Pollinisateurs et biodiversité
Un grand défenseur des arbres nous a quitté
Le botaniste Francis Hallé, spécialiste des forêts tropicales et défenseur infatigable des arbres, s’est éteint le 31 décembre à l’âge de 87 ans. Chercheur, pédagogue et passionné du vivant, il laisse derrière lui une œuvre scientifique et humaine majeure.
Le botaniste Francis Hallé, grand spécialiste des forêts tropicales et infatigable défenseur des arbres, s’est éteint le 31 décembre à l’âge de 87 ans. Chercheur, pédagogue et passionné du vivant, il a consacré sa vie à mieux faire connaître les plantes, les forêts primaires et la richesse de leur biodiversité. Retour sur le parcours d’un scientifique hors du commun.

Francis Hallé s’est éteint, à 87 ans, le 31 décembre dans sa maison de Montpellier, entouré des siens.
Né le 15 avril 1938 à Seine-Port en Seine-et-Marne, il était le benjamin d’une famille de sept enfants. Son père, ingénieur agronome, et sa mère, fille du peintre André Dauchez, qui « adorait les plantes », lui transmettent très tôt la passion de la botanique.
Sous l’influence de son frère aîné, Nicolas, botaniste au Muséum national d’histoire naturelle à Paris, il suit des études universitaires en biologie. Docteur en biologie, diplômé de la Sorbonne et docteur en botanique, il est également diplômé de l’université d’Abidjan. Ancien professeur de botanique à l’université de Montpellier, il se spécialise en écologie des forêts tropicales humides, s’installant dans les régions tropicales pour en étudier les forêts primaires,
Botaniste émérite à la renommée internationale, Francis Hallé a largement contribué à mieux faire connaître les arbres et surtout les forêts primaires qu’il a étudiées toute sa vie durant. Grâce à son invention, le radeau des cimes, il a pu mener, pendant des décennies et sur plusieurs forêts du globe, des recherches approfondies sur la canopée et l’incroyable biodiversité qu’elle recèle. Dessinateur talentueux, il laisse un trésor de dizaines de milliers de croquis.
Pour les scientifiques, il était un chercheur perpétuellement en quête de nouvelles explications sur le vivant, auteur d’un grand nombre d’ouvrages. Son dernier projet, la renaissance d’un massif de forêt primaire en Europe, est en cours grâce au travail de l’association qui porte son nom.

Passeur d’émerveillement infatigable, pédagogue dans l’âme, Francis Hallé a consacré sa vie à attirer l’attention de ses contemporains et des jeunes générations en particulier sur la profonde beauté des plantes sur toute la planète, en particulier dans les milieux tropicaux, chers à son cœur. Il n’a cessé de rappeler l’humilité nécessaire devant l’incroyable complexité du vivant. Humble, simple, toujours avec humour et une vraie joie de vivre, il aimait partager ses connaissances et n’hésitait pas à se rendre dans les écoles, même les plus modestes, pour parler des arbres avec de jeunes enfants.
Dans son livre Éloge de la plante, Francis Hallé nous rappelle que les végétaux sont apparus bien avant les hommes et les animaux en général et leur survivront certainement. En effet, tous les animaux (dont les humains) ont besoin des végétaux pour vivre (alimentation, énergie, vêtements, habitat, etc.) alors que la majorité des végétaux est capable de vivre en totale autonomie et pourrait ainsi très bien se passer de la plupart des animaux — hormis la pollinisation par les insectes et les oiseaux, relativement mineure pour les arbres.
Francis Hallé avait entretenu des ruches avec la passion qui le caractérisait durant un certain temps.
Pour sa famille et ses innombrables amis de par le monde, il était un humain chaleureux, engagé, direct et sincère, amoureux des arbres mais aussi de la navigation à voile, de la musique et de la vie simple.
L’UNAF présente ses condoléances à sa famille, à ses amis et aux membres de l’association Francis Hallé.
Nous vous recommandons les lectures:
- Éloge de la plante (Seuil 1999)
- Plaidoyer pour l’arbre (Actes sud,2005)
- Il était une forêt avec Luc Jacquet (actes Sud 2013)



