ABEILLES ET FLEURS Archives Editoriaux 2007

Editorial n°700
Notre environnement se dégrade de plus en plus vite, des mesures d’urgence s’imposent !

Les eaux sont polluées, les sols contaminés, la fertilité humaine a baissé de 50 % en un demi-siècle, les productions agricoles contiennent trop souvent des pesticides dont le lien avec l’augmentation des cancers est aujourd’hui reconnu par les plus grands spécialistes comme les chercheurs de l’INSERM.

La situation est devenue préoccupante et la tenue du Grenelle de l’environnement l’an dernier a confirmé l’ensemble de ces inquiétudes. Il est urgent de prendre des décisions courageuses pour essayer d’endiguer cette dramatique évolution.

L’interdiction des insecticides neurotoxiques systémiques en est une. Impossible direz-vous ! L’Italie vient de le décider. Comme l’Allemagne, la Slovénie ou la Suisse.

Il est pourtant incontestable que ces molécules hyperpuissantes – quelques dizaines de grammes suffisent à traiter un hectare... – demeurant très longtemps dans le sol – plus de trois ans – n’ont absolument rien de raisonné ou de développement durable. Elles agissent en préventif et de manière systématique, sur des centaines de milliers d’hectares...

Imaginez que pour prévenir d’hypothétiques problèmes de santé en hiver, le ministère de la Santé prescrive des antibiotiques à tous les Français... D’autant plus que des solutions alternatives existent.

En premier lieu la rotation des cultures qui est reconnue pour son efficacité contre les taupins et la chrysomèle par les agronomes comme par M. Mathurin, de la DGAL. Sans oublier les trichogrammes, ces insectes qui détruisent la pyrale. Et certains microgranulés, eux aussi efficaces contre les taupins…

En son temps, la France avait su montrer la voie en retirant le « Gaucho » sur tournesol puis sur maïs et le « Regent » sur toutes cultures. La France doit redevenir pionnière en matière de gestion des pesticides. Michel Barnier a inventé le principe de précaution. En ré-autorisant le Cruiser il bafouerait ce principe et enterrerait les espoirs suscités par le Grenelle de l’environnement. Un peu de courage, Monsieur le ministre.

La qualité de l’environnement que nous léguerons à nos enfants en dépend.

Le syndicalisme devient de plus en plus lourd et complexe. L’UNAF au fil des ans s’est professionnalisée pour affronter les nouveaux défis qui conditionnent la survie des abeilles et de l’apiculture. Nous disposons aujourd’hui d’un conseil juridique efficace en la personne de maître Fau.

Deux récompenses pour « l’Abeille, sentinelle de l’environnement »

Notre programme de communication « Abeille sentinelle de l’environnement » répond aux préoccupations de notre société et connaît un succès considérable. Il vient de recevoir deux prix lors de la remise des Oxygen et H2O Awards en tant que Premier Prix de politique environnementale et Prix « spécial du public ».

Je remercie tous les membres de l’équipe qui travaillent avec efficacité pour relayer auprès du grand public le rôle indispensable de l’abeille et les menaces qui la fragilisent.

Il nous fallait aller plus loin et structurer encore l’équipe en se dotant d’un secrétaire général. Nous avons recruté Johan Peron qui assistera le président et le bureau, coordonnera les projets de l’UNAF et apportera un conseil aux responsables départementaux qui le solliciteront pour la réalisation de différents projets.

Seul un syndicat solide, doté de moyens humains et financiers véritables, sachant associer l’ensemble des apiculteurs, petits producteurs comme apiculteurs professionnels, permettra de défendre l’abeille et l’apiculture.

Je vous souhaite à vous et à vos proches de bonnes fêtes de fin d’année !

Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF

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Editorial n°699
Congrès de Villefranche : merci à tous !

Par la qualité de l’accueil des élus de Rhône-Alpes, par le talent, le dévouement et la passion de nos collègues du Syndicat du Rhône et de tous ceux qui contribuent à l’organisation de ce Congrès sous l’égide de l’UNAF, le Congrès de Villefranche imprimera, j’en suis persuadé, un très beau souvenir, dans l’esprit de celles et de ceux qui ont eu le plaisir d’y participer.

Ayons conscience que rien de tout cela n’aurait été possible, sans le dévouement, le dynamisme et le travail de toute l’équipe du Syndicat du Rhône, acharnée, énergique.

Au président Rouchon, à ses adjoints Fernand Durand, Jacques Fresney et à tous les bénévoles qui l’entourent, je dis en votre nom à tous, en notre nom à tous, un grand merci pour leur dévouement et pour leur engagement.

Aux grands responsables des collectivités territoriales qui nous ont reçu, qui ont compris nos appels et les enjeux fondamentaux que notre profession révèle et porte, qui ont compris l’importance du discours que la raison commande, à eux qui ont su nous apporter leur aide financière déterminante, à eux tous, je dis ma très sincère gratitude.

Tous nos sujets d’intérêt ont été abordés au cours de ce Congrès et ces sujets ont aujourd’hui un retentissement considérable qui dépasse largement le cercle de notre activité.

C’est une fierté pour nous, apiculteurs, d’avoir initié dans l’opinion publique certains des plus grands débats environnementaux qui bousculent aujourd’hui les consciences !

