victimes de molécules de
produits phytosanitaires neurotoxiques. Les experts ont démontré que les doses
retrouvées sur les abeilles expliquaient ces mortalités et aussitôt le
Gouvernement a suspendu l’autorisation de mise sur le marché de 8 produits dont
le Cruiser® et le Poncho.
Par ailleurs, les doses observées sont si élevées que les services vétérinaires
ont adressé une note aux apiculteurs afin de leur recommander certaines
précautions comme le retrait des cadres de pollens contaminés afin de tenter de
sauver ce qui peut encore l’être.
Le ministre de l’Agriculture français a accordé l’AMM du Cruiser® au nom de la
reconnaissance mutuelle. Avec le retrait de l’AMM décidé par les pouvoirs
publics allemands, l’autorisation française est largement remise en cause… Nous apprenons également que la Slovénie aurait à son tour retiré plusieurs
produits dont le Gaucho, le Poncho et le Cruiser®…
Alors que la France était considérée comme un pays précurseur dans la gestion
des produits phytosanitaires pour avoir retiré l’AMM du Gaucho sur tournesol
puis sur maïs et du Régent, c’est aujourd’hui l’Allemagne qui prend le relais.
Il est temps, Monsieur le Ministre, que notre pays retrouve, au mépris des
enjeux financiers des firmes, la voie du courage et de la protection de
l’environnement. Cour d’appel d’Angers : une nouvelle victoire pour l’UNAF Nous nous félicitons de l’arrêt de la cour d’appel d’Angers qui a condamné un
arboriculteur du Maine-et-Loire pour n’avoir pas respecté la législation en
vigueur et intoxiqué les ruches d’un apiculteur. Le rôle de ces actions
juridiques engagées par l’UNAF est pédagogique. A l’heure où le rôle
prépondérant des insectes et en particulier de l’abeille est reconnu comme
incontournable, il est temps que l’ensemble du monde agricole intègre cette
donnée et protège dans son propre intérêt, les abeilles.
Le Congrès National va accueillir de nombreux intervenants venus du monde entier Organisé par une dynamique équipe du Syndicat du Rhône dirigée par le président
Rouchon, le congrès national de l’apiculture française se déroulera les 23, 24,
25 et 26 octobre à Villefranche-sur-Saône.
Grâce au soutien des collectivités territoriales et notamment du conseil
régional Rhône-Alpes, ce congrès devrait, de par la qualité exceptionnelle de
ses intervenants, rassembler un très large public. Les conférences sur les
questions sanitaires seront organisées en partenariat avec la FNOSAD, d’autres
avec le CARI, centre technique belge dirigé par notre ami Etienne Bruneau qui
fêtera avec nous ses 25 ans d’existence. De nombreux intervenants venus du monde
entier nous permettront d’aborder tous les thèmes qui nous préoccupent comme
l’impact des phytosanitaires, les mortalités, le frelon Vespa Velutina, le
marché du miel, l’apithérapie…
Le programme et les formulaires d’inscription vous seront présentés dans la
revue de juillet-août.
En attendant, espérons que les conditions climatiques vont s’améliorer. Il
serait temps.
Henri CLÉMENT Président de l’UNAF

Editorial n°694
Les conditions climatiques ne
s’améliorent pas et les récoltes de printemps ne devraient pas être
généreuses…
Le 10 avril, nous avons participé à une réunion au
ministère de l’Agriculture pour découvrir le protocole de suivi du Cruiser® qui
nous avait été annoncé le 3 janvier par le ministre de l’Agriculture Michel
Barnier sur recommandation de l’Agence française de sécurité sanitaire des
aliments (AFSSA).
Comme nous l’avions pressenti, ce protocole a été examiné à la va-vite par les
experts d’un comite scientifique et technique largement remanié.
Le manque de rigueur scientifique est extrêmement inquiétant notamment sur des
points aussi essentiels que la caractérisation et la connaissance des zones
d’observation et en particulier des zones témoins… Sans compter la mesure de la
contamination de l’air avec des boîtes de Pétri…
Enfin, alors que depuis janvier il était évident que le ministère devait se
préoccuper d’acquérir des ruches après avoir effectué une visite sanitaire au
préalable, il ne possède pas les colonies et naturellement les études poussières
au moment des semis ne seront effectuées au mieux que dans un seul des trois
sites…
Compte tenu des conditions climatiques défavorables, la date limite des semis au
15 mai sera-t-elle respectée ?
