Récolte 2009

"L'abeille, sentinelle de l'environnement"

Le projet            Les partenaires            L'espace presse

Domaine National de Versailles
Visiter le site

 

Des « Abeilles sentinelles de l’environnement » au Hameau de la Reine à Versailles avec le soutien de L'Oréal Paris

 

 

Six ruches du programme national « Abeille, sentinelle de l’environnement ont été inaugurées au Hameau de la Reine au Château de Versailles, avec le soutien de L’Oréal Paris, Vendredi 3 octobre 2008

Installées au pied de la Tour Marlborough au Hameau de la Reine, les abeilles des six ruches du programme, initié par l’Union Nationale de l’Apiculture Française, vont butiner sur un rayon de trois à cinq kilomètres au sein du magnifique Domaine du Château de Versailles où la biodiversité reste protégée. 

Une des ruches a été réalisée, par les services des Architectes de Versailles sur un modèle d’époque et d’ici le printemps prochain toutes les ruches seront ainsi présentées au public.

 

     
     
Interview parue dans le journal "Abeilles et Fleurs"

 

Question à Monsieur Jean-Jacques Aillagon, Ancien Ministre, Président de l’Établissement public du musée et du domaine national de Versailles

Abeilles et Fleurs -          Le  Domaine national de Versailles a choisi de soutenir le programme national « Abeille, sentinelle de l’environnement » et d’accueillir des ruches dans le domaine. Pouvez-vous nous expliquer ce qui a motivé cette décision ?

Le domaine de Versailles est confronté aux grands enjeux écologiques du XXI éme siècle, et se doit, dans la mesure de ses moyens, d’être un acteur exigeant dans ce domaine.

Des plans ambitieux sur la gestion de l’énergie, l’amélioration du bilan carbone ou encore la gestion de l’eau sont en cours d’élaboration.

Mais, au delà de ces plans dont la mise en œuvre sera longue, de multiples actions immédiates peuvent être lancées.

C’est dans cet esprit que j’ai souhaité la participation de l’Établissement public du musée et du domaine national de Versailles au programme national « Abeille, sentinelle de l’environnement », nous permettant de réintroduire des ruches dans le domaine, en favorisant ainsi la sauvegarde de la biodiversité.

Il est à noter que d’autres ruches sont déjà installées à l’autre extrémité du domaine dans le parc Balbi et que celles-ci participent notamment à la pollinisation du Potager du Roi.

Abeilles et Fleurs - Votre Établissement a depuis plusieurs années engagé des actions en matière de développement durable et de préservation de la biodiversité, quels sont les principaux projets menés dans ce domaine au sein du Domaine national de Versailles ?

En effet, ces actions sont très diversifiées mais portent essentiellement sur la flore. Nous avons tout d’abord élargi les variétés plantées tant dans les parterres que dans le parc, nous avons adapté nos méthodes de plantation afin d’amoindrir les risques de propagation de maladie. Nous n’effectuons plus aucun brûlage des déchets verts, nous les utilisons sous forme de compost ou de protection en paillage.

L’eau est aussi l’un des thèmes importants de nos actions. Nous avons par exemple supprimé l’utilisation d’eau potable dans l’arrosage des plantations, réintroduit des plantations en pot dans les parterres permettant également d’économiser l’eau. Enfin, en matière de gestion globale, des efforts sont également menés par l’établissement pour aboutir à une reconnexion des réseaux de récupération des eaux pluviales des plateaux autour de Saclay ou de Rambouillet.

Sur la faune, peuvent être cités les efforts réalisés pour maintenir un habitat approprié pour les oiseaux, le maintien des zones humides,  l’introduction de carpes dans les plans d’eau pour combattre la prolifération des algues vertes ou encore le recensement sur le domaine des populations de chauve souris.

Abeilles et Fleurs - Le Hameau de la Reine accueille déjà de nombreux animaux de la ferme, l’installation de ruches est-elle le symbole d’une sensibilité spécifique à la sauvegarde de l’abeille  et à la préservation de la biodiversité ? - Avez-vous par exemple limité l’usage des pesticides dans le Parc ?

Nos deux jardiniers en chef sont particulièrement sensibilisés à cette préservation de la biodiversité et recherchent, face à une charge de travail très importante qui pourrait les pousser à utiliser des moyens peu respectueux de l’environnement, à utiliser les méthodes de gestion du patrimoine végétal les plus éco responsables possible, quitte à remettre parfois en cause de vieilles habitudes.

L’introduction de ruches au Hameau de la Reine m’est apparue comme un véritable acte citoyen dans cette préservation de la biodiversité, mais aussi un moyen d’associer le château à la prise de conscience nécessaire de cet enjeu par nos concitoyens.

Concernant les pesticides, leur éradication est une action engagée de longue date que ce soit dans le Grand Parc ou les jardins. Il est parfois nécessaire de faire appel à des produits chimiques mais nous sommes alors toujours vigilants à leur innocuité.

Abeilles et Fleurs - Le Hameau de la Reine a une place particulière à Versailles. Pouvez-vous nous dire quelques mots sur ce lieu ?  (Historique - superficie – aménagements – etc….)

A Trianon, Marie-Antoinette voulait avoir son propre village pour jouir des plaisirs de la campagne avec ses enfants. C’est Richard Mique, l’architecte du Théâtre de la reine, qui de 1783 à 1785 construit le hameau en s’inspirant des dessins du peintre Hubert Robert. Douze maisons, réparties autour du grand lac,  évoquent un véritable village de style normand : la maison de la Reine, le billard, le boudoir, le moulin à eau, la laiterie de propreté, la ferme et ses annexes, la grange qui servait de salle de bal (disparue), la maison du garde, le colombier et la laiterie de préparation, le réchauffoir et la tour de Marlborough qui domine le lac, et dont le soubassement abrite la pêcherie. Seules les cinq premières maisons étaient réservées à l’usage de la Reine. Contrairement aux idées reçues, ce hameau n’était pas une création d’opérette. C’était une véritable petite exploitation agricole, dirigée par un fermier, dont les produits alimentaient les cuisines du château. Aujourd’hui encore comme le souhaitait Marie-Antoinette à l’époque, le hameau de la Reine reste un lieu réservé et préservé, domaine de l’intimité.

Propos recueillis par Anne HENRIOT

Crédit photo : Félix GIL