Editorial n°722
Rencontres entre apiculteurs et
ambiance chaleureuse sur le stand de l’UNAF au Congrès national !
Tous les Congrès apicoles constituent des opportunités pour
retrouver des apiculteurs de tout le territoire, échanger des informations,
faire le point sur les récoltes et sur les cours du miel et découvrir les
nouveautés de nos collègues exposants. Le congrès de Poitiers n’a pas dérogé à
la règle et sur notre stand, animé par une équipe jeune et motivée, vous avez
été nombreux à discuter de la situation apicole, à apprécier la nouvelle
exposition élaborée par l’UNAF ou à vous procurer les derniers ouvrages et les
derniers documentaires. Si dans l’ensemble les récoltes de miel ont été plutôt
bonnes, trop de ruches en état de production ont manqué à l’appel, ce qui a
amplement réduit la production nationale. Les conférences ayant pour thème «
pesticides et abeilles » ont passionné le public comme les méthodes d’élevage de
notre ami Jos Guth. Enfin, nous avons fêté dans la bonne humeur le départ à la
retraite de Marie-Cécile Yvon, notre dévouée secrétaire de direction, et nous
avons souhaité la bienvenue à Patrick Walle qui aura la lourde charge de la
remplacer avec l’aide de Justine de Schepper.
Pensez à votre déclaration de ruches ! De nombreux apiculteurs s’interrogent toujours sur les nouvelles procédures de
déclaration de ruches qui sont à nouveau obligatoires pour tous les apiculteurs,
quel que soit leur nombre de ruches. Il vous reste donc quelques semaines pour
effectuer la déclaration 2010. Deux solutions vous sont offertes : • Soit vous ne produisez de miel que pour votre consommation et pour vos
ascendants, parents ou descendants, enfants, et dans ce cas il vous faut
demander un numéro Numagrit. • Soit vous produisez du miel que vous offrez à des parents proches ou que vous
vendez à vos voisins, à des épiceries, sur les marchés, en vrac, etc., et vous
devez obligatoirement demander à la chambre d’agriculture de vous octroyer un
numéro Siret. Dans ce dernier cas, vous recevrez dans la foulée différents
documents de la part de la MSA, du trésor public... C’est logique mais ne vous
concerne pas la plupart du temps. Nous regrettons les anciennes déclarations qui
étaient à la fois simples et efficaces... et nous redoutons que certains
apiculteurs ne fassent pas ces déclarations. Attention, si vos ruches ne sont
pas déclarées et si vos abeilles piquent quelqu’un, toute la responsabilité et
les frais induits vous incomberont.
Mortalité et recherche scientifique : une nouvelle étude qui
fait flop... Aux Etats-Unis, une étude a fait grand bruit avant de se dégonfler comme une
vulgaire baudruche. Un groupe de chercheurs du Montana, avec le concours d’un
laboratoire de l’US Army, avait enfin découvert la cause de tous nos maux : un
cocktail de nosémose céranae et d’un virus... virulent. La communauté
scientifique américaine s’est interrogée sur la rigueur de cette étude. De
nombreux résultats faisaient défaut et la rigueur comme la transparence
n’étaient pas vraiment au rendez-vous. Et ce, malgré le financement du groupe
Bayer... Jeff Pettis, éminent biologiste qui était intervenu lors du congrès
Apimondia à Montpellier, a déclaré pour sa part à Vincent Tardieu : « Je n’y
crois pas du tout ! Pour moi, les facteurs premiers du déclin des colonies
demeurent une alimentation pauvre ou insuffisante ainsi que l’exposition des
abeilles aux pesticides. Les pathogènes sont des menaces secondaires » Eloquent !
Homologation et prévention des risques, la France ne fait
plus référence depuis plusieurs années. Dormez tranquilles, apiculteurs de
France, le ministère de l’Agriculture veille sur nos chères abeilles ! Je vous
engage à lire avec attention la réponse de Bruno Le Maire, ministre de
l’Agriculture, à une question posée par Dominique Perben, ancien ministre de la
Justice, sur les mortalités d’abeilles. Toutes les précautions sont prises :
tout est analysé, décortiqué, conforme... Et la France est exemplaire ! Malgré
trois condamnations par le Conseil d’Etat sur des recours déposés par l’UNAF !
Seul hic et de poids : ce ne sont que des mots et chacun sait que sur le
terrain, enquêtes et analyses pathologiques et toxicologiques, qui devraient
effectivement être la règle, ne sont jamais effectuées de manière réactive, avec
rigueur ou simplement abouties... Cette réponse pose la question de l’intégrité
du politique : soit le ministre, en raison de la multiplicité des dossiers dont
il a la charge, fait aveuglément confiance à ses services et notamment à la
DGAL, et est abusé ? Soit il connaît la réalité de la situation catastrophique
du suivi des surmortalités et il fait ostensiblement l’autruche. Dans les deux
cas, c’est inquiétant et nos colonies d’abeilles peuvent continuer longtemps à
dépérir sans que cela trouble l’ordre public... sauf s’il s’agit du frelon
asiatique!
Henri CLÉMENT Président de l’UNAF

Editorial n°721
Rencontres entre apiculteurs et
ambiance chaleureuse sur le stand de l’UNAF au Congrès national !
Tous les Congrès apicoles constituent des opportunités pour
retrouver des apiculteurs de tout le territoire, échanger des informations,
faire le point sur les récoltes et sur les cours du miel et découvrir les
nouveautés de nos collègues exposants. Le congrès de Poitiers n’a pas dérogé à
la règle et sur notre stand, animé par une équipe jeune et motivée, vous avez
été nombreux à discuter de la situation apicole, à apprécier la nouvelle
exposition élaborée par l’UNAF ou à vous procurer les derniers ouvrages et les
derniers documentaires. Si dans l’ensemble les récoltes de miel ont été plutôt
bonnes, trop de ruches en état de production ont manqué à l’appel, ce qui a
amplement réduit la production nationale. Les conférences ayant pour thème «
pesticides et abeilles » ont passionné le public comme les méthodes d’élevage de
notre ami Jos Guth. Enfin, nous avons fêté dans la bonne humeur le départ à la
retraite de Marie-Cécile Yvon, notre dévouée secrétaire de direction, et nous
avons souhaité la bienvenue à Patrick Walle qui aura la lourde charge de la
remplacer avec l’aide de Justine de Schepper.