Comme nous le pressentions, les rares avancées de la loi OGM obtenues à
l’Assemblée nationale ont été balayées lors du vote au Sénat. Nous vous
engageons tous à responsabiliser vos députés afin que lors du nouveau vote à
l’Assemblée, le texte évolue dans un sens plus favorable. Ce dossier dépasse
largement les clivages politiques traditionnels et le vote de chaque élu sera
déterminant pour notre avenir.
Nous avons appris l’élection à la présidence de la FNOSAD de notre ami
Jean-Marie Barbançon, vétérinaire et apiculteur professionnel, dynamique et
pragmatique. Nous le remercions d’avoir accepté cette responsabilité. C’est une
excellente nouvelle pour toute l’apiculture.
Le président Vedrenne, au terme d’une présidence de trente ans à la tête du
Syndicat national d’apiculture, a cédé son mandat à Mme Lortsch. Il devient
secrétaire général.
Nous félicitons Mme Lortsch et nous serons ravis de travailler ensemble, en
bonne intelligence, pour la défense de l’abeille et de l’apiculture.
Trois nouveaux partenaires ont rejoint notre opération « Abeille sentinelle de
l’environnement » : le Conseil régional Ile-de-France, le domaine viticole «
Larose Trintaudon » dans le Médoc et le groupe de presse « Marie Claire ». Nous
nous en félicitons.
L’objectif de ce projet est de tirer une sonnette d’alarme sur la situation
préoccupante de l’abeille et de l’apiculture, de relayer les combats syndicaux
que nous poursuivons avec énergie, de mieux faire connaître les produits de la
ruche comme le rôle majeur de l’abeille grâce à la pollinisation dans la
production agricole et la sauvegarde de la biodiversité, et d’intégrer
l’apiculture et les apiculteurs dans la société.
Cette démarche lors des installations et des récoltes engendre des relations
étroites et privilégiées avec les décideurs des collectivités partenaires et
permet ainsi une meilleure prise en compte des demandes d’aide formulées par la
filière.
Henri CLÉMENT Président de l’UNAF

Editorial n°693
Bouleversements climatiques
Depuis très longtemps nous n’avions pas subi un mois de
mars à ce point froid et venteux, aussi défavorable au développement des
colonies… Pour produire du miel, chacun le sait ou devrait le savoir car
certains experts semblent encore l’ignorer, il faut disposer de belles colonies
saines et populeuses, des ressources nectarifères en quantité suffisante, des
conditions climatiques favorables et ne déplorer aucune intoxication.
Si un seul de ces quatre paramètres dysfonctionne, les espoirs de récolte sont
amoindris ou réduits à néant.
Les apiculteurs sont les premiers à être touchés par le réchauffement qu’il
conviendrait de qualifier plutôt de bouleversement ou de changement climatique.
Les scientifiques qui observent les dates de floraisons des vergers considèrent
que les floraisons sont avancées de près de 15 jours et durent moins longtemps
que par le passé.
Depuis 2003, dans plusieurs départements, en raison de la sécheresse
persistante, les apiculteurs ont été reconnus, parfois hélas à plusieurs
reprises, en zone de calamités agricoles. La production de miel de lavande s’est
effondrée, contrariée notamment par une météo défavorable, des floraisons
écourtées en raison de moyens de récolte de fleurs mécanisés, et parfois
aggravée par des intoxications sournoises.
Même la production de miel de châtaignier dans les Cévennes n’est plus aussi
régulière que par le passé et les rendements à la ruche varient considérablement
d’une vallée à l’autre en fonction des orages ou des expositions. Dans les
garrigues du sud de la France, les plants de thym avaient énormément souffert de
la canicule. D’ores et déjà, nos collègues grecs déplorent un fort impact sur
les colonies et une baisse de production comme nos collègues marocains qui ont
vu leurs rendements chuter de près de 40 kg à moins de 8 kg par ruche
transhumante…
L’impact de ces bouleversements climatiques ne concerne pas seulement la
production de miel mais également la vitalité des colonies.
