Grand sondage sur la localisation des ruchers par GPS : 90% des apicultrices et apiculteurs interrogés y sont opposés
Le ministère de l’Agriculture envisage de recueillir les coordonnées GPS des ruchers. Opposée à cette proposition, l’UNAF a lancé un questionnaire qui a recueilli 1 600 réponses, dont 90 % défavorables. Ces résultats seront transmis au ministère pour faire entendre la position des participants.
Le ministère de l’Agriculture envisage la collecte des coordonnées GPS des ruchers dans les futures déclarations Téléruchers. L’UNAF a consulté les apicultrices et les apiculteurs qui exprime en large majorité leur refus de transmettre cette information précieuse au vu du manque risques de piratages des données et de l’absence de contrôle sur qui aura accès à ces données.

Une évolution envisagée des déclarations de ruchers
Dans le cadre de l’évolution des déclarations TéléRuchers en une « Base Nationale Opérateurs » d’ici à 2028, le ministère de l’Agriculture propose de recueillir les coordonnées GPS précises des ruchers. Les apicultrices et les apiculteurs seraient ainsi amenés à transmettre la position géographique de leurs emplacements.
Cette proposition s’inscrit, dans la mise en œuvre de la législation européenne sur la santé animale. L’UNAF estime toutefois que ce cadre européen n’imposerait pas la communication de coordonnées GPS précises mais seulement celle d’une adresse postale (telle qu’aujourd’hui la déclaration de la commune) et nous contestons donc la nécessité de cette collecte.
La mesure soulève plusieurs questions : au temps des nombreux piratages informatiques, comment ces informations seraient-elles protégées ? Quels organismes pourraient y accéder ? Et quels usages pourraient en être faits une fois les données transmises ?
L’UNAF s’y oppose, pourquoi ?
Pour l’UNAF, la localisation précise des ruchers constitue une information sensible. Sa collecte et son éventuel partage présentent des risques qui ne peuvent être écartés sans garanties sur la sécurité des données et les conditions de leur utilisation.
Le premier sujet de préoccupation concerne le risque de vols en cas de piratages des données. Le repérage des emplacements pourrait être facilité si ces informations étaient détournées ou consultées par des personnes malveillantes. Pour tous les apicultrices at apiculteurs, le vol de colonies est une catastrophe (une perte de matériel, mais aussi de travail d’élevage, de production et de revenus)..
L’UNAF s’interroge également sur la question des « ayants-droits », le ministère de l’Agriculture a laissé la porte ouverte à plusieurs organismes qui pourraient, par convention avec le Ministère, consulter ces informations. Lors de la présentation de cette nouvelle évolution, un éventuel accès pour certaines structures a été demandé. Ce serait le Ministère qui déciderait des droits d’accès ? Pour quelles missions et avec quelles limites ? L’UNAF estime que les apiculteurs doivent pouvoir contrôler ce que deviennent les données précieuses que sont les coordonnées précises de leurs ruches.
Enfin, nous redoutons que la géolocalisation soit utilisée pour justifier de nouvelles restrictions d’implantation. Une approche fondée sur la seule localisation des ruches risquerait de négliger les particularités de chaque territoire. Nous ne souhaitons pas que ces informations accentuent des tensions. Nous défendons la nécessité de dialoguer entre les acteurs concernés selon les réalités de terrains de chaque localité.
Un grand succès du sondage pour recueillir votre avis
Pour connaître la position des apicultrices et des apiculteurs, vous les premiers concernés par cette mesure, l’UNAF a lancé un questionnaire sur la communication des coordonnées GPS dans les futures déclarations TéléRuchers. L’objectif était de permettre à chacun de se prononcer sur la proposition et d’appuyer les échanges avec le ministère sur la base des avis recueillis. Cette consultation a rencontré une forte participation, avec 1 600 réponses. L’UNAF remercie toutes les personnes qui ont pris le temps d’y contribuer, qu’elles soient favorables ou opposées à la mesure.
Près 90 % des répondants se prononcent contre la localisation par point GPS de leurs ruchers.
Les résultats font apparaître une opposition très nette : 90 % des participants ont répondu « non », contre 10 % de « oui ».
Ces chiffres traduisent votre mobilisation exceptionnelle à l’encontre de cette proposition et permettront à l’UNAF de porter vos voix directement auprès des instances nationales.
Un objectif : celui de porter votre opinion auprès du ministère de l’Agriculture.
L’UNAF transmettra les résultats de cette consultation au ministère de l’Agriculture afin que les avis exprimés soient pris en compte dans les discussions sur l’évolution des déclarations Téléruchers. Nous défendrons votre position claire contre la collecte des coordonnées GPS précises des ruchers, au regard des incertitudes sur leur protection, leur partage et leurs usages futurs. La sécurité des colonies et les conditions d’exercice de l’apiculture doivent rester la priorité alors que l’apiculture est déjà menacée par de nombreux défis : retour des pesticides, défis climatiques, frelon asiatique…etc. Retrouvez dans le numéro de novembre d’Abeilles & Fleurs les témoignages les plus forts ressortants de ce grand sondage.



