Frelon Asiatique : les engagements de l’UNAF

Le frelon asiatique (Vespa velutina), également appelé frelon à pattes jaunes, est une espèce invasive arrivée en 2004 en France, dans le Lot-et-Garonne. Depuis son apparition, il a rapidement colonisé une grande partie du territoire métropolitain et s’est propagé à travers l’Europe. Aujourd’hui, il est présent dans huit autres pays : Espagne, Portugal, Italie, Allemagne, Belgique, Royaume-Uni, Pays-Bas et Suisse. Sa vitesse de propagation est estimée à environ 100 km par an.

Identification du frelon asiatique

Le frelon asiatique est facile à reconnaître grâce à son apparence distinctive :

  • Thorax brun foncé,
  • Abdomen avec des segments bordés de jaune,
  • Une large bande jaune orangée sur le quatrième segment de l’abdomen,
  • Pattes jaunes, caractéristiques qui lui ont valu le surnom de “frelon à pattes jaunes”.

Mesurant environ 3 cm, le frelon asiatique est légèrement plus petit que le frelon européen (Vespa crabro).

Impact du frelon asiatique sur les abeilles

En France, le frelon asiatique exerce une forte prédation sur les abeilles, particulièrement durant l’été et l’automne. À ces périodes, la colonie d’abeilles se réduit naturellement, tandis que celle du frelon atteint son apogée. En adoptant un vol stationnaire à l’entrée des ruches, le frelon asiatique stresse les abeilles, les empêchant de collecter efficacement le pollen et le nectar nécessaires à la survie de la colonie, surtout en hiver.

Les ruches isolées et celles situées en zone urbaine sont les plus vulnérables. La prédation du frelon asiatique a des conséquences économiques importantes pour les apiculteurs, notamment :

  • La disparition de colonies,
  • Une baisse des récoltes,
  • Le besoin de reconstituer les cheptels,
  • Un surcroît de travail pour les apiculteurs.

Cette prédation répétée a poussé de nombreux petits producteurs, souvent expérimentés mais implantés dans des zones très infestées,
à abandonner leur activité apicole.

Patrick Granziera, administrateur de l’UNAF

L’inaction coûte près de 100 millions d’euros par an


Des études récentes estiment le coût économique du frelon asiatique à plusieurs dizaines de millions d’euros par an en France : 6 millions d’euros pour la filière apicole et près de 12 millions d’euros pour la lutte, principalement la destruction des nids. Par ailleurs, le coût sur le service de pollinisation avoisinerait 80 millions d’euros par an.
Et pourtant, la lutte institutionnelle reste insuffisante. Alors que la France est le premier pays européen touché par cette espèce invasive, elle a longtemps tardé à structurer sa riposte.

Les actions de l’UNAF contre le frelon asiatique

Un cadre législatif enfin en place pour organiser la lutte


Avancée historique : sous l’impulsion de l’UNAF et du sénateur Michel Masset, une loi de lutte contre le frelon asiatique a été adoptée à l’unanimité à l’Assemblée nationale le 6 mars 2025, après un vote également unanime du Sénat en 2024. Cette loi, dont on attend les décrets d’application, prévoit notamment la destruction des nids et l’accès à des aides pour certains apiculteurs, en plus de poser un cadre pour une action coordonnée.

Depuis l’apparition du frelon asiatique, l’Union Nationale de l’Apiculture Française s’est mobilisée pour obtenir une réponse gouvernementale adaptée à cette menace. En octobre 2012, le ministre de l’Agriculture de l’époque, Stéphane Le Foll, a annoncé le classement du frelon asiatique en tant qu’organisme nuisible et danger sanitaire de catégorie 1.vCependant, l’arrêté ministériel du 26 décembre 2012 avait rétrogradé ce classement à la catégorie 2, ce qui signifie que la lutte contre le frelon asiatique n’est plus obligatoire et dépend des ressources financières limitées des collectivités locales ou des particuliers.

Les demandes de l’UNAF

L’UNAF appelle à des mesures plus strictes pour enrayer la prolifération du frelon asiatique et protéger les abeilles. Voici les principales revendications de l’UNAF :

  1. Reclassement du Frelon Asiatique en Danger Sanitaire de Catégorie 1
    L’UNAF demande que le frelon asiatique soit reclassé en danger sanitaire de catégorie 1, avec une prise en charge des coûts de destruction des nids par l’État. Ce classement permettrait une lutte obligatoire, financée et coordonnée.
  2. Autorisation Permanente de l’Utilisation du SO2 pour Détruire les Nids
    L’utilisation du dioxyde de soufre (SO2) pour détruire les nids a été autorisée temporairement en 2013, mais cette dérogation n’a pas été reconduite depuis. L’UNAF demande une autorisation permanente de l’utilisation du SO2, qui est à la fois efficace et respectueuse de l’environnement.
  3. Reconnaissance du Piégeage de Printemps
    Le piégeage des reines fécondées au printemps, avant la formation des nouvelles colonies, est un moyen efficace pour limiter la population de frelons asiatiques. L’UNAF demande que cette méthode soit reconnue et incluse dans les stratégies de lutte contre le frelon asiatique, contrairement à la note de service de 2013 qui la restreint aux environs des ruchers et à la période de prédation.
Frise du cycle de vie du frelon asiatique en France

Pourquoi la lutte contre le frelon asiatique est essentielle ?

Le frelon asiatique ne se contente pas de menacer les abeilles et la production de miel, il met également en danger l’équilibre écologique, ainsi chaque nid de frelon asiatique consomme plus de 10 kilos d’insectes (plus de 100 000 insectes) par saison. Les abeilles, en tant que pollinisateurs, jouent un rôle crucial dans la biodiversité et la sécurité alimentaire. L’absence d’une lutte efficace contre cette espèce invasive pourrait avoir des conséquences dramatiques sur l’écosystème français et européen.

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