En 2004, dans certaines régions exposées à une sécheresse exceptionnelle, la
reine avait cessé de pondre dès le mois de juillet et dès la fin août, les
populations commençaient à décroître avant de périr. C’est là une loi naturelle
et implacable.
De la même manière, les hivers doux favorisent la ponte de la reine et donc le
développement des varroas. L’hiver 2006-2007 a été particulièrement tempéré et
ceux qui ont tardé cette année à traiter leurs colonies contre cet acarien ont
parfois subi de sérieux dommages. Aussi, dorénavant, il convient de procéder à
un premier traitement dans la plupart des régions dès le mois d’août.
Le comité de suivi du Cruiser® va étudier le 10 avril le protocole qui devrait
accompagner l’autorisation de mise sur le marché. M. Barnier, ministre de
l’Agriculture, s’est personnellement engagé le jour de la manifestation à ce que
ce suivi soit rigoureux et doté de moyens financiers adéquats. Nous évaluerons
donc la réalité de cet engagement en fonction de la pertinence du protocole
présenté et nous prendrons dès lors les décisions qui s’imposent. Nous rencontrerons également M. Sadier, député, en charge d’une mission sur
l’apiculture que lui a confié le gouvernement. Nous lui présenterons une note de
travail présentant la situation de l’apiculture et les orientations qui
devraient être prises si, comme on peut l’espérer, les pouvoirs publics
souhaitent développer cette filière essentielle pour l’agriculture comme pour
l’avenir de notre planète.
Enfin, nos députés vont voter le texte transcrivant en droit français la
directive européenne sur les OGM. Nous espérons que contrairement au Sénat, les
élus prendront en compte véritablement les revendications de l’apiculture et
adopteront un texte satisfaisant.
Les femelles fondatrices du frelon Vespa velutina continuent, elles, à implanter
leurs nids.
Sans que les pouvoirs publics réagissent…
Et sans être, en aucune manière, dérangées par les bouleversements climatiques.
Henri CLÉMENT Président de l’UNAF

Editorial n°692
Une belle manif prometteuse
Venus des quatre coins de France, les apiculteurs
s’étaient largement mobilisés pour défiler à Paris devant le ministère de
l’Environnement et le ministère de l’Agriculture. Sans aucune exception, du SNA
au SPMF en passant par la FNOSAD, la Fédération des coopératives apicoles, la
Confédération Paysanne, les syndicats régionaux comme le SAPP, le SAPRA, le
SAPCO, le SAPBB… toutes les structures représentatives de l’apiculture étaient
présentes. Nous étions près de 2 000 manifestants à dire non à l’autorisation de
mise sur le marché du Cruiser. Des délégations étrangères s’étaient également
jointes à nous comme nos collègues italiens réunis autour de Francesco Panella
ou belges. Les associations du Grenelle de l’environnement étaient également
présentes comme la ligue de protection des oiseaux, Agir pour l’Environnement,
le MDRGF, Alliance pour la planète, la Fondation Nicolas-Hulot…
Je remercie également les partenaires de l’opération « Abeille Sentinelle de
l’Environnement » qui se sont mobilisés à leur tour pour lutter contre le
Cruiser®. Le vice-président du Conseil régional du Languedoc-Roussillon, Yves
Pietrasanta, a organisé une conférence de presse avec les apiculteurs pour
informer la presse des dangers du Cruiser® tant pour les abeilles que pour les
oiseaux ou les eaux. Jean-Jacques Queyranne, président du Conseil régional
Rhône-Alpes, participe aux côtés des apiculteurs lors d’une action au Salon
Primevère à Lyon et la société Botanic fait signer une pétition pour obtenir le
retrait de cette préparation phytopharmaceutique qui n’aurait jamais dû être
homologuée. Merci à tous.
L’UNAF a déposé une requête auprès du Conseil d’Etat pour obtenir l’annulation
de cette décision ministérielle et suivra avec la plus grande attention les
protocoles de suivi des cultures de maïs Cruiser® qui seront mises en place dans
les trois régions: Aquitaine, Midi-Pyrénées et Rhône-Alpes.
