Accord UE – Ukraine : une menace pour l’apiculture française
L’Union européenne et l’Ukraine ont conclu le 30 juin 2025 un nouvel accord commercial qui prévoit d’augmenter drastiquement les volumes de miel importés en franchise de droits de douane. Cet accord, qui s’inscrit dans le cadre de la révision de la Zone de libre-échange approfondi et complet (ZLEAC), inquiète fortement la filière apicole française. L’UNAF […]
L’Union européenne et l’Ukraine ont conclu le 30 juin 2025 un nouvel accord commercial qui prévoit d’augmenter drastiquement les volumes de miel importés en franchise de droits de douane. Cet accord, qui s’inscrit dans le cadre de la révision de la Zone de libre-échange approfondi et complet (ZLEAC), inquiète fortement la filière apicole française. L’UNAF alerte sur les conséquences économiques et sanitaires de ces décisions et a saisi officiellement la ministre de l’Agriculture Annie Genevard pour demander une réaction urgente.
Depuis 2022, afin de soutenir l’Ukraine dans le cadre de son invasion par la Russie, l’UE a décidé de suspendre les frais de douanes et quotas d’importation pour les produits ukrainiens, dont le miel, ceci dans le cadre des Autonomous Trade Measures, mais les quantités ont très fortement augmenté.
Un quota multiplié par six en moins de dix ans
Alors que l’accord provisoire de 2016 prévoyait l’importation de 6 000 tonnes de miel ukrainien par an sans droits de douane, le nouvel accord entérine désormais un quota de 35 000 tonnes. Cela représente une augmentation de 583 % en moins de dix ans.
Dans un contexte de marché français déjà déstabilisé par des importations massives à bas prix, cette ouverture supplémentaire fragilise encore davantage les apiculteurs européens et français, qui peinent à valoriser leurs miels de qualité.
L’Ukraine, cheval de Troie d’importations frauduleuses
Au-delà de la concurrence déloyale générée par cet accord, un autre risque majeur est pointé par l’UNAF et par de nombreux syndicats européens : l’Ukraine est en train de devenir le cheval de Troie d’exportateurs mal intentionnés, notamment asiatiques.
De nombreux lots de miel importés sous étiquette ukrainienne seraient en réalité originaires de pays tiers, parfois hors d’Europe, et présenteraient un risque élevé de fraude, adultération et non-conformité.
Cette situation menace directement les consommateurs européens et décrédibilise l’ensemble du marché du miel.
Le risque d’une nouvelle crise du miel en vrac
L’UNAF rappelle qu’à la fin 2023 et au début 2024, la filière apicole française a déjà traversé une grave crise liée à la surabondance de miel importé en vrac, revendu à des prix dérisoires, en raison notamment de l’augmentation des volumes de miels importés d’Ukraine.
Ce nouvel accord pourrait provoquer le retour d’une telle crise, avec un effet domino : effondrement des prix, perte de revenus pour les apiculteurs, et mise en danger de la pérennité de milliers d’exploitations apicoles en France.
La position de l’UNAF contre cet accord avec l’Ukraine
Face à cette situation préoccupante, l’UNAF a adressé un courrier officiel à la ministre de l’Agriculture pour demander :
- Le rejet en l’état de cet accord commercial.
- Des contrôles renforcés sur l’origine et la qualité des miels importés.
- Une protection réelle de l’apiculture française et européenne, secteur essentiel pour la biodiversité et la souveraineté alimentaire.
Défendre le miel français et l’apiculture européenne
« L’UNAF appelle les pouvoirs publics à prendre la mesure de la gravité de la situation : sans protection adéquate, la filière apicole française risque de subir une crise durable. Or, derrière chaque pot de miel produit en France, il y a un apiculteur, une filière et des abeilles mellifères, maillons indispensables de la pollinisation », alerte Christian Pons, président de l’UNAF.
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