Les conférenciers abordent ici l’ensemble des thèmes qui aujourd’hui préoccupent le monde apicole, qui conditionnent la pratique quotidienne de notre activité, qui concernent la survie des colonies d’abeilles et qui déterminent la valorisation de nos produits.

Ces échanges sont devenus fondamentaux aujourd’hui et un Congrès National ne peut se limiter à une vision restreinte aux frontières du pays. Nos difficultés sont trans-nationales, alors notre Congrès devait être Européen ! Il fut international !

Ce fut une chance et un honneur pour nous tous d’accueillir les délégations de nos amis des Etats Membres de la Communauté Européenne bien sûr, mais aussi nos amis apiculteurs du Maghreb, de Syrie, de Suisse, nos collègues américains et même australiens, ce qui est une première dans un Congrès apicole Français.

Ce fut un vrai bonheur de retrouver ensemble, à la tribune officielle les grandes structures nationales, le SNA, la FNOSAD et l’UNAF pour accueillir Monsieur le député Saddier venu présenter son rapport.

L’apiculture française doit se rassembler pour affronter les défis qui se dessinent. C’est une nécessité.

Ce fut un vrai plaisir d’organiser la session sanitaire avec la FNOSAD.

Et un vrai bonheur de fêter un joyeux anniversaire au Cari et à nos amis belges venus nombreux.

Au revoir Villefranche. Encore merci au syndicat du Rhône.

Prochain rendez-vous : Montpellier pour APIMONDIA du 15 au 20 septembre 2009.

Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF

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Editorial n°698
Du nouveau chez nos collègues italiens

Le 26 septembre, la Direction générale de l’alimentation du ministère de l’Agriculture réunissait les représentants de la filière apicole et des associations environnementales au sujet du suivi Cruiser®.

En raison de nombreux dysfonctionnements, d’un protocole dénué de rigueur, d’absence de prise en compte des considérations des apiculteurs et de propos mensongers du ministre de l’Agriculture lui-même, l’UNAF, la Confédération Paysanne, la FNOSAD se sont retirées de la séance pour ne pas cautionner une telle parodie de suivi destinée en réalité à associer les apiculteurs dans une opération de communication pour mieux homologuer le produit et ce, malgré les incidences sur les abeilles et l’environnement... Lamentable...

Le 17 septembre, le gouvernement italien suspendait pour tous les enrobages de semences, les produits phytosanitaires contenant les substances actives clothianidine, thiaméthoxam, imidaclopride et fipronil.

Nous saluons cette décision responsable et félicitons nos collègues italiens.

Si la France, par la voie des ministres de l’Agriculture successifs, de Jean Glavany à Hervé Gaymard, a su jouer un rôle précurseur au plan européen, en matière d’autorisation de produits phytosanitaires en retirant le « Gaucho » sur tournesol puis sur le maïs et le fipronil sur toutes cultures, cette volonté semble aujourd’hui faire cruellement défaut. Malgré les promesses du Grenelle de l’environnement...

Le 10 octobre, le député Martial Saddier présentera officiellement le rapport sur l’apiculture que lui a confié le Gouvernement. Nous l’étudierons avec la plus grande attention.

Si les mesures envisagées nous paraissent pertinentes, nous mettrons tout en œuvre pour qu’elles se traduisent dans la réalité.

Afin que ce rapport ne connaisse pas le sort des multiples plans de relance qui nous avaient été annoncés par le passé...

Nous aurons l’honneur d’accueillir M. Saddier au Congrès de Villefranche-sur-Saône le samedi 25 octobre à 14 h 00.

Le programme « Abeille Sentinelle de l’Environnement » continue à prendre de l’ampleur. En partenariat avec la société Botanic, deux ruches ont été implantées sur le site de Villeneuve-les-Avignon et deux autres à Clapiers, à côté de Montpellier.

Le 3 octobre, nous avons eu le grand plaisir d’installer six ruches dans l’enceinte du hameau de la Reine au Château de Versailles en partenariat avec l’Etablissement public du Musée et du Domaine National de Versailles et l’Oréal Paris.

Jean-Jacques Aillagon, ancien ministre et président de l’Etablissement Public, Alain Ducasse, directeur général de l’Oréal et Alain Baraton jardinier en chef, bien connu pour ses nombreux ouvrages et ses émissions radios participaient à l’implantation des colonies.

Nous félicitons également la municipalité de Lille, une des premiers partenaires « abeille sentinelle de l’environnement » qui a nommé un conseiller municipal en charge de l’apiculture urbaine, M. Pradal. Une première en France.

Votre revue évolue. Nous souhaitons la rendre encore plus attractive et dynamique. N’hésitez pas à nous faire part de vos remarques.

Au plaisir de vous rencontrer à Villefranche.

N.B certains apiculteurs bretons nous ont indiqué que les récoltes de miel dans la plupart des zones de cette région n’étaient pas aussi bonnes que nous l’avions souligné dans le numéro de septembre. Nous les remercions de leur réactivité et nous en prenons acte.

Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF

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Editorial n°697
Récolte d’été : plutôt satisfaisante dans la plupart des régions

En cette fin d’été, nous pouvons essayer de dresser un premier bilan des récoltes 2008. En règle générale, la saison ne sera pas aussi catastrophique que les mois de mai et de début juin le laissaient présager.