Le ministre de l’Agriculture ne rend pas service à l’agriculture en autorisant
ce type de produit. Il serait plus pertinent de changer de méthodes de cultures,
de privilégier la rotation et de faire évoluer notre agriculture vers des
méthodes de développement véritablement durable.
Si le ministère de l’Ecologie et du Développement durable s’est montré courageux
sur le dossier du Monsanto810, il s’est littéralement couché sur le Cruiser®,
mettant une tâche noire sur le Grenelle de l’environnement qui avait suscité de
nombreux espoirs.
Enfin, les firmes de l’agrochimie qui misent tout leur développement sur les
enrobages de semences se trompent de stratégie. On ne peut pas demander plus à
une molécule que ce qu’elle peut donner. Vouloir protéger le système racinaire
et le développement aérien ne peut se faire sans des dégâts collatéraux graves
comme sur les abeilles, les eaux ou les oiseaux…
Restons mobilisés. Notre combat va dans le sens de l’histoire. Soutenus par de
nombreuses associations, nous ne pouvons que l’emporter.
Henri CLÉMENT Président de l’UNAF

Editorial n°691
Mobilisation générale !
Comme M. Cadot, directeur de cabinet du ministère de
l’Agriculture, nous l’avait annoncé le 3 janvier, le ministère de l’Agriculture
a accordé le 8 janvier une autorisation de mise sur le marché du Cruiser®,
produit par la société Syngenta pour l’usage maïs.
La matière active de
cette préparation, le thiamétoxam, a été tenue pour responsable en 2007, de
nombreuses dépopulations de colonies d’abeilles en Italie, notamment au moment
des semis. Le produit a été quantifié dans les échantillons d’abeilles mortes.
Les études réalisées par le Dr Belzunces à l’INRA d’Avignon démontrent
également un risque majeur pour les abeilles, en particulier sur l’orientation
et ce, à des doses infinitésimales…
Si aujourd’hui est enfin admise la
dangerosité des produits neurotoxiques systémiques envers les insectes
pollinisateurs comme les abeilles, autoriser le Cruiser® de la Société Syngenta
conduit à sacrifier à nouveau l’apiculture au profit d’une économie aveuglée par
le court terme sans prendre en compte l’environnement.
Bien qu’assortie
de nombreuses réserves, cette autorisation menace à nouveau l’apiculture
française, convalescente après les années Gaucho/Régent.
Dans
l’adversité, la filière apicole a l’intelligence de savoir surmonter ses
différences pour se rassembler et réagir avec détermination pour protéger
l’abeille et l’avenir de l’apiculture.
Nous vous invitons tous à la
grande manifestation de toute l’apiculture française contre l’autorisation de
mise sur le marché du Cruiser® le jeudi 21 février 2008. Rassemblement devant la
tour Eiffel à 10 heures.
Plusieurs délégations étrangères pourraient se
joindre à nous.
Mobilisez-vous! Ce problème vous concerne tous!
Si vous possédez 300, 500, 1 000 ou 3 000 ruches, c’est votre avenir
professionnel qui est remis en cause et toute une économie qui est menacée.
Si, comme l’immense majorité des apiculteurs, vous entretenez quelques
ruches pour le plaisir et par passion, vos abeilles participent de manière
active à la sauvegarde de la biodiversité. Vous ne pouvez pas les laisser
intoxiquer…
En contact avec les molécules, elles disparaissent comme en
Italie au cours du printemps 2007.
Affaiblies, elles végètent et sont
plus sensibles aux pathologies qui continuent à les fragiliser et qu’elles
véhiculent sur l’ensemble du territoire.
Mobilisons-nous pour nos
abeilles, pour l’avenir des générations futures !
Pour les modalités
pratiques de votre déplacement à Paris pour la manifestation du 21, n’hésitez
pas à prendre contact avec vos responsables apicoles départementaux.
Henri CLÉMENT Président de
l’UNAF

Editorial n°690
L’année 2008 a commencé très
fort... !
Très fort et fort mal. L’esprit du Grenelle de
l’environnement est bien fini.
Nous avons été invités par M. Cadot,
directeur de cabinet de M. Barnier, ministre de l’Agriculture, à une réunion
organisée en urgence, entre les fêtes et sans véritable ordre du jour.