Pensez à votre déclaration de ruches ! De nombreux apiculteurs s’interrogent toujours sur les nouvelles procédures de
déclaration de ruches qui sont à nouveau obligatoires pour tous les apiculteurs,
quel que soit leur nombre de ruches. Il vous reste donc quelques semaines pour
effectuer la déclaration 2010. Deux solutions vous sont offertes : • Soit vous ne produisez de miel que pour votre consommation et pour vos
ascendants, parents ou descendants, enfants, et dans ce cas il vous faut
demander un numéro Numagrit. • Soit vous produisez du miel que vous offrez à des parents proches ou que vous
vendez à vos voisins, à des épiceries, sur les marchés, en vrac, etc., et vous
devez obligatoirement demander à la chambre d’agriculture de vous octroyer un
numéro Siret. Dans ce dernier cas, vous recevrez dans la foulée différents
documents de la part de la MSA, du trésor public... C’est logique mais ne vous
concerne pas la plupart du temps. Nous regrettons les anciennes déclarations qui
étaient à la fois simples et efficaces... et nous redoutons que certains
apiculteurs ne fassent pas ces déclarations. Attention, si vos ruches ne sont
pas déclarées et si vos abeilles piquent quelqu’un, toute la responsabilité et
les frais induits vous incomberont.
Mortalité et recherche scientifique : une nouvelle étude qui
fait flop... Aux Etats-Unis, une étude a fait grand bruit avant de se dégonfler comme une
vulgaire baudruche. Un groupe de chercheurs du Montana, avec le concours d’un
laboratoire de l’US Army, avait enfin découvert la cause de tous nos maux : un
cocktail de nosémose céranae et d’un virus... virulent. La communauté
scientifique américaine s’est interrogée sur la rigueur de cette étude. De
nombreux résultats faisaient défaut et la rigueur comme la transparence
n’étaient pas vraiment au rendez-vous. Et ce, malgré le financement du groupe
Bayer... Jeff Pettis, éminent biologiste qui était intervenu lors du congrès
Apimondia à Montpellier, a déclaré pour sa part à Vincent Tardieu : « Je n’y
crois pas du tout ! Pour moi, les facteurs premiers du déclin des colonies
demeurent une alimentation pauvre ou insuffisante ainsi que l’exposition des
abeilles aux pesticides. Les pathogènes sont des menaces secondaires » Eloquent !
Homologation et prévention des risques, la France ne fait
plus référence depuis plusieurs années. Dormez tranquilles, apiculteurs de
France, le ministère de l’Agriculture veille sur nos chères abeilles ! Je vous
engage à lire avec attention la réponse de Bruno Le Maire, ministre de
l’Agriculture, à une question posée par Dominique Perben, ancien ministre de la
Justice, sur les mortalités d’abeilles. Toutes les précautions sont prises :
tout est analysé, décortiqué, conforme... Et la France est exemplaire ! Malgré
trois condamnations par le Conseil d’Etat sur des recours déposés par l’UNAF !
Seul hic et de poids : ce ne sont que des mots et chacun sait que sur le
terrain, enquêtes et analyses pathologiques et toxicologiques, qui devraient
effectivement être la règle, ne sont jamais effectuées de manière réactive, avec
rigueur ou simplement abouties... Cette réponse pose la question de l’intégrité
du politique : soit le ministre, en raison de la multiplicité des dossiers dont
il a la charge, fait aveuglément confiance à ses services et notamment à la
DGAL, et est abusé ? Soit il connaît la réalité de la situation catastrophique
du suivi des surmortalités et il fait ostensiblement l’autruche. Dans les deux
cas, c’est inquiétant et nos colonies d’abeilles peuvent continuer longtemps à
dépérir sans que cela trouble l’ordre public... sauf s’il s’agit du frelon
asiatique!
Henri CLÉMENT Président de l’UNAF

Editorial n°720 De bonne foi...
Cours des miels en hausse mais à quel prix !
Depuis la fin de l’été, les cours du miel sur le plan international connaissent
une hausse très importante. En Espagne, où les prix il est vrai étaient fort
bas, la hausse s’élève à environ 20 à 25 % selon la nature des miels. Le pollen
a quasiment doublé. En Italie, les prix se sont également raffermis, et en
Hongrie le miel d’acacia ne s’est jamais vendu aussi cher. Les miels d’Amérique
du Sud et même d’Asie sont eux aussi à la hausse. C’est la bonne nouvelle de la
rentrée ! Et on ne peut que s’en réjouir !
Mais on peut légitimement s’interroger sur les aspects
apparemment positifs de cette hausse, car en réalité elle traduit une grave
crise de l’apiculture mondiale que nous avions hélas pressentie, révélée par de
lourdes surmortalités et une baisse régulière des récoltes, engendrée par de
graves intoxications récurrentes, une évolution de l’environnement botanique
préjudiciable et des bouleversements climatiques parfois forts pénalisant dans
certains pays.
Le miel, les produits de la ruche et le service de pollinisation deviennent une
denrée rare. De plus en plus rare. Soyez donc conscients que la production de
vos abeilles a une grande valeur, non seulement économique mais aussi
environnementale.
Malgré un non-lieu inique pour BASF et Bayer à St-Gaudens, l’UNAF dépose un
recours contre Protéus.
Hélas, aujourd’hui les décisions de justice comme de nos pouvoirs publics ne
sont pas encourageantes.
Le 2 septembre, la cour d’appel de Toulouse a prononcé un non-lieu dans
l’affaire du Régent instruite à Saint-Gaudens. BASF, Bayer et leurs P-DG ne sont
donc pas condamnés.
La naïveté caricaturale de la Cour d’appel qui blanchit de
toute faute pénale les sociétés multinationales au motif qu’elles auraient agi «
de bonne foi » montre à quel point les juges peuvent être dans l’ignorance du
cynisme des réalités économiques, scientifiques et administratives qui
gouvernent le marché des pesticides agricoles.
L’UNAF a immédiatement formé un pourvoi en cassation contre cet arrêt inique.
L’UNAF a demandé officiellement le retrait du « Protéus » employé sur colza, un
mélange détonnant de deltamethrine et de thiaclopride. Aucune réponse à ce jour
du ministre de l’Agriculture et de la Pêche. L’UNAF va déposer une requête en
Conseil d’Etat.