Sur le Massif Central ou dans les Pyrénées, la production de miel de montagne est relativement bonne comme en Bretagne où, après une belle récolte de colza, les miellées d’été se sont révélées plutôt satisfaisantes.

En Provence, sans être exceptionnelle, la récolte de lavande est bonne et bien supérieure aux années précédentes.
Le châtaignier a produit correctement, voire généreusement, dans la plupart des régions, à l’exception de certains terroirs cévenols où la climatologie s’est révélée défavorable.

Dans les zones de tournesol, hormis sur certains secteurs bien localisés, où il conviendra d’en rechercher la cause, la production est encourageante et plusieurs apiculteurs affirment retrouver des résultats avec des ruches populeuses « comme avant ».

L’incidence du « Cruiser » fort peu employé, peut-être en raison des précautions d’emploi dissuasives, est difficilement mesurable.

Seule ombre au tableau, l’absence de miel de sapin et la faiblesse des productions de l’est de la France confronté à une absence de miellé et de surcroit à des mortalités printanières élevées. Une fois encore, cela démontre que la situation n’est pas irréversible, que les apiculteurs ne sont pas soudainement devenus « mauvais » et que le retrait des « gaucho » et « Régent » a un impact positif sur les abeilles.

Une anecdote éloquente : à l’école vétérinaire de Maison-Alfort à Paris, toutes les ruches ont entre 5 et 6 hausses operculées et quelques unes 7... Impressionnant ! Même si l’avenir de l’apiculture n’est pas en ville mais dans nos campagnes...

Du 23 au 26 octobre 2008 : venez nombreux au prochain Congrès national.

Confronté sans cesse à de nouveaux défis au quotidien (impacts phytosanitaires, climatologie, questions sanitaires, frelon…), les apiculteurs doivent constamment échanger leurs expériences, s’informer et connaître les dernières recherches scientifiques.

Aussi, un congrès national est-il devenu incontournable pour celui qui pratique l’apiculture, qu’il possède trois ou plus de quatre mille ruches...

Je vous engage donc à participer au prochain Congrès de Villefranche-sur-Saône où l’ensemble des sujets qui nous préoccupent seront abordés.

Inscrivez-vous sans tarder pour en faciliter l’organisation et d’être sûr d’avoir votre place. Le temps où nous pouvions nous satisfaire d’échanges nationaux est aujourd’hui achevé.

Le combat que nous avons courageusement mené grâce à votre soutien actif contre les produits phytosanitaires neurotoxiques systémiques en France ne peut évoluer favorablement et de manière efficace que s’il se poursuit à l’échelle européenne.

Nos collègues, italiens, allemands, espagnols, slovènes, grecs... déplorent des mortalités considérables et s’engagent à leur tour dans le combat.

Ne restons pas isolés ! Il est temps de fédérer nos efforts, de partager nos connaissances et nos expériences et d’engager des actions communes. Le combat des uns est le combat des autres et, en réalité, le combat de tous.

Bien que les règlementations d’homologations soient différentes dans les pays hors communauté européenne, élargissons aussi nos échanges !

Nous sommes ainsi très heureux que des collègues américains, exploitant pour l’un plus de 7 000 ruches, confrontés au médiatique Colony Collapse Disorder ou CCD, aient accepté de participer à nos journées.

Nous sommes aussi très heureux d’accueillir Lucas Martinez, apiculteur argentin, vice-président d’Apimondia et organisateur du Congrès de 2011 comme les collègues turcs ou syriens.

L’abeille ne connaît pas de frontières...

Près de quatre-vingt exposants participeront à cette manifestation et vous présenteront leurs dernières innovations. Faites leur confiance et n’hésitez pas à les solliciter avant le Congrès afin de profiter de votre venue pour prendre possession de votre commande.

Je tiens à remercier toute l’équipe du syndicat du Rhône qui a travaillé sans relâche et avec professionnalisme sous la présidence d’Alain Rouchon afin que vous gardiez un souvenir impérissable du Congrès de Villefranche-sur-Saône. Sans ce dévouement irremplaçable, rien ne serait possible.

Je remercie également les collectivités territoriales, Conseil Régional Rhône-Alpes, Conseil Général, Ville de Villefranche-sur-Saône, Communauté d’Agglomération de Villefranche (CAVIL)... Pour leur soutien déterminant.

Je remercie également la FNOSAD comme le CARI de Belgique d’être associés à cet évènement.

St Gaudens, un procès qui n’en finit pas !

Durant la dernière semaine de septembre, le premier procès de Saint-Gaudens, consacré aux mauvaises pratiques agricoles (importations de produits illicites d’Espagne), interrompu en novembre pour cause de grève des avocats, reprend. Maitre Fau défendra une nouvelle fois les intérêts des apiculteurs et de l’UNAF.

C’est avec la plus grande attention que nous prendrons connaissance du rapport que le député de Haute-Savoie Martial Saddier doit remettre en septembre au gouvernement au terme de sa mission sur l’apiculture qui lui a été confié par le gouvernement.

Nous vivons dans l’espoir que les mesures préconisées soient pertinentes pour le monde apicole et puissent enfin se concretiser. Martial Saddier nous présentera lui-même son rapport lors du Congrès. Nous l’en remercions.

Au plaisir de vous rencontrer à Villefranche-sur-Saône.

Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF

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Editorial n°696
En moins de trois pages…

Alors que les conditions météorologiques se sont améliorées et laissent présager dans la plupart des régions de belles récoltes de miel qui dans certains secteurs sont également favorisées par les interdictions ministérielles de pesticides prononcées par nos ministres de l’Agriculture Hervé Gaymard et Dominique Bussereau, l’instruction pénale concernant le Regent TS à Saint-Gaudens a connu un dérapage inimaginable : des réquisitions de non lieu du procureur !

Comment se peut-il qu’en moins de trois pages de discussion (30 pages de liste des apiculteurs parties civiles), le procureur de Saint-Gaudens prétende tirer un trait sur cinq ans d’une instruction pénale engagée par ses prédécesseurs et enterrer ce dossier environnemental majeur autour duquel un consensus paraissait établi entre la position des ministres de l’Agriculture successifs et l’action publique au plan judiciaire ?

Comment se peut-il qu’en moins de trois pages les réquisitions de ce procureur prétendent balayer toutes les décisions précédentes des juges d’instruction et de la Cour d’appel de Toulouse qui étaient allés jusqu’à ordonner la consignation de deux millions d’euros par les firmes agrochimiques pour garantir après leur mise en examen, l’indemnisation des victimes et le paiement des frais de justice ?

Comment se peut-il qu’en moins de trois pages les réquisitions de ce procureur puissent nier le sérieux des charges lourdes et concordantes que la Cour d’appel de Toulouse n’avait cessé de confirmer sur les réquisitions du Procureur Général.

Comment se peut-il que ces réquisitions abondent dans le sens de ceux qui avaient été jusqu’à demander à la Cour de cassation le dessaisissement du juge d’instruction pour suspicion légitime ?

Se pourrait-il qu’un tel dossier, qui a imposé aux ministres successifs la remise mise à plat des procédures d’homologation pour éviter de nouvelles déviances, ne termine en fumée.

Se pourrait-il, au moment où nos collègues apiculteurs allemands qui ont subi durant ce printemps de graves dommages par les pesticides vont être indemnisés par Bayer, que les victimes françaises soient privées d’un procès ?

Nous ne pouvons le croire ni moins encore l’accepter.

Se pourrait-il qu’il existe un tel gouffre entre les préoccupations de la société civile et celles de la justice de notre pays ?

La preuve est encore faite que la lutte doit être incessante !

En 2007, la Commission Européenne a inscrit le fipronil mais renvoie aux Etats membres la charge de contrôler l’innocuité du fipronil sur les abeilles parce qu’elle n’est toujours pas établie…

En 2008, elle étudie l’inscription de l’imidaclopride sur la liste positive malgré les travaux du CST qui avaient conclu à un risque préoccupant sur les abeilles… Il a fallu la vigoureuse réaction des apiculteurs pour que la décision sur ce dossier peu clair soit remise à la réunion des 25 et 26 septembre et nous serons très vigilants !

La mobilisation continue. Tous ensemble nous y arriverons !

Le député Martial Saddier présentera à l’automne le rapport de mission sur l’apiculture que lui avait confié le gouvernement. Nous espérons que les conclusions seront constructives et réalistes pour la défense de l’abeille et des apiculteurs et que les pouvoirs publics les prendront réellement en considération.

Sur le terrain, avec l’évolution du climat et les interrogations liées à l’efficacité des produits autorisés contre le varroa, je vous engage à procéder au traitement contre cet acarien dès le mois d’août, et à effectuer au terme des dix semaines un test de contrôle, soit avec la même molécule mais sous une forme d’application différente, soit avec une autre molécule.

N’oubliez pas également de procéder à un nourrissement stimulatif permettant à la reine de pondre des abeilles d’hiver en quantité suffisante afin d’optimiser l’hivernage de vos colonies.

Ce numéro nous donne le plaisir de vous présenter le pré-programme du Congrès de Villefranche sur Saône. Tous les grands sujets d’actualité concernant l’apiculture seront abordés par des spécialistes éminents.

Aussi, je vous engage d’ores et déjà à effectuer vos inscriptions afin de participer à ce Congrès qui devrait être une réussite exceptionnelle.
Tous mes vœux vous accompagnent pour une bonne saison apicole !

Je vous souhaite à tous de belles récoltes et des colonies populeuses pour affronter l’hivernage dans les meilleures conditions.

Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF

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Editorial n°695
Produits phytosanitaires / intoxications d’abeilles.
 Tout comme l’UNAF, les syndicats allemands ont su réagir avec vigueur.

Dans de nombreuses régions de France, le mois de mai, maussade et pluvieux, n’a pas favorisé l’essor de nos colonies. Hormis dans quelques zones privilégiées, les récoltes d’acacia ne seront pas à la hauteur de nos espérances et les récoltes de printemps bien faibles…

Le 20 mai, l’Assemblée nationale a adopté, par 289 voix contre 221, le projet de loi transcrivant la directive européenne sur les Organismes Génétiquement Modifiés. Au sein de l’UMP, 11 députés ont eu le courage de voter contre et 19 se sont abstenus.

