Apiculture et changement climatique : un défi croissant pour les abeilles et les apiculteurs
Le changement climatique est devenu l’un des défis majeurs pour l’apiculture française. Si les abeilles sont depuis longtemps confrontées à des menaces bien connues — pesticides, frelon asiatique, disparition des haies, varroa — elles doivent désormais faire face à un climat de plus en plus instable, aux conséquences directes sur leur santé, leur survie… et la production de miel.
Des miellées de plus en plus imprévisibles
Le dérèglement climatique se manifeste de multiples façons : hivers plus doux suivis de gels tardifs, épisodes de sécheresse prolongée, printemps pluvieux ou encore événements extrêmes comme la grêle, les incendies ou les inondations. Ces phénomènes perturbent les cycles de floraison et réduisent la production de nectar. Résultat : les miellées deviennent irrégulières et imprévisibles, mettant en péril la rentabilité des exploitations apicoles, en particulier les plus professionnelles.
Certaines années sont particulièrement marquantes : 2021 a été la pire année pour l’apiculture française, avec une production tombée sous les 10 000 tonnes, soit une baisse historique. D’autres années, comme 2024, ont vu la production fortement affectée par un printemps trop humide. En 2025, des apiculteurs bretons ont même subi des pertes de ruches liées aux inondations, illustrant l’exposition croissante de la filière aux aléas climatiques.
Une mortalité élevée et un surcroît de travail pour les apiculteurs
Le taux de mortalité des colonies atteint aujourd’hui en moyenne 30 % par an. C’est un niveau alarmant, qui exige des apiculteurs un effort constant pour reconstituer leurs cheptels, avec un travail supplémentaire et un surcoût financier conséquent. Sans cette action volontaire et continue des apicultrices et apiculteurs, la France connaîtrait déjà une pénurie d’abeilles, avec des conséquences graves pour la pollinisation agricole et la biodiversité.
Rappelons que les abeilles assurent à elles seules près de 35 % de nos ressources alimentaires, en permettant la fécondation des cultures fruitières, oléagineuses, potagères et fourragères. Leur disparition compromettrait non seulement la production agricole, mais aussi l’équilibre des écosystèmes naturels.
L’UNAF en action face à l’urgence climatique
Face à cette nouvelle réalité, l’Union Nationale de l’Apiculture Française (UNAF) agit sur plusieurs fronts :
- en alertant les pouvoirs publics sur les impacts concrets du changement climatique sur la filière,
- en défendant une prise en compte des apiculteurs dans les dispositifs d’aide, comme les calamités agricoles (encore peu accessibles aux apiculteurs amateurs),
- en proposant des techniques d’adaptation et des conseils pour la plantation d’arbres et fleurs résistants au changement climatique (notamment dans la revue Abeilles & Fleurs)
- et en sensibilisant le grand public grâce à son programme Abeille, Sentinelle de l’Environnement®, qui fait le lien entre abeilles, climat, agriculture et biodiversité.
En parallèle, l’UNAF encourage les pratiques agricoles favorables aux pollinisateurs, comme la diversification des cultures, la préservation des haies et des prairies fleuries.
Protéger les abeilles, c’est aussi s’adapter au climat de demain
Les apiculteurs sont parmi les premiers témoins des effets du changement climatique sur le vivant. Leur voix est essentielle pour orienter les politiques d’adaptation et de transition. Pour garantir un avenir à l’apiculture française, il est urgent d’agir à tous les niveaux : local, national, européen.
L’UNAF continuera à porter haut les intérêts des apiculteurs, la valeur de leurs produits, et l’indispensable rôle des abeilles dans notre sécurité alimentaire et notre environnement.