Pire, nous avons pris connaissance de l’intention du ministère de l’Agriculture
d’autoriser la trop fameuse molécule imidaclopride, matière active du trop
fameux « Gaucho », dans les forêts pour lutter contre certains agresseurs.
En Galice, effectivement, les bois d’eucalyptus sont ainsi traités et
l’apiculture a quasiment disparu.
De nouvelles menaces pour nos abeilles !
En Provence, le virus du chikungunya et de la dengue a été identifié, transmis
par des moustiques autochtones. Si ces cas ne demeurent pas isolés, tout laisse
redouter une grande campagne de démoustication sur l’ensemble du pourtour
méditerranéen.
Lorsqu’on connaît la catastrophe subie par nos apiculteurs de l’île de la
Réunion confrontés aux effets de traitements intensifs, nous ne sommes pas
rassurés.
De moins en moins de zones préservées permettent aux abeilles de butiner en
toute quiétude. Dans les zones de grandes cultures, déjà les apiculteurs ne
parviennent plus à vivre de leur travail, et hormis des décisions politiques
courageuses leur avenir est condamné.
Continuons à nous battre même si le combat est difficile !
Auprès de nos élus,
Auprès de nos collègues agriculteurs,
Auprès de nos concitoyens.
A l’échelle européenne, nous nous réjouissons que la coordination européenne,
que l’UNAF avait appelée de ses vœux et contribue de manière prépondérante à
financer, travaille avec une telle énergie pour faire entendre raison à nos
décideurs.
Et qu’ils arrêtent enfin de tuer nos abeilles… en toute bonne foi.
Au plaisir de vous rencontrer au prochain Congrès de Poitiers !
Henri CLÉMENT Président de l’UNAF

Editorial n°719
En cette fin d’été, s’il est encore trop tôt pour dresser un
bilan détaillé, il semble que dans la plupart des régions, sans être
exceptionnelles, les récoltes de miel soient relativement correctes.
Une production du miel français en constante diminution !
Malgré cela, la France ne produira même pas la moitié de ses besoins et
continuera à importer plus de 20 000 tonnes du monde entier. Soit trois fois
plus d’import qu’il y a 15 ans... Et nous redoutons que cette situation, ô
combien regrettable, perdure encore durant de nombreuses années.
La première explication réside dans la chute de production des zones de grandes
cultures. Dans les années 80, un rendement de tournesol de 60 ou 70 kilos à la
ruche était fréquent et ce miel de tournesol représentait à lui seul plus de la
moitié de la production française. Aujourd’hui, de plus en plus d’apiculteurs,
désemparés de voir mourir en hiver les colonies ayant butiné ces larges
capitules, fuient les champs de tournesol alors qu’ils représentaient pour eux
un véritable eldorado quelques années auparavant... Un vrai crève-cœur !
Entre temps, les « années insecticides systémiques » sont passées par là,
engendrant, toujours et encore, pertes de récoltes et surmortalités de colonies.
Bien que nous ayons, au terme d’un combat acharné, obtenu le retrait du Gaucho
tournesol, puis maïs et ensuite du Régent, l’imidaclopride est toujours présente
en enrobage de semences des céréales avec sa rémanence dans le sol de plus de
deux ans. Et d’autres produits similaires ont pris le relais...
L’UNAF poursuit le combat juridique contre l’autorisation de mise sur le marché
du Protéus
Le Protéus a été autorisé sur colza et le Cruiser sur maïs... L’UNAF a demandé
début juillet officiellement au ministre de l’Agriculture de retirer
l’autorisation de mise sur le marché du Protéus et, en cas de refus, engagera
une action juridique pour obtenir gain de cause. Quant au Cruiser, le Conseil
d’Etat devrait enfin prochainement examiner les requêtes que nous avions
déposées en 2008, 2009 et 2010. Plus que jamais, l’UNAF reste mobilisée et lutte
contre l’utilisation des neurotoxiques sur les cultures car nous savons combien
elles sont déterminantes pour l’avenir de notre apiculture. Les combats et les
victoires de nos collègues italiens, allemands, comme la reconnaissance du rôle
primordial des insecticides dans les mortalités des colonies aux Etats-Unis, ne
peuvent que renforcer notre détermination.
L’UNAF a interpellé le ministère sur la poursuite ou l’arrêt des traitements
insecticides largement employés pour la prévention de la fièvre catarrhale ovine
qui ont engendré de fortes mortalités dans les départements concernés comme
l’Ariège, l’Aveyron ou les Pyrénées-Orientales. La réponse est en demi-teinte
car, si l’AFSSA reconnaît que ces traitements ne sont pas efficaces, le
ministère continuera à les autoriser dans certaines conditions...
Mortalité, reconstitution de nouveaux essaims : nos apiculteurs s’épuisent !
Par ailleurs, confrontés à des surmortalités de colonies conséquentes et
régulières, les apiculteurs doivent, année après année, les reconstituer. Soit
en achetant des essaims qu’il n’est pas toujours facile de se procurer même si
on les réserve à l’avance. Soit en recréant des essaims à partir des colonies
ayant survécu et donc souvent au détriment des premières récoltes. De fait,
lorsque ces pertes sont très importantes et représentent plus du tiers du
cheptel, il n’est pas toujours aisé de disposer de ruches en capacité de récolte
au moment des miellées, très brèves... La récolte ne peut qu’en être diminuée.
Dans de nombreuses régions, la sécheresse s’est installée et les dernières
miellées comme la callune s’annoncent plus qu’aléatoires. Au-delà de ces
récoltes, c’est la vitalité même des colonies qui est fragilisée. En septembre
en effet, stimulée par des apports de pollen, la reine reprend sa ponte et donne
naissance à des générations d’abeilles d’hiver qui permettront à la colonie de
traverser les longs mois de frimas pour redémarrer les beaux jours venus. En
absence de fleurs, la ponte est réduite... Soyez donc attentifs et n’hésitez pas
à apporter un nourrissement stimulatif pour compenser ce manque de pollen.
Le Vespa velutina aux frontières de nos pays voisins...