Quelques jours auparavant, de manière inattendue, le projet de loi avait été rejeté en raison de l’absence de nombreux députés de la majorité. Ce manque d’engouement pour un texte flou et peu protecteur traduit le malaise des élus qui devront rendre des comptes à leurs électeurs. Cette loi renvoie tout pouvoir décisionnel au seul ministre de l’Agriculture qui autorisera et fixera, par décret, les conditions de cultures de telle plante OGM. Après avoir largement informé nos représentants des risques engendrés par la mise en culture de telles plantes, notamment pourvues de gènes insecticides, l’’UNAF sera très vigilante sur les conséquences de la mise en culture de toute nouvelle plante génétiquement modifiée butinée par les abeilles et n’hésitera pas à saisir la justice chaque fois qu’elles seront en danger.

Le gouvernement allemand suspend l’autorisation de huit pesticides dont le Cruiser® et le Poncho.
En raison de la forte pluviométrie, nous n’avons pas connu d’intoxications d’abeilles à large échelle lors des semis de maïs enrobés Cruiser®. Pourtant après l’Italie, c’est au tour de l’Allemagne et de la vallée du Rhin d’être touchées…
Des dizaines de milliers de colonies d’abeilles ont été victimes de molécules de produits phytosanitaires neurotoxiques. Les experts ont démontré que les doses retrouvées sur les abeilles expliquaient ces mortalités et aussitôt le Gouvernement a suspendu l’autorisation de mise sur le marché de 8 produits dont le Cruiser® et le Poncho.

Par ailleurs, les doses observées sont si élevées que les services vétérinaires ont adressé une note aux apiculteurs afin de leur recommander certaines précautions comme le retrait des cadres de pollens contaminés afin de tenter de sauver ce qui peut encore l’être.

Le ministre de l’Agriculture français a accordé l’AMM du Cruiser® au nom de la reconnaissance mutuelle. Avec le retrait de l’AMM décidé par les pouvoirs publics allemands, l’autorisation française est largement remise en cause…
Nous apprenons également que la Slovénie aurait à son tour retiré plusieurs produits dont le Gaucho, le Poncho et le Cruiser®…

Alors que la France était considérée comme un pays précurseur dans la gestion des produits phytosanitaires pour avoir retiré l’AMM du Gaucho sur tournesol puis sur maïs et du Régent, c’est aujourd’hui l’Allemagne qui prend le relais.

Il est temps, Monsieur le Ministre, que notre pays retrouve, au mépris des enjeux financiers des firmes, la voie du courage et de la protection de l’environnement.
 
Cour d’appel d’Angers : une nouvelle victoire pour l’UNAF
Nous nous félicitons de l’arrêt de la cour d’appel d’Angers qui a condamné un arboriculteur du Maine-et-Loire pour n’avoir pas respecté la législation en vigueur et intoxiqué les ruches d’un apiculteur. Le rôle de ces actions juridiques engagées par l’UNAF est pédagogique. A l’heure où le rôle prépondérant des insectes et en particulier de l’abeille est reconnu comme incontournable, il est temps que l’ensemble du monde agricole intègre cette donnée et protège dans son propre intérêt, les abeilles.

Le Congrès National va accueillir de nombreux intervenants venus du monde entier
Organisé par une dynamique équipe du Syndicat du Rhône dirigée par le président Rouchon, le congrès national de l’apiculture française se déroulera les 23, 24, 25 et 26 octobre à Villefranche-sur-Saône.

Grâce au soutien des collectivités territoriales et notamment du conseil régional Rhône-Alpes, ce congrès devrait, de par la qualité exceptionnelle de ses intervenants, rassembler un très large public. Les conférences sur les questions sanitaires seront organisées en partenariat avec la FNOSAD, d’autres avec le CARI, centre technique belge dirigé par notre ami Etienne Bruneau qui fêtera avec nous ses 25 ans d’existence. De nombreux intervenants venus du monde entier nous permettront d’aborder tous les thèmes qui nous préoccupent comme l’impact des phytosanitaires, les mortalités, le frelon Vespa Velutina, le marché du miel, l’apithérapie…

Le programme et les formulaires d’inscription vous seront présentés dans la revue de juillet-août.

En attendant, espérons que les conditions climatiques vont s’améliorer. Il serait temps.

Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF

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Editorial n°694
Les conditions climatiques ne s’améliorent pas et les récoltes de printemps ne devraient pas être généreuses…

Le 10 avril, nous avons participé à une réunion au ministère de l’Agriculture pour découvrir le protocole de suivi du Cruiser® qui nous avait été annoncé le 3 janvier par le ministre de l’Agriculture Michel Barnier sur recommandation de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA).

Comme nous l’avions pressenti, ce protocole a été examiné à la va-vite par les experts d’un comite scientifique et technique largement remanié.

Le manque de rigueur scientifique est extrêmement inquiétant notamment sur des points aussi essentiels que la caractérisation et la connaissance des zones d’observation et en particulier des zones témoins… Sans compter la mesure de la contamination de l’air avec des boîtes de Pétri…

Enfin, alors que depuis janvier il était évident que le ministère devait se préoccuper d’acquérir des ruches après avoir effectué une visite sanitaire au préalable, il ne possède pas les colonies et naturellement les études poussières au moment des semis ne seront effectuées au mieux que dans un seul des trois sites…

Compte tenu des conditions climatiques défavorables, la date limite des semis au 15 mai sera-t-elle respectée ?

