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Vote du Sénat sur les néonicotinoïdes : l’UNAF alerte sur un passage en force inacceptable et appelle les élus à rejeter le texte pour sauver l’apiculture française et la biodiversité
L’UNAF dénonce la réintroduction de l’acétamipride et du flupyradifurone dans le cadre de la loi d’urgence agricole. Une décision jugée dangereuse pour l’apiculture française, les pollinisateurs, la biodiversité et la souveraineté alimentaire.5522
L’Union Nationale de l’Apiculture Française exprime sa profonde indignation car, le 3 juillet, le Sénat a réintroduit l’utilisation de l’acétamipride et du flupyradifurone dans le cadre de la loi d’urgence agricole. Après une première tentative de réautorisation censurée en 2025 par le Conseil Constitutionnel, nous dénonçons avec la plus grande fermeté cet acharnement qui détruirait l’apiculture française. Ce vote constitue un danger pour la survie de l’apiculture, un recul environnemental majeur et un reniement des engagements pris par la France depuis l’interdiction des néonicotinoïdes en 2016. Nous attendons qu’en commission mixte paritaire, le 16 juillet, nos élus disent non à Monsieur Duplomb.
Une réintroduction de ces substances serait « Une bombe à retardement pour les pollinisateurs et la santé publique. », alerte Christian Pons, président de l’UNAF et apiculteur dans l’Hérault. Aujourd’hui le déni scientifique n’est plus possible : des centaines d’études scientifiques ont établi le lien entre l’utilisation des néonicotinoïdes et le déclin des pollinisateurs. L’acétamipride est associé à l’effondrement des colonies, à l’altération des capacités de butinage, à l’affaiblissement de l’immunité et à des perturbations du développement larvaire des abeilles. Quant au flupyradifurone, classé comme extrêmement persistant dans l’environnement, il affecte les capacités motrices et comportementales des abeilles.

La manœuvre est également un véritable déni démocratique : Plus de 2,1 millions de citoyens, aux côtés de médecins, chercheurs et professionnels de santé, se sont déjà opposés fermement à cette réintroduction. Le danger est fort pour notre souveraineté alimentaire pourtant défendue et demandée par notre parlement et notre gouvernement. Les pollinisateurs contribuent à la production de 75 % des espèces cultivées destinées à l’alimentation humaine et représentent jusqu’à 5 milliards d’euros de valeur économique chaque année. Fragiliser la protection des « ouvrières agricoles » du vivant, c’est détruire notre apiculture et notre agriculture.
En dehors de la réintroduction des néonicotinoïdes qui contredit directement le plan pollinisateur mis en œuvre par l’État, le texte adopté par le Sénat multiplie aussi les reculs environnementaux alors que nous subissons de plein fouet une canicule historique. Ce non-sens politique n’a pas de limite et par cet amendement une ligne rouge a été franchie. Cette famille de pesticides est la plus toxique, même à très faible dose, pour nos abeilles. Une exposition chronique aux néonicotinoïdes les fragilise face à toutes les autres menaces à leur survie : dérèglement climatique, frelon asiatique, varroa, stress alimentaire…etc. Pour des milliers d’apicultrices et d’apiculteurs le retour de ces molécules neurotoxiques constitue un point de rupture et une attaque directe pour la préservation de l’apiculture française.
L’UNAF appelle solennellement les député.e.s et sénatrice.eur.s à faire preuve de responsabilité en rejetant, le 16 juillet 2026 en Commission mixte paritaire, ce texte et à minima l’amendement de l’article 2 quater réintroduisant l’utilisation de néonicotinoïdes pour les cultures de la betterave, de la noisette, de la pomme et de la cerise. Nous nous opposons à cette loi inacceptable et délétère pour l’apiculture, les pollinisateurs et la souveraineté alimentaire. A défaut, nous continuerons notre combat, devant les tribunaux s’il le faut, pour défendre les apicultrices, les apiculteurs et par-dessus-tout : nos abeilles.
Christian PONS
Président de l’Union Nationale de l’Apiculture Française
Contact : Jade ROBERT – Responsable filière et environnement de l’abeille jade.robert@unaf-apiculture.info – 06 28 20 76 10