Enfin, comme on pouvait le redouter, le frelon Vespa velutina poursuit sa
progression. Il a été identifié en Loire-Atlantique, dans les
Pyrénées-Orientales. Nos collègues suisses et espagnols redoutent à juste titre
son arrivée. Une nouvelle fois, sans se désespérer, avec le dynamisme et la
détermination qui nous caractérisent, l’UNAF poursuivra son travail syndical
pour obtenir enfin une vraie stratégie de lutte organisée au niveau national. Au
terme de sa mission, le député Martial Saddier avait recommandé une telle
mesure, il y a maintenant deux ans. Nous regrettons le temps perdu, mais il
n’est jamais trop tard pour bien faire...
Une impatience pour l’UNAF, celle de voir l’Institut technique répondre aux
attentes des apiculteurs en s’investissant réellement sur l’ensemble de ces
dossiers, mettant en œuvre sans délais des actions permettant d’apporter des
réponses concrètes aux questions fondamentales. Nous vous tiendrons informés
quant à la teneur des prochaines réunions.
En attendant, bonne fin de saison et au plaisir de vous retrouver.
Henri CLÉMENT Président de l’UNAF

Editorial n°718
APIdays ! Une vraie fête de
l’abeille et des apiculteurs
Vendredi 18 et samedi 19 juin se sont déroulées dans toute la
France les premières journées nationales de l’Abeille, Sentinelle de
l’Environnement, initiées par l’UNAF ; et pour une première, ce fut une belle
réussite ! Grâce à l’implication de tous, partenaires, apiculteurs référents des
ruchers, syndicats départementaux, membres du bureau et salariés de l’UNAF, ces
manifestations ont connu un grand succès, tant de la part d’un public adulte
sensibilisé aux vraies questions d’environnement que des enfants qui ont pu
découvrir de manière ludique les produits de la ruche, la vie de la colonie et
le rôle irremplaçable de ces chères butineuses.
Quel plaisir d’assister à une récolte de miel, de sentir les parfums des rayons,
de goûter le premier filet de miel, de déguster le précieux nectar encore
prisonnier des opercules ! Quel plaisir de découvrir la nouvelle exposition en
dix panneaux plastifiés, appréciée pour la qualité de sa présentation et
enrichie de ses fiches pédagogiques ! Quel plaisir de répondre au quizz et de
tenter de répondre aux incollables ! Quel plaisir enfin de visionner des
documentaires somptueux qui nous font réfléchir sur l’évolution de notre monde,
de dialoguer directement avec des apiculteurs passionnés qui vous font part de
leur quotidien souvent difficile ou d’assister à des conférences éloquentes sur
le monde des abeilles !
Les médias ont bien saisi l’ampleur et l’intérêt de ces journées nationales et
les ont largement relayées dans les quotidiens régionaux, à la radio et à la
télévision. En 2011, nous les préparerons encore plus longtemps à l’avance de
manière à y associer plus étroitement les écoles et les associations
environnementales. Les abeilles et les apiculteurs le valent bien...
Dans la plupart des régions, semble-t-il, et c’est là une fort bonne nouvelle si
elle se confirme, les récoltes s’annoncent plutôt généreuses. Les conditions
climatiques, il est vrai, alternant chaleur et humidité, se sont montrées
favorables à l’exception de la Bretagne, victime d’une sécheresse sans
précédent.
Cependant plus que jamais, les menaces d’intoxications se profilent et
assombrissent le paysage. Aujourd’hui, dans de nombreuses régions, on envisage
de procéder à des traitements massifs d’insecticides par pulvérisation. Il
s’agit de lutter, ici ou là, contre la chrysomèle du maïs, contre la mouche du
brou des vergers de noyers, ou d’agir dans le cadre de la démoustication, en
prévention de la fièvre catarrhale ovine ou contre les prédateurs de la lavande.
Sans que l’abeille et les insectes pollinisateurs soient véritablement pris en
considération.
Aussi, plus que jamais, nous devons agir pour d’une part prévenir les dégâts
causés à nos cheptels en attirant l’attention des décideurs qui planifient ces
traitements, et d’autre part œuvrer afin que les procédures d’homologations
soient plus rigoureuses. Dès la fin de vos récoltes, pensez sans tarder à
effectuer les traitements anti-varroa. Ne vous acharnez pas à vouloir tenter des
traitements alternatifs, certes peu onéreux mais à l’efficacité relative. Pensez
au coût excessivement élevé d’un traitement aléatoire qui peut entraîner la mort
de la colonie... Et dans tous les cas, procédez à un contrôle au terme du
traitement.
Les 29, 30 et 31 octobre se déroulera à Poitiers le XVIIIe Congrès de
l’apiculture française organisé par nos collègues du Syndicat national
d’apiculture. Ces manifestations constituent une opportunité de rencontre et de
dialogue. L’UNAF vous y convie et vous donne d’ores et déjà rendez-vous sur son
stand. En attendant, je vous souhaite de belles miellées !
Henri CLÉMENT Président de l’UNAF

Editorial n°717
Un pouvoir schizophrène !
Le Grenelle 2 a été adopté par l’Assemblée nationale et,
contrairement au Grenelle 1, il n’a pas fait l’unanimité des élus du Parlement.
Il est vrai que, sous l’influence de nombreux lobbys, le texte s’était largement
édulcoré et nos députés ont eu à peine 3 jours pour débattre de plus de 102
articles et 1 500 amendements. Imaginez le temps de parole et la qualité du
débat démocratique ! Dorénavant, les produits phytosanitaires, pour être
suspendus ou retirés, devront faire l’objet non seulement d’une étude
toxicologique mais également économique.
La petite phrase du Président de la
République indiquant que « l’environnement, cela commence à bien faire... »,
prononcée en marge du Salon de l’Agriculture, a été lourde de conséquence et a
pesé largement dans les débats. Paradoxalement, le ministère de l’Environnement
vient de lancer une campagne de communication visant à réduire l’emploi des
pesticides dans les jardins dans le cadre du plan Ecophyto 2018 : un petit
enfant habillé en abeille assis sur une pelouse représente une victime
potentielle des pesticides. On devrait se réjouir de cette prise de conscience.
Mais parallèlement, dans ce même gouvernement, avec l’assentiment du dit
ministère de l’Environnement, le ministère de l’Agriculture continue à autoriser
les insecticides neurotoxiques systémiques comme Gaucho® sur céréales, Cruiser®,
Protéus® et autres...