Comme nous le pressentions, les rares avancées de la loi OGM obtenues à l’Assemblée nationale ont été balayées lors du vote au Sénat. Nous vous engageons tous à responsabiliser vos députés afin que lors du nouveau vote à l’Assemblée, le texte évolue dans un sens plus favorable. Ce dossier dépasse largement les clivages politiques traditionnels et le vote de chaque élu sera déterminant pour notre avenir.

Nous avons appris l’élection à la présidence de la FNOSAD de notre ami Jean-Marie Barbançon, vétérinaire et apiculteur professionnel, dynamique et pragmatique. Nous le remercions d’avoir accepté cette responsabilité. C’est une excellente nouvelle pour toute l’apiculture.

Le président Vedrenne, au terme d’une présidence de trente ans à la tête du Syndicat national d’apiculture, a cédé son mandat à Mme Lortsch. Il devient secrétaire général.

Nous félicitons Mme Lortsch et nous serons ravis de travailler ensemble, en bonne intelligence, pour la défense de l’abeille et de l’apiculture.

Trois nouveaux partenaires ont rejoint notre opération « Abeille sentinelle de l’environnement » : le Conseil régional Ile-de-France, le domaine viticole « Larose Trintaudon » dans le Médoc et le groupe de presse « Marie Claire ». Nous nous en félicitons.

L’objectif de ce projet est de tirer une sonnette d’alarme sur la situation préoccupante de l’abeille et de l’apiculture, de relayer les combats syndicaux que nous poursuivons avec énergie, de mieux faire connaître les produits de la ruche comme le rôle majeur de l’abeille grâce à la pollinisation dans la production agricole et la sauvegarde de la biodiversité, et d’intégrer l’apiculture et les apiculteurs dans la société.

Cette démarche lors des installations et des récoltes engendre des relations étroites et privilégiées avec les décideurs des collectivités partenaires et permet ainsi une meilleure prise en compte des demandes d’aide formulées par la filière.

Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF

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Editorial n°693
Bouleversements climatiques

Depuis très longtemps nous n’avions pas subi un mois de mars à ce point froid et venteux, aussi défavorable au développement des colonies… Pour produire du miel, chacun le sait ou devrait le savoir car certains experts semblent encore l’ignorer, il faut disposer de belles colonies saines et populeuses, des ressources nectarifères en quantité suffisante, des conditions climatiques favorables et ne déplorer aucune intoxication.

Si un seul de ces quatre paramètres dysfonctionne, les espoirs de récolte sont amoindris ou réduits à néant.

Les apiculteurs sont les premiers à être touchés par le réchauffement qu’il conviendrait de qualifier plutôt de bouleversement ou de changement climatique.

Les scientifiques qui observent les dates de floraisons des vergers considèrent que les floraisons sont avancées de près de 15 jours et durent moins longtemps que par le passé.

Depuis 2003, dans plusieurs départements, en raison de la sécheresse persistante, les apiculteurs ont été reconnus, parfois hélas à plusieurs reprises, en zone de calamités agricoles. La production de miel de lavande s’est effondrée, contrariée notamment par une météo défavorable, des floraisons écourtées en raison de moyens de récolte de fleurs mécanisés, et parfois aggravée par des intoxications sournoises.

Même la production de miel de châtaignier dans les Cévennes n’est plus aussi régulière que par le passé et les rendements à la ruche varient considérablement d’une vallée à l’autre en fonction des orages ou des expositions. Dans les garrigues du sud de la France, les plants de thym avaient énormément souffert de la canicule. D’ores et déjà, nos collègues grecs déplorent un fort impact sur les colonies et une baisse de production comme nos collègues marocains qui ont vu leurs rendements chuter de près de 40 kg à moins de 8 kg par ruche transhumante…

L’impact de ces bouleversements climatiques ne concerne pas seulement la production de miel mais également la vitalité des colonies.

En 2004, dans certaines régions exposées à une sécheresse exceptionnelle, la reine avait cessé de pondre dès le mois de juillet et dès la fin août, les populations commençaient à décroître avant de périr. C’est là une loi naturelle et implacable.

De la même manière, les hivers doux favorisent la ponte de la reine et donc le développement des varroas. L’hiver 2006-2007 a été particulièrement tempéré et ceux qui ont tardé cette année à traiter leurs colonies contre cet acarien ont parfois subi de sérieux dommages. Aussi, dorénavant, il convient de procéder à un premier traitement dans la plupart des régions dès le mois d’août.

Le comité de suivi du Cruiser® va étudier le 10 avril le protocole qui devrait accompagner l’autorisation de mise sur le marché. M. Barnier, ministre de l’Agriculture, s’est personnellement engagé le jour de la manifestation à ce que ce suivi soit rigoureux et doté de moyens financiers adéquats. Nous évaluerons donc la réalité de cet engagement en fonction de la pertinence du protocole présenté et nous prendrons dès lors les décisions qui s’imposent.
 
Nous rencontrerons également M. Sadier, député, en charge d’une mission sur l’apiculture que lui a confié le gouvernement. Nous lui présenterons une note de travail présentant la situation de l’apiculture et les orientations qui devraient être prises si, comme on peut l’espérer, les pouvoirs publics souhaitent développer cette filière essentielle pour l’agriculture comme pour l’avenir de notre planète.