L’UNAF est intervenue avec succès afin que l’ensemble de la filière, dont
avaient été « oubliés » : FNOSAD, CNDA, Fédération des Coopératives, marchands
de matériel et négociants – alors que des associations non représentatives
étaient, elles, invitées – soit représenté. L’autorisation de mise sur le
marché de nouveaux produits phytosanitaires neurotoxiques systémiques en
enrobage de semences représentait le point majeur de cette rencontre.
Si, en raison de risques concernant les eaux souterraines, le « poncho »,
produit par Bayer, à base de chlothianidine, a subi une évaluation défavorable
de la part de l’AFSSA et ne sera pas, du moins pour l’instant, autorisé ; le
«Cruiser® », à base de thiamétoxam produit par Syngenta, devrait, lui, être
autorisé sur maïs.
Lors d’un premier avis, très défavorable formulé par
l’AFSSA, notamment en raison des risques préoccupants pour les abeilles, l’AFSSA
demandait que les ruches soient éloignées de 3 kilomètres lors de la floraison.
Après examen d’éléments complémentaires fournis par la firme, l’AFSSA estimait,
dans un deuxième avis, que ce risque devait être minoré.
Le « Cruiser® »
serait donc autorisé sur maïs à l’exception des maïs doux et des maïs mâles pour
les productions de semences. Il ne pourrait être autorisé, compte tenu de sa
rémanence, qu’une fois tous les trois ans sur la même parcelle et les cultures
suivant une culture traitée ne devraient pas avoir une vocation apicole. Après
une culture maïs traitée « Cruiser® » exit les cultures de tournesol, de colzas,
de trèfle, de luzerne ou de maïs…
Un comité de pilotage auquel
participeraient les syndicats apicoles devrait, à partir de protocoles à
valider, effectuer un suivi de cette autorisation sur le terrain.
Un
protocole «poussière» devrait s’assurer que lors des semis, la molécule ne
soit pas dispersée dans l’atmosphère.
Rappelons qu’en Italie, en 2006,
comme nous le rappelait le président Panella, de l’UNAAPI, des milliers de
colonies d’abeilles ont été complètement dépeuplées au moment des semis et les
analyses ont démontré la présence de… tiamétoxam. Le Comité Scientifique et
Technique serait réactivé.
Lors de l’arrivée de «Gaucho » et du « Régent
» les phytosanitaires neurotoxiques systémiques en enrobages de semences étaient
présentés comme écologiques, sans danger et quasiment biologiques…
Aujourd’hui, cette approche est finie. Nos combats ont fait prendre conscience
de la dangerosité de ces produits mais ignorant les risques pour les abeilles et
l’environnement, on les autorise. Avec des précautions inimaginables il y a 3
ans, mais on les autorise…
Consciente du danger que représente cette
décision pour l’avenir des abeilles et de l’apiculture, l’UNAF prend acte de
cette annonce et ne tardera pas à réagir.
Le rapport final du CST sur fipronil/abeille devrait être validé lors d’une
réunion du comité de pilotage le 30 janvier. Il était temps… car il est
achevé depuis le printemps 2007 et la France était en outre le pays rapporteur
pour l’évaluation de cette molécule au plan européen.
Un Monsieur Abeille
a été nommé. Il s’agit de M. Dattier, député de Haute-Savoie.
Nous lui
souhaitons la bienvenue et lui apporterons notre contribution afin que les
mesures de relance de la filière qu’il doit présenter au terme de sa mission de
six mois soient pertinentes et surtout suivies d’actes… car des plans de
relances sans lendemain, l’UNAF a en connu plusieurs en moins de dix ans…
Le gouvernement semble avoir enfin pris conscience du problème Frelon et va
désigner le ministère en charge du dossier dans les prochains jours. Il pourrait
s’agir du ministère de l’Intérieur.
Un groupe de travail va être
constitué pour travailler sur le retour des déclarations annuelles de ruches,
sur la création de l’Institut Technique, sur l’élaboration d’un réseau
d’épidémiosurveillance, sur la coordination de la lutte contre les pathologies
apicoles…
Je vous souhaite à vous et à vos proches une excellente année
2008.
Santé, bonheur, réussite…
Belles colonies et beaux rayons gorgés de
miel.
Henri CLÉMENT Président de
l’UNAF
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