Protéus® : des mortalités importantes et avérées
Alors que 2010 est l’Année internationale de la biodiversité, sur le terrain de
nombreux apiculteurs déplorent d’importantes intoxications. C’est le cas dans
les zones de colzas où, comme nous le redoutions lorsqu’il a été employé, le
traitement Protéus® a engendré de lourdes disparitions. Or, cette miellée, dans
ces régions de grandes cultures, permettait à certains de survivre. C’est le cas
lors des semis de semences de maïs traités Cruiser® où les agriculteurs ont
continué à semer même par vent violent. Mais qui pourrait les critiquer ? C’est
le cas en montagne où, comme en Aveyron, les analyses ont permis de retrouver de
la deltamethrine issue des traitements de prévention de la fièvre catarrhale
ovine... mais ces résultats d’analyses seront-ils enfin pris en compte par nos
responsables politiques ou seront-ils ignorés comme ce fut déjà le cas en Ariège
en 2009 ?
Un documentaire choc sur la disparition des abeilles
Et pourtant nos concitoyens, eux, n’ont jamais été aussi sensibilisés par le
devenir de l’abeille. Il est vrai que l’UNAF, avec son programme Abeille,
Sentinelle de l’environnement, bien implanté sur le territoire et riche d’un
large support médiatique comme le succès du Congrès Apimondia, que nous avons
organisé, ont largement contribué à cette prise de conscience. Le film d’Arte «
Le mystère de la disparition des abeilles », réalisé par Mark Daniels, a connu
un record d’audience. Plus d’un million trois cent soixante-quatorze mille
personnes ont visionné ce reportage, ce qui représente la meilleure audience
pour un documentaire, toutes cases documentaires confondues, la meilleure
audience de la Thema du mardi et la troisième meilleure audience en nombre de
téléspectateurs toutes cases confondues. On ne peut que s’en féliciter mais,
plus que jamais, les apiculteurs attendent des décisions fortes notamment en
matière d’homologations des produits phytosanitaires. A l’image de nos collègues
de Bretagne et Pays de Loire, qui tous ensemble ont rencontré le préfet de
région pour lui faire part des problèmes graves que subissent années après
années les producteurs de miel, nous restons mobilisés ! Messieurs les
décideurs, aujourd’hui les apiculteurs en ont assez des paroles bienveillantes,
ils attendent des actes.
NB : Le mystère de la disparition des abeilles est sorti en DVD chez ARTE
Editions et est vendu à l’UNAF. Nous vous le recommandons chaleureusement.
Henri CLÉMENT Président de l’UNAF

Editorial n°716
Intoxications et mortalités
soudaines : le printemps 2010 enregistre de nouvelles pertes de colonies
Les printemps se suivent et se ressemblent ! De nombreux cas
d’intoxications nous sont signalés avec expulsion de larves devant les ruches,
mortalités soudaines… Nous vous engageons à nous transmettre aussitôt leur
signalement, à prendre des photos, à alerter les services sanitaires et la
Protection des végétaux. Ces remontées d’information sont essentielles… Les vols
de ruches se multiplient également. Des méthodes nouvelles de surveillance des
ruches semblent véritablement apparaître. Que vous soyez assuré à l’UNAF ou pas,
transmettez-nous vos informations afin que nous puissions croiser les données et
mieux nous défendre de ce fléau.
Nouveau président à la CNTESA
Sous la présidence de Bertrand Auzeral, jeune professionnel du Lot-et-Garonne,
que je félicite pour avoir accepté cette responsabilité, la CNTESA va retrouver
un dynamisme nouveau et une activité accrue que nous souhaitons efficaces pour
les producteurs. Information, formation, cours des miels, différentes actions
sont programmées.
APIdays, les premières journées nationales « Abeille, Sentinelle de
l’environnement » vendredi 18 et samedi 19 juin.
De nouveaux partenaires ont rejoint notre programme « Abeille, Sentinelle de
l’environnement » comme les villes de Clermont-Ferrand, Enghien ou
Aubervilliers… Aujourd’hui, plus de trente partenaires accompagnent l’UNAF et,
en installant ainsi des ruchers sur l’ensemble du territoire, permettent de
sensibiliser le grand public et les élus, de prendre des mesures utiles aux
abeilles et de soutenir les apiculteurs en respectant la charte qu’ils ont
signée. C’est pourquoi, les 18 et 19 juin, avec nos partenaires, nous invitons
petits et grands ou le public à participer aux Apidays, deux journées nationales
consacrées à la défense de l’abeille. En relation avec les syndicats
départementaux, de nombreuses animations seront proposées : exposition, récolte,
jeux-concours, conférence, projection de film.
Un nouveau site www.abeillesentinelle.net permet de mieux connaître le monde
fascinant des abeilles et de découvrir notre démarche.
Dans la collection « Grandes enquêtes », ARTE diffuse un documentaire de 90 mn
sur « Le mystère de la disparition des abeilles », mardi 18 mai à 20 h 35.
A la fin des années 90 lorsque nous dénoncions les disparitions de butineuses en
période de floraison de tournesol et les surmortalités en fin d’hiver, d’aucuns
parlaient du « mal français des abeilles », affirmaient haut et fort que les
apiculteurs français étaient de mauvais praticiens qui ne savaient pas
entretenir leurs ruches et que les nouveaux pesticides étaient accusés à tort.
Mais le mal s’est répandu de par le vaste monde et aujourd’hui plus personne ne
parle de ce fameux mal français des abeilles. Le CCD ou Colony Collapse
Disorder, observé aux USA, a pris le relais. De très nombreux articles sont
parus dans la presse, de nombreux reportages ont été diffusés à la radio comme à
la télévision. Le 18 mai au soir sera diffusé sur Arte un documentaire intitulé
« Le mystère de la disparition des abeilles », réalisé par Mark Daniels. Nous
vous invitons à le regarder. Durant de longs mois, l’équipe de tournage a
rencontré de nombreux apiculteurs de différentes régions du monde. De l’Ecosse
aux USA, leurs pratiques sont parfois très éloignées. Les images, très fortes,
nous poussent à réfléchir à l’évolution de l’apiculture que nous souhaitons voir
survivre demain, et si ici en France certains souhaiteraient s’inspirer de ce
qui se fait aux USA je suis persuadé que ce productivisme constitue un piège et
une impasse qui peuvent se révéler suicidaires. Plusieurs chercheurs, parmi les
plus éminents, présentent leur dernières études et leurs résultats sont
éloquents.
Fruit d’un vrai travail de fond, achevé à Apimondia à Montpellier, ce
documentaire nous permet de mieux comprendre ce qui se passe dans nos ruches et
devrait participer à la prise de conscience des gouvernements. En attendant que
de vraies mesures soient prises, je vous souhaite une bonne soirée sur Arte !
N.B. : dès sa diffusion, le film sera disponible à l’UNAF en DVD.
Henri CLÉMENT Président de l’UNAF

Editorial n°715
En attendant les beaux jours…
un printemps à haut risque pour l’apiculture
Dès les premiers beaux jours, un peu fébriles, nous visitons
nos ruches pour vérifier si les colonies ont bien survécu à l’hiver, évaluer
leur vitalité et l’état de leurs réserves. A priori, une manière de se rassurer
et d’anticiper les chances de la récolte. Mais depuis près de quinze ans, c’est
avec une grande anxiété, une angoisse au ventre que les apiculteurs prennent le
chemin des ruchers…
Une fois encore, le bilan sera comparable aux précédents…
Souvent, trop souvent catastrophique.
Des pertes de colonies très contrastées qui fragilisent à terme toute
l’apiculture française.
Selon nos informations provenant de différentes régions de
France, la situation est très variable d’un rucher à l’autre, avec des taux de
mortalité parfois très faibles, que l’on pourrait qualifier de naturel ou de «
normal », à des niveaux de surmortalités catastrophiques, pouvant aller à 60, 80
%, voire la totalité du cheptel. Une perte de 30 % des ruches, en moyenne,
paraît pertinente. Pour les administratifs, éloignés du terrain, ces mots «
pertes de ruches », « abeilles mortes », ces pourcentages sont d’ordre
comptable, un peu virtuels, dénués d’émotion. Pour les apicultrices et les
apiculteurs, ils prennent un autre relief. Ils sont synonymes de tragédie, de
grande peine, de traumatisme, d’incompréhension, de culpabilité – on est
toujours persuadé qu’on aurait dû mieux faire – de drame économique et humain –
il faudra bien faire vivre le foyer quitte à se serrer un peu plus la ceinture…
– de nouveaux efforts à assurer encore et encore pour repeupler ses ruches et
recommencer à nouveau l’année prochaine… Si on peut toujours gloser sur les
causes de ces hécatombes, bien qu’une grande partie du mystère soit éludée, il
n’en demeure pas moins que les apiculteurs ne sont jamais indemnisés et doivent
faire face seuls à la dure réalité.
Aucune profession n’accepterait de subir de telles pertes
depuis tant d’années sans aucune compensation. Cette situation est inacceptable
et invivable. Aussi, nous allons solliciter un rendez-vous auprès du ministre de
l’Agriculture pour lui exposer l’ampleur de la crise, les menaces qui pèsent sur
la production et sur la pollinisation et lui demander de prendre instamment des
mesures fortes et concrètes pour soutenir la filière. A l’heure où près de 200
parlementaires de l’Assemblée nationale et du Sénat ont rejoint le comité de
soutien à l’abeille et à l’apiculture initié par l’UNAF et le MDRGF, la LPO, le
réseau Agir pour l’Environnement et Natureparif, les apiculteurs doivent pouvoir
enfin compter sur la solidarité de la nation.
Quels moyens pour l’Institut technique et la recherche scientifique ?
Le 12 mars, l’Institut technique a vu le jour. Espérons qu’il pourra travailler
dans de bonnes conditions et apporter une aide concrète aux producteurs. Nous y
veillerons. Lors du comité de pilotage du règlement européen en faveur de
l’apiculture, un certain nombre de projets scientifiques concernant la lutte
contre varroas, la fécondité des mâles et les analyses de produits
phytosanitaires ont été écartés, après avis négatif du comité d’évaluation, sans
pouvoir être réintégrés comme c’était le cas par le passé. Cela est fort
inquiétant, car si les laboratoires ne travaillent pas sur ces problématiques
pour apporter des réponses claires, nous pourrons continuer à nous interroger…
D’autant plus que, malgré les organismes de recherche et les
techniciens de l’abeille, certaines questions de base demeurent à ce jour encore
sans réponses… Dans la lutte contre varroa, la molécule d’amitraze et le
traitement Apivar sont-ils toujours efficaces ? Quel taux d’efficacité assurent
les traitements aux huiles essentielles, l’acide oxalique, l’acide formique ?
Pourquoi ne réalise-t-on pas plus d’analyses de résidus chimiques dans les
pollens qui engendrent de fortes mortalités en favorisant le développement des
pathologies au démarrage des colonies ? Les dernières recherches américaines
sont pourtant éloquentes... 4 à 6 résidus de pesticides sont présents, parfois
en quantité infinitésimale, dans chaque échantillon de pollen et suffisent à
diminuer considérablement les défenses immunitaires des abeilles.
Cruiser et Protéus : signalez-nous vos intoxications le plus rapidement possible
Les colzas commencent à fleurir. Nous sommes très inquiets sur les conséquences
de l’autorisation de mise sur le marché du Cruiser et du Protéus…
De fortes mortalités subites de ruches nous ont déjà été
signalées dans la région de Tours. Si vous êtes victime d’intoxications,
réagissez très vite. Envoyez aussitôt l’information à l’UNAF par mail en
indiquant vos coordonnées, le nombre de ruches, le taux de mortalité,
l’environnement du rucher...
Appelez les services vétérinaires et le service régional de
la Protection des végétaux et faites des photos. N’attendez pas car ensuite il
sera trop tard. Espérons en attendant que les conditions météorologiques
s’améliorent !
Henri CLÉMENT Président de l’UNAF

Editorial n°714
Une très belle assemblée
générale
Le 27 février, les responsables départementaux de l’UNAF
étaient invités à participer à l’assemblée générale annuelle. En raison de
l’augmentation du nombre de syndicats adhérents et de l’ampleur des décisions à
prendre, pour la première fois cette assemblée ne s’est pas déroulée dans nos
locaux devenus trop exigus de la rue des Tournelles, mais dans une salle plus
spacieuse.
L’ensemble des dossiers qui préoccupent les apiculteurs ont été abordés :
Cruiser, Protéus, incidence de la guttation, impact du frelon, nouvelle
déclaration de ruche... Outre les rapports, moral et financier, votés à
l’unanimité, l’assemblée devait se prononcer sur deux sujets d’actualité :
l’Institut et l’adhésion à la FNSEA.
Institut technique et scientifique de l’abeille et de la pollinisation (ITSAP)
Après un rappel de la mission Saddier, des réunions de concertation au printemps
2009, de l’action décisive de l’UNAF pour obtenir des statuts plus conformes aux
v?ux de la profession, les responsables se sont exprimés à bulletin secret.
Résultat : 128 votes exprimés. 128 voix favorables à l’adhésion à l’Institut.
L’UNAF participera donc au conseil d’administration de l’Institut qui verra
effectivement le jour le 12 mars. Nous veillerons, dans un esprit constructif
mais vigilant, à ce que cette structure technique travaille véritablement dans
l’intérêt des apiculteurs et la sauvegarde de l’abeille. En toute indépendance
et sur les véritables sujets qui nous préoccupent au quotidien.
FNSEA
Sans aucune concertation, la FNSEA a décidé, à l’automne, de remanier en
profondeur sa section apicole qui depuis des années était composée de l’UNAF, du
SNA et du SPMF. Comme l’activisme et la communication de l’UNAF dérangent
certaines filières d’agriculture intensive, il a été décidé d’accorder 5 voix au
SPMF qui représente aujourd’hui moins de 100 adhérents et 1 voix consultative au
SNA et à l’UNAF... Pour mémoire, l’UNAF représente plus de 700 professionnels,
plus de 3 000 pluriactifs et plus de 16 000 petits producteurs...
Les responsables se sont donc exprimés à bulletin secret. Résultat : 140
suffrages exprimés, 128 pour quitter la FNSEA et 12 pour continuer à y adhérer.
Un vote clair et sans appel.
La FNSEA organise des réunions interrégionales pour mettre en place des sections
régionales. Les premiers rendez-vous sont éloquents... A Avignon, réunion pour
Provence-Alpes-Cote d’Azur, Rhône-Alpes et Languedoc-Roussillon, trois grandes
régions apicoles étaient présentes... 12 apiculteurs dont trois ou quatre
opposants... En Sud-Ouest : une quinzaine dont un opposant. En Centre : moins de
12.
Seuls les responsables historiques du SPMF répondent présent.
En PACA, le SAPP, le syndicat régional qui représente près de 80 % des adhérents
du SPMF, a refusé de s’affilier à cette section FRSEA... Sans commentaire...
CNTESA
Réunis en assemblée extraordinaire, le 26 février, les adhérents ont décidé de
redynamiser notre commission et de travailler à une meilleure information par
mail de ses adhérents. La prochaine réunion du conseil d’administration élira le
bureau. La cotisation demeure à 20 euros.
Dans ce numéro d’Abeilles et Fleurs, vous découvrirez un article étonnant signé
par Jacques Kemp dont chacun reconnaît le sérieux et le professionnalisme. Cette
piste avait été ignorée jusqu’à présent. Elle mérite que les scientifiques s’y
intéressent car si les résultats se confirmaient, la vie de nos abeilles en
serait bouleversée. Et pour une fois dans le bon sens.
Avec les beaux jours, les abeilles ont recommencé à butiner, les reines ont
repris leur ponte.
Espérons que les conditions climatiques seront favorables au bon développement
de nos colonies.
Info dernière : une terrible tempête vient de s’abattre sur plusieurs régions de
France. Selon le Gouvernement, les communes concernées seront rapidement
reconnues en catastrophes naturelles. Les apiculteurs ayant subi des dommages
doivent prendre des photos des ruchers sinistrés et les joindre au dossier.
L’UNAF est de tout c?ur avec les apiculteurs victimes de cette tempête. Bon
courage.
Henri CLÉMENT Président de l’UNAF

Editorial n°713
Demeurons vigilants…
L’UNAF se bat pour un Institut Technique et Scientifique Apicole
véritablement indépendant !
Au service de l’abeille et de l’apiculture
Plusieurs structures apicoles ont la même analyse que l’UNAF concernant les
statuts de l’Institut Technique qui avaient été adoptés lors de l’assemblée
générale du CNDA. Comme nous, ils n’acceptaient pas que le comité scientifique
soit décisionnaire, que les chercheurs qui avaient mis en évidence le rôle des
phytosanitaires dans les surmortalités d’abeilles soient écartés, que l’Union
des Industriels de la Protection des Plantes (UIPP) puisse faire son entrée au
sein de cet Institut et que Coop de France dispose d’une voix.
Malgré l’ampleur de cette opposition qui fédérait plus de 80 % des apiculteurs,
nous ne parvenions pas à être entendus…
Aussi l’UNAF a-t-elle décidé de mettre en place une stratégie forte et de
frapper un grand coup :
-
Une lettre de notre avocat maître Fau dénonçait
l’irrégularité de la procédure qui validait les statuts sans qu’une
Assemblée Constitutive rassemblant les membres fondateurs n’ait eu lieu.
-
Un communiqué de presse était envoyé à l’ensemble des médias
nationaux.
-
Une lettre était adressée à tous les députés et à tous les
sénateurs.
-
Enfin, un appel à une manifestation des représentants des
syndicats départementaux était lancé.
Je remercie toutes celles et tous ceux qui ont participé à ce
mouvement, en sollicitant leurs élus, en participant à la manifestation, car
grâce à vous tous notre stratégie a été efficace.
Nous nous en réjouissons.
Désormais, le comité scientifique jouera un rôle consultatif et intégrera MM.
Colin, Belzunces et Bonmatin. Les associations phytopharmaceutiques ne pourront
pas être membres de cet institut. Nous négocions encore le rôle de Coop de
France qui devrait n’être que consultatif.
Le 22 janvier s’est tenue au siège de l’ACTA une réunion de ce qui préfigure le
prochain conseil d’administration de l’Institut, un bureau temporaire a été élu
et l’assemblée générale extraordinaire du 12 mars verra enfin la constitution de
l’Institut.
D’ici là, plusieurs points des statuts doivent encore faire
l’objet de négociations. Nous nous y emploierons dans l’espoir de pouvoir
disposer d’un véritable outil qui travaillera efficacement en faveur de
l’abeille et de l’apiculture.
Le budget prévisionnel avoisine les 300 000 euros. C’est un début, mais c’est
peu pour entreprendre de vrais chantiers aujourd’hui pourtant indispensables.
Lors des réunions du printemps 2009, nous avons été les seuls à nous battre sur
la question de la représentativité… L’UNAF représente plus de 22 000 apiculteurs
dont près de 800 professionnels… Il était hors de question que nous ne
disposions que d’une seule voix… Certains qui vocifèrent aujourd’hui se sont tus
ou, pire, ont fait la chaise vide alors que s’ils nous avaient soutenus, nous
aurions sûrement obtenu plus de sièges… Nous sommes parvenus à obtenir deux voix
dont ont également bénéficié le SPMF et le SNA…
Le 27 février, à l’occasion de la prochaine assemblée générale, nous déciderons
de la participation de l’UNAF à cet institut.
Durant des années, la FNSEA s’est totalement désintéressée de l’avenir de
l’apiculture… En revanche, elle a continué à protéger les produits
phytosanitaires comme Gaucho, Régent ou Cruiser imputant les surmortalités
d’abeilles à l’incompétence des apiculteurs et aux seuls problèmes sanitaires…
Aujourd’hui, elle tente de reprendre la main et cherche à constituer des groupes
régionaux d’apiculteurs plus dociles et plus coopératifs que les représentants
de l’UNAF.
Dans ce même objectif, elle soutient ardemment le SPMF, syndicat ne représentant
plus que 150 adhérents, afin de lui permettre d’apparaître comme un vrai
syndicat, ce qu’il n’est plus depuis longtemps…
Fleurissement des accotements routiers : les abeilles méritent mieux !
Enfin les ministères de l’Environnement et des Transports ont publié un
communiqué de presse où ils indiquent qu’il faut vraiment sauver les abeilles et
que dorénavant les bords de routes nationales seront semés de plantes mellifères
sur 250 km… Sans commentaire !
Nous vous invitons à lire le communiqué de presse que nous avons
aussitôt rédigé et qui a eu une grande écoute.
Ne soyons pas dupes… et ne nous laissons pas manipuler.
L’UNAF continue à demeurer vigilante.
Henri CLÉMENT Président de l’UNAF

Editorial n°712
Renouvellement de Cruiser :
principe de précaution bafoué
Le Ministère de l’Agriculture se discrédite une fois de
plus ! Alors que s’achevait l’année 2009 et que nous apprenions la disparition
du professeur Rémy Chauvin, le ministère nous annonçait une nouvelle
autorisation du Cruiser pour un an sur maïs d’ensilage, maïs grains et maïs
porte-graine femelle ! A l’orée de l’année de la biodiversité, cette
autorisation d’un produit d’une haute dangerosité pour la faune pollinisatrice
sonne comme une provocation.
L’AFSSA considère toujours ce produit comme particulièrement à risque pour les
abeilles et l’environnement, à tel point que pour le maïs doux et le maïs
porte-graine mâle, elle préconisait d’éloigner les ruches à plus de 3
kilomètres... ce qui a conduit le ministère à exclure ces usages pour éviter le
ridicule. Le ridicule est pourtant atteint avec l’obligation en 2010 de réaliser
les semis Cruiser par « vent faible » (force 2 sur l’échelle de Beaufort,
c’est-à-dire de 7 à 11 km/h)... Les agriculteurs devraient donc se munir
d’anémomètres ? Mais qui contrôlera ?
Bien sûr, les études réalisées en Italie sur la gutation des plantules, qui
révèlent une toxicité très élevée des gouttelettes, n’ont pas été prises en
considération... pas plus que les analyses d’abeilles intoxiquées prélevées chez
des apiculteurs, qui ont révélé la présence de thiametoxam... les résultats ne
sont, il est vrai, opportunément parvenus qu’après l’avis de l’AFSSA ! Que dire
des lobbys du maïs et de l’agrochimie impliqués main dans la main pour obtenir à
toute force cette autorisation d’autant plus irresponsable que les producteurs
intensifs du maïs refusent la rotation des cultures ? Que dire des propos du
président Lemétayer qui demande au ministre d’arrêter « d’en demander toujours
plus en matière agro-environnementale » ?
Un Institut apicole véritablement indépendant
Nos espoirs pour l’avenir reposent sur la mise en place d’un Institut Technique
Apicole, majeur et indépendant, qui
travaillerait vraiment en faveur des abeilles et de l’ensemble des producteurs.
C’est un chantier auquel nous sommes attelés avec plusieurs structures qui
représentent 90 % des apiculteurs.
Des statuts, respectueux des discussions qui s’étaient déroulées dans le cadre
de la commission Saddier, accordant un vrai rôle à l’assemblée générale et au
conseil d’administration et définissant les modalités de désignation des membres
du Conseil scientifique, voilà quels sont nos objectifs. Ces statuts sont en
cours de validation et seront présentés au cabinet du ministre.
Pour l’avenir de la filière, le mois de janvier sera déterminant. Soit nous
disposerons d’un Institut dépourvu de toute
indépendance à la solde de l’agrochimie grâce au soutien d’une minorité
d’apiculteurs qui collaborent... soit nous pourrons travailler véritablement en
faveur des abeilles et des apiculteurs. Dès le début janvier, nous allons
intervenir par tous les moyens pour obtenir gain de cause. Plusieurs actions
sont en cours d’élaboration envers les élus et les médias y compris des
manifestations auxquelles vous serez invités.
Avec l’organisation du congrès Apimondia à Montpellier, qui a connu un succès
sans précédent, un développement réussi du programme Abeille, Sentinelle de
l’Environnement et la mise en place d’une coordination européenne, au cours de
l’année 2009, l’UNAF a défendu les intérêts de l’apiculture et largement
contribué à médiatiser l’abeille. Nous nous en réjouissons.
Je vous souhaite à toutes et à tous une bonne et heureuse année 2010.
Qu’elle nous apporte un environnement plus favorable pour
nos abeilles et de belles miellées... !
Henri CLÉMENT Président de l’UNAF

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