Enfin, nos députés vont voter le texte transcrivant en droit français la directive européenne sur les OGM. Nous espérons que contrairement au Sénat, les élus prendront en compte véritablement les revendications de l’apiculture et adopteront un texte satisfaisant.

Les femelles fondatrices du frelon Vespa velutina continuent, elles, à implanter leurs nids.

Sans que les pouvoirs publics réagissent…

Et sans être, en aucune manière, dérangées par les bouleversements climatiques.

Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF

 

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Editorial n°692
Une belle manif prometteuse

Venus des quatre coins de France, les apiculteurs s’étaient largement mobilisés pour défiler à Paris devant le ministère de l’Environnement et le ministère de l’Agriculture. Sans aucune exception, du SNA au SPMF en passant par la FNOSAD, la Fédération des coopératives apicoles, la Confédération Paysanne, les syndicats régionaux comme le SAPP, le SAPRA, le SAPCO, le SAPBB… toutes les structures représentatives de l’apiculture étaient présentes. Nous étions près de 2 000 manifestants à dire non à l’autorisation de mise sur le marché du Cruiser. Des délégations étrangères s’étaient également jointes à nous comme nos collègues italiens réunis autour de Francesco Panella ou belges. Les associations du Grenelle de l’environnement étaient également présentes comme la ligue de protection des oiseaux, Agir pour l’Environnement, le MDRGF, Alliance pour la planète, la Fondation Nicolas-Hulot…

Je remercie également les partenaires de l’opération « Abeille Sentinelle de l’Environnement » qui se sont mobilisés à leur tour pour lutter contre le Cruiser®. Le vice-président du Conseil régional du Languedoc-Roussillon, Yves Pietrasanta, a organisé une conférence de presse avec les apiculteurs pour informer la presse des dangers du Cruiser® tant pour les abeilles que pour les oiseaux ou les eaux. Jean-Jacques Queyranne, président du Conseil régional Rhône-Alpes, participe aux côtés des apiculteurs lors d’une action au Salon Primevère à Lyon et la société Botanic fait signer une pétition pour obtenir le retrait de cette préparation phytopharmaceutique qui n’aurait jamais dû être homologuée. Merci à tous.

L’UNAF a déposé une requête auprès du Conseil d’Etat pour obtenir l’annulation de cette décision ministérielle et suivra avec la plus grande attention les protocoles de suivi des cultures de maïs Cruiser® qui seront mises en place dans les trois régions: Aquitaine, Midi-Pyrénées et Rhône-Alpes.

Le ministre de l’Agriculture ne rend pas service à l’agriculture en autorisant ce type de produit. Il serait plus pertinent de changer de méthodes de cultures, de privilégier la rotation et de faire évoluer notre agriculture vers des méthodes de développement véritablement durable.

Si le ministère de l’Ecologie et du Développement durable s’est montré courageux sur le dossier du Monsanto810, il s’est littéralement couché sur le Cruiser®, mettant une tâche noire sur le Grenelle de l’environnement qui avait suscité de nombreux espoirs.

Enfin, les firmes de l’agrochimie qui misent tout leur développement sur les enrobages de semences se trompent de stratégie. On ne peut pas demander plus à une molécule que ce qu’elle peut donner. Vouloir protéger le système racinaire et le développement aérien ne peut se faire sans des dégâts collatéraux graves comme sur les abeilles, les eaux ou les oiseaux…

Restons mobilisés. Notre combat va dans le sens de l’histoire. Soutenus par de nombreuses associations, nous ne pouvons que l’emporter.

Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF

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Editorial n°691
Mobilisation générale !

Comme M. Cadot, directeur de cabinet du ministère de l’Agriculture, nous l’avait annoncé le 3 janvier, le ministère de l’Agriculture a accordé le 8 janvier une autorisation de mise sur le marché du Cruiser®, produit par la société Syngenta pour l’usage maïs.

La matière active de cette préparation, le thiamétoxam, a été tenue pour responsable en 2007, de nombreuses dépopulations de colonies d’abeilles en Italie, notamment au moment des semis. Le produit a été quantifié dans les échantillons d’abeilles mortes.

Les études réalisées par le Dr Belzunces à l’INRA d’Avignon démontrent également un risque majeur pour les abeilles, en particulier sur l’orientation et ce, à des doses infinitésimales…

Si aujourd’hui est enfin admise la dangerosité des produits neurotoxiques systémiques envers les insectes pollinisateurs comme les abeilles, autoriser le Cruiser® de la Société Syngenta conduit à sacrifier à nouveau l’apiculture au profit d’une économie aveuglée par le court terme sans prendre en compte l’environnement.

Bien qu’assortie de nombreuses réserves, cette autorisation menace à nouveau l’apiculture française, convalescente après les années Gaucho/Régent.

Dans l’adversité, la filière apicole a l’intelligence de savoir surmonter ses différences pour se rassembler et réagir avec détermination pour protéger l’abeille et l’avenir de l’apiculture.

Nous vous invitons tous à la grande manifestation de toute l’apiculture française contre l’autorisation de mise sur le marché du Cruiser® le jeudi 21 février 2008. Rassemblement devant la tour Eiffel à 10 heures.

Plusieurs délégations étrangères pourraient se joindre à nous.

Mobilisez-vous! Ce problème vous concerne tous!

Si vous possédez 300, 500, 1 000 ou 3 000 ruches, c’est votre avenir professionnel qui est remis en cause et toute une économie qui est menacée.

Si, comme l’immense majorité des apiculteurs, vous entretenez quelques ruches pour le plaisir et par passion, vos abeilles participent de manière active à la sauvegarde de la biodiversité. Vous ne pouvez pas les laisser intoxiquer…

En contact avec les molécules, elles disparaissent comme en Italie au cours du printemps 2007.

Affaiblies, elles végètent et sont plus sensibles aux pathologies qui continuent à les fragiliser et qu’elles véhiculent sur l’ensemble du territoire.

Mobilisons-nous pour nos abeilles, pour l’avenir des générations futures !

Pour les modalités pratiques de votre déplacement à Paris pour la manifestation du 21, n’hésitez pas à prendre contact avec vos responsables apicoles départementaux.

Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF

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Editorial n°690
L’année 2008 a commencé très fort... !

Très fort et fort mal. L’esprit du Grenelle de l’environnement est bien fini.

Nous avons été invités par M. Cadot, directeur de cabinet de M. Barnier, ministre de l’Agriculture, à une réunion organisée en urgence, entre les fêtes et sans véritable ordre du jour.

L’UNAF est intervenue avec succès afin que l’ensemble de la filière, dont avaient été « oubliés » : FNOSAD, CNDA, Fédération des Coopératives, marchands de matériel et négociants – alors que des associations non représentatives étaient, elles, invitées – soit représenté.
L’autorisation de mise sur le marché de nouveaux produits phytosanitaires neurotoxiques systémiques en enrobage de semences représentait le point majeur de cette rencontre.

Si, en raison de risques concernant les eaux souterraines, le « poncho », produit par Bayer, à base de chlothianidine, a subi une évaluation défavorable de la part de l’AFSSA et ne sera pas, du moins pour l’instant, autorisé ; le «Cruiser® », à base de thiamétoxam produit par Syngenta, devrait, lui, être autorisé sur maïs.

Lors d’un premier avis, très défavorable formulé par l’AFSSA, notamment en raison des risques préoccupants pour les abeilles, l’AFSSA demandait que les ruches soient éloignées de 3 kilomètres lors de la floraison.

Après examen d’éléments complémentaires fournis par la firme, l’AFSSA estimait, dans un deuxième avis, que ce risque devait être minoré.

Le « Cruiser® » serait donc autorisé sur maïs à l’exception des maïs doux et des maïs mâles pour les productions de semences. Il ne pourrait être autorisé, compte tenu de sa rémanence, qu’une fois tous les trois ans sur la même parcelle et les cultures suivant une culture traitée ne devraient pas avoir une vocation apicole. Après une culture maïs traitée « Cruiser® » exit les cultures de tournesol, de colzas, de trèfle, de luzerne ou de maïs…

Un comité de pilotage auquel participeraient les syndicats apicoles devrait, à partir de protocoles à valider, effectuer un suivi de cette autorisation sur le terrain.

Un protocole «poussière» devrait s’assurer que lors des semis, la molécule ne soit pas dispersée dans l’atmosphère.

Rappelons qu’en Italie, en 2006, comme nous le rappelait le président Panella, de l’UNAAPI, des milliers de colonies d’abeilles ont été complètement dépeuplées au moment des semis et les analyses ont démontré la présence de… tiamétoxam. Le Comité Scientifique et Technique serait réactivé.

Lors de l’arrivée de «Gaucho » et du « Régent » les phytosanitaires neurotoxiques systémiques en enrobages de semences étaient présentés comme écologiques, sans danger et quasiment biologiques…

Aujourd’hui, cette approche est finie. Nos combats ont fait prendre conscience de la dangerosité de ces produits mais ignorant les risques pour les abeilles et l’environnement, on les autorise. Avec des précautions inimaginables il y a 3 ans, mais on les autorise…

Consciente du danger que représente cette décision pour l’avenir des abeilles et de l’apiculture, l’UNAF prend acte de cette annonce et ne tardera pas à réagir.

Le rapport final du CST sur fipronil/abeille devrait être validé lors d’une réunion du comité de pilotage le
30 janvier. Il était temps… car il est achevé depuis le printemps 2007 et la France était en outre le pays rapporteur pour l’évaluation de cette molécule au plan européen.

Un Monsieur Abeille a été nommé. Il s’agit de M. Dattier, député de Haute-Savoie.

Nous lui souhaitons la bienvenue et lui apporterons notre contribution afin que les mesures de relance de la filière qu’il doit présenter au terme de sa mission de six mois soient pertinentes et surtout suivies d’actes… car des plans de relances sans lendemain, l’UNAF a en connu plusieurs en moins de dix ans…

Le gouvernement semble avoir enfin pris conscience du problème Frelon et va désigner le ministère en charge du dossier dans les prochains jours. Il pourrait s’agir du ministère de l’Intérieur.

Un groupe de travail va être constitué pour travailler sur le retour des déclarations annuelles de ruches, sur la création de l’Institut Technique, sur l’élaboration d’un réseau d’épidémiosurveillance, sur la coordination de la lutte contre les pathologies apicoles…

Je vous souhaite à vous et à vos proches une excellente année 2008.

Santé, bonheur, réussite…

Belles colonies et beaux rayons gorgés de miel.

Henri CLÉMENT
Président de l’